Emmanuel Macron a-t-il une tête à claques ?

Le président de la République aurait-il un visage agaçant, voire particulièrement crispant, peut-être même exaspérant ? Où insupportable ? Certains en doute, d’autres pas …d’autres encore, moins courageux, peut-être, que les seconds, s’interrogent …où font semblant de s'interroger !

Le président de la République aurait-il un visage agaçant, voire particulièrement crispant, peut-être même exaspérant ? Où insupportable ?

Certains en doute, d’autres pas …d’autres encore, moins courageux, sans doute, que les seconds, s’interrogent …où font semblant de s'interroger !

Affirmer qu’une personne « a une tête à claques » veut dire qu’elle à un visage qui donne envie de la gifler, l’expression est apparue, semble-t-il, à la fin du XIXe siècle, Emmanuel Macron, très involontairement, lui redonne une certaine actualité.

Je relisais L’éloge de la fessée, un petit livre écrit par Jacques Serguine, publié en 1973, l’auteur y explique qu’à chaque fois qu’il était très amoureux d’une femme, il se sentait comme envoûté, submergé par un tsunami érotique qui le conduisait à donner de petites fessées à sa bien-aimée pendant leurs ébats. Il affirme que ses partenaires raffolaient de ce traitement de ferveur !

Emmanuel Macron aurait-il ce pouvoir érotogène ?

Emmanuel Macron est-il un être érotogène ?

Loin de nous l’idée de réduire le président à sa stricte dimension de himbo (masculin de bimbo, contraction de bimbo et de him, N.D.L.R. ), mais pour mieux comprendre ce qu’il s’est passé il faut intégrer tous les paramètres.

Un paramètre morphologique, la tête à claques, ajouté à un incontestable et très puissant rayonnement érotogène tous azimuts propre aux hommes politiques et à l'amour qu'ils se portent,  le tout multiplié par des frustrations affectives, morales, philosophiques, voire sexuelles, voilà la clef de ce bref (trop bref ?)  échange  entre ce jeune homme et notre président de la République, Emmanuel, Manu, mon Manu,

Notre Manu.

Leur rencontre a eu lieu dans le département de la Drôme (26), une bien belle région en vérité, et qui le restera ! Un cadre idéal pour faire connaissance.

Il y a quelque chose d’humiliant dans la gifle, c’est vrai, mais c’est un signe d’intérêt, une marque d’attention, un témoignage d’amour mal digéré, mal dirigé, pas maîtrisé.

Ne dit-on pas que « la gifle épouse la forme de la joue », le verbe « épouser » a un sens, non ? Où alors les mots ne servent plus à rien …

La passion, peut-être. Une passion envahissante.

Je me souviens que ma grand-mère adorée, Marie-Antoinette dite Marinette, me caressait la joue, tendrement, l'intensité est un facteur à prendre en compte, incontestablement.

Gifle ou fessée, les deux faces d'une même pulsion : une caresse qui rassure où une punition qui infantilise, un châtiment qui encourage où un geste qui excite ; le bien, le mal, le froid, le chaud, le sucré, le salé, le devant, le derrière. Tout dépend des circonstances, tout dépend de l'ambiance. Comme tout ce qui se ressemble, le quiproquos, le malentendu est toujours possible, la frontière se délimite par l'intention, faire plaisir où se faire plaisir. Une frontière invisible, mouvante, irrationnelle comme tout ce qui est lié aux émotions.

Voyons le bon côté des choses, monsieur le président, Emmanuel, Manu, mon Manu, pour un homme politique, ou pour une femme politique, rien n’est pire que l’indifférence.

Du côté du MEDEF, à la question de savoir si le président de la République est « excitant », au sens érotique où financier du mot, c'est pareil pour eux, la réponse est clairement oui !

Les dividendes sont aux ultra-riches ce que le nord est la boussole, une idée fixe, une obsession ; que comble au-delà de leurs espérances le président, Emmanuel, Manu, mon Manu ; et le vôtre aussi, j'insiste, je ne vais quand même pas supporter tout seul le poids de ce quinquennat de ...de ...et puis quoi encore ?

Va pour la fessée !

Du côté du NPA et de la France Insoumise on est plus hésitant, même sentiment chez les gilets jaunes.

Alors une gifle, une claque pour eux ?

La fessée serait-elle d’inspiration néolibérale tandis que la gifle serait plus contestataire, plus radicale, plus extrémiste ?

Après tout, les extrémistes ne sont que des êtres humains comme les autres qui se laissent emporter par leur passion, le temps d’un regard, le temps d’une poignée de main, non ?

La droite, l’extrême droite et la gauche condamnent unanimement la gifle qu’a reçue Emmanuel Macron, le « front républicain » s’est reconstitué !

C’est un miracle.

Peut-on y croire ? Que cache ce consensus ? Que nous dit-il ?

S’il faut se mettre des beignes dans la tronche pour reconstruire et unifier la gauche, alors allons-y, mais je crains que cela ne suffise pas …

Plus le « front républicain » se renforce et plus les extrémistes de tout bord en viennent aux mains, comme si le front républicain était la cause de l'extrémisme ...derrière ce pseudo front républicain se cache (mal), en fait, un front néolibéral, ceci explique cela, ne nous trompons pas ! Gauches et droites con-fondues.

