graphiques dettes , répartitions , budget

liens sur l'économie , le budget . ... ( rapatriement de différents billets de mon blog , qui sont alors supprimés , puis rajout de liens supplémentaires au fur et à mesure ) ( plus particulièrement sur la "polémique" sur les offres d'emploi non pourvues à la fin .)

 

fraude-fiscale-fraude-sociale

migrants

google : première occurence en ayant tapé "80 milliards d'évasion fiscale" https://www.franceculture.fr/emissions/le-billet-economique/60-1000-240-milliards-combien-coute-levasion-fiscale

trouvé dans le corps de l'article : 60 à 80 milliards, c'est l'estimation qui revient le plus. C'est un chiffre extrapolé à partir de la réalité. presque. Le calcul a été fait par le syndicat des finances publiques Solidaires. Selon ce syndicat, entre 60 et 80 milliards d'euros de recettes fiscales sont perdues chaque année en France, du fait de la fraude fiscale, et 40 à 60 du fait de l'optimisation fiscale.

donc il ya des ajustement à faire sur ce shémas : pour les 80 milliards par exemple ce serait juste pour la fraude fiscale  (et donc la légende ne serait pas parfaite)  :  et donc il ya plutot entre 100 et 140 pour l'évasion selon cette source là ... je me "souviens" d'avoir vu passer un coup de geule de bourdin qui évoque 200 milliards  (ou 300 je sais plus (faut rechercher)) pour l'évasion

pour les 20 milliards de fraude patronales l'humanité et le figaro et europe1 sont d'accord sur le chiffre , on peut donc s'y fier ... dans l'article de l'huma et d'europe1 on trouve aussi le chiffre de 3 milliards pour les fraudes à la sécu  que l'on trouve dans ce graphique .

sur économie-matin , (un site que je ne connais pas ) pour le dernier chiffre sur l'accueil des migrants : estimé entre 0,5 et 2 milliards .  c'est bien de l'ordre de ce qu'il y a sur "mon" graphique .

 

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https://www.lci.fr/conso-argent/oui-les-prix-de-l-electricite-ont-bien-augmente-de-50-en-dix-ans-edf-tarifs-insee-2117366.html

 

François de Rugy, ministre de la Transition écologique, s’est exprimé en faveur d’une hausse de 5,9% du tarif réglementé de l’électricité en juillet prochain,  soit une augmentation d'environ 85 euros par an pour un foyer chauffé à l’électricité. L’association nationale de défense des consommateurs CLCV a immédiatement annoncé qu'elle déposera un recours devant le Conseil d’Etat. Elle a dénoncé cette semaine une augmentation de 50% des prix de l’électricité en dix ans. Alors dans quelle mesure les tarifs ont-ils augmenté ? Quelle es t l'augmentation réelle sur nos factures ?  [...]

 

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Les prix de l'électricité flambent "pour sauver des opérateurs privés qui se gavent" .... Gaz, électricité, carburants, les prix flambent. L'économiste Christophe Ramaux et le journaliste Étienne Lefebvre débattent du sujet dans le Soir 3 mardi 2 avril.

https://www.francetvinfo.fr/meteo/climat/les-prix-de-l-electricite-flambent-pour-sauver-des-operateurs-prives-qui-se-gavent_3263205.html

France 3

"Le consommateur va payer pour les prédateurs. EDF est obligée de verser 25% de sa production nucléaire à des opérateurs privés qui se gavent. Aujourd'hui, ils sont en difficulté, et pour les sauver, on augmente le tarif réglementé d'EDF de façon à laisser de la marge à ces opérateurs privés", fulmine Christophe Ramaux, membre des Économistes atterrés.

 

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Quarante ans d'augmentation des inégalités en Europe

Par Savinien de Rivet 4 avril 2019 à 08:58

Les inégalités parmi les citoyens européens se sont nettement accrues au cours de ces quarante dernières années. Mais considérablement moins qu'aux Etats-Unis.

  •  

    Quarante ans d'augmentation des inégalités en Europe

Le Laboratoire mondial des inégalités s’est livré à une étude approfondie des inégalités de revenus en Europe, compilant enquêtes, données fiscales et données issues de comptes nationaux.

Une hausse généralisée des inégalités en Europe depuis les années 80

Dans toutes les régions d’Europe, la part des revenus des 10% les plus riches a nettement augmenté. Elle s’élève aujourd’hui, quelle que soit la région, à près d’un tiers du total des revenus. Les pays de l’Est de l’Europe ont bien entendu été particulièrement concernés par cette augmentation, du fait des privatisations massives et de la transition vers le capitalisme. Mais les pays du nord de l’Europe sont également devenus nettement plus inégalitaires, sous le coup de réformes libérales.

Les chercheurs du Laboratoire mondial des inégalités ont également enquêté sur la composition des revenus du dernier centile (les 1% les plus riches), mais également aux 0,1% et aux 0,001% les plus riches.

Une constante : c’est à l’intérieur du dernier centile que se concentre une grande partie de l’augmentation des revenus (avant impôts) depuis 1980. Ainsi, les 0,001% les plus riches ont vu leur revenu augmenter de 200% en moyenne depuis 1980. Sur cette période, les 1% les plus riches n’ont eux vu leur revenu augmenter «que» de 90%. Contre 20% pour les 10% les moins riches.

 

Les inégalités augmentent bien davantage aux Etats-Unis

Si en Europe les revenus avant impôts de la moitié la plus pauvre ont augmenté nettement moins que pour les plus riches (+37%), ils ont quasi stagné aux Etats-Unis (+3%). De même, en ce qui concerne les 0,01% les plus riches, les revenus ont augmenté deux fois plus vite outre-Atlantique qu’en Europe (+300% contre +150%).

Le creusement des inégalités a donc été très nettement plus marqué aux Etats-Unis. Sur ce plan, les institutions des pays européens semblent dans leur ensemble, largement mieux fonctionner. Les systèmes de santé, d’éducation, les dépenses sociales y sont plus efficace

les graphiques ne passent pas

https://www.liberation.fr/planete/2019/04/04/quarante-ans-d-augmentation-des-inegalites-en-europe_1719106

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https://www.facebook.com/Mr.Propagande.page/videos/1101323976717467/

"y a t il un exemple où une dérégulation du droit du travail a permis une amélioration de la condition des salariés ?  "

 

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commerce du bois , mondialisation allez-retour à l'autre bout du monde , juste pour un parquet .

https://www.facebook.com/cachot.desenlis.5/videos/1314178012066730/

Laurent Thomas

19 mars, 00:19

Incroyable !!!! Regardez ce reportage de TF1, c'est aberrant.... on comprend mieux pourquoi ils coupent des hectares d'arbres dans nos forets de Compiègne et d'Halatte, c est pour vendre le bois aux pays asiatiques, car justement eux là bas, il leur est interdit de couper leurs arbres pour des questions d'écologie. lol. Et on nous fait la morale au quotidien sur l’écologie par médias interposés, on nous en fait tout une montage en nous culpabilisant d'une façon incessante, sur nos soit disant comportements, si indignes à l'égard de l'écologie. lol. On se moque vraiment des Français, c'est scandaleux. Peu de gens s'en rendent compte , on est totalement manipulé et conditionné, et le comble c'est qu'au final, les asiatiques qui nous achètent ce bois, si peu cher, nous le revendent au prix fort comme un produit de luxe. Lol. Et toutes les scieries de France sont donc vouées à fermer. Ça prouve vraiment qu'on est géré par les pires idiots en France. Et si il n y avait que ça.... au lieu de légiférer sur des conneries messieurs les politiques du gouvernement, pour nous créer des lois placebo, voir inutiles, destinées à cacher et à laisser faire des choses ignobles, vous feriez mieux de garantir les intérêts des français et ceux de votre pays.
Et pendant ce temps la, si des gens modestes souhaitent ramasser du bois pour se chauffer voici ce qu'il est dit:
"Ramasser le bois mort au sol sans autorisation est assimilé à une contravention de coupe. De plus, il est même dit que laisser le petit bois se décomposer permet d’enrichir le sol forestier". Lol

Voici une page qui s eleve contre la déforestation massive: https://www.facebook.com/sosforetdecomp…/…/2157458210982030…

 

 

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 https://blogs.mediapart.fr/les-economistes-atterres/blog

 

https://blogs.mediapart.fr/les-economistes-atterres/blog/210319/profession-haut-commissaire-la-tromperie-sociale

Jean-Marie Harribey, membre du collectif d'animation des Economistes atterrés, dénonce les entourloupes de Jean-Paul Delevoye, Haut Commissaire à la réforme des retraites, prononcées ce jeudi 21 mars sur l'antenne de France Inter.

 

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Friot sérieux précis et complet ...

https://www.facebook.com/958761154309017/videos/243085706495700/

https://youtu.be/Fa49p_oTh7o   ( l''émission en entier )

https://www.lemediatv.fr/

 

 Cela dit il pas l'air très rigolo le friot , "je voudrais ne pas être interrompu svp merci "  (alors que le petit mot de todd et les rires n'étaient pas contre lui )

 

friot présent aussi ici au colloque de l'écologie de la france insoumise :

https://www.facebook.com/alain.barlatier.3/videos/2354499981503377/

restitution en 52 mn du colloque "L"urgence écologique au coeur du dialogue scientifique, politique et citoyen"organisé par le Groupe d'Action « Ecologie » de La France insoumise, à Marseille le 9 mars 2019. Vous y trouverez les interventions de tous les invité.es et organisateur.trices : Sophie Camard (GA Ecologie), Benoît Gélin (IMBE), Hendrik Davi (INRA), Wolfgang Cramer (IMBE, GIEC), Pablo Servigne (chercheur interdépendant), Bernard Friot (économiste), Mathilde Panot (députée LFI), Lunell Oudelin (lycéenne).

 

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todd la dette

annulation de la dette des pays européen  . la question est juste "quand y aura til un défaut ?"  .   . les riches adorent la dette publique . les banques c'est unfeux nez pour les riches , oligarchie . lordon : les banques tiennent les états en otages ca elle tiennent la gestion des petits compte des citoyens ordinaire .   ultra libéral se mettent en dette en baissant les impots des plus riches ; s'acharner sur l'austérité . s'acharnant contre les profs , bousillant les infrastructures ...

https://www.facebook.com/lavraiedemocratie/videos/2144036269016739/

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Oxfam révèle que l’Union européenne pourrait exclure neuf pays, impliqués dans différents scandales fiscaux, de sa liste. Entretien avec Quentin Parrinello, porte-parole de l’ONG . 

https://www.humanite.fr/evasion-fiscale-lue-prete-blanchir-neuf-paradis-fiscaux-668982

[..] " Pour parvenir à cette conclusion, nous avons pris les critères définis par l’Union européenne : transparence, équité fiscale, meilleure pratique fiscale. Mais il apparaît que ceux-ci s’avèrent trop faibles, puisqu’ils passent outre de nombreuses pratiques fiscales dommageables. C’est le cas, par exemple, pour Hong Kong, qui avait deux taux d’imposition, l’un pour les activités réalisées dans le pays et un autre pour celles réalisées en dehors. Ce qui est considéré comme un traitement différentiel et discriminatoire. Pour sortir de la liste, Hong Kong a mis un taux à 0 % pour toutes les activités, tout en empirant ces pratiques fiscales dommageables. Par ailleurs, l’Union européenne exclut de fait les pays membres de sa liste. En appliquant les critères, cinq pays devraient ainsi y figurer : Chypre, l’Irlande, Malte, le Luxembourg et les Pays-Bas. Or, les paradis fiscaux sont les premiers maillons de l’évasion fiscale. Et cette liste permet de nommer les responsables. Cela pose un problème de fond quant à l’ambition posée. Alors que ces pratiques sont de plus en plus répandues en Europe, les gouvernements se refusent à agir avec fermeté contre les paradis fiscaux situés à l’intérieur des frontières de l’Union européenne. Il est temps que les gouvernements de l’UE balaient devant leur porte." [...]

