MACRON S'EN VA EN GUERRE...

Confinement ? Cette privation totale pour tous de nos libertés n'est en rien préconisée par l'Organisation Mondiale de la Santé qui en revanche prévoit le dépistage et l'isolement des malades, des soins gratuits pour tous, le port du masque et bien évidemment le renforcement des mesures d'hygiène. L'occasion était trop belle pour ne pas mettre en place les outils répressifs de l'après confinement.

b9723051006z-1-20200326171108-000-gdefpi8pn-2-0
La France ne disposant pas de masques, encore moins de moyens de dépistage (en dehors de ceux alloués aux VIP), le pouvoir politique s'est rabattu sur le confinement généralisé et la communication relative aux mesures d'hygiène.

Contesté depuis de nombreux mois, englué dans sa contre-réforme des retraites, Emmanuel Macron n'a pas attendu l'arrivée de l'épidémie de coronavirus pour se positionner en chef de guerre. En guerre, il l'est effectivement.

Contre la population.

Incapable de mettre en place les mesures d'accompagnement nécessaires et appropriées (masques, gants, dépistage systématique, recours aux traitements ayant fait leurs preuves, fussent-ils peu rentables pour les laboratoires, tel que celui que préconise le professeur Didier Raoult), Emmanuel Macron a face à l’épidémie choisi la manière forte, la seule qu'il connaisse : le traitement policier de la pandémie se concrétisant par des mesures restrictives de libertés assorties de mesures répressives et coercitives.

Depuis le début des mesures de confinement, les policiers et gendarmes ont effectué plus de 12,6 millions de contrôles qui ont donné lieu à 762 106 verbalisations, selon les chiffres communiqués par le ministre de l'intérieur le jeudi 16 avril sans compter les 1733 gardes à vue pour violations répétées du confinement.

Ces 762 106 verbalisations à 135€ l'infraction représentent la coquette somme de 102 884 310 €. Cent deux millions qui manifestement n'ont pas prévu d'être affectés à l'équipement du personnel soignant contraint de confectionner ses propres masques à partir de morceaux de chiffons de récupération et de se protéger avec des sacs poubelles, symbole oh combien représentatif de la considération qui leur est accordée par la caste financière dirigeante.

Reste la question : où est donc passée cette manne ?

En guerre contre la population...

Faut-il s’étonner qu'Emmanuel Macron ait confié une mission d'audit afin d’assurer le contrôle qualité de la gestion de l’épidémie de coronavirus à un général de la gendarmerie nationale, Richard Lizurey ?

Présent à Ouvéa (Nouvelle-Calédonie) en 1988 lors du sanglant assaut mené à l'encontre des preneurs d'otages du FLNKS, le militaire est un ancien conseiller des ministres de l’Intérieur Brice Hortefeux et Claude Guéant ayant entre autres eu à gérer sur le terrain la crise de l’explosion de l’usine AZF de Toulouse en 2001.

Il s'est plus récemment illustré en conduisant, au printemps 2018, la violente évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.

Un général de gendarmerie pour assurer le contrôle qualité de la gestion de l’épidémie de coronavirus ?

Sous son manteau de bronze vert, le coronavirus 2019 tremble...

Faut-il s'étonner du fait qu'une commande de 3,6 millions d’€ de gaz lacrymogène a été passée dans la plus grande discrétion début mars, commande immédiatement suivie d'un appel d’offre publié le 12 avril par le ministère de l’Intérieur qui en dit long sur les intentions liberticides du pouvoir.

Il concerne l’acquisition de 651 drones 1 pour un budget s’élevant à 3,5 millions d’€, réparti en trois enveloppes :

- 1 800 000 € pour 565 « micro-drones du quotidien »
- 1 580 000 € pour 66 « drones de capacité nationale »
- 175 000 € pour 20 « nano-drones spécialisés ».

Il est permis d’espérer qu'un jour plus ou moins proche le virus éradiqué ou provisoirement en sommeil se fera moins présent dans nos vies et que nous retrouverons ce que nous croyons être notre liberté.

Le virus passera. C'est une évidence.

A plus ou moins longue échéance, il passera.

Les drones, eux, resteront.

 

1 voir : https://www.marches-publics.gouv.fr/app.php/consultation/562523?orgAcronyme=g6l&fbclid=IwAR1wa357xBatcN2_njwQ91g-gbEUryqYVt64hkAk4DNMrsxjiiUTHx8Qgas et https://www.boamp.fr/avis/detail/20-51423/0

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.