Amour toujours

J'accompagnais avant-hier deux de mes petites filles sur la Tour Eiffel. Horreur ! Je croise à deux reprises des jeunes couples échangeant des regards énamourés. Elles, le visage encadré d'un foulard cachant la chevelure. Comment une esclave peut-elle éprouver de l'amour ?

J'ai été sur le point de leur glisser "Libérez-vous avant qu'il ne soit trop tard, de cet islamiste assoiffé de sexe qui va faire de votre corps de femme, un objet de servitude !".

J'aurais pu ajouter "Mettez-vous nue en public afin de manifester votre refus de la domination du mâle musulman avide de transformer la femme que vous êtes en femelle soumise".

Car enfin, un musulman peut-il donner de l'amour ? Je veux dire de l'amour vrai comme seul un "judéo-chrétien" en est capable. Un musulman c'est bien connu n'éprouve pas de sentiments, mais manifeste des pulsions. Il ne connaît pas l'amour, mais l'envie.

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J'ai l'air de déconner ? Cela fait tout-de-même des années qu'une armée de propagandistes nous sert ce discours-là.

Par exemple le philosophe-islamologue bien connu chez Médiapart, Yvon Quiniou dans un récent billet consacré au burkini :

"Ce n’est pas un simple signe religieux se manifestant dans l’espace public : c’est, à travers un signe religieux, l’expression insupportable d’une religion de type fasciste et, ici, machiste, qui humilie au quotidien les femmes, les reléguant à des tâches subalternes, niant leur autonomie de décision, leur interdisant de montrer leur corps en public, refoulant l’expression de leur féminité et les soumettant au pouvoir discrétionnaire des hommes. Comment accepter sans sourciller, je veux dire sans s’indigner, une pareille situation qui laisse indifférents des gens de gauche, y compris des membres d’associations dites féministes et qui ne le sont pas dans ce cas. Ont-elles consulté des femmes du Maghreb, victimes de cette oppression et qui veulent ardemment y mettre fin ? Elles sont scandalisées par votre position !"

Dois-je me retenir de m'esclaffer devant cette allusion à une "religion de type fasciste" faite par un auteur qui exhibe son inculture en matière de religion, ignore l'histoire et n'a visiblement pas la moindre idée de ce qu'est le fascisme ? Il est excusable : il est "philosophe". J'allais oublier : il s'affiche "marxiste".

Dois-je par ailleurs me sentir coupable de ricaner devant ce spectacle admirablement rodé d'Abnousse Shalmani expliquant qu'une femme doit pouvoir dire des gros mots et racontant à qui veut la croire qu'à l'âge de six ans dans son Iran natal, elle se révoltait contre le voile en montrant ses fesses ? Observez dans la vidéo le public du théâtre du Chatelet plongé dans la pénombre, l'œil religieusement rivé sur son idole nimbée de lumière. Du grand art. Je n'aurai pas le mauvais goût de reprocher sa parfaite élocution à une femme qui a vaincu l'islam avec son derrière. Mais j'ai des doutes.

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La polarisation de ce mois d'août autour du burkini est caractéristique. Voilà un accoutrement suranné promu en manifestation libertaire par le mérite de quelques conseils municipaux.

Ces vêtures marquent à l'évidence un devoir de modestie qui s'impose aux femmes dans les sociétés dites patriarcales. Qu'elles soient destinées à disparaître en est une autre. Après tout, il n'y a pas cinquante ans que la Française a cessé d'être légalement soumise à son mari. Nous en sommes sortis grâce aux luttes des hommes et des femmes – surtout elles – les plus récentes datant des années soixante et soixante-dix.

On ne fait pas une maladie de notre propre passé inégalitaire. On en fait des tonnes à propos du retard de développement de populations qui accèdent plus tardivement à la modernité et comme souvent dans l'histoire, par le détour d'un réinvestissement du passé.

Pour en revenir à Téhéran, les iraniennes qu'on nous montre posant en bikini sur des photos d'avant la Révolution islamique, mettaient au monde en moyenne sept enfants. Leurs filles portent le tchador, donnent naissance à deux enfants et entrent massivement à l'université. Lesquelles sont des femmes libérées ? Celles qui ne devaient sans doute plus poser en bikini après leurs nombreuses grossesses ou bien celles qui ont franchi en trente ans le chemin qu'en France, on a mis deux siècles à parcourir.

Là est le nœud du problème : sous couvert de solidarité pour leurs malheureuses femmes, nos philosophes féministes obsessionnels expriment l'angoisse du rattrapage de l'occident par un orient en route vers la modernité.

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La libéralisation de l'usage des contraceptifs a été obtenue de haute lutte dans les années soixante, lorsqu'il s'agissait pour les femmes françaises de conquérir la maîtrise de leur fécondité et leur accès à la sphère sociale. Et dix ans plus tard pour le droit à l'avortement. Il y a trois ans, une étape supplémentaire de la libération sexuelle a été franchie avec l'extension du mariage aux couples homosexuels.

Nous ne sommes pas des héros. Nous ne risquons ni lapidation, ni pendaison, ni lynchage. Mais nous avons fait avancer l'histoire. Ce n'est pas le cas de tous ces philosophes de pacotille qui sous couvert de féminisme, reproduisent l'atmosphère de la fin des années trente en remplaçant les juifs par les musulmans.

Je l'avoue, l'impétueuse éruption du discours pour libérer "leurs femmes", me laisse dubitatif. Non pas que le sort des seules "judéo-chrétiennes" m'intéresse, mais que depuis que j'ai compris que l'Islam est une religion de sous-hommes, j'ai des doutes.

Moi, l'incorrigible islamo-terroriste.

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