La programmation de l’Energie privilégie l’Eolien au Nucléaire, grave décision .....

Le gouvernement a fait le choix de fermer 14 réacteurs d’ici 2035, en misant sur l’Eolien et le photovoltaïque, alors que l’hydraulique au fil de l’eau et les bioénergies sont beaucoup plus prometteurs en matière économique et d’efficacité. Le gouvernement serait-il encore une fois sous l’emprise des lobbies …

La programmation pluriannuelle de l’Energie (PPE) paru le 25 Janvier 2019, prévoit notamment :

« la fermeture de 14 réacteurs nucléaires d’ici 2035, date d’atteinte d’une part de 50 % d’électricité nucléaire dans le mix électrique. »

« de doubler la capacité installée des énergies renouvelables électriques en 2028 par rapport à 2017 avec une capacité installée de 102 à 113 GW en 2028 et 36 % de renouvelable dans la production d’électricité en 2028 (fourchette haute). Les capacités installées seront augmentées de 50% d’ici 2023 »

Les choix stratégiques du gouvernement sur la transition Energétique, pour lutter contre le réchauffement climatique sont-ils réalistes ou utopiques ?

La fermeture de 14 réacteurs nucléaires équivaut à une perte de production électrique, sans émission de CO2, de 87 TWh, en considérant que chaque réacteur a une puissance de 1 GW. La puissance nucléaire installée passerait donc de 63 GW en 2018 à 49 GW en 2035.

Parmi les quatre filières d’énergie renouvelable, lesquelles seront privilégiées ?

Le PPE prévoit que l’éolien ait le vent en poupe (sans jeux de mot) :

« Le développement de l’éolien se fera en partie par des rénovations de parcs existants arrivant en fin de vie, ce qui permet d’augmenter l’énergie produite tout en conservant un nombre de mats identique ou inférieur. Au total, le passage de 15 GW en 2018 à 34,1 GW en 2028 conduira à faire passer le parc éolien de 8 000 mâts fin 2018 à environ 14 500 en 2028, soit une augmentation de 6 500 mâts. »

En prenant les objectifs médians du PPE en matière de production d’électricité renouvelable par filière (tableau 5), on obtient les résultats suivants :

objectifs-ppe-2028

Fort est de constater que le gouvernement n’a pas tenu compte de l’efficacité de chaque filière, car avec 38% d’énergie renouvelable en 2028 (201,9 / 528,3), la France produira 20 TWh en moins qu’en 2018, ce qui n’est pas de bonne augure pour le développement de la voiture électrique….

D’autre part les filières hydraulique et bioénergie présentent bien plus d’avantages économiques et de réduction d’émissions de CO2, que les filières éolien et photovoltaïque.

En effet les panneaux solaires et les éoliennes sont importés respectivement de Chine  et de Scandinavie (pas de création d’emploi et déséquilibre de la balance commerciale), sont tous deux dépendant de la météo (faible efficacité), sont tous deux sans stockage d’énergie, sont tous deux consommateur de surface agricole (diminution de la surface pour nourrir la France).

La filière hydraulique (au fil de l’eau) présente l’avantage de marcher 24h / 24h, et la France a des compétences dans le domaine (création d’emploi), voir le projet « Renouv Eau » d’EDF Hydro.

La filière bioénergie, permet de valoriser les déchets agricoles en local (gain de transport, donc d’émission de CO2).

L’examen du PPE rejoint les craintes exprimées par un rédacteur Mediapart en Juin 2018.

Production d’Electricité 

Selon les données statistique de RTE (Réseau de Transport de l’Electricité), la production d’Electricité en France atteint 548,5 TWh en 2018, soit une progression de 3,7% par rapport à 2017.

La répartition de la production d’Electricité en 2018, par filières est la suivante:

  • nucléaire : 393,15 TWh (soit 71,67%)
  • hydraulique : 68,28 TWh (soit 12,45%)
  • thermique : 39,42 TWh (soit 7,2 %)
  • Eolien : 27,8 TWh (soit 5,07%)
  • solaire : 10,2 TWh (soit 1,86%)
  • bioénergie : 9,67 TWh (soit 1,76%).

Cette production assure en 2018 :

  • les besoins en consommation : 478,2 TWh (soit 87,2 % de la production totale)
  • les pertes du réseau (pertes fer et cuivre des transformateurs, pertes capacitives des câbles) : 10,08 TWh (soit 1,84% de la production totale)
  • les exportations vers les pays voisins : 60,24 TWh (soit 11%  de la production totale). 

 

production-electricite-208

Puissance Installée

La puissance installée du parc de production d’électricité approche les 133 GW (132,9 GW exactement). Elle progresse de 2 GW (+1,6%) par rapport à 2017. 

Ce sont les filières éolienne (+ 1 522 MW) et solaire (+ 873 MW) qui comptent pour l’essentiel de cette augmentation. 

La filière thermique à combustion fossile (charbon, fioul et gaz) décroît de 438 MW, en grande partie par la fermeture du dernier groupe fioul de Cordemais.

Les filières hydraulique et nucléaire restent stables. 

puissance-installlee-2018

Efficacité de la filière de production

En divisant la production par la puissance installée pour chacune des filières de production d’Electricité et par le nombre d’heures contenues dans une année, on peut estimer l’efficacité d’une filière :

efficacite-filiere-2018

Le nucléaire produit à 71% de la puissance installée, ce qui apporte un haut rendement des turbines et des transformateurs.

Les filières thermique et hydraulique sont des filières d’appoint pour l’équilibre production / consommation en temps réel.

La filière bioénergie ne produit que 54,5% de la puissance installée, cette filière n’est pas employée à toute sa capacité (surdimensionnée ou sous alimentée ?).

Quand aux filières éolien et solaire ont comprend bien, que sans stockage d’énergie, ces filières soient peu efficace par rapport à la puissance installée, compte tenu de leur dépendance aux aléas météorologiques.

 Part de la production d’origine renouvelable

La part du renouvelable (hydraulique, solaire, éolien et bioénergies) dans la production d’Electricité ne cesse de croître, pour atteindre 116 TWh (soit 21,15%) en 2018.

L’hydraulique contribue à 58,9%, l’éolien à 24%, le solaire à 8,8% et les bioénergies à 8,3%, des énergies renouvelables.

Stockage d’énergie électrique

La start-up Sylfen a développé avec le CEA de Grenoble un procédé de stockage de l’énergie électrique en utilisant les deux technologies : les batteries et l’hydrogène.

Le distributeur d’électricité Italien Enel (équivalent d’EDF) a acheté dix unités de stockage de 100 kg pour leurs parcs photovoltaïque en Sicile, il y a 5 ans déjà.

Cette technologie est applicable aussi à la voiture électrique, au CEA de Grenoble il y a deux voitures munies d’unité de 5 kg, qui offre une autonomie de 500 kms.

Les lobbies pétroliers font tout pour que cette technologie ne voit pas le jour.

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