61 militants ont quitté Nouvelle Donne. Frédéric Pic a écrit sur son blog qu’il restait* Ses explications, très claires, comme les commentaires qui ont suivi posent en fait la question majeure qui taraude les citoyens réellement progressistes en France aujourd’hui. Que faire ?
Dans l’Etat où se trouvent les partis politiques, leur incapacité à sortir de leur ornière afin de proposer autre chose aux citoyens, le scepticisme justifié de ces derniers sur la gauche et les gauches, et qui dès lors ne savent que rejoindre la droite ou l’extrême droite, votant donc, (pour ceux qui votent, de moins en moins nombreux), contre leur propre intérêt, ce ne sont pas les élections régionales qui changeront quoi que ce soit.
Elles sont déjà perdues pour la gauche, comme l’ont été les départementales, puis les quelques élections à rejouer, dans les Hauts-de-Seine notamment.
Dès lors, si j’en crois, simple militant de Nouvelle Donne, ce que je vis en interne, dans ma section ou dans les commissions auxquelles je participe, notre objectif premier n’est pas électoral, mais de préparer des propositions concrètes pour plus tard. (Nous en avons déjà fait quelques unes). Pour quand ? Qui le sait ? Certainement pas, pour certains d’entre nous, à l’occasion d’un tour avec Hollande.
Alors, oui, il s’agira bien, (c’est mon opinion), de se fédérer avec ceux qui partagent nos idées, et dont on partage les idées, en admettant, en respectant, nos différences, à la condition que celles ci n’entrainent pas des reniements.
Mais cela prendra un peu de temps. Ni Syriza, ni Podemos, n’ont été une création spontanée. La première chose est qu’existe ce rassemblement à la gauche du PS. Je ne le vois pas dans le paysage, malgré les annonces ou initiatives de certains, malheureusement vite oubliées. (Le jeu des leaders d’EELV le démontre. Alliance avec le PS en 2017, pour sauver quelques députés ? Duflot au premier tour ?).
C’est pourquoi, le départ de 61 personnes ne met pas forcément le feu au lac de Nouvelle Donne.
Et question posée. Feu vert ou feu rouge pour des alliances aux régionales ? Si j’en crois ce que j’entends autour de moi, les militants restent ouverts sur la question. Ca dépendra vraisemblablement des régions. Du désir de certains de donner de la visibilité à Nouvelle Donne, de la façon dont Nouvelle Donne sera accueillie par les autres partis à la gauche du PS. Des moyens financiers aussi. En gros, c’est ce qui s’est passé pour les départementales.
Reste un dernier point. Celui de l’organisation à Nouvelle Donne. A été posé au départ un fonctionnement en rupture avec les pratiques centralisatrices. Ce qui ne rend pas toujours facile une organisation pourtant nécessaire. On reproche donc à Larrouturou de ne pas trancher. Personnellement, je souhaite qu’il tienne les rênes plus fermement. Car après les discussions il faut trancher. L’enjeu, dans un parti comme dans une nation, comme dans l’Europe, c’est le contrôle démocratique. On l’a prévu en amont à Nouvelle Donne. En oubliant l’aval. C’est le défaut à corriger. Entre l’amont et l’aval, il y a l'art de gouverner.
En fait, la question posée est celle de l’autorité, des compétences, et de la légitimité. Une question que je demande d’étudier à tous ceux qui pensent que leur personne peut et doit l’emporter sur les autres.
Mais je reste en fin de compte optimiste. Des problèmes il y en a dans tous les mouvements. Au Front de Gauche, (voir l’interview de Clémentine Autain, dont j’apprécie la modération et l’intelligence, dans l’Obs), à EELV, etc.
Je regrette le départ des 61, un départ que je n’ai pas vraiment compris. Je leur reproche de ne pas s’être battu à l’intérieur. L’idéal vous joue parfois des tours. Je pense que ça été le cas.
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http://blogs.mediapart.fr/blog/frederic-pic/230615/pourquoi-je-reste-nouvelle-donne-nd-0