 

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allemagne dumping social  interne

http://www.agricultures-migrations.org/entre-les-logements-prefabriques-et-les-champs-dasperges/

 

polony : GJ et mise en perspective économique " il faut enlever les sens interdits . " 

https://www.youtube.com/watch?v=yirBEp3hxro

 l'émission entière :

https://www.youtube.com/watch?v=ZKb-Di4zZS4

 

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 https://lecourrier-du-soir.com/fraude-financiere-lagence-standard-poors-condamnee-a-payer-138-milliard-de-dollars/

https://www.facebook.com/sonia.gaubert.10/videos/412073096267775/UzpfSTEwMDAyMzk1MjYzNjQ5MjoxMDE1NTc5MzIyMDI2MjM5Nw/  (en 30 ans 200 milliards sont passés de la poche des salriés à ceux des patrons )

 

 

 

https://www.toutsurmesfinances.com/argent/a/salaire-median-salaire-moyen-en-france-montant-brut-et-net-evolution

https://www.humanite.fr/evasion-fiscale-55-milliards-deuros-voles-par-les-banques-aux-etats-europeens-662420

 

Évasion fiscale. 55 milliards d’euros volés par les banques aux États européens

Vendredi, 19 Octobre, 2018

Clotilde Mathieu

Le casse du siècle. Deux mécanismes, dont un frauduleux appelé le « Cum ex », ont permis d’escroquer à onze pays européens, dont la France, 55,2 milliards d’euros, révèle une enquête conjointe de 19 médias.

Après les scandales de LukLeaks, Panama Papers, voici « Cum Cum » et « Cum ex », le nouveau scandale d’évasion fiscale. Un hold-up à 55,2 milliards d’euros, estiment les 19 médias, dont le Monde, qui ont mené l’enquête. Ici, il n’est question d’aucun paradis fiscal, mais d’éviter de payer une taxe sur les dividendes versés aux actionnaires en profitant des petits arrangements entre pays européens et de la folie financière.

Le schéma inventé repose cette fois sur deux mécanismes, l’un légal permettant l’évitement de l’impôt appelé « Cum Cum », reposant sur les conventions fiscales passées entre plusieurs États, et l’autre, le « Cum ex », un vaste système permettant le remboursement illégal de l’impôt. Le premier joue sur la fiscalité différenciée entre investisseurs nationaux et étrangers. Via ce simple tour de passe-passe, la perte aurait ainsi été, entre 2001 et 2017, de 24,6 milliards d’euros pour l’Allemagne, 17 milliards pour la France et 4,5 milliards pour l’Italie, selon les calculs du consortium de médias établis sur la foi d’informations des autorités fiscales et judiciaires et d’analyses des données de marché.

Traders, avocats fiscalistes en bande organisée

S’ajoute ensuite l’escroquerie, appelée « Cum Ex », qui de son côté aurait coûté 7,2 milliards d’euros à l’Allemagne, 1,7 milliard au Danemark et 201 millions d’euros à la Belgique. Une fraude est née grâce à l’expérience d’un ancien contrôleur fiscal allemand devenu un avocat de renom, Hanno Berger. Son schéma qui, outre son montant spectaculaire donne à l’affaire une dimension supplémentaire, consiste à acheter et revendre des actions autour du jour de versement du dividende, si vite que l’administration fiscale n’identifie plus le véritable propriétaire. Ce qui permet de revendiquer plusieurs fois le remboursement du même impôt sur le dividende, alors que ce dernier n’a été payé qu’une seule fois. Un stratagème dans lequel fonds d’investissement, traders, avocats fiscalistes opèrent en bande organisée. La liste des pays concernés, ici, se restreint, certains pays ne disposant plus, comme la France depuis 2005, de ce dispositif de remboursement d’impôt.

L’enquête des CumEx Files affirme ainsi que cinquante institutions financières parmi les plus grandes de la planète y auraient participé, à des degrés divers. À commencer par les banques qui, une fois de plus, se retrouvent au cœur du système. Celles-ci auraient, par exemple, fourni les pièces justificatives nécessaires au remboursement fiscal. Seraient impliqués, selon le Monde, quelques grands noms de banques françaises : BNP Paribas, la Société générale et le Crédit agricole. Le journal précise d’ailleurs que si la BNP n’a pas souhaité commenter « en raison de l’instruction judiciaire en cours », les deux autres ont démenti avoir participé à « des opérations illicites ».

31,8 millions d’euros soutirés au fisc allemand

L’enquête part d’outre-Rhin, lorsqu’un agent des impôts trouve suspecte une demande de remboursement. En 2012, six enquêtes pénales visant Hanno Berger et plusieurs négociants en Bourse sont alors ouvertes. À l’époque, l’ensemble des estimations des sommes extorquées au fisc allemand vont d’environ 30 milliards d’euros selon la presse à 5,3 milliards selon le ministère allemand des Finances. Une fourchette aujourd’hui réévaluée à la suite des ­investigations conduites par les médias à 31,8 millions d’euros, d’après les calculs déjà connus de Christoph Spengel, ­spécialiste de fiscalité à l’université de Mannheim.

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https://lvsl.fr/59-des-montants-de-la-dette-reclamee-a-la-france-sont-illegitimes-entretien-avec-eric-toussaint

Livre d'Eric Toussaint : le système dette , histoire des dettes souveraines et de leur répudiations .« 59 % des montants de la dette réclamée à la France sont illégitimes » – Entretien avec Éric Toussaint 

 

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une porte parole d'oxfam chez bourdin : https://www.facebook.com/Juliooo.Lopezovitch/videos/10156972587599362/

https://france.attac.org/nos-publications/notes-et-rapports/article/nouveau-rapport-d-attac-les-grandes-entreprises-francaises-un-impact-desastreux

 

A l’occasion du Forum économique mondial de Davos 2019 et de la deuxième édition du « Choose France summit », Attac France fait une série de propositions concrètes lesquelles, si elles étaient mises en œuvre par les pouvoirs publics, contribueraient à répondre aux exigences de justice sociale, fiscale et climatique, aujourd’hui portées par la majorité de la population.

Dans ce rapport il est révélé qu’entre 2010 et 2017 : les impôts versés par les entreprises du CAC 40 ont baissé de 6,4 % en valeur absolue, alors que leurs bénéfices cumulés ont augmenté de 9,3 % et les dividendes versés aux actionnaires de 44 % en valeur absolue également sur la même période, tandis que leurs effectifs en France ont baissé de 20 %.

  • Quelle justice sociale alors que les profits des grandes entreprises françaises, les dividendes et les rémunérations des hauts dirigeants s’envolent quand les effectifs mondiaux stagnent et qu’ils diminuent fortement en France ?
  • Quelle justice climatique alors que les émissions de CO2 des sites les plus polluants du pays ont augmenté de 5 % en 2017 et que ces émissions, notamment issues d’entreprises du CAC 40, échappent largement à la fiscalité carbone ?
  • Quelle justice fiscale alors que les entreprises du CAC 40 ont plus de 2 500 filiales dans les paradis fiscaux et payent moins d’impôts aujourd’hui qu’en 2010 ?

Pour afficher le rapport en « plein écran », cliquez sur ce lien.

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francetvinfo.fr/pouvoir-d-achat-des-chiffres-inacceptables  mis sur fb par la cgt CEA'Cad CGT

 

Pour les 20% les plus pauvres ....  il y a une baisse du pouvoir d'achat. Ils ne paient pas la taxe d'habitation, donc ils ne gagnent rien et ils prennent de plein fouet la hausse des carburants.

Les 0,1% les plus riches, eux, vont gagner 86 000 euros par an.

 

Dans une République, ces chiffres ne sont pas acceptables".

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https://www.facebook.com/1109412059220739/videos/352150832043435/ besancenot à onpc .

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https://www.facebook.com/attacfr/videos/2061338367283023/  isf mensonges de macron .

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Saine lecture : LA CHRONIQUE de Thomas Piketty (Le Monde daté du 11 février 2019)

L’ISF en Amérique

Et si le coup de grâce pour Emmanuel Macron venait non pas des « gilets jaunes », mais de la sénatrice du Massachusetts ? Elizabeth Warren, professeure de droit à Harvard, pas vraiment une adepte du chavisme ni de la guérilla urbaine, et candidate déclarée aux primaires démocrates de 2020, vient de rendre public ce qui sera sans doute l’un des points-clés de la campagne à venir, à savoir la création, pour la première fois aux États-Unis, d’un véritable impôt fédéral sur la fortune.

Chiffrée avec soin par Emmanuel Saez et Gabriel Zucman, soutenue par les meilleurs constitutionnalistes, la proposition Warren impose un taux de 2 % aux fortunes comprises entre 50 millions et 1 milliard de dollars, et de 3 % au-delà de 1 milliard. Le projet prévoit également une exit tax égale à 40 % du patrimoine pour ceux qui choisiraient de quitter le pays et d’abandonner la citoyenneté états-unienne. La taxe s’appliquerait à tous les actifs, sans aucune exemption, avec des sanctions dissuasives pour les personnes et les gouvernements qui ne transmettraient pas les informations adéquates sur les actifs détenus à l’étranger.

Le débat ne fait que commencer, et le barème proposé pourrait encore être étendu et rendu plus progressif, avec des taux atteignant par exemple 5 % à 10 % par an pour les multimilliardaires. Ce qui est certain, c’est que la question de la justice fiscale sera au cœur de la campagne présidentielle de 2020. La représentante de New York Alexandria Ocasio-Cortez a proposé un taux de 70 % sur les plus hauts revenus, alors que Bernie Sanders défend un taux de 77 % sur les plus hautes successions. Si la proposition de Warren est la plus novatrice, les trois approches sont complémentaires et doivent s’enrichir mutuellement.

Pour le comprendre, revenons en arrière. Entre 1880 et 1910, alors que la concentration des richesses industrielles et financières s’accélère aux États-Unis, et que le pays menace de devenir presque aussi inégalitaire que la vieille Europe, un puissant mouvement politique en faveur d’une meilleure répartition se développe. Il débouche sur la création d’un impôt fédéral sur le revenu en 1913 et sur les successions en 1916.

Entre 1930 et 1980, le taux appliqué aux plus hauts revenus fut en moyenne de 81 % aux États-Unis, et celui appliqué aux plus hautes successions de 74 %. De toute évidence, cela n’a pas détruit le capitalisme états-unien, bien au contraire. Cela l’a rendu plus égalitaire et plus productif, à un moment où les États-Unis n’avaient pas oublié que c’étaient leur avance éducative et l’investissement dans la formation qui faisaient leur prospérité, et non la religion de la propriété et de l’inégalité.

Reagan puis Bush et Trump ont par la suite tenté de détruire cet héritage. Ils ont tourné le dos aux origines égalitaires du pays, en misant sur l’amnésie historique et en attisant les divisions identitaires. Avec le recul dont nous disposons aujourd’hui, il est clair que le bilan de cette politique est catastrophique. Entre 1980 et 2020, la croissance du revenu national par habitant a été divisée par deux comparativement à la période 1930-1980. Le peu de croissance a été happé par les plus riches, avec pour conséquence une complète stagnation des revenus des 50 % les plus pauvres. Le mouvement de retour vers l’impôt progressif et une plus grande justice qui se dégage aujourd’hui a quelque chose d’évident, et n’a que trop tardé.

Mobilité de la fortune

La nouveauté est qu’il est maintenant question de créer un impôt progressif annuel sur la fortune, en plus des impôts sur le revenu et les successions. Il s’agit d’une innovation cruciale en termes de justice et d’efficacité. De multiples impôts exceptionnels sur la propriété immobilière, professionnelle et financière ont été appliqués avec succès à la suite des guerres mondiales pour apurer les dettes publiques, en particulier au Japon, en Allemagne, en Italie, en France et dans de nombreux pays européens. Prélevés une seule fois, les taux appliqués sur les plus hauts patrimoines privés atteignirent souvent 40 % à 50 %, voire davantage.

Avec un impôt annuel sur le patrimoine, conçu pour s’appliquer sur une base permanente, les taux sont nécessairement plus limités. Ils doivent toutefois être assez élevés pour permettre une véritable mobilité de la fortune. De ce point de vue, l’impôt sur les successions arrive beaucoup trop tard : on ne va pas attendre que Bezos et Zuckerberg atteignent 90 ans pour qu’ils commencent à payer des impôts. Avec le taux de 3 % proposé par Warren, un patrimoine statique de 100 milliards retourne à la communauté en trente ans. C’est un bon début, mais compte tenu de la progression moyenne observée sur les plus hauts patrimoines financiers, il faudrait sans doute viser plus haut (de 5 % à 10 %, ou plus).