Lorsque j’étais jeune, en 1970, j’avais 16 ans, je me suis battu contre un petit nazi de merde, à sa demande, je précise, qui avait traité un de mes amis de « sale juif » : je lui aie envoyé une gifle dans la gueule qui l’a obligé à tomber par terre. Il ne s’est pas relevé, il a été la risée de tout le lycée, nous étions en terminale, ou en première, je ne m’en souviens plus très bien.

Un peu plus tard, en 74 je crois, après avoir lu L’éloge de la fessée, encouragé, enhardi par l’ambiance sulfureuse pour ne pas dire méphistophélique du livre, j’ai cru opportun de donner une fessée à ma petite amie, Isabelle …elle a bondi hors du lit en me traitant de pervers, je ne l’ai plus jamais revue …j’ai abandonné les fessées …définitivement !

Peut-être que nous ne nous aimions pas assez …que je l’aimais plus qu’elle ne m’aimait …

En abandonnant définitivement la fessée érotique, je devenais un être « raisonnable », mais je pose la question : les gens déraisonnables ont-ils, doivent-ils avoir une place dans nos sociétés ? Ont-ils encore un avenir1 ?

Je crois que oui, n’en déplaise à l’orgueil blessé de notre président, Emmanuel, Manu, mon Manu.

Car oui, madame, monsieur c’est le contexte qui compte plus que le geste dans ce type de situation, une gifle ou une fessée, peu importe, c’est l’amour qui compte, telle est ma grille de lecture.

Ne nous arrêtons pas à l’apparence des choses.

L’amour déçu, l’amour blessé, l’amour frustré, le dépit qui en résulte, les désillusions accumulées, voire le désespoir qui envahi l’un des partenaires à certains moments critiques, paroxystiques d’une relation amoureuse peut engendrer ce type de comportement, ce geste est bien le signe d’une querelle affective mal contrôlée, d’une passion déçue, d’une absence d’horizon, d’un manque cruel de perspectives.

Il se peut que cet homme jeune, condamné de façon exemplaire, c.-à-d. plus vite que Nicolas Sarkozy, soit un électeur, l'enquête le dira.

L’amant éconduit, la maîtresse cocufiée puis une relation fusionnelle qui dérape, voilà qui peut expliquer cet excès aussi fugace que sincère.

Faut-il avoir peur de l’amour ? Peur de ses excès ?

Aujourd’hui, le chef de l’État déclare qu’il veut « relativiser » ce qu’il s’est passé, il n’est pas tout à fait impossible qu’il ait enfin compris que ce jeune homme, certes un peu fougueux, venait de lui témoigner une chaleureuse marque d’affection. Il a pris le recul nécessaire pour comprendre que derrière ce geste se cachait une réelle émotion.

Pardonnons à l’amour ses excès, mes amies, mes amis.

Monsieur le président, Emmanuel, Manu, mon Manu, il y a plein de gens qui t’aiment !

P.-S. - D'avance, je vous demande votre indulgence pour la longueur et la lourdeur de ce post-scriptum qui surprendra ceux qui me connaissent.

Que les lectrices et les lecteurs ne se méprennent pas, il ne s'agit pas, ici, de faire l'éloge de la violence dans les relations amoureuses, nous savons tous et toutes que la connerie envahissante a tué 90 femmes ou ex-conjoint en 2020, 146 en 2019. Sans parler des femmes battus, marquées à vie dans leur chair et dans leur tête par des abrutis le plus souvent alcoolisés. C'est un authentique fléau. Mais, toute proportion gardée, ce n'est pas le seul ...

De la même façon, je ne parle pas des terroristes, pas plus que je n'y fais allusion, évidemment : quels qu'ils soient, ils n'ont pas et n'auront jamais la moindre indulgence ici, ni de près ni de loin, que les choses soient bien claires ; la tonalité générale de ce blog leur interdit la moindre place. L'humour, la dérision, l'ironie ont leurs limites, elles sont là pour moi. La violence me fait horreur.

Ce post-scriptum un peu trop long, où trop lourd, à mon goût, s'adresse prioritairement à celles et ceux qui ne me lisent pas, ils sont majoritaires. Les autres, les habitué(e)s, savent à quoi s'en tenir, mais je me méfie des trolls patentés qui, pour survivre, alimentent leurs commentaires d'injures, d'insultes et de baves comme on peut le constater trop souvent, beaucoup trop souvent dans Médiapart. La connerie est une source inépuisable d'inspiration contre laquelle il faut lutter, individuellement et collectivement. En d'autres termes, Joël Martin, par exemple, à toute sa place, ici, mais pas ceux qui vomissent leur fiel en permanence. C'est mon choix comme disait Mireille Mathieu. Au fait, on a des nouvelles de Mireille Mathieu ?

 1 : Sur ce sujet, je renvoie lecteurs et lectrices à un billet publié le 4 juin dernier : 

https://blogs.mediapart.fr/bruno-painvin/blog/040621/le-haokah-est-en-voie-d-extinction-l-humanite-est-menacee

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.