Bombardements, contre-bombardements, attentats, exode de réfugiés, condamnations, contre-condamnations, mouvements du menton : au Proche-Orient et par ricochet en Europe, une spirale de violence sans fin qui met en évidence, une nouvelle fois, l’incompétence des dirigeants politiques - et de ceux qui, en France, aspirent à le devenir – lorsqu’il s’agit de travailler à la paix du monde. Car le monde, manifestement est un échelon qui échappe à leur médiocre horizon politique.

La « guerre au terrorisme » ayant été déclarée, il faut bien donner le change, même si l’expérience se révèle à l’usage désastreuse et probablement même pire que le mal.  Dans ce conflit atypique où l’adversaire est bien moins identifié que stigmatisé, les « frappes » sont devenues, avec la surveillance généralisée de leurs propres populations civiles, la seule réponse apportée par les gouvernements à une question qui, de toute évidence, les dépasse. Hollande, Poutine, Trump, chacun à leur manière « frappent » et en sont très fiers, pendant que les opinions publiques, dociles, suivent. Elles ne comprendraient pas qu’on ne « frappe » pas. Mais pour quel résultat ? Depuis le temps qu’on « frappe », qu’on multiplie les opérations militaires, la paix a-t-elle été rétablie au Proche-Orient et le terrorisme éradiqué ? Non seulement ce n’est pas le cas mais il y a fort à parier, qu’en attisant les haines, ces frappes ne font qu’éloigner davantage la perspective d’une paix durable et de la fin du terrorisme.

Aveuglement ou mise en œuvre d’une politique bien comprise ? Les deux sans doute car il est indéniable que si la guerre n’est nulle part une solution, son prolongement est du plus grand profit pour ceux qui l’entretiennent ou qui en vivent, les armées et le complexe militaro-industriel. Avec des dépenses militaires qui ont dépassé 1700 milliards de dollars dans le monde en 2015 (presque 5 milliards par jour ! et les années 2016 et 2017 s’annoncent pire), on comprend que la paix ne soit pas une priorité pour tous ni même une perspective admissible. En France tout spécialement, quel politicien, toutes tendances confondues, osera dire que les juteux contrats d’armement conclus avec quelques-uns des régimes les moins recommandables de la planète sont bien plus destinés à remplir le plan de charge de quelques entreprises, expertes en lobbying, qu’à garantir la sécurité des populations ?

Circonstance aggravante en France : la très faible audience d’un mouvement pacifiste dans l’opinion et l’unanimité des partis politiques autour d’une approche militariste des questions planétaires. Dans l’effrayante campagne électorale qui n’en finit pas de distiller son poison, on n’a à ce jour pas entendu la moindre remise en cause du budget militaire de la France (le plus élevé en Europe, Russie exceptée), du commerce des armes ou de la bombe atomique. Pire même, tous les candidats affirment leur volonté d’augmenter encore les dépenses de guerre (pour Mélenchon, il faut « rompre avec la politique d’austérité qui touche notre armée », une austérité dotée d'un budget annuel de 40 milliards d'euros...), les plus exaltés rêvant même tout haut de rétablir le service militaire (Mélenchon, toujours, pour qui « la suspension de la conscription participe de l’effondrement de la souveraineté populaire »). Quant à la bombe atomique, expression d’un terrorisme d’état, ce même Mélenchon y voit « un élément décisif de notre protection ».

S’il est encore temps, pour l’électeur, de s’insoumettre à quelque chose, c’est bien à l’égarement, à la pensée délirante de ces fauteurs de guerre.

Mais il y a urgence.

 

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https://blogs.mediapart.fr/b-girard/blog/030417/pour-les-candidats-la-presidentielle-le-vieux-reve-dune-jeunesse-encasernee

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Mélenchon et la dissuasion nucléaire © François RABY

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