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Billet de blog 24 juin 2024

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BRÉSIL Au Goiás, la police militaire extermine la jeunesse et apeure la société (1)

Dans la nuit du 21/5/2022, quatre jeunes ont été exécutés dans leur voiture par 7 policiers militaires, qui ont altéré la scène du crime puis ont emmené les corps dans un hôpital où ils ont forcé un médecin de garde à signer un document qui garantissait faussement l'arrivée des jeunes, comme seulement blessés. Le parquet et la police civile dévoilent, en juin 2024, la réalité du massacre.

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Illustration 1

Un médecin du Goiás a déclaré avoir été contraint par la police militaire de cet Etat de produire un faux rapport sur la mort de quatre jeunes gens abattus lors d'une intervention policière dans la ville de Rio Verde, au Goiás. Vendredi 21 juin 2024, le ministère public a mis en examen sept policiers militaires pour meurtre et fraude procédurale.

Le crime horible a eu lieu entre la nuit du 21 mai et les premières heures du 22 mai 2022, mais les détails de l'affaire viennent seulement d'être révélés, en juin 2024.
Selon l'enquête menée par le Groupe d'enquête sur les homicides (GIH) de la police civile, les  policiers militaires ont exécuté les quatre victimes, dont un adolescent, à coups de fusils de guerre et de carabines. Ils auraient ensuite simulé une confrontation.
 
L'une des stratégies - utilisée par tous les escadrons de la mort des policiers militaires de tout le Brésil - par les policiers militaires de Goiás (PMGO) pour modifier la scène du crime a consisté à transporter les corps des quatre jeunes, qu'ils avaient pourtant éxécutés bien avant, de sang froid, vers une unité de soins d'urgence (UPA) de la ville. Lorsqu'ils sont arrivés dans le centre de santé, ils ont contraint un médecin de garde à rédiger un rapport prétendant que les patients étaient arrivés sur les lieux blessés mais vivants.
 
Dans une déclaration faite ensuite au cours de l'enquête du ministère public, le médecin a indiqué qu'après avoir constaté que tout le monde était mort, il a été emmené par l'un des policiers dans la cour extérieure de l'UPA, où se trouvait un cercle d'autres policiers et que là même, ils lui ont alors demandé de produire un faux document. "La façon dont j'ai été approché m'a donné l'impression d'être contraint. C'était une situation que je n'avais jamais connue dans une unité de santé. Et cette situation, avec tant de policiers qui me demandaient de le faire à cette heure de la nuit... Je n'ai pas vu d'autre moyen que de faire ce document", a déclaré le médecin au MP-GO.
 
Les policiers impliqués dans la mort de ces quatre jeunes hommes appartiennent au Commandement divisionnaire des opérations (COD), la même force de police qui est apparue dans une vidéo*, de mai 2023, de formation l'année dernière en chantant une chanson qui prône l'exécution de personnes et suggère de tuer les témoins, comme le journal en ligne  Metrópoles l'a montré le 21 juin 2024. Cette  affaire fait aussi l'objet d'une enquête du ministère public.
  
Le commandant du COD de l'époque, le lieutenant-colonel Edson Luís Souza de Melo, connu sous le nom d'Edson Melo ou bien Edson Raiado, a été démis de ses fonctions le 7 juin 2024 après la diffusion d'une autre vidéo montrant une possible fusillade, elle aussi falsifiée, à Goiânia, capitale du Goiás.
 
ATTENTION
Nous publions ci-dessous plusieurs photogrammes, d'une grande violence,
extraits de la caméra de surveillance de l'UPA. 

Illustration 2
© DR
Illustration 3


 
Le médecin qui a déclaré avoir été contraint par des policiers du COD à produire un faux rapport a même fait l'objet d'une enquête du Conseil médical régional de Goiás (Cremego) après que les parents des victimes l'ont dénoncé. Il a été blanchi après qu'une enquête interne a établi qu'il avait été soumis à la coercition et aux menaces de la police.
"Bien qu'il ait avoué avoir rédigé un certificat médical avec des informations fausses, la nature de la menace et de la coercition à laquelle le professionnel a été soumis est claire. Un scénario d'intimidation totale, où un médecin, au milieu de cinq policiers d'une unité spécialisée, est embarrassé et contraint de rédiger un rapport selon la version des intimidateurs", indique un extrait du rapport du Cremego.
 

