Un Portugais qui vaut de l'or, 14.500 euros par jour!

L’événement est rare, ça vaut la peine de le signaler. Un Portugais, arrivé en France à l'âge de 17 ans a réussi la performance de toute une «vie» en doublant sa rémunération en 2015, à l'âge de 58 ans. Mieux qu'une Rolex à 50 ans! Ça lui fait 14.500€ par jour. Il s'agit de Carlos Tavares, patron de PSA Peugeot Citroën.

Qu'il soit né à Lisbonne, fils d'une mère professeur de français et d'un père travaillant pour un assureur français, cela ne joue pas un grande rôle dans l'affaire. Il y a d'autres précédents, un fils de parents hongrois, installés en France, qui est devenu Président de la République et tous les matins songe à y retourner. Comme quoi il y a des «métèques» qui s'en sortent, si on peut dire!

C'est cocasse, pour cette population immigrée, qui a investi la France dans les années 60 et 70, pour fuir la dictature de Salazar, qui a fait son trou dans l’hexagone, passant aujourd'hui pour une communauté de «bons immigrés». Le palmarès de Carlos Tavares, grand amateur de course automobile, parti en pole position, et il y arrive sans complexes. Le fait d'être un proche de l'ancien premier ministre socialiste portugais, José Socrates, ne fait pas de lui un socialiste de la fraternité ni de la solidarité, c'est plutôt le versant «la lutte de classes existe et c'est moi qui gagne»!

Il reste le symbole d'une caste, celle des grands patrons, dans une société de plus en plus inégalitaire dont les mœurs et les pratiques sont révélateurs de comment une démocratie politique devient soumise à la puissance économique et financière. Qu'il soit Portugais ou Martien, c'est ce qu'il représente qui est ici en question, cette façon de s'approprier personnellement, sous couvert d'efficacité (d'autres grands patrons ayant échoué sont néanmoins bien partis les poches pleines), des bénéfices du résultat du travail de toute une entreprise. Plus sérieusement que ce billet, voir l'article d'Hubert Huertas Salaire des grands patrons: soyons tous des Tavares!

Dans l'hebdo portugais Expresso, Daniel Ribeiro, correspondant à Paris, donne la parole à un autre Portugais, José Manuel Queiroz, syndicaliste CFDT, ouvrier chez Peugeot depuis 16 ans et demi. «C'est une honte, parce que nos salaires sont bloqués depuis trois ans et il a doublé le sien». Avec un salaire net de 1.800 euros par mois, ce "compatriote" participe sûrementà la bonne recette de M Tavares.

Cette histoire m'a fait penser à la cage dorée, une comédie qui met en scène un couple Portugais, du 16ème arrondissement. Il est maçon, elle est concierge et à coup sûr ils valent de l'or, mais pas le même... Si vous avez l'occasion ne le ratez pas : Une cage... pas si dorée!

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