Il y a 80 ans naissaient les Ceméa

// Passeurs // Se souvenir des circonstances de la naissance des Centres d'entraînement aux méthodes d'éducation active, c'est revisiter l'ADN initial d'un mouvement d'éducation nouvelle inscrit dans une dynamique d'éducation populaire.

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 Les anniversaires. Quand on est petit on les guette en comptant les jours. Ils sont l'occasion d'une célébration, d'être le héros du jour mais aussi de mesurer le temps qui passe, de s'entendre dire comme on grandit. On compte les centimètres de plus, les dents en moins et celles qui poussent... En cette journée particulière, on est au centre des attentions, juste parfois un peu gêné par les questions qui interrogent l'avenir : que feras-tu quand tu seras grand ? Au fil du temps, les anniversaires aux chiffres ronds focalisent l'attention. 10, 20, 30, 40... Comme s'il s'agissait de passer un cap, qu'un tournant se profilait avec la nouvelle dizaine.

Les Ceméa ont 80 ans. Ils seraient nés en 1937. Dans les histoires que l'on se raconte au coin du feu, on a pris l'habitude de dater cette histoire plus précisément. Entre le 25 mars et le 2 avril 1937, à l'occasion de l'organisation d'un premier centre d'entraînement pour la formation du personnel des colonies de vacances au château de Beaurecueil dans les Bouches-du-Rhône, à l'initiative d'une militante pédagogique, Gisèle de Failly. Un geste qui nous inscrit d'emblée au cœur de ce que nous sommes : un geste concret, en actes, un stage de formation pour contribuer à faire progresser une initiative sociale – les colonies de vacances – inscrite dans l'éducation populaire, celle liée alors au monde des instituteurs de l'école publique, dans une époque, celle du Front populaire. Un geste, un stage dont le programme et les perspectives puisent aux sources de l'éducation nouvelle. C'est cette inspiration qui guide Gisèle de Failly ; l'éducation nouvelle qu'elle a découvert à l'occasion de voyages et de visites : les écoles nouvelles en Angleterre, l'école Decroly à Bruxelles, l'Odenwald Schule en Suisse, l'école de Freinet à Saint-Paul-de-Vence, un cours d'été dirigé par Montessori... Tous ces noms semblent sortis d'un livre d'or. Alors si l'anniversaire sert aussi, quand l'âge vient, à se rappeler quelques bons moments, évoquer les origines, quand il s'agit d'un courant pédagogique avec un tel nom, on a aussi envie de demander : Quid de l'éducation nouvelle en 2017 ?

En novembre 2017, la première biennale de l'éducation nouvelle

Concomitance des événements cette année sera aussi l'occasion d'un rendez-vous qui à n'en pas douter sera l'occasion de poser la question. À l'initiative des Ceméa, du CRAP-Cahiers pédagogiques, de la FESPI (Fédération des établissements scolaires publics innovants), de l'ICEM-pédagogie Freinet, de la Ficeméa et du GFEN, du 2 au 5 novembre 2017, à Poitiers sera organisée la première Biennale internationale de l'éducation nouvelle. Ces associations qui partagent les fondamentaux de l'éducation nouvelle nous invitent à faire vivre un espace collectif de réflexion, de partage d'expériences et d'échanges. Gageons que nous n'avons pas attendu aussi longtemps pour nous revoir afin de célébrer le passé mais bien pour évoquer l'avenir.

Laurent Michel


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