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Billet de blog 12 décembre 2015

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Dimanche, sans conviction, sans hésitation

J'habite en Île-de-France et dimanche, je voterai pour Claude Bartolone. Sans aucune conviction. Et sans aucune hésitation.

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C'est un truc assez magique avec le cerveau humain : c'est un organe sacrément puissant. Nous sommes capables de penser des problèmes complexes, de débattre, de réfléchir et au final, de trouver les moyens de les résoudre.

Ca tombe bien par qu'un problème complexe, j'en ai justement un. J'ai le choix dimanche, entre 3 l'abstention, le vote blanc ou Bartolone. (Certes, j'aurais pu ajouter que je pouvais voter pour Pécresse ou l'extrême-droite. Mais comme cela semble basiquement logique pour une militante féministe de ne pas voter pour des gens qui font reculer les droits des femmes - pour Pécresse, voir ici, pour le FN, voir là - je ne vais pas vous faire perdre de votre temps précieux sur ces deux impossibilités.)

Bref. 3 possibilités. 3 possibilités et pas une seule qui m'enthousiasme.

Pas une seule me permettant de faire avancer des idées dans lesquelles je crois ou d'espérer la mise en oeuvre d'un programme basé sur le progrès social, la justice, l'égalité. Pas une seule possibilité de voter pour des personnes qui incarnent, par leurs engagements et leurs convictions, un renouveau politique qui laisse espérer que cette fois, le changement, ce sera... (bref.).

Cette offre politique ne sera pas présente dimanche dans mon bureau de vote. Malheureusement, l'absention ou le vote blanc ne la feront pas apparaître. Je pense même qu'ils feront reculer un peu plus l'espoir de la construire, en laissant mathématiquement plus d'espace à la droite et l'extrême-droite.

Reste Bartolone. Claude Bartolone, qui, depuis 3 ans, comme Président de l'Assemblée Nationale, est un acteur zélé des renoncements du pouvoir et porte donc, de fait, une responsabilité importante dans le score du Front national. Claude Bartolone qui, s'il est élu Président de région, restera député et enverra donc valser les engagements sur le non-cumul des mandats, outil pourtant indispensable du renouvellement de la vie politique. Claude Bartolone qui dirige un parti dont j'ai claqué la porte il y a bientôt 2 ans.

Aucune des trois solutions n'est donc la bonne. Il me reste donc à choisir la meilleure (ou la moins pire).

Quel est le vote qui fermera le moins de portes à mon ambition de transformer le réel ? Quel est le vote qui ouvrira le plus de marges de manoeuvres aux militantes et militants de gauche, sincères, pour continuer à convaincre, à gagner parfois, à batailler toujours pour que l'égalité avance, pour faire émerger dans le débat public des thèmes de gauche plutôt que les idées de l'extrême-droite, pour parler réduction du temps de travail, amélioration des conditions d'emploi, pour lutter contre les dérèglements climatiques, pour préserver les espaces restants de services publics qui font tenir la société, .pour inventer un nouveau monde, dans lequel la politique commande à la finance et pas l'inverse ... ?

Une certitude : ce n'est ni l'abstention, ni le vote blanc. Alors, dimanche, ce sera Bartolone. Sans conviction. Mais sans hésitation.

Et comme mon cerveau (le votre aussi) est très efficace, je pourrai en même temps voter Bartolone et penser à la suite.

Il nous reste quelques centaines de jours pour éviter que Marine Le Pen ne soit Présidente de la République. La balle est dans notre camp. Nous ne pouvons plus rien attendre, nous le savons depuis un moment, d'un pouvoir libéral-démocrate qui a tourné le dos à la quasi-totalité de ses convictions. Nous voyons bien que les partis politiques de gauche peinent à proposer une alternative politique..

Alors, qu'attendons-nous ? A nous de nous mettre en chantiers, en mouvements, en marche. A nous d'aller secouer les appareils politiques, les organisations syndicales, les associations pour qu'elles et ils participent à la construction de cette nouvelle offre politique qui manque à gauche. A nous de réussir à mettre autour de la table des gens qui ne se parlent plus même s'ils partagent les mêmes idéaux de solidarité, d'une autre répartition des richesses, du recul du tout marchand et du tout sécuritaire, de la défense de nos libertés fondamentales, des idéaux d'égalité, de transformation radicale de nos modes de vies comme de nos façons de pratiquer la chose politique.

Nous sommes des milliers, peut-être des dizaines de milliers. Qu'attendons-nous ?

Caroline De Haas, militante de gauche, féministe

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