Il est aussi crucial d’affecter la totalité des recettes à la réduction des inégalités. En particulier, la property tax états-unienne, comme la taxe foncière française, pèse lourdement sur les plus modestes. Le problème est que ces deux impôts vénérables sur le patrimoine, qui, contrairement à ce que l’on entend parfois, taxent non seulement la possession de logements – indépendamment de tout revenu, ce que tout le monde admet sans difficulté, au moins pour les plus grosses détentions – mais aussi les biens professionnels (bureaux, terrains, entrepôts, etc.), n’ont jamais été véritablement repensés depuis le XVIIIe siècle. Il est temps qu’ils deviennent des impôts progressifs sur le patrimoine net, avec, à la clé, de fortes réductions sur les ménages endettés qui cherchent à accéder à la propriété. Espérons que la campagne états-unienne à venir, ainsi que le débat français autour des « gilets jaunes » soient enfin l’occasion d’une discussion de fond sur l’imposition du patrimoine et la justice fiscale.

(piketty)

 Le projet prévoit également une exit tax égale à 40 % du patrimoine pour ceux qui choisiraient de quitter le pays et d’abandonner la citoyenneté états-unienne. ....

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Aucune description de photo disponible.

fraude

 

https://www.aide-sociale.fr/infographie-fraude-sociale-particulier-entreprise/

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(jmb)

LUTTES INVISIBLES

 Le "verrou de Bercy" empêche la Justice de poursuivre les fraudeurs fiscaux.
LA FRAUDE FISCALE EST AUTORISÉE, LÉGALISÉE PAR LE GOUVERNEMENT.

L’image contient peut-être : texte

Il y a 3520 familles françaises qui détiennent 150 milliards de la fraude fiscale et qui ruinent les hôpitaux, écoles, maternités, transports, aides aux handicapés, logements pas chers...
On connait ces 3520 familles. Pourquoi ne pas saisir leurs entreprises, commerces, châteaux, yachts, vignes, forêts, tableaux, voitures, bijoux, lingots ?
NON, MACRON VISE LES CHÔMEURS !

https://rmc.bfmtv.com/…/les-francais-champions-du-monde-de-…

 

Les Français champions du monde de la fraude fiscale: le coup de gueule de Jean-Jacques Bourdin

Lors de « Bourdin Direct », Jean-Jacques Bourdin s'est dit prêt « à se battre en tant que journaliste » contre la fraude fiscale, qui représente, en France, 300 milliards d'euros.

 

Macron augmente le nombre de contrôleurs des chômeurs de 200 à 1 000
Au ministère des Finances le nombre de salariés a diminué de 30 000 en dix ans. Le "verrou de Bercy" interdit à la Justice d'enquêter sur la fraude et l'évasion fiscale

Aucun texte alternatif disponible.

DUR ENVERS LES CHOMEURS
COMPLAISANT ENVERS LES MILLIARDAIRES FRAUDEURS DU FISC
Le 30 décembre le gouvernement a décidé de durcir les mesures à l'encontre des chômeurs : 1 rendez-vous manqué, 1 mois de radiation
L'allocation chômage sera « supprimée » dès le premier manquement (refus à deux reprises de deux offres raisonnables d'emploi par exemple) et non « suspendue », ce qui permettait de conserver ses droits.

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 https://www.lci.fr/social/la-fortune-des-2000-milliardaires-dans-le-monde-a-augmente-de-20-en-un-an-du-jamais-vu-2102745.html

https://www.lafinancepourtous.com/decryptages/politiques-economiques/economie-francaise/comptes-publics/le-budget-de-letat/recettes-de-l-etat/

 

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https://www.rtl.fr/actu/conso/le-salaire-median-en-france-est-de-1-710-euros-net-par-mois-7794751410  (en 2018)

https://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/ebook/ebook121.pdf  (salire net median en 90 : 17 200 par an )

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inflation_depuis_1900.gif

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https://reporterre.net/La-dette-de-la-France-resulte-des-cadeaux-fiscaux-fait-aux-riches-revele-une

Le discours dominant sur la dette publique prétend qu’elle découle d’une croissance excessive des dépenses publiques. Or un examen des faits montre que la dette publique a été largement constituée par des politiques économiques favorables aux créanciers et aux riches.

Cette étude a été réalisée par un groupe de travail du Collectif pour un Audit citoyen de la dette publique. Elle se veut une contribution au nécessaire débat public sur des questions cruciales : d’où vient la dette ? A-t-elle été contractée dans l’intérêt général, ou bien au bénéfice de minorités déjà privilégiées ? Qui détient ses titres ? Peut-on alléger son fardeau autrement qu’en appauvrissant les populations ? Les réponses apportées à ces questions détermineront notre avenir.

Résumé du rapport : 59 % de la dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêt excessifs

Tout se passe comme si la réduction des déficits et des dettes publiques était aujourd’hui l’objectif prioritaire de la politique économique menée en France comme dans la plupart des pays européens. La baisse des salaires des fonctionnaires, ou le pacte dit « de responsabilité » qui prévoit cinquante milliards supplémentaires de réduction des dépenses publiques, sont justifiés au nom de cet impératif.

Le discours dominant sur la montée de la dette publique fait comme si son origine était évidente : une croissance excessive des dépenses publiques.

Mais ce discours ne résiste pas à l’examen des faits. Dans ce rapport nous montrons que l’augmentation de la dette de l’État – qui représente l’essentiel, soit 79 %, de la dette publique – ne peut s’expliquer par l’augmentation des dépenses, puisque leur part dans le PIB a chuté de deux points en trente ans.

Si la dette a augmenté, c’est d’abord parce que tout au long de ces années, l’État s’est systématiquement privé de recettes en exonérant les ménages aisés et les grandes entreprises : du fait de la multiplication des cadeaux fiscaux et des niches, la part des recettes de l’État dans le PIB a chuté de cinq points en trente ans.

La hausse de la dette publique provient pour l’essentiel des cadeaux fiscaux et des hauts taux d’intérêt (Sources : Insee et calculs CAC).

Si l’État, au lieu de se dépouiller lui-même, avait maintenu constante la part de ses recettes dans le PIB, la dette publique serait aujourd’hui inférieure de vingt-quatre points de PIB (soit 488 milliards €) à son niveau actuel.

C’est ensuite parce que les taux d’intérêt ont souvent atteint des niveaux excessifs, notamment dans les années 1990 avec les politiques de « franc fort » pour préparer l’entrée dans l’euro, engendrant un « effet boule de neige » qui pèse encore très lourdement sur la dette actuelle.

Si l’État, au lieu de se financer depuis trente ans sur les marchés financiers, avait recouru à des emprunts directement auprès des ménages ou des banques à un taux d’intérêt réel de 2 %, la dette publique serait aujourd’hui inférieure de vingt-neuf points de PIB (soit 589 milliards €) à son niveau actuel.

L’impact combiné de l’effet boule de neige et des cadeaux fiscaux sur la dette publique est majeur : 53 % du PIB (soit 1077 milliards €). Si l’État n’avait pas réduit ses recettes et choyé les marchés financiers, le ratio dette publique sur PIB aurait été en 2012 de 43 % au lieu de 90 % comme le montre le graphique ci-dessous.

Au total, 59 % de l’actuelle dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêts excessifs.

Le rapport d’audit propose aussi une évaluation des impacts des paradis fiscaux ainsi que de la crise financière de 2008 dans l’envolée de la dette publique.

Au total, il apparaît clairement que la dette publique a été provoquée par des politiques économiques largement favorables aux intérêts des créanciers et des riches, alors que les sacrifices demandés aujourd’hui pour la réduire pèsent pour l’essentiel sur les salariés, les retraités et les usagers des services publics. Cela pose la question de sa légitimité.

Le rapport se conclut par une série de propositions destinées à alléger le fardeau de la dette (près de cinquante milliards d’euros d’intérêts par an et plus de cent milliards de remboursements) pour rompre avec le cercle vicieux des politiques d’austérité et financer les investissements publics dont l’urgence sociale et écologique n’est plus à démontrer.

La réalisation d’un audit de la dette publique effectué par les citoyens ou sous contrôle citoyen, devrait permettre d’ouvrir enfin un véritable débat démocratique sur la dette publique. Ce débat devrait amener à déterminer quelle partie de cette dette est jugée par les citoyens comme illégitime. Les premières évaluations ici proposées par le groupe de travail du Collectif pour un audit citoyen se veulent une contribution à ce débat.


Ont participé à l’élaboration du rapport :

Michel Husson (Conseil scientifique d’Attac, coordination),
Pascal Franchet (CADTM),
Robert Joumard (Attac),
Evelyne Ngo (Solidaires Finances Publiques),
Henri Sterdyniak (Économistes Atterrés),
Patrick Saurin (Sud BPCE)

 

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Il a été réalisé par un-e de nos journalistes, au sein de la rédaction de Reporterre.  Le journal est dédié aux questions environnementales, aujourd'hui sous-représentées dans les médias traditionnels au regard de leur importance. Reporterre est totalement indépendant : sans actionnaires ni propriétaires, le journal est géré par une association à but non lucratif. Ainsi, personne ne dicte notre opinion. Cela nous permet de couvrir des évènements et thèmes délaissés médiatiquement, de donner une voix à ceux qui ne sont pas audibles, et de questionner les puissants en les mettant face à leurs responsabilités.

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http://lvsl.fr/veritable-crime-robespierre-puissance-riches

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comparaison travail france allemagne france info

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http://lvsl.fr/peuple-revolutionnaire-diner-gala-jean-luc-melenchon

Ce mardi 10 avril 2018, nous avons rencontré Jean-Luc Mélenchon dans son bureau à l’Assemblée nationale. Au cours d’une longue discussion, le député des Bouches-du-Rhône évoque le cheminement qui l’a conduit à construire le mouvement qui lui a permis d’obtenir 19,58% des voix au premier tour de l’élection présidentielle. Le leader de la France Insoumise revient librement sur ses influences intellectuelles, de son rapport souvent décrié à l’Amérique latine jusqu’à l’Espagne de Podemos, en passant par le matérialisme historique et le rôle central de la Révolution française. Cet entretien est également l’occasion de l’interroger sur les propos controversés tenus par Emmanuel Macron au sujet des rapports entre l’Etat et l’Eglise catholique, au collège des Bernardins. « La laïcité de 1905 n’a pas été inventée dans un colloque, c’est l’aboutissement de trois siècles de guerre civile ouverte ou larvée », répond-il, « revenir sur ce point, c’est revenir sur la République elle-même ». Au fil de l’échange, Jean-Luc Mélenchon dévoile sa vision de l’Etat et du rôle de tribun, s’exprime tour à tour sur Mai 68 et sur son rapport aux jeunes générations, sans oublier de saluer les mobilisations actuelles : « Il y a un facteur que personne ne prévoit et ne pourra jamais prévoir : c’est l’initiative populaire. Elle peut tout submerger, tout le monde, et tel est mon souhait ».

la suite ici : http://lvsl.fr/peuple-revolutionnaire-diner-gala-jean-luc-melenchon

 

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Aucun texte alternatif disponible.

 https://www.politis.fr/articles/2018/07/aides-aux-riches-un-pognon-de-dingue-39099/ (300 milliards)

 

https://lhuiledanslesrouages.fr/2017/09/letat-durgence-de-la-france/

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https://positivr.fr/50-assos-exclusion-vraie-vie-affiches/

 https://www.facebook.com/lavraiedemocratie/videos/762318993892159/ (bourdin 300 milliards d"évasion)

https://www.politis.fr/articles/2018/07/aides-aux-riches-un-pognon-de-dingue-39099/ (300 milliards )

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http://www.liberation.fr/france/2018/05/13/au-cac-40-les-gros-porteurs-raflent-la-mise_1649777

(rajout le jour même : ha ben mdp a fait aussi un article sur ce rapport d'oxfam  .... ce billet-lien se retrouve à être redondant ... https://www.mediapart.fr/journal/economie/140518/le-cac-40-machine-dividendes-et-inegalites )

 

Au CAC 40, les gros porteurs raflent la mise :

Par Jean-Christophe Féraud 13 mai 2018 à 19:46

Selon un rapport d’Oxfam, les actionnaires ont capté, ces dernières années, les deux tiers des bénéfices générés par les plus grandes entreprises françaises, au détriment des salariés et de l’investissement.

