Black-blocs, gilets jaunes, Mediapart : le mouvement social dévoyé.

Des black-blocs en gilets jaunes, des gilets jaunes en black : les étiquettes ne trompent que ceux qui souhaitent être trompés ou qui se refusent à l’évidence ou qui ne reconnaîtront pas leur erreur d’interprétation.

Des black-blocs en gilets jaunes, des gilets jaunes en black : les étiquettes ne trompent que ceux qui souhaitent être trompés ou qui se refusent à l’évidence ou qui ne reconnaîtront pas leur erreur d’interprétation.

Depuis plusieurs mois, quelques milliers de manifestants ultra-violents, toutes tendances confondues, cherchent à instrumentaliser le mouvement social pour arriver à leur fin : le renversement par la violence des pouvoirs publics quel qu’en soit le résultat. Mais dans un pays où les intentions de vote pour les prochaines Européennes laissent attendre une victoire massive de la droite dure et de l’extrême-droite, le résultat est connu. Que devront assumer ceux qui y ont participé, comme ceux qui l’ont encouragé.

Car, en dehors des nouveaux détenteurs du pouvoir – aujourd’hui encore, Le Pen se frotte les mains - qui aura gagné quelque chose à ce déferlement de violence et de bêtise à l’état brut qui se prétend révolutionnaire alors qu’il n’est que factieux et obscène ? Il est peut-être temps de faire le bilan et de constater les dégâts. Alors que toutes les raisons existent pour donner corps à une contestation sociale d’envergure, le mouvement social est sabordé par des nervis en gilets jaunes encouragés ou soutenus par des syndicalistes et des politiciens inconscients (ou aux troubles arrière-pensées) qui font passer - au choix - leur intérêt personnel, le respect de la doctrine du parti, leur petit commerce, avant l’intérêt des travailleurs. En mai 68, 13 millions de grévistes, une remise en cause radicale de la condition salariale, des manifestations de masse. Aujourd’hui, un mouvement de grève au point mort, des revendications qui se gardent bien de remettre en cause le système économique, des rituels hebdomadaires qui tiennent plus du défoulement gratuit que de la manifestation politique et/ou sociale. Car en dépit de l’indignation aveugle et sélective manifestée autour des violences policières,  c’est bien à un détournement du droit de manifester que se livrent les gilets jaunes et leurs bandes : même dans une démocratie limitée comme l’est la 5e république, l’appel à « l’émeute…, à prendre d’assaut l’Elysée…, à épuiser les forces de l’ordre…. »  lancé depuis plusieurs mois peut difficilement être assimilé à une liberté publique. Qu’il soit pourtant relayé par des politiciens ou diverses instances censées défendre les droits constitutionnels (Toubon, un ancien de la chiraquie pure et dure, la Ligue des droits de l’homme, qu’on a connue plus clairvoyante et plus courageuse…) est proprement affligeant : en février 34, tout ce petit monde se serait retrouvé au côté des ligueurs d’extrême-droite. Avec les meilleures raisons du monde...

On ne reviendra pas ce soir sur le cas de Mediapart déjà évoqué sur ce blog (notamment ici et ) qui a définitivement jeté aux orties les principes les plus élémentaires du journalisme. Information tronquée, partielle et partiale, malhonnête, information à sens unique ; reprise sans aucune distanciation de la propagande du mouvement : Mediapart, un peu à l’instar de RT France (la comparaison vient immédiatement à l’esprit) est devenu l’organe quasi officiel des gilets jaunes. Un mouvement qui vient de l’extrême-droite, qui tend à l’extrême-droite, qui aboutit à l’extrême-droite.

La chose n’est pas nouvelle dans un pays où le passage de l’extrême-gauche à l’extrême-droite s’est déjà fait plus d’une fois dans le passé par le relais de médias, de chroniqueurs doctrinaires à l’éternelle bonne conscience.

 

Mise à jour (23 h) :

1er mai 2018 : 210 000 manifestants. 1er mai 2019 : 160 000 manifestants. Ce soir, Mdp continue de dévider ses mensonges avec une morgue, une insolence qui laissent pantois. La pensée unique - outre que ce n'est pas vraiment un marqueur de la démocratie - infligée aux abonnés, pour combien de temps encore ?

 

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