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Billet de blog 26 avr. 2020

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Dans le monde d’après, par Jeanne Carasso-Poitevin.

Ce qui aura lieu d’être, et de ne plus être…

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Dans le monde d'après, dès le jour d'après
Personne ne se sentira autorisé à juger personne
En avoir la volonté sera le signal d'une relation malade entre le jugeur et le jugé
Et chacun alors partira au vert, aux champs, en retraite, pour mettre en travail cet élan de jugement, et voir, comprendre, déplacer ce qui s'était dit là.

Cela prendrait 1 jour, 1 mois, 1 an, 10 ans,
Et au retour chacun bénéficiera de cette avancée probable pour l'histoire de tous.

On apprendra tout le temps, avidement, on ne saura jamais rien. On n'aura plus peur de cela.
Dans le monde d'après l'école sera vraiment pour tous, accompagnant tous, vers un dépassement et une joie d'être soi, pour le groupe.
Les groupes d'élèves n'excèderont pas 8 et les apprentissages se feront dans le dialogue et le respect. Toujours.
Chacun sera conduit vers un niveau d'apprentissage de 25 ans d'études, de ses 2 ans à ses 27 ans, ou plus, ou moins, selon le rythme respecté de chacun.
Élèves et professeurs.

Dans le monde d'après, et dès le premier jour d'après, chacun aura droit à un logement, une qualité de vie, et des moyens décents, il n'y aura plus d'inégalité, chacun aura le même salaire, les mêmes possibilités d'épanouissements, et envisager autre chose conduira de nouveau à... une retraite... etc

Le même processus de questionnement sera envisagé souvent.
On ira souvent au vert, on apprendra tout le temps, pour que le groupe soit plus beau, plus fort, plus juste.

Dans le monde d'après, dès le premier jour d'après, les outrances seront entendues comme des signes de déraison, trop de quoi que ce soit conduira à une retraite... etc.

On ira souvent au vert, penser, changer, produire du mouvement pour les autres.
L'humilité sera partout et laissera la place à tous les vents.
On prendra le temps d'apprendre de tout.

Dans le monde d'après les places de chacun dans le groupe ne seront pas fixes et définitives, chacun sera conduit à en connaître plusieurs et l'on connaîtra la valeur de toutes, le chef d'entreprise sera caissier, l'acteur sera balayeur, le comptable sera chanteur, le secrétaire sera soignant. Etc. Et les richesses, les questions des déplacés, alors, seront précieuses et entendues.

On aura envie de mieux et d'aventure, tout le temps, pour le groupe, et autre chose sera un appel à la retraite... la question... etc. Encore.
Dans le monde d'après on ne construira plus de dur, plus d'usines, plus de routes, on écoutera la terre et le corps.
Le vieux monde s'effritera tranquillement.

Dans le monde d'après, dès le tout premier jour d'après, il n'y aura plus de banque, plus de prison, plus de lieu de rétention ou de privation. Avoir ces intuitions conduira à une retraite.... etc. Souvent, encore, fréquemment.
Comme autant d'occasion de penser, réajuster, rêver, construire, autrement, tout le temps, collectivement.

 Les vieux murs s'écrouleront tranquillement.

Dès le jour d'après chacun expérimentera l'art, les mathématiques, la littérature, le jardinage, de façon sérieuse, approfondie, et régulière, et les partages de ces matières seront pour interroger le groupe, le faire avancer, tranquillement, sans expression égocentrique : prendre ce chemin sera encore une fois un indice de dérapage, et annoncera une retraite.... etc...
Dans le monde d'après toute volonté ou prise de pouvoir sera suspecte, et nécessitera une retraite.... etc.

Les retraites seront de belles occasions de récréation du groupe.
Dans le monde d'après, et dès le tout premier jour d'après, tout se décidera collectivement, toute hiérarchie ou suprématie sera une inquiétude... et nécessitera une retraite... etc.
On partira, reviendra, comprendra ce qu'on disait dans ces aspirations déraisonnables et offrira ses trouvailles au groupe.

On organisera sans cesse des réflexions collégiales.
On sera heureux de changer, d'inventer, de réinventer, sans cesse.
Chacun sera invité sans cesse à s'améliorer, pour le groupe.

Dans le monde d'après, dès le jour d'après, tous les désirs de vivre, de faire, d'agir, seront aidés et tentés, pour soi et pour le groupe, et on écoutera là toutes les aventures qui s'annonceront.

Ce sera dès le jour premier d'après.
Il faudrait qu'il commence dès aujourd'hui.

Jeanne Carasso-Poitevin, 25 avril 2020

Jeanne Carasso-Poitevin est metteure en scène.

Au jour d’après ? Quel « jour d’après » ? A partir d’un premier texte anonyme et collectif, MEDIAPART accueille depuis le 6 avril 2020 le blog Au jour d’après, atelier d’écritures en voix brassées du Tout-monde pour gouverner le futur.

Ce blog sera quotidiennement mis à jour, jusqu’à plus soif.

Toutes contributions peuvent être adressées à : aujourdapres@tutanota.com

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