  •  

    Au CAC 40, les gros porteurs raflent la mise

Une orgie de dividendes au bénéfice des gros actionnaires, une envolée stratosphérique du niveau de rémunération des grands patrons quand la fiche de paie des salariés stagne… Le constat fait par Oxfam France dans un rapport intitulé «CAC 40, des profits sans partage», publié ce lundi, prend une résonance politique particulière au moment où Emmanuel Macron annonce dans le magazine Forbes la suppression de l’exit tax, entre autres mesures fiscales favorables aux plus fortunés, qui conforte son étiquette de «président des riches». La confédération d’ONG, qui lutte contre la pauvreté dans le monde, a étudié à la loupe l’évolution des bénéfices engrangés par les  plus grandes entreprises françaises depuis 2009. Et surtout la manière dont ces richesses créées ont été redistribuées : essentiellement en faveur du capital et dans des proportions qui font de la France un petit paradis pour les actionnaires et les très grosses rémunérations.

 

A lire aussi «Il faut mieux associer les salariés aux périodes de prospérité»

Pour cette étude, Oxfam a fait appel au cabinet d’études le Basic (Bureau d’analyse sociétale pour une information citoyenne) afin d’éplucher les résultats des cadors du CAC. Objectif : montrer comment ces très grandes entreprises «alimentent la spirale des inégalités». Et c’est plutôt réussi. Dix ans après la crise des «subprimes» qui avait fait souffler un vent de panique sur le capitalisme, les bénéfices des grands groupes concernés ont bondi de 60 % entre 2009 et 2016, pour culminer à plus de 93 milliards d’euros en 2017. Des profits «records» obtenus en exerçant «une pression à la baisse» sur les effectifs, les salaires et les fournisseurs, mais aussi grâce à «l’évasion fiscale», rappelle Oxfam. «Ces gigantesques richesses» ont, sans surprise, «surtout bénéficié aux actionnaires et aux dirigeants des entreprises plutôt qu’aux salariés ou aux contribuables». Au total, sur les quelque 600 milliards de profits accumulés de 2009 à 2017, les entreprises du CAC 40 ont reversé 407 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires. Sur la seule année 2017, ces derniers ont reçu 51 milliards d’euros, contre 31 milliards en 2009. Ce qui fait des grands groupes français «les plus gros payeurs de dividendes en Europe, loin devant l’Allemagne».

Règle des «trois tiers»

«Le choix de 2009 comme point de départ de notre étude ne doit rien au hasard : c’est l’année où les profits du CAC étaient tombés au plus bas suite à la crise et l’époque où les décideurs multipliaient les déclarations vertueuses sur la nécessité d’une meilleure redistribution des profits au profit des salariés», explique à Libération Manon Aubry, coauteur du rapport d’Oxfam. Avec ce défaut, cependant, de ne pas pouvoir comparer par rapport aux pics des années précédant la crise.

Reste qu’on est toujours loin de la règle des «trois tiers» vantée par l’ex-président Nicolas Sarkozy : un tiers des bénéfices aux salariés, un autre aux actionnaires, le dernier devant être réinvesti dans l’entreprise «pour financer son développement». Moins de dix ans plus tard, «on est plutôt à deux tiers - un tiers et tout se passe comme si l’investissement et la récompense des salariés n’étaient qu’une simple marge d’ajustement face à la priorité absolue donnée à la rémunération des actionnaires», pointe Manon Aubry. En effet, sur la période 2009-2016, a calculé Oxfam, le taux de redistribution des profits en faveur des seuls actionnaires a été de 67 %. Sur 100 euros de bénéfices engrangés, les géants du CAC ont ainsi reversé en moyenne 67,4 euros de dividendes à leurs actionnaires, ne laissant que 27,3 euros pour le réinvestissement (dans l’outil industriel, l’innovation, la recherche…) et 5,3 euros pour les salariés… C’est simple, entre 2009 et 2016 «la rémunération des actionnaires a progressé plus de 4 fois plus vite que celle des salariés», selon Oxfam. Et loin du mythe du petit porteur, c’est une minorité fortunée qui en a surtout bénéficié : selon Euronext, le premier détenteur d’actions du CAC 40 n’est autre que le groupe familial du PDG de LVMH, Bernard Arnault (3,2 %), devant l’Etat français (3 %), la famille Bettencourt-Meyers qui contrôle L’Oréal (3 %), et des fonds anglo-saxons comme BlackRock et Vanguard.

Entre 2009 et 2016, les entreprises les plus généreuses avec leurs actionnaires ont été Total et Sanofi : en tout, elles leur ont respectivement reversé 43,5 et 37,9 milliards d’euros. Le géant pharmaceutique a consacré en moyenne 95 % de ses bénéfices pour servir ses actionnaires. En troisième position sur le podium, le cas d’Engie (27,6 milliards d’euros) interpelle : les dividendes versés par l’ex-GDF-Suez ont été en moyenne «trois fois supérieurs à ses bénéfices depuis 2009» ! Ce qui veut dire que l’entreprise s’endette pour mieux rémunérer ses actionnaires. Arcelor-Mittal va encore plus loin : alors que le sidérurgiste a cumulé plus de 7 milliards de pertes entre 2009 et 2016, il a versé 3,3 milliards de dividendes sur la même période.

Gloutonnerie

Dans le même temps, les salariés n’ont reçu que des miettes, quand ils n’étaient pas victimes d’un plan social. Pourtant, leur fiche de paie aurait pu nettement progresser : si les entreprises du CAC s’étaient contentées de maintenir leur niveau de dividendes de 2009 jusqu’en 2016 et avaient décidé d’augmenter les salaires, «l’ensemble des travailleurs du CAC 40 auraient pu voir leurs revenus augmenter de 2 000 euros par an et par employé», calcule Oxfam.

Dans un monde idéal. Car les seuls salariés qui profitent de cette obsession de la création de valeur sont les dirigeants des entreprises. «La priorité absolue donnée aux actionnaires est logiquement récompensée par ces derniers», constate Manon Aubry. La rémunération des patrons du CAC a ainsi bondi de 46 % depuis 2009, progressant plus de deux fois plus vite que la moyenne des salaires dans leurs entreprises et quatre fois plus vite que le smic. Le PDG de Renault, Carlos Ghosn, est devenu un symbole de la gloutonnerie des grands patrons français : entre 2009 et 2016, sa rémunération a explosé de 469 %, passant de 1,2 à 7 millions d’euros. Et c’est sans compter son salaire équivalent chez Nissan. Carrefour (9,7 millions en 2016), Sanofi (9,6 millions) et L’Oréal paient encore mieux leur boss. En moyenne, en 2016, les PDG du CAC 40 ont gagné 257 fois le smic et 119 fois le salaire moyen au sein de leur entreprise (contre 9 fois en 2009). Parmi les champions des écarts de salaires : Carrefour (306 fois), LVMH (270 fois) et Danone (227 fois).

Pour Oxfam, ce «modèle» basé sur la maximisation des profits au détriment de la majorité «n’est plus acceptable». L’ONG appelle à un «partage plus équitable». Elle propose entre autres d’«encadrer la rémunération des actionnaires» de manière à ce qu’elle ne puisse «représenter d’avantage que la part des bénéfices redistribuée aux salariés». Ce qui passerait par une «meilleure association des salariés aux bénéfices», via les dispositifs d’intéressement et de participation. Oxfam demande aussi que l’écart maximum entre la rémunération moyenne des salariés et celle des PDG soit plafonné «dans un facteur 20», sur le modèle de ce qui a été fait dans les entreprises publiques, et un «encadrement» des retraites chapeau et autres parachutes dorés. L’ONG plaide enfin pour l’égalité salariale hommes-femmes et «un salaire décent» pour tous les travailleurs qui, en amont, contribuent aux profits. Autant de propositions «centrées sur l’humain» qui ont peu de chances de trouver un écho du côté des «premiers de cordée».

Jean-Christophe Féraud

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"Y a-t-il des exemples de dérégulation du droit du travail ayant permis de réduire le chômage et la précarité des salariés ?"

grand blanc chez les experts de calvi ...

https://www.facebook.com/Mr.Propagande.page/videos/734062206776981/

 

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Aucun texte alternatif disponible.

 

 

  • ça trainait sur facebook ... j'ai pas pris la source , désolé ... il va falloir récupérer des sources pour chacun . par exemple pour le premier :

    google : première occurence en ayant tapé "80 milliards d'évasion fiscale" https://www.franceculture.fr/emissions/le-billet-economique/60-1000-240-milliards-combien-coute-levasion-fiscale

    trouvé dans le corps de l'article

    60 à 80 milliards, c'est l'estimation qui revient le plus. C'est un chiffre extrapolé à partir de la réalité. presque. Le calcul a été fait par le syndicat des finances publiques Solidaires. Selon ce syndicat, entre 60 et 80 milliards d'euros de recettes fiscales sont perdues chaque année en France, du fait de la fraude fiscale, et 40 à 60 du fait de l'optimisation fiscale.

    donc il ya des ajustement à faire sur ce shémas : pour les 80 milliards par exemple ce serait juste pour la fraude fiscale  (et donc la légende ne serait pas parfaite)  :  et donc il ya plutot entre 100 et 140 pour l'évasion selon cette source là ... je me "souviens" d'avoir vu passer un coup de geule de bourdin qui évoque 200 milliards  (ou 300 je sais plus (faut rechercher)) pour l'évasion

    à suivre .. et à chercher pour les autres ..chiffres ...

    cdt ..


  • 13 juin 2018 Par avellino

    pour les 20 milliards de fraude patronales l'humanité et le figaro et europe1 sont d'accord sur le chiffre , on peut donc s'y fier ... dans l'article de l'huma et d'europe1 on trouve aussi le chiffre de 3 milliards pour les fraudes à la sécu  que l'on trouve dans ce graphique ...


  • 13 juin 2018 Par avellino

    sur économie-matin , (un site que je ne connais pas ) pour le dernier chiffre sur l'accueil des migrants : estimé entre 0,5 et 2 milliards .  c'est bien de l'ordre de ce qu'il y a sur "mon" graphique .

    cdt .

 

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http://osonscauser.com/reformes-impots-macron-president-des-ultra-riches/

tableau

 

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Résultat de recherche d'images pour "image cadeaux aux riches"

 

Ces messieurs appellent ça "dépenses fiscales" : en clair, le coût (faramineux) des privilèges dont l'Etat (providence du Medef) gratifie la France d'en haut...

 

depenses-fiscales

 

https://www.fipeco.fr/fiche.php?url=Les-dépenses-fiscales

 

 

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https://www.facebook.com/photo.php?fbid=2110099295674032&set=a.108793209137994.16879.100000219464716&type=3

L’image contient peut-être : 1 personne, texte

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https://www.facebook.com/lavraiedemocratie/videos/762318993892159/

464 208 vues

 

La vraie démocratie

4 mai, 09:00 ·

Coup de gueule: La fraude fiscale représente en France 300 milliards d'euros.

Lisez «Ces 600 milliards qui manquent à la France» : http://amzn.to/2qHamtO

Crédit vidéo : RMC

La vraie démocratie┋Partageons l'info citoyenne !

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https://ecointerview.wordpress.com/2018/05/07/en-2018-letat-prelevera-5-milliards-sur-les-menages-les-moins-riches-pour-les-redistribuer-aux-plus-riches/

macron8

 

A force d’entendre que Macron est le Président des riches, on a envie d’en avoir le coeur net.

Le Gouvernement nous explique qu’en supprimant des dispositions fiscales qui font mauvais effet dans la vitrine de l’attractivité (ISF, Exit tax etc…) il pense à l’intérêt général.

L’avenir dira si ce pari en valait la chandelle…

En attendant, si on est un peu taquin, on note que la totalité des nouveaux efforts socio-fiscaux que l’on réclame aux ménages les moins riches (5 milliards) sont affectés au bon plaisir des 20% les plus riches.

Sources :

L’essentiel des données sont tirées des deux articles ci-dessous:

  • Décodeurs 05/05/2018. Les mesures de la 1ère année d’Emmanuel Macron avantagent-elles vraiment les plus riches?
  • OFCE Janvier 2018 . Budget 2018. Pas d’austérité, mais des inégalités. Le chiffrage des mesures socio-fiscales prévues pour 2018 figure dans le tableau récapitulatif de la page 6. Le graphique 4 de la page 11 montre que les ménages les plus riches restitueront environ un tiers des fonds qu’ils recevront en raison de la suppression de l’ISF, de la taxe d’habitation et de la flat tax, soit 1/3 de 6,2 milliards.