Illustration 4
© DR

Le faux rapport a été rédigé à la main sur du papier à en-tête du département de la santé de la municipalité de Rio Verde et a été joint au rapport de police. Cependant, le médecin a écrit les vraies informations dans les dossiers médicaux qui, eux, sont restés dans l'unité de santé, certifiant que les quatre jeunes gens sont arrivés morts.
 
La plainte déposée par le ministère public de Goiás est signée par six procureurs différents, pour des raisons de sécurité.
Selon l'enquête, les policiers ont tendu une embuscade aux victimes sur une route secondaire et ont menti en disant qu'ils étaient poursuivis.

Après avoir tué les quatre jeunes hommes, qui se trouvaient à bord d'une automobile Fiat, modèle Palio, les agents du COD ont récupéré les téléphones portables des victimes et ont fait disparaître les corps de la scène afin d'entraver l'enquête, selon le ministère public.
 
Les enquêteurs de la police civile et du ministère public ont pu prouver la supercherie car la Palio était équipée d'un traceur, qui montrait tous les mouvements du véhicule la nuit du crime, ce qui différait de la version donnée par la police. L'un des deux véhicules utilisés lors de l'incident était également équipé d'un dispositif de repérage.

Les enquêteurs de la police civile et du ministère public ont pu prouver la supercherie car la Palio était équipée d'un traceur, qui montrait tous les mouvements du véhicule la nuit du crime, ce qui différait de la version racontée par la police. L'un des deux véhicules utilisés lors de l'incident était également équipé d'un dispositif de repérage.

Les quatre victimes tuées sont Tiago de Medeiros Brandão, 30 ans, Acineto Alves da Silva Neto, 17 ans, Alex Aparecido Gomes dos Santos, 33 ans, et Eduardo Rodrigues Ferreira, 27 ans.

Les sept policiers inculpés pour meurtre et fraude procédurale sont messieurs Regis Moraes Almeida, Robson Peixoto de Oliveira, Chesley Rodrigues das Chagas, Manoel Araújo da Silva, Ricardo da Silva Souza, Marcos Felipe Rodrigues dos Santos, et madame Camila Mendes dos Reis.

Dans une déclaration, la PMGO a indiqué que toutes les procédures appropriées avaient été adoptées. "L'enquête de la police militaire est terminée et est à la disposition du pouvoir judiciaire. La police militaire réaffirme son engagement à respecter scrupuleusement la loi et continue de collaborer avec les autorités judiciaires".
  
Le réélu gouverneur de Goiás, Ronaldo Caiado, en 2023, est du parti d'extrême droite União Brasil. Il est d'ores et déjà le probable candidat choisi et désigné par le camp politique de Jair Bolsonaro pour  l'élection présidentielle d'octobre 2026.

Le journal en ligne Metrópoles a contacté cinq des sept officiers de police accusés et n'a pour l'instant reçu aucune réponse de leur part.
 
En juin 2024, Edson Melo touche un salaire mensuel de 32.000 R$ (5.900 US$).
 
 
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(*) “Matar o bandido, acende uma vela, bota ele na mala, eu vou pra estrada velha. Eu tenho uma notícia e um corpo baleado. E a testemunha, aponta o caçador, eu quero a testemunha na sexta-feira à tarde. Eu tô de viatura, caçando esse covarde. Se eu pego, atiro sem dó nem compaixão. Minha emoção é zero, o verdadeiro inferno”.
"Tuez le bandit, allumez une bougie, mettez-le dans le coffre, je vais sur la vieille route. J'ai des nouvelles et une photo du corps. Et le témoin, indiquez le chasseur, je veux le témoin vendredi après-midi. Je suis dans la voiture, je chasse ce lâche. Si je l'attrape, je l'abattrai sans pitié ni compassion. Mon émotion est nulle, le véritable enfer", dit un extrait de la chanson de la PMGO.
La formation en question est organisée par le Commandement divisionnaire des opérations (COD), un bataillon spécial de la police militaire du Goiás impliqué dans diverses controverses depuis qu'il était placé sous le commandement du lieutenant-colonel Edson Melo.
  
VIDEO ci-dessous
https://www.youtube.com/watch?v=xl7Esp-weoU
 

PMs de Goiás defendem execução de testemunhas: "Atiro sem dó" © Metropoles


Source : Metrópoles

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