B. Girard
"Au lieu de se surveiller, l'éducateur surveille les enfants et c'est leurs fautes qu'il enregistre et non les siennes." (J. Korczak)
Abonné·e de Mediapart

268 Billets

2 Éditions

Billet de blog 1 mai 2019

Black-blocs, gilets jaunes, Mediapart : le mouvement social dévoyé.

Des black-blocs en gilets jaunes, des gilets jaunes en black : les étiquettes ne trompent que ceux qui souhaitent être trompés ou qui se refusent à l’évidence ou qui ne reconnaîtront pas leur erreur d’interprétation.

B. Girard
"Au lieu de se surveiller, l'éducateur surveille les enfants et c'est leurs fautes qu'il enregistre et non les siennes." (J. Korczak)
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Des black-blocs en gilets jaunes, des gilets jaunes en black : les étiquettes ne trompent que ceux qui souhaitent être trompés ou qui se refusent à l’évidence ou qui ne reconnaîtront pas leur erreur d’interprétation.

Depuis plusieurs mois, quelques milliers de manifestants ultra-violents, toutes tendances confondues, cherchent à instrumentaliser le mouvement social pour arriver à leur fin : le renversement par la violence des pouvoirs publics quel qu’en soit le résultat. Mais dans un pays où les intentions de vote pour les prochaines Européennes laissent attendre une victoire massive de la droite dure et de l’extrême-droite, le résultat est connu. Que devront assumer ceux qui y ont participé, comme ceux qui l’ont encouragé.

Car, en dehors des nouveaux détenteurs du pouvoir – aujourd’hui encore, Le Pen se frotte les mains - qui aura gagné quelque chose à ce déferlement de violence et de bêtise à l’état brut qui se prétend révolutionnaire alors qu’il n’est que factieux et obscène ? Il est peut-être temps de faire le bilan et de constater les dégâts. Alors que toutes les raisons existent pour donner corps à une contestation sociale d’envergure, le mouvement social est sabordé par des nervis en gilets jaunes encouragés ou soutenus par des syndicalistes et des politiciens inconscients (ou aux troubles arrière-pensées) qui font passer - au choix - leur intérêt personnel, le respect de la doctrine du parti, leur petit commerce, avant l’intérêt des travailleurs. En mai 68, 13 millions de grévistes, une remise en cause radicale de la condition salariale, des manifestations de masse. Aujourd’hui, un mouvement de grève au point mort, des revendications qui se gardent bien de remettre en cause le système économique, des rituels hebdomadaires qui tiennent plus du défoulement gratuit que de la manifestation politique et/ou sociale. Car en dépit de l’indignation aveugle et sélective manifestée autour des violences policières,  c’est bien à un détournement du droit de manifester que se livrent les gilets jaunes et leurs bandes : même dans une démocratie limitée comme l’est la 5e république, l’appel à « l’émeute…, à prendre d’assaut l’Elysée…, à épuiser les forces de l’ordre…. »  lancé depuis plusieurs mois peut difficilement être assimilé à une liberté publique. Qu’il soit pourtant relayé par des politiciens ou diverses instances censées défendre les droits constitutionnels (Toubon, un ancien de la chiraquie pure et dure, la Ligue des droits de l’homme, qu’on a connue plus clairvoyante et plus courageuse…) est proprement affligeant : en février 34, tout ce petit monde se serait retrouvé au côté des ligueurs d’extrême-droite. Avec les meilleures raisons du monde...

On ne reviendra pas ce soir sur le cas de Mediapart déjà évoqué sur ce blog (notamment ici et ) qui a définitivement jeté aux orties les principes les plus élémentaires du journalisme. Information tronquée, partielle et partiale, malhonnête, information à sens unique ; reprise sans aucune distanciation de la propagande du mouvement : Mediapart, un peu à l’instar de RT France (la comparaison vient immédiatement à l’esprit) est devenu l’organe quasi officiel des gilets jaunes. Un mouvement qui vient de l’extrême-droite, qui tend à l’extrême-droite, qui aboutit à l’extrême-droite.

La chose n’est pas nouvelle dans un pays où le passage de l’extrême-gauche à l’extrême-droite s’est déjà fait plus d’une fois dans le passé par le relais de médias, de chroniqueurs doctrinaires à l’éternelle bonne conscience.