Pour la réforme de l’IS en 2018 et la répartition de la fiscalité écologique entre ménages et entreprises:

  • Les Echos . Comment le taux d’impôt sur les sociétés va être ramené à 25% d’ici 2022.
  • BFM Business 23/11/2017 . Ce que la hausse de la fiscalité écologique va coûter aux ménages.

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Miki Horiuchi en france , tout compris , la part des salaires tournait autour de 71% du PIB avant 1977 elle a connu une amélioration en 1977 et et 1985 en tourant autour de 75 % , depuis elle oscille autour de 65% ...
(remarque , encore moins si on ne prend que les entreprises car dans ces pourcentages par rapport au pib il y a les salaires des fonctionnaires )(et encore les revenus des patrons cac40 avec leur salaires qui sont passés de 50 à 500 fois le salaire minimum- sont ... des salaires , et comptés donc à coté des salaires des salariés "lambda" )
. On peut donc dire que depuis les années reagan tatcher les salarié ont perdu entre 6 et 10 % du pib !! prenez le pib , prenez 10 % , et vous voyez combien il manque au salariés et combien la contre attaque néolibérale a fait récupéré aux patron et actionnaires ... c'est énorme .... ça fait 220 milliards par an ! désolé j'ai la t^te qui tourne devant ces chiffres et je ne sais plus les 80 à 100 milliard pris par an pour l'évasion et la fraude fisacle sont à rajouter à ces 220 milliards ou s'il font parti de ceux ci ... allez les gens votez bien ....
http://www.securite-sociale.fr/.../indicateur8_pqe...

 

3

Gérer

 

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Faisah Nurhasanah La contre attaque libérale ? Regardez l'évolution de la part des dépenses publiques depuis 1975 en France. C'est plutôt le contraire, merci de ne pas prendre vos fantasmes pour la réalité

1

Gérer

 

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Miki Horiuchi Faisah Nurhasanah parceque vous croyez que bush et tacher et les dirigeants européens depuis cette époque ont été des communistes acharnés ??... allons allons .. en tout cas les chiffres que je donne sont imparables : la part des salaires par rapport aux actionnaires a perdu entre 6 et 10 points ....essayons d'expliquer le hiatus entre mes chiffres et les votres : dans dépenses publiques il n'y a pas que des salaires des fonctionnaires , mais il y a bien des choses : ainsi quand l'état achète un avion à dassault , ou quand une mairie fait fabriquer un parking ou un rond point par vinci , et bien une grande part va à des actionnaires ... vous la sentez là l'augmentation de la dépense publique ?
De plus , une bonne part de l'augmentation de la dépense publique est due au remboursement des interêts la dette puisque depuis les années 70 dont vous parlez si justement , l'état n'emprunte plus à zero % mais emprunte aux banque privés qui lui facturent des interets .. autant d'argent qui ne retourne pas pour les salariés mais pour les rentiers qui ont preté cet argent (disponibles souvent grace à des cadeaux fiscaux ) Ce phénomène a d'ailleurs alimenté ces gains de % du pib pour les détenteurs de capitaux que les chiffres décrivent ! ...cdt ..
https://img.over-blog-kiwi.com/.../ob_3a4d09_grafisme.jpg

 

Gérer

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sur fb : T'es vraiment qu'un tarée ma pauvre. Ancrée dans tes idées a la con, soutenant une salope qui chie sur la France. La FI est bien le parti ses salopes comme toi. Tiens jte baise sale fonctionnaire de mes 2. Aux chiottes la FI de merde (emma jfernandes)

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je suis pas sur de la qualité générale du site mais bon , à vérifier :

https://zevengeur.wordpress.com/2019/03/15/le-circuit-du-tresor-detruit-par-loligarchie-au-profit-du-circuit-de-la-dette-retour-sur-la-loi-de-1973/

Depuis une dizaine d’années, la polémique fait rage au sujet de la fameuse loi de 1973 et de son influence sur le niveau faramineux atteint par la dette publique. Aujourd’hui devenue quasiment irremboursable, cette dette n’a pas toujours existé et des travaux universitaires récents sont venus apporter un éclairage sur ses origines.

A la fin de la guerre, la gestion monétaire du pays était revenue sous le contrôle de l’état. L’oligarchie effectua alors durant les Tente Glorieuses un lent travail de sape afin de transférer cette dernière aux marchés privés. Le support idéologique associé à cette démarche fut inspiré par le modèle libéral anglo-saxon. La loi de 1973 ne fut qu’un point d’étape venu s’insérer dans ce contexte en attendant le verrouillage total de la liberté de manœuvre de l’état par le traité de Maastricht.

Nous avons assisté à cette occasion une énième occurrence de ce que l’on n’ose plus appeler la lutte des classes !

A partir des années 60, on commença à remplacer un système de gestion monétaire dirigé par l’état et qui avait fait ses preuves appelé « circuit du trésor » par un système basé sur le tout privé qui nous a conduit inexorablement à l’endettement actuel. La dette équivalente à environ 100% du PIB est en grande partie liée au financement des déficits par les marchés.
Les causes de cette situation sont multiples, mais si l’on ne prend en compte que l’aspect monétaire, on constate factuellement que si la banque centrale avait pu financer les déficits avec des prêts à taux zéro remboursables, alors la dette aurait été quasi nulle à l’orée de la crise de 2008.

Pour comprendre l’historique de la situation actuelle il faut donc revenir à la période de l’après-guerre.

 

La politique monétaire à la fin de la guerre

Les travaux de l’économiste Eric Monet [1] puis ceux de Benjamin Lemoine [2][3] ont apporté pour la première fois un éclairage historique sur les différentes phases que connut la politique monétaire de la France depuis la fin de la guerre. Même si ces derniers n’ont pas éclairci tous les détails de l’histoire, les grandes lignes de cette dernière sont révélées.

En 1945 le pays sortit du conflit avec une dette supérieure à 200% du PIB et il fallait en plus assurer la reconstruction. Le plan Marshall y a certes contribué mais il est loin d’en avoir été le facteur unique.

Pendant la guerre, le Général De Gaulle avait chargé Jean Moulin de synchroniser les mouvements de résistance métropolitains afin de contribuer à la future offensive de la libération. Jean Moulin était également en charge de préparer la politique de l’après guerre grâce à l’élaboration consensuelle du programme du Conseil National de la Résistance (CNR).
Ce dernier comprenait la notion d’État providence ainsi que le retour de la souveraineté sur les grands domaines régaliens. En particulier pour la partie finance, la Banque de France et quatre grandes banques de dépôts devaient être nationalisées.
Ce programme fut alors immédiatement mis en œuvre à la libération par le gouvernement provisoire du Général De Gaulle. Durant ses dix-huit mois au pouvoir, ce dernier a eu le temps de mettre en place les bases du redressement national avant de partir en 1946 à la suite du retour de la politique des partis qu’il haïssait.

Entre 1945 et 1949, grâce en particulier à une politique keynésienne ayant induit une forte croissance associée à une inflation annuelle d’environ 50%, la dette était tombée à 30% du PIB.

Inflation depuis 1900

Les élites financières n’ont évidemment pas apprécié la dépréciation de leurs actifs mais ces dernières ayant largement collaboré avec les nazis, ils furent durant un temps obligés de faire profil bas afin de se faire oublier.

La reconstruction s’étant achevée vers 1955, l’instabilité politique de la IVe République (copie conforme de la IIIe) reprit de plus belle. Le Général De Gaulle fut alors rappelé en 1958 afin de résoudre le problème de l’Algérie.
Comme chacun sait, il fit beaucoup plus que cela.
Ses dix années au pouvoir lui ont permis de faire revenir la France dans le groupe restreint des grandes puissances mondiales. Pour ce faire, le Général mit en place une politique industrielle et économique dirigée associée à une politique de défense nationale indépendante.

Malgré un demi siècle d’une politique réactionnaire et soumise à l’oligarchie, nous vivons encore aujourd’hui sur ces acquis.

Le programme du CNR comprenait un volet sur le financement de l’état par le système bancaire. Ce dernier appelé « Circuit du Trésor » [4] fut conçu et mis en place par un véritable serviteur de l’État François Bloch-Lainé, ex trésorier du CNR et directeur du Trésor à partir de 1947.

François Bloch-Lainé

François Bloch-Lainé

Ce système avait tout simplement transformé l’état en une banque de dépôt géante dont les bénéfices servaient à financer les dépenses publiques. La finance privée était donc totalement écartée du processus. Il s’agissait d’un système complètement inversé par rapport à celui que l’on connait où l’état est aujourd’hui sous la tutelle des marchés privés.

Le circuit du trésor

Dans les grandes lignes, le circuit du Trésor englobe un ensemble majeur d’institutions bancaires et monétaires dont le mandat est d’œuvrer au service des finances de l’état et donc de la collectivité.
On distingue dans cet ensemble la Banque de France (Banque Centrale) à laquelle lui sont associés des « correspondants ». Ces derniers regroupent les banques et entreprises nationalisées, la CDC et les caisses d’épargnes.

Pour éviter tout déficit liés aux délais des collectes fiscales, le trésor est alimenté en permanence en liquidités par cinq sources complémentaires :
1) Les dépôts à vue de ses « correspondants »
2) Les avances de la Banque De France (appelées par certains « Planche à billets »)
3) Les « planchers de bons », soit des souscriptions obligatoires pour les banques à des bons du trésor avec un taux fixé par l’état
4) Des bons souscrits auprès du public
5) L’apport de la Caisse des Dépôts et Consignations

(Une vidéo de synthèse des travaux de Benjamin Lemoine sur le circuit du trésor ici).

Le résultat de cette politique financière d’état fut visible durant ce qui fut dénommé par la suite « les trente glorieuses ». La croissance était au rendez-vous et le plein emploi assuré. L’inflation, très importante durant les premières années permit de résoudre la colossale dette de guerre, puis la hausse des prix fut maitrisée à un taux moyen d’environ 5% entre 1955 et 1973 avant de repartir à la hausse.
Il est d’ailleurs exact de noter que sauf contexte très particulier, une inflation trop élevée conduit souvent à des dévaluations de la monnaie et pénalise la crédibilité financière d’un état.

Ce système de « Circuit du Trésor » favorable à la collectivité ne convenait pas à l’oligarchie financière pour deux raisons principales. D’abord, le taux d’inflation érodait le capital selon l’adage (apocryphe ?) de John Meynard Keynes :
« L’inflation est l’euthanasie des rentiers »,
ensuite il était intolérable que l’état utilise les ressources du circuit bancaire pour son propre profit.
Cette manne ne devait en aucun cas échapper à la sphère financière privée et en conséquence, il fallait tout faire pour que l’état revienne se financer sur les marchés.

La base idéologique de la contre attaque sera inspirée par les américains avec les conditions imposées aux bénéficiaires du plan Marshall de l’après-guerre. Ces conditions incluaient le développement de la sphère privée, l’obligation d’achat de produits américains et surtout la libéralisation du commerce afin d’écouler les surplus de la production US d’après guerre.

Un certain nombre d’officines de formatage des cerveaux aux idées américaines furent créées afin d’obtenir l’adhésion des élites françaises, à commencer par certains hauts fonctionnaires. Ce sont ces derniers que l’on retrouvera à la manœuvre au début des années 60 lors de la guerre déclarée et toujours en cours contre le programme du CNR.

Oligarchie financière, le retour

Nous avons vu précédemment que l’oligarchie française avait massivement collaboré avec l’occupant nazi sous le régime de Vichy, et ce jusqu’à la fin de la guerre (voir les travaux d’Annie Lacroix-Ritz). Cette dernière a donc simplement changé de dominateur en basculant de L’Allemagne vers les États-Unis.
Les américains avaient pour objectif annexe d’asseoir la soumission de l’Europe à travers la création d’un système supranational sous leur contrôle (Union Européenne à venir) associé à une doctrine idéologique ultralibérale.

Il est d’ailleurs assez significatif de constater que la politique prônée par les américains concernait surtout leurs « alliés » car ils furent loin de se l’appliquer totalement à eux même !

