Pour une justice sociale et environnementale qui n'oublie personne

Une date, trois mobilisations : le 17 octobre Notre Assiette pour Demain, le Collectif Refuser la misère et la Marche des solidarités, allient leurs forces pour porter un message commun et affirmer l’indivisibilité des justices sociale et environnementale.

17 octobre - une date, trois mobilisations 17 octobre - une date, trois mobilisations

Une date, trois mobilisations : le 17 octobre Notre Assiette pour Demain, le Collectif Refuser la misère et la Marche des solidarités, allient leurs forces pour porter un message commun et affirmer l’indivisibilité des justices sociale et environnementale.

Aujourd’hui, le système économique et politique, basé sur la compétitivité, exclut massivement des personnes en les reléguant dans l’extrême pauvreté et l’isolement. Nous refusons ce système exclusif porteur de violences et d’oppressions tout comme nous refusons la fatalité de la misère et la culpabilité qui pèse sur celles et ceux qui la subissent.

De la même manière que les ressources naturelles sont pillées et polluées pour le confort d’une partie de la population et le profit de quelques-uns, au détriment de la majorité et des générations futures, les personnes en situation de pauvreté sont soit exploitées soit condamnées à l’inutilité. Elles sont également les premières victimes de la dégradation de l’environnement (alimentation, logement, santé…).

Ce constat appelle à agir et à transformer nos sociétés avec et à partir des plus pauvres. Nous revendiquons la justice sociale et environnementale pour toutes et tous.

Aujourd’hui, il est nécessaire de bien comprendre tous les liens entre justice sociale, économique et environnementale, pour réaliser ce changement. Cette logique d’inclusion est particulièrement vraie dans le domaine alimentaire et doit s’appliquer pour une autre politique agricole et alimentaire commune à l’échelle européenne.

Nous refusons que l’on résume le choix de bien manger aux choix individuels, dépendants du pouvoir d’achat de chacun.e et de la place de chacun.e dans la société.

Le système d’aide alimentaire est lui aussi pernicieux et bien plus conçu pour les surplus de l’agroindustrie à des fins de défiscalisation que comme une véritable réponse au droit à l’alimentation de chacun.e. Il faut mettre fin au système d’aide alimentaire et permettre à chacun.e de disposer de moyens d’existence pour se nourrir dignement par une alimentation saine et choisie. La voie de la sécurité sociale de l’alimentation peut être explorée pour relier ces enjeux dans un projet de société global porteur de paix.

Le système agroindustriel actuel déstabilise les agricultures locales, paupérise en grande partie les populations du Sud et entraine des migrations.

Ce système est aussi responsable de l’exploitation de travailleurs migrants et contribue à l’aggravation de la misère dans nos campagnes. Ce même système économique et financier débridé et dérégulé, au profit des multinationales, contribue au dérèglement climatique dont les premières victimes se situent dans les pays du Sud les plus touchés par la misère.

Nos sociétés ont besoin de résilience. Il nous faut donc apprendre des premier.es résilient.es : les plus pauvres, les paysan.ne.s, celles et ceux qui, malgré des vies difficiles, ne perdent pas l’espoir de lendemains meilleurs pour eux et pour leurs enfants.

En ce 17 octobre 2020, Journée mondiale du Refus de la misère et lendemain de la Journée mondiale de l'Alimentation, nous exprimons avec force une convergence de nos refus de l’inacceptable et nous nous engageons pour un modèle social, économique et agricole qui respecte les droits de toutes et tous.

Les solutions existent et nos organisations en portent un certain nombre mais il faut une volonté politique pour les mettre en place. Plutôt qu'une politique pour les pauvres, miroir d'une politique pour les riches, nous revendiquons des politiques publiques ambitieuses pour déraciner la misère et ré-enraciner un système alimentaire respectueux de l'environnement et des personnes.

 

Signataires:

-Les organisations du Collectif Refuser la misère

-Notre assiette pour demain (Collectif Stop Monsanto-Bayer, la Confédération paysanne, Attac, Notre Affaire à Tous, CCFD-Terre Solidaire, Combat Monsanto, Les Ami·es de la Conf, le Collectif Vietnam Dioxine)

-Les organisations de la Marche des Solidarités

 

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