Mise à jour (23 h) :

1er mai 2018 : 210 000 manifestants. 1er mai 2019 : 160 000 manifestants. Ce soir, Mdp continue de dévider ses mensonges avec une morgue, une insolence qui laissent pantois. La pensée unique - outre que ce n'est pas vraiment un marqueur de la démocratie - infligée aux abonnés, pour combien de temps encore ?

http://journaldecole.canalblog.com/

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Police
Le bras droit du préfet Lallement visé par une enquête pour violences
Alexis Marsan, haut gradé de la préfecture de police déjà mis en cause pour sa gestion violente du maintien de l’ordre notamment lors de la finale de la Ligue des champions au Stade de France, est accusé d’avoir agressé un cycliste alors qu’il circulait sur une moto banalisée mi-mars à Paris. La vidéosurveillance n’a jamais été exploitée, et la plainte orientée vers le mauvais service. Une enquête a été confiée à l’IGPN lundi 4 juillet.  
par Sarah Brethes
Journal
Alertée sur les dérives du lycée Stanislas, Valérie Pécresse refuse de suspendre ses subventions
Le conseil régional d’Île-de-France a rejeté un amendement exigeant la suspension des subventions vers le lycée Stanislas après les révélations de Mediapart sur ses dérives. La gauche régionale saisit le ministère de l’éducation nationale pour qu’une enquête sur l’établissement catholique soit ouverte.
par David Perrotin et Lorraine Poupon
Journal — Europe
Lâché pour un mensonge de trop, Boris Johnson finit par démissionner
À la suite d’un nouveau scandale, le premier ministre britannique a annoncé jeudi sa démission après une cinquantaine de départs dans son gouvernement. Il a tenté de résister jusqu’au bout, mais la pression de son parti a été plus forte.
par François Bougon
Journal
Ces retraités « à bout de nerfs » face aux retards de versement de leur pension
Même quand leur dossier est complet, certains assurés commencent à toucher leur retraite avec des mois de retard, les obligeant à demander le RSA. L’assurance-vieillesse conteste toute situation anormale, mais le Covid et deux transformations récentes pourraient avoir ralenti le système.
par Dan Israel et Faïza Zerouala

La sélection du Club

Billet de blog
ZAD contre la bétonisation d'un espace agricole de 2,23 ha à Orcet en Puy-de-Dôme
Détruire un espace maraîcher, de verger et de champs cultivés pour bétonner est le projet du maire d'Orcet qui inquiète sa population enfin au parfum grâce à l'action du collectif StopUrba63 appuyé par ANV-COP21, organisateurs de la manifestation réussie du 4 juillet dans le bourg. Il est plus que temps pour ses habitants de refuser cette bétonisation qui va en détruire un joyau précieux.
par Georges-André
Billet de blog
L’usine occupée des Murs-à-Pêches à Montreuil : Zone à dépolluer et Zone à défendre
Depuis le 2 avril dernier : les 45 habitants et les 27 collectifs qui occupent l’ancienne usine depuis septembre 2020 sont expulsables manu militari sans médiation, sans délai, ni solution de secours. Cette occupation multiforme et créative permet pourtant de maintenir ouvert un débat public indispensable sur la dépollution de ce site et son avenir.
par collectif "Garde la Pêche, Montreuil"
Billet de blog
Quartier libre des Lentillères : construire et défendre la Zone d’Ecologies Communale
« Si nous nous positionnons aux côtés des Lentillères et de la ZEC, c’est pour ce qu’elles augurent de vraies bifurcations, loin des récits biaisés d’une transformation urbaine encore incapable de s’émanciper des logiques délétères de croissance, d’extractivisme et de marchandisation. » Des architectes, urbanistes, batisseurs, batisseuses publient une tribune de soutien aux habitants et habitantes du Quartier libre des Lentillères à Dijon.
par Défendre.Habiter
Billet de blog
Zadistes de la République !
En entrant à l’Assemblée, Marine Le Pen a déclaré « c’est pas une ZAD ici ! ». Face à l’effondrement en cours du système Terre, et à l’absence de réponse à la hauteur de la part du monde politique, un collectif de militante·s, responsables et élue·s écologistes appellent à la désobéissance civile. Ils et elles enjoignent à créer « toutes les ZAD nécessaires, pourvu qu’elles nous incitent à nous réveiller collectivement » : « Devenons des Zadistes de la République ! »
par Les invités de Mediapart