Quelques personnages clés consacrèrent leur existence à aider les américains à détruire la souveraineté des nations européennes, citons notamment Jean Monnet, Robert Schuman et l’allemand Walter Hallstein au passé plus que controversé durant le régime nazi.

L’oligarchie américaine [5] a basé sa doctrine sur les travaux de quelques intellectuels célèbres tels Milton Friedman et Friedrich Hayek, défenseurs de la théorie monétariste. L’objectif final étant d’imposer pas à pas leur idéologie à toute la planète en commençant par l’Europe occidentale.

Des instances internationales d’influences peu ou prou médiatisées furent alors créées.

Dans l’ordre chronologique, citons l’OSCE fondée en 1948 et renommée OCDE en 1961. En 1954, fondation du groupe Bilderberg suivi par la commission Trilatérale en 1973 destinée à étendre l’influence libérale en Asie et enfin au niveau national la French American Fondation créée en 1976 avec son célèbre programme « Young Leaders« .

L’OCDE est donc historiquement le premier vecteur d’influence américaine, il s’agit d’un organisme consultatif donc en apparence inoffensif. Il englobe l’ensemble des pays occidentaux soit 36 membres en 2018.

Une « bande de gus » [3], hauts fonctionnaires français, acquis à l’idéologie américaine à travers leurs fréquentes rencontres à l’OCDE, commencèrent donc à sévir dès le début des années 50. Leur objectif était de rendre à nouveau l’état captif des intérêts privés sans attirer l’attention grâce à une politique des petits pas.
Quelles furent les motivations de ces individus ?
On peut supposer qu’il y eut 50% d’idéologie et 50% de carriérisme, en effet ces derniers avaient le soutien total des banques et donc de l’oligarchie. Il ne leur avait pas échappé que des postes bien rémunérés étaient en vue dans le privé !

C’est ainsi que l’on vit en 1952 l’éviction François Bloch-Lainé de la direction du trésor au profit du libéral Pierre-Paul Schweitzer. Cet acte initialisa la première tentative de noyautage du trésor par les libéraux qui se poursuivit progressivement jusqu’à la fin de la décennie. En 1960, Schweitzer fut cependant remplacé par un défenseur du circuit Maurice Pérouse.
Cela semble démontrer qu’il y eut une résistance politique significative aux libéraux. Ces derniers réussirent néanmoins en 1958 à faire nommer l’un des leurs au poste de secrétaire d’état aux finances : Valery Giscard d’Estaing .

Au début des années 60, la charge s’intensifie contre le circuit du trésor avec la bande des quatre constituée de Georges Wormser directeur de la Banque d’Escompte, Jacques Rueff le conseiller économique du général De Gaulle, Valéry Giscard d’Estaing et surtout Jean Yves Haberer, dont l’action relève véritablement de la trahison et qui sera le futur responsable de la quasi faillite du Crédit Lyonnais.
Cependant, ces derniers trouveront sur leur chemin le directeur du Trésor de l’époque Maurice Pérouse [6] qui leur résistera jusqu’en 1967 où il quitta son poste :
«
– Mais ma trésorerie, mais comment est-ce qu’on va financer le Trésor ?
– Par les taux ! Vous paierez le taux qu’il faut !
»

Dès 1963, le premier pilier du système tombe avec le transfert des planchers de bons au privé [3]. C’est l’apparition du principe des adjudications obligataires où le taux d’intérêt des bons est cette fois fixé par le marché.
Un autre petit pas supplémentaire est franchit en 1966 avec la ré-autorisation pour les banques de dépôt à intégrer une activité d’affaires [3] et ensuite en 1967, suppression des planchers de bons.
Cependant, à la fin des années 60 les autres sources du circuit sont encore actives, ce qui explique que les déficits n’apparaissent pas encore.

L’objectif des libéraux était donc de détruire le Circuit du Trésor puis de réintroduire un système de financement à partir du marché, autrement dit de fonds privés. La stratégie était de pousser à son utilisation systématique puis de finir par légiférer en arguant que la loi ne sert qu’à entériner une pratique courante.

Les réformateurs étaient parfaitement conscients que l’adjudication systématisée allait faire grimper la dette de l’état.

C’est ici qu’intervient la fameuse loi dite Pompidou-Giscard de 1973, en particulier son article 25 qui fit l’objet de beaucoup de discussions.

La loi Pompidou-Giscard de 1973, Maastricht 104, Lisbonne 123

L’article 25 de la loi 73-7 du 3 janvier 1973 indique :
« Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France. »

De nombreux analystes se sont focalisés sur cet article, ce fut une erreur car le diable se nichait en fait dans les détails d’un autre article.

Selon les travaux universitaires de l’économiste Eric Monet, la loi de 1973 avait pour but de regrouper un certain nombre de textes disparates. En particulier, l’article 25 ne faisait que reprendre une interdiction déjà introduite par une ancienne loi du 24 juillet 1936, article 13 [1].

Au préalable, le terme « escompte » n’interdisait pas les avances de la BDF, il fallait alors examiner un autre article passé inaperçu de cette loi de 1973. Il s’agit de l’article 19 qui concerne le montant des avances de la Banque de France à l’état. Cet article indique que toute modification du montant des avances est encadrée par des conventions à négocier entre l’exécutif et la Banque de France, ces conventions devant ensuite être validées par le parlement.

En 1973, la BDF est autorisée à prêter jusqu’à 20,5 Milliards de Francs à l’état (loi N°73-1121 du 21/12/1973). Ce montant se répartit en 10,5 Milliards à taux zéro et 10 Milliards au taux le plus bas pratiqué par la banque.
Cela signifie que la situation de 1973 est figée à ces montants jusqu’à nouvel ordre. Le gouvernement ayant cependant la possibilité de demander une modification de ces derniers en passant devant le parlement.
En clair, la loi de 1973 n’interdisait pas les avance à taux zéro de la BDF mais elles étaient plafonnées à 10.5 Milliards de Francs. En revanche, d’après l’article 19 toute modification de ce plafond devait faire l’objet d’un passage devant le parlement.
Une demande d’augmentation du plafond aurait attiré l’attention sur le gouvernement qui aurait à coup sur été taxé par son opposition de mauvais gestionnaire.
La loi de 1973 présentait donc des subtilités ayant échappé à tout le monde.

On remarque alors qu’entre 1973 et la mise en œuvre du traité de Maastricht en 1993, ni Giscard, ni son successeur n’ont demandé une telle augmentation du plafond malgré une forte inflation durant cette période. L’obligation de passer devant le parlement pour toute modification était en fait un moyen coercitif pour décourager tout gouvernement de modifier le plafond.

Un mot sur le gouvernement socialiste de François Mitterrand de 1981 à 1986. Les ministres socialistes et leurs cabinets étaient d’une incompétence crasse sur les questions monétaires :
« Merci de m’aider à comprendre » [3].

Les hauts fonctionnaires du trésor qui n’avaient que mépris pour cette fine équipe n’en ont fait qu’une bouchée. Cela explique en partie le tournant ultralibéral effectué par Mitterrand après l’échec de sa politique de relance par la demande, il fit le choix de suivre la politique proposée par Jacques Delors.

Durant la décennie 1980, plusieurs facteurs ont contribué à la montée inexorable de la dette publique.
En premier lieu, la tendance à emprunter sur les marchés via le système d’adjudication. Ensuite des taux d’intérêts supérieurs à la croissance du PIB ont provoqué une augmentation mécanique de la dette [3]. Et enfin la mauvaise gestion socialiste avec en particulier la baisse des impôts a également participé à l’augmentation des déficits publics.

En 1986 sous le gouvernement Chirac débuta une politique de privatisations sans cesse poursuivie depuis cette date. La privatisation des banques à cette occasion a achevé d’enterrer le circuit du trésor.

En 1993, la construction européenne supranationale avance bien et le traité de Maastricht entre en vigueur. Pour son volet monétaire, ce dernier est calqué sur la politique de l’Allemagne. Il comprend particulier l’article 104 qui interdit cette fois explicitement toute forme d’avance à l’état de la part de la Banque Centrale.

Ultérieurement en 2001, on assistera à la création de la pièce maitresse du dispositif d’adjudication, l’Agence France Trésor (AFT).
Le traité de Lisbonne en 2008 reprendra enfin l‘article 104 de Maastricht sous l’appellation Lisbonne 123 [7].

Durant toute la période qui a suivi la destruction du circuit du Trésor, la dette n’a fait qu’augmenter. Le débat sur une politique qui a transformé une situation favorable en catastrophe fut confisqué [8].

Historique excédents et déficits France

La messe est dite, la victoire de l’oligarchie est totale !

Un autre scénario aurait pu éviter la dette

Comme on l’a vu précédemment, les avances de la Banque de France au trésor ne constituaient que l’un des piliers du circuit.

Effectuons maintenant une expérience de pensée.

Si l’on examine la situation de la dette fin 2006, on constate que le montant de cette dernière était de 1 142 Milliards d’Euros. Or si l’on isole le cumul des intérêts seuls payés entre 1979 et 2006, on constate un total de 1 176 Milliards, soit si l’on avait emprunté à taux zéro un excédent de 34 Milliards.
Voir le calcul ici [9].

Si la France s’était financée entre 1979 et 2006 à taux 0 à la Banque de France ou à la BCE, alors à la fin 2006 il n’y aurait pas eu de dette !

Il semble cependant que les élus commencent à se réveiller sur ces questions comme le montre des travaux de la commission de finances en 2016 [10].

La question de l’inflation

Certains idéologues répètent ad nauseam que la planche à billet est source d’inflation incontrôlable. Ces derniers oublient de préciser que cette assertion est exacte à une seule condition, il faut en effet que la Banque Centrale effectue de la création monétaire permanente sans destruction de cette dernière par le remboursement des avances.

Supposons que la Banque Centrale prête à l’état un billet de 100 € fraichement imprimé. Avec ce billet, l’état va payer une dépense par exemple un fournisseur. Un peu plus tard, ce fournisseur va payer ses impôts à l’état en lui réglant 100 € avec ce même billet. L’état rend alors le billet à la Banque Centrale qui va le bruler.
Il n’y a donc eu aucune création monétaire !

Un prêt de la Banque Centrale à l’état correspond à une création monétaire, cependant lorsque l’état rembourse ce prêt alors l’argent créé précédemment est détruit, il n’y a donc pas de risque d’inflation car en moyenne glissante la masse monétaire reste constante.

Une autre cause d’inflation moins souvent citée peut provenir d’une hausse rapide des salaires. Afin d’éviter ce phénomène, on ne peut que constater qu’un chômage de masse est très pratique pour maitriser ces derniers, je vous renvoie pour les explications afférentes à cet article sur l’indice NAIRU.
D’autres causes inflationnistes sont possibles comme par exemple une croissance trop rapide du PIB.

Conclusion

Certains considèrent que la dette, même au niveau actuel, n’est pas un problème tant que l’économie permet de financer les intérêts de cette dernière (voir un débat ici). Sachant que cette manne confisquée par les marchés représente le second poste de dépenses après l’éducation, on peut se demander s’il ne serait pas plus judicieux que cet argent soit de préférence utilisé au profit la collectivité.

La gestion financière d’un état doit tenir compte finement d’un ensemble de contraintes parfois contradictoires. Il est donc clair que ceux qui gèrent cette fonction doivent en avoir d’abord la volonté et ensuite les compétences.

La question se pose inévitablement de savoir quels sont les objectifs fixés, sachant qu’il y a les objectifs affichés et les objectifs réels. On peut certes s’interroger à juste titre sur les compétences de nos dirigeants politiques au vu des résultats lamentables constatés depuis plusieurs décennies, mais on peut aussi remarquer que la situation actuelle profite d’abord à l’oligarchie qui a manifestement réussi à mettre sous tutelle une grande partie de la classe politique.

La situation actuelle est catastrophique avec l’explosion des inégalités, le chômage de masse, le siphonnage des richesses au profit d’une minorité et la destruction des services publics. L’éradication du circuit du Trésor n’est pas la seule exaction ayant conduit à cette situation mais elle en fut l’acte fondateur.

Le prochain article analysera l’ensemble des causes ayant conduit au contexte insurrectionnel de la révolte des gilets jaunes contre l’oligarchie.

Liens et références

[1] « Politique monétaire et politique du crédit en France pendant les Trente Glorieuses 1945-1973 » – Eric Monet – Thèse en PDF ici.
[2] « L’ordre de la dette » – Benjamin Lemoine (2016)
[3] Compte-rendu de lecture « L’ordre de la dette » par François Chesnais (Attac)
[4] Du CNR vers le Circuit du Trésor – Site Alchimy.info
[5] Petit guide de survie intellectuelle au royaume de l’oligarchie et de l’état profond (Sur ce site)
[6] Site « La dette de la France » – Page « Le circuit du Trésor »
[7] Traité de Lisbonne, article 123 : le coup d’état de la finance (Publié en 2010 sur ce site)
[8] Dette publique, débat confisqué
[9] Calcul des intérêts cumulés de la dette entre 1978 et 2006
[10] Commission des finances – Compte-rendu du 10 février 2016

Article publié sur AgoraVox ici.

 

 

 

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offres d'emploi non pourvues .

le trottoir de macron . "" Si tous les chômeurs débusquaient l’offre d’emploi non pourvue au coin de la rue, en acceptant de changer de métier, en renonçant à toute qualité d’emploi, pour n’importe quel niveau de salaire… il en resterait toujours dix sur onze.""

 

https://www.facebook.com/Les.Vosges.insoumises/videos/530425810762275/

Mr Propagande et 2 autres personnes ont partagé un lien.

rtl.fr

 

Pôle emploi invite les chômeurs à s'expatrier en République tchèque

Mr Propagande

23 h ·

Je la trouve quand même très très large cette rue à traverser.
 

CEA'Cad CGT a partagé une publication.

Les Économistes Atterrés

Hier, à 15:47 ·

Bientôt 3 nouvelles brillantes Macronades:
"Un emploi? Je traverse l'Europe, je vous en trouve"
"Prenez exemple sur les capitaux: soyez mobiles!"
"Bouge-toi, bouge de là!"

 

 

https://theconversation.com/il-suffit-de-traverser-la-rue-la-ritournelle-des-emplois-non-pourvus-103389

Dimanche 16 septembre, interpellé par un horticulteur sans emploi, le président de la République Emmanuel Macron lui a répondu « je traverse la rue, je vous trouve un emploi ». Cette phrase relance un vieux mythe : les chômeurs sont responsables de leur propre chômage, car ils accompliraient trop peu d’efforts pour retrouver un emploi.

Cette sortie présidentielle, et les commentaires qui l’accompagnent, posent trois questions distinctes :

  • Y a-t-il assez d’offres d’emploi en circulation pour tous les chômeurs, et peut-on en conséquence leur imputer la responsabilité de leur propre chômage ?

  • Combien d’offres faut-il pour occuper un chômeur ?

  • Enfin, peut-on s’appuyer sur les bases publiques de Pôle emploi pour mesurer le non-pourvoi ?

18 000 emplois non pourvus faute de candidats en 2017

Un travail scientifique vient régulièrement éclairer les motifs du non-pourvoi en France. Il s’agit de l’enquête « Besoins en Main d’Œuvre », réalisée sous le pilotage de Pôle emploi et du Crédoc. Pour 2017, elle indique que 7,5 % des établissements qui ont essayé de recruter n’y sont pas parvenus. Ont-ils manqué de candidats ? Effectivement, dans… 16 % des cas ! Dans l’écrasante majorité des situations, plusieurs candidats se sont manifestés, mais n’ont pas été retenus. Dans d’autres établissements, le besoin économique avait disparu, ou les moyens financiers n’étaient plus disponibles. Une telle enquête déclarative ne révèle pas non plus l’ampleur des infractions, comme les fausses offres d’emploi qui servent uniquement à compiler des bases de CV pour l’avenir. Et certaines offres n’attirent aucun candidat car elles proposent des conditions de travail très mauvaises, voire illégales : salaires inférieurs au smic (via les heures non payées), de nuit, en horaires discontinus… Le refus de certains candidats indique qu’en France, les normes légales constituent encore une référence.

Au total, en 2017, 111 000 offres n’ont pas été pourvues de façon définitive (dont 16 % par manque de candidat, soit 18 000). Sachant que Pôle emploi accueille un peu plus d’un tiers des offres en circulation (les autres prennent la forme de petites annonces, passent dans des réseaux professionnels, sont déposées en agences d’intérim…), la multiplication par un peu moins de trois fournit l’estimation de 300 000 offres non-pourvues, dans toute l’économie.

Pour autant, ces offres auraient-elles pu occuper 300 000 chômeurs ? Non, car il faut retrancher les offres à temps partiel, qui nécessitent d’en occuper plusieurs, et les contrats à durée déterminée (CDD), qui requièrent d’en enchaîner plusieurs dans l’année. Parfois, plusieurs offres non pourvues sont nécessaires pour qu’un chômeur travaille une année durant.

La difficulté de recruter reste l’exception

Indiquent-elles que le marché de l’emploi français est constitué d’individus rétifs au travail ? Les données statistiques montrent plutôt l’inverse. En 2017, les employeurs ont transmis 23,8 millions déclarations d’embauche (source Acoss – dont 17 millions de moins d’un mois). Les offres non pourvues, à leur niveau maximum, ne représentent guère qu’une miette, environ 1 % des emplois pourvus. En regardant le marché par l’autre extrémité, nous constatons que 99 % des projets de recrutement réussissent. La difficulté est l’exception, leur réussite est la règle.

Même en admettant 300 000 offres non pourvues, cela constitue-t-il un volant significatif de lutte contre le chômage ? Là encore, la réponse est non, puisque 6 millions de personnes sont inscrites à Pôle emploi, dont 3,4 millions sans la moindre heure d’activité. L’estimation la plus généreuse consisterait donc à avancer l’existence d’une offre d’emploi non pourvue pour onze chômeurs (300 000 pour 3,4 millions). Si tous les chômeurs débusquaient l’offre d’emploi non pourvue au coin de la rue, en acceptant de changer de métier, en renonçant à toute qualité d’emploi, pour n’importe quel niveau de salaire… il en resterait toujours dix sur onze.

Illusions d’optique

Plusieurs éditorialistes, soucieux de contextualiser le propos présidentiel, ont mené leurs propres recherches à partir des bases de Pôle emploi, afin de fournir leur propre évaluation des emplois non pourvus. C’est par exemple le cas de Laurent Neumann, l’éditorialiste politique de BFMTV, qui a décompté les offres d’horticulteurs en ligne sur Pôle emploi. Mais attention aux illusions d’optique.

Pour rester dans la thématique des horticulteurs, une recherche par les bases de données de Pôle emploi indique 193 offres correspondantes dans toute l’Île-de-France. Un emploi serait-il donc disponible pour le jeune chômeur interpellé par le président, ainsi que pour 192 de ses homologues ? Pas vraiment… D’abord, les 193 offres agrégées par Pôle emploi sont « proches » de l’horticulture. Elles concernent aussi, par exemple, des emplois d’enseignant en production horticole, dont rien ne garantit qu’elles seraient proposées à un horticulteur au chômage.

Mais admettons. Parmi ces 193 offres, 113 sont en contrat à durée indéterminée (CDI) et garantissent un emploi pérenne aux chômeurs. Les autres sont des offres d’intérim, ou des CDD : 15 jours, 3 mois… Il faut donc successivement 4 ou 5 de ces offres pour occuper une seule personne à l’année. Toutes ne constituent donc pas un moyen de quitter le chômage.

Parmi les 113 CDI, 15 sont à temps partiel. Cela signifie qu’un chômeur qui les occupe peut encore être à la recherche d’un autre emploi. Donc, à l’inverse, que deux emplois sont parfois nécessaires pour occuper une seule personne au même moment. Pour 58 offres, aucune indication n’est donnée concernant le temps de travail. Seules 40 garantissent un exercice à temps plein.

Déficit d’emploi au niveau national

À partir de 193 offres en horticulture (ou approchant), nous arrivons au stock bien plus maigre de 40 emplois susceptibles d’occuper une personne de façon exclusive. Au niveau géographique, ils sont également répartis de manière bien inégale : 14 dans le département des Yvelines, mais seulement trois en Seine-Saint-Denis et dans le Val de Marne, ou deux dans les Hauts-de-Seine.

L’interpellation du chômeur par Emmanuel Macron est donc infondée. Le chômage n’est pas simplement une affaire de volonté individuelle, qui se résoudrait en traversant la rue. Il résulte d’un déficit d’emplois au niveau national. Pendant longtemps, ce déficit était considéré comme un problème, sur lequel intervenaient les politiques publiques.

La sortie d’Emmanuel Macron traduit une double opinion. D’abord, elle délégitime l’action publique en matière de lutte contre le chômage, pour le présenter comme une somme d’actes individuels qui découlerait des choix des chômeurs. Deuxièmement, elle correspond à une promotion des « travailleurs pauvres ». Autrement dit, le président plaide en creux pour l’exercice de n’importe quel type d’emploi plutôt que le chômage. Cette politique a été menée dans plusieurs pays anglo-saxons, ou encore en Allemagne, où elle a conduit à une progression spectaculaire de la pauvreté laborieuse.

En attendant, le marché de l’emploi continue de se contracter. Au dernier trimestre 2017, les créations d’emploi (public et privé) atteignaient la somme de 105 000. Elles ne sont plus que 12 000 au deuxième trimestre 2018, après la coupe dans les contrats aidés. On peut donc raisonnablement douter que traverser la rue constitue la réponse appropriée à cet effondrement des créations d’emplois.

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et mélenchon : https://melenchon.fr/2018/09/18/traverser-rue-trouver-emploi-mensonge-macron/

Traverser la rue pour trouver un emploi : le mensonge de Macron

  mardi 18 septembre 2018

Emmanuel Macron a trouvé la solution au chômage. Il suffirait selon lui de « traverser la rue » d’après ce qu’il a dit à un jeune horticulteur au chômage. Nouvelle insulte gratuite pour le peuple du plus méprisant des présidents. La sortie se base pourtant sur un mythe répandu par les libéraux et le MEDEF. Selon eux, il y aurait en France de nombreuses offres d’emploi qui resteraient délibérément sans preneur. Le fait prouverait que les chômeurs sont responsables de leur sort.

Cette affirmation est un mensonge grossier. Selon pôle emploi, au 2e trimestre de 2018, le nombre de personnes inscrites et tenues de rechercher un emploi s’élevait à 5,6 millions de personnes. Face a ceux-là , le MEDEF et les faux experts des plateaux télé font circuler des chiffres extravagants. Il y aurait 500 000 emplois vacants selon le Medef, et même 600 000 selon un « économiste » de BFMTV. Une pure élucubration. Elle déshonore ceux qui profèrent ces chiffres.

En vérité, Pôle emploi faisait état, en décembre 2017, de 150 000 de ses offres non pourvues. Son enquête fait aussi une estimation des offres d’emplois qui ne passent pas par eux. Au total, Pôle emploi considère que 200 000 à 330 000 offres restent sans candidat adéquat. Rapporté au nombre de chômeurs, il y a un emploi non pourvu pour 20 chômeurs. Le rapport monte même à 1 pour 40 si on convertit ces offres en temps pleins annuels. Si tout le monde traversait la rue en acceptant de renoncer à son métier pour prendre ce qui se présente même s’il n’y connait rien et que l’employeur accepte cela, 5% seulement se caseraient…

Quand on interroge les employeurs, 77% d’entre eux jugent que les difficultés de recrutement s’expliquent par des problèmes d’attractivité de leurs propres offres. En effet, ces offres sont pour nombre d’entre elles de mauvaise qualité. Une sur deux correspond à un CDD de moins de 6 mois. On y trouve aussi beaucoup de temps partiels avec de bas salaires pour lesquels le salarié peut être perdant en comptant par exemple les coûts de transports. D’ailleurs, En répondant ainsi au chômeur qu’il a en face de lui, Macron propage donc un préjugé mensonger mais répandu chez les importants : les chômeurs sont des fainéants. Cette insulte est utile pour justifier le flicage généralisé des pauvres et le contrôle social généralisé qu’il met en place.

L’épisode n’est pas seulement lamentable pour le président et pour le jeune horticulteur qu’il a humilié en public. Il l’est tout autant pour la machine médiatique qui s’est acharné à vouloir donner raison à Macron alors qu’il s’agit d’un mensonge déjà cent fois démantelé par l’argumentation des connaisseurs du sujet quelque soit leur penchant idéologique.

 

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https://lafranceinsoumise.fr/2018/09/18/a-lassaut-du-mythe-des-chomeurs-faineants/

Nouvelle esbroufe du président Macron ce week-end ! Décidément adepte des sorties prétentieuses et méprisantes (une pensée pour les « Gaulois réfractaires »), le chef de l’Etat s’est cette fois-ci adressé à un jeune chômeur qui recherchait désespérément un emploi d’horticulteur pour lui expliquer sa méthode : « je traverse la rue, je vous en trouve [du travail] ». Rien de plus simple, donc, pour notre président hors-sol. Tout le monde aura compris le message implicite : bougez-vous donc un peu et vous trouverez bien un travail, peu importe qu’il soit dans votre domaine de formation ou de compétence d’ailleurs.

Des propos bien simplistes dans la bouche du président, mais qui traduisent parfaitement sa ligne politique : plutôt continuer à faire des cadeaux à ses ami·e·s les plus riches que de chercher de véritables solutions, notamment au chômage qui concerne plus de 6 millions de personnes en France.

Cette petite phrase relance en réalité le mythe des « chômeurs fainéants ». Une idée qui revient régulièrement, ressassée par quelques un·e·s et qui voudrait faire porter la charge principale du chômage sur les personnes en recherche d’emploi. Celles-ci ne chercheraient donc pas assez ou alors mal, voire seraient inadaptées au marché du travail. L’entourloupe consiste ensuite à mettre en face le chiffre des emplois non pourvus et le tour est joué : le ou la chômeur·se est stigmatisé·e et l’incapacité du gouvernement à répondre à cet enjeu majeur est mise sous le tapis. Il est vrai que  celui-ci peut difficilement se vanter des effets de ses cadeaux aux grosses entreprises, censés favoriser l’embauche.

Un exemple de la communication macronienne pour justifier les propos du président

Pour déconstruire ce mythe, comme cela a été fait à de nombreuses reprises, il suffit de se pencher justement sur les statistiques.

Si le chiffre de 300 000 offres non pourvues est régulièrement avancé (voir ci-contre), notamment par Pôle emploi pour parler des projets de recrutement qui n’ont pas aboutis, il est grandement à relativiser. Seul la moitié de ses offres n’a pas abouti à un recrutement faute d’un·e candidat·e retenu·e, le reste correspond en réalité à des annonces retirées par le ou la recruteur·se entre-temps ou encore en cours.

Par ailleurs, parmi les 150 000 emplois restants à pourvoir, près de 90% des offres ont bien reçu une ou plusieurs candidatures avant que l’employeur·se ne retire son annonce, ne trouvant pas le profil qui lui convenait. En 2017 ce serait donc moins de 20 000 offres qui n’auraient pu aboutir faute de candidat·e ! Sur l’ensemble des offres d’emplois publiées la même année, les statistiques démontrent que cela représente seulement 1% des offres pourvues.

Au delà même de ces précisions, le fossé reste considérable quand on rapporte les chiffres annoncés au nombre de chômeur·se·s, il y aurait finalement un emploi non pourvu pour 20 chômeur·se·s. Le rapport monte même à 1 pour 40 si on convertit ces offres en temps pleins annuels.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes ! Les offres ne trouvant pas preneur·se restent une infime partie du problème du chômage qui touche 6 millions de personnes. Nous sommes donc bien loin de l’emploi disponible à chaque coin de rue sous réserve d’un peu de bonne volonté comme nous le vend Emmanuel Macron. Une stratégie grotesque qui annonce une nouvelle fois la couleur de ce quinquennat et vient préparer le terrain pour le plan anti-pauvres du président des riches annoncé il y a quelques jours. 

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 https://www.huffingtonpost.fr/hadrien-clouet/4-problemes-que-pose-le-controle-des-chomeurs_a_23323544/

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08/01/2018 07:00 CET | Actualisé 08/01/2018 07:00 CET

4 problèmes que pose le contrôle des chômeurs

A partir des enquêtes menées dans le cadre d'une thèse de sociologie, il est possible d'invalider certains propos implicites liés au renforcement du contrôle des chômeurs.

  • Hadrien Clouet Doctorant au Centre de Sociologie des organisations CNRS-Sciences Po

Dans une note du ministère du Travail publiée par le Canard Enchaîné du 27 décembre, des conseillers du gouvernement font état de leur intention de durcir le contrôle des chômeurs. Or, le lien entre les comportements de recherche d'emploi et le nombre de chômeurs est une question problématique. A partir des enquêtes menées dans le cadre d'une thèse de sociologie, il est possible d'invalider certains propos implicites liés au renforcement du contrôle des chômeurs. En outre, de nombreux travaux antérieurs en sciences sociales critiquent les arguments spécieux qui sous-tendent les politiques rigoristes vis-à-vis des demandeurs d'emploi.

Une perspective historique

Le renforcement du contrôle des chômeurs suppose généralement un lien entre leur comportement et le taux de chômage. Il est étonnant que ce vieux discours (balayé dès le début du XXe siècle par les travaux de Max Lazard, qui montre des coefficients d'exposition au chômage différents selon la position des personnes sur le marché, indépendamment de leurs caractéristiques comportementales) soit réactivé dans une période où le nombre de demandeurs d'emploi atteint des records. Plus il y aurait de demandeurs d'emploi, plus ils détiendraient une responsabilité individuelle dans la situation? De juin 2008 à octobre 2017, le nombre d'inscrits à Pôle emploi a presque doublé: de 3,53 à 6,71 millions. Peut-on sérieusement imaginer qu'en l'espace de neuf ans, les chômeurs auraient cessé de chercher des emplois? D'année en année, le chômage a le même profil: un point culminant en novembre, puis une baisse jusqu'à juin ou juillet, et une hausse. On ne peut pas en tirer la conclusion que les chômeurs seraient plus motivés l'été, et moins l'hiver. Enfin, une analyse par cohorte montre la faiblesse de l'argument: les jeunes travailleurs des Trente Glorieuses, époque de plein-emploi masculin, se retrouvent aujourd'hui comme chômeurs seniors de longue durée. Auraient-ils perdu le goût du travail entre temps? L'explication du chômage par les comportements de recherche d'emploi n'est donc pas recevable.

Un problème arithmétique

Depuis les travaux séminaux de Robert Salais, le chômage peut être représenté comme un phénomène de file d'attente: il y a un nombre d'offres d'emploi donné, et des individus font la queue pour être sélectionnés. Certains sont proches de la sortie (ils ont de fortes chances de retrouver un emploi), d'autres en sont loin (ils ont de faibles espérances de retrouver un emploi). Souvent, les derniers arrivés au chômage, qui disposent de références solides ou de contacts éloignés dans la monde professionnel, sont aussi les mieux placés dans la file d'attente. Le rôle de Pôle emploi, en l'absence de tout contrôle sur le nombre d'offres, consiste à avancer les plus éloignés dans la file d'attente du chômage. Mais dans de nombreux cas, vu la concurrence entre chômeurs, l'offre prise par un demandeur d'emploi prive tout simplement un autre demandeur d'emploi.

En 2015, d'après les données de Pôle emploi, environ 150.000 offres étaient ouvertes en France. C'est une estimation large, car le périmètre des "emplois non-pourvus" demeure très flou. Gardons à l'esprit que de nombreuses offres sont non-pourvues car elles semblent inacceptables aux chômeurs et à leurs conseillers: des postes très dégradés, voire même qui violent le droit du travail.

Sur la même période, 24 millions de contrats de travail ont été signés (en majorité des CDD de moins d'un mois). Les offres ouvertes représentent 0,6% des offres qui ont été pourvues. Dit autrement, 99,4% des offres ont trouvé preneur sur le marché. Plutôt que de s'étonner que quelques offres restent non-pourvues, on pourrait au contraire s'étonner qu'autant de salariés acceptent de travailler dans des emplois souvent atypiques.

Même en obligeant les chômeurs à accepter toutes les offres disponibles, seul 1 sur 44 retournerait en emploi. Aucune marge n'est disponible de ce côté-là pour lutter contre le chômage. Le chômage de masse dépend donc du nombre d'emplois et des épreuves de recrutement, pas des chômeurs.

Une mesure contre-productive?

De nombreux travaux ont montré que le vécu du chômage prend différentes formes, selon les ressources dont disposent les individus privés d'emploi. Les plus endurants, qui parviennent à se projeter dans l'avenir et à récolter des soutiens, ont une capacité accrue à retrouver un poste sur le marché de l'emploi. Ceux qui cherchent frénétiquement sont exposés à des phénomènes d'épuisement, puis éventuellement de découragement. Or, l'accroissement des pressions peut tout à fait conduire à renforcer ce risque.

En outre, les chômeurs sont nombreux sur une même offre. Les menacer de sanction signifie multiplier les réponses, même peu ajustées, que recevront les employeurs qui recourent à Pôle emploi. Avec le risque de les noyer sous les réponses, et ainsi de les éloigner de l'opérateur public pour leur prochain recrutement.

Non seulement la mesure peut être dommageable vis-à-vis des employeurs, mais elle l'est bien sûr aussi pour les chômeurs. Une sanction signifie une baisse de revenus, dans une population où 38% des personnes sont déjà en risque de pauvreté d'après Eurostat. Ce risque de pauvreté atteint 71% en Allemagne, pays où les chômeurs de longue durée ou sans droit à l'assurance doivent accepter toute offre sous peine de radiation. Aussi, plusieurs centaines de milliers d'entre eux enchaînent les contrats précaires qui les ramènent inéluctablement auprès de l'opérateur de placement, avec une indemnisation toujours plus faible.

Cela ne change rien non plus au retour à l'emploi, comme l'ont montré les différents travaux d'économistes sur les États-Unis, la Suisse, les Pays-Bas ou le Royaume-Uni, résumés ici par Ioana Marinescu. Bien au contraire, des chômeurs ont quitté le marché du travail face aux contrôles tatillons et aux vexations ressenties. Renforcer le contrôle des chômeurs peut donc aussi conduire à doper le taux d'inactivité de la population, et donc ultérieurement mettre en péril l'équilibre financier de l'assurance-chômage.

Quel droit pour les chômeurs?

Actuellement, les chômeurs sont déjà sensés accepter des "offres raisonnables d'emploi". Il s'agit d'un point étonnant, dans la mesure où les allocations chômage ne constituent pas un exercice de solidarité nationale, mais la contrepartie de sommes que les chômeurs ont préalablement versées en cotisant.

Néanmoins, très peu de conseillers opposent des "offres raisonnables d'emploi" aux chômeurs. Ils savent que les offres de bonne qualité sont très vite pourvues, et ils sont hésitants face au flou du "raisonnable". A partir de combien d'annonces lues dans les journaux considère-t-on qu'une personne recherche activement un emploi? Comment pondérer la distance kilométrique selon le nombre d'enfants? Quand est-on un chômeur âgé? Autant de question qui obligent les conseillers à trancher, alors que beaucoup se sentent mal à l'aise face à de tels dilemmes. Dans ce flou, les dispositions personnelles des guichetiers jouent un rôle croissant vis-à-vis du parcours des demandeurs d'emploi.

Ce flou est renforcé par la pluralité des vécus du chômage. Au bout d'un an, l'obligation officielle de reprendre un emploi dont le salaire est supérieur à l'allocation chômage a des conséquences très différentes pour un chômeur dont l'indemnisation est élevée et une travailleuse sortant d'un temps partiel, qui pourrait être contrainte de reprendre un emploi à 500 euros.

En conclusion, ce mot d'ordre témoigne d'une approche univoque et douteuse du phénomène du chômage. Il renforce la stigmatisation des demandeurs d'emploi et les soupçons qui pèsent sur eux (en "vacances", voire même "aux Bahamas", d'après certains mots d'ordre contemporains). Alors que les travaux sur le non-recours aux droits se multiplient, ils restent rares sur le non-recours aux allocations chômage. Pourtant, il s'agit d'une conséquence logique de la stigmatisation: la baisse des personnes qui osent s'inscrire, de peur d'être associés à la fainéantise. Cela a des effets bien tangibles pour les budgets publics et paritaires, en permettant des économies indirectes aux frais des chômeurs, dans une période de redistribution fiscale à destination des foyers les plus aisés.

 

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