TROU NORMAND

(ok on arrête un peu de parler dette) Et si on arrêtait les caricatures et les idées reçues ? (jour #33 du confinement - vendredi 18 avril 2020)

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C’est important les trous normands.
L’alcool évite aux produits gras de se fixer.
Ça permet de se remettre à table.

 

"J'suis le beau bizarre..."

Cette musique d'un Christophe que l'on ne pourra pas enterrer.
C'est cette musique tellement puissante qui m'a fait verser quelques larmes après une nuit d'écriture très intense hier matin (le chapitre 2).
Ces mots mélancoliques résonnent tellement avec notre actualité de confinement, avec cette situation de crise mondiale et d'incertitudes.

 

« Dans ce dancing sans danseur
Sous la boule ronde
Parfums, lumières et couleurs
Qui se répondent

J'suis le beau bizarre
Venu là par hasard
L'alcool a un goût amer
Le jour, c'était hier

Mais l'orchestre dans un habit
Un peu passé
Joue le vide de ma vie
Désintégrée

Si j'ai ma veste noire
Ce n'est pas un hasard
C'est la couleur que je préfère
Le blanc, c'était hier »

 

« Le jour c'était hier... »

 

Je suis désolé, Christophe, tu vas te retourner dans ta nouvelle nuit avec ce que je vais faire à la fin de cette publication... tu n'étais pas trop branché politique... Et moi en ce moment je le suis beaucoup... désolé par avance...

 

Je souhaite qu'on puisse échanger sereinement sur les divers programmes que l'on a pu lire, mais sans avoir à quitter le débat pour partir dans de bêtes questions d'idées reçues. Tout ça est très complexe et j'essaie simplement de formuler avec mes mots à moi une présentation que je n'espère pas trop indigeste ni trop excluante vis à vis des préférences politiques de chacun et chacune...

 

Cette vidéo de ce magnifique "Beau bizarre" de Christophe a été enregistrée à l’Olympia en 2002...

Le Beau Bizarre (Olympia 2002) © Christophe - Topic

Je pense souvent à la démission de Jospin et à tout l'espoir qui a disparu le soir du 21 avril 2002... Tout ce qui a été détruit, toutes les grandes choses qui sortaient du laboratoire de campagne (dans mon souvenir il était installé symboliquement dans, ou à côté, du Jeu de Paume mais je me trompe peut-être).

Ce qui m'évoque cette énorme digression (qui en réalité est la raison de cette publication), c'est une expression qui m'est apparue par rapport aux inlassables caricatures d'un Mélenchon tyrannique et d'une France Insoumise avec des couteaux dans la bouche prête à installer le chaos en dilapidant les caisses de l'État et un tribunal suprême d'inquisition à grand coup de mesures ultra restrictives...

 

Alors ok : Mélenchon a ses défauts comme tout homme public (comme tout personnage public j’ai envie de dire), il parle fort avec des formules chocs et lapidaires, mais sinon qui l'écouterait vu le traitement médiatique des insoumis ?... (Oulala qu'est-ce que je n'ai pas dit ? Tout ça c'est comme le discours complotiste des Le Pen contre les médias...).

Il est sanguin, il s'emporte, il hurle même parfois (tellement l'aveuglement contre lequel il combat avec son équipe est mal ou peu abordé). Je ne doute pas qu'il soit un chef de bande exécrable, quand il doit s'agir des moments tendus que le mouvement doit être amené à traverser régulièrement (même si on le voit souvent sourire et dire « tu » à ses collaborateurs, leur demander des nouvelles à la cool).

Mais sincèrement je préfère le connard qui fait le job (en faisant la gueule) que le séducteur qui fait croire qu'il gère et qui met tout le monde dans la merde parce qu'il n'a aucune idée des RÉELLES conséquences de ce qu'il est en train de faire ou ne pas faire. J'ai été confronté aux deux types de patrons (ou collègues) dans plein de boulots alors je sais vraiment bien de quoi je parle.

 

Et enfin, pour finir, quand on voit toute cette bande de bobos intellos qui l'entoure, quand on voit toute cette bande d'Insoumis « oui oui », tous ces Jospin inoffensifs, toute cette bande débraillée de mauvais élèves de l’hémicycle, on a du mal à imaginer le tribunal de la terreur que la presse (et quelques-uns de mes amis) s'évertue(nt) à caricaturer.

Oui je dis tous ces "Jospin inoffensifs", en référence aux Guignols de l'info qui le caricaturaient en gentil "oui oui" idéaliste et lunaire dans sa petite voiture face à un Chirac fun et mangeur de pommes, alors que Jospin portait la conscience politique d'un socialisme réaliste, honnête et droit, pendant la campagne de 2002... qui a précédé l'électrochoc des élections du premier tour. (D'où cette référence au concert de Christophe en 2002...)

Oui je dis tous ces "Jospin inoffensifs" parce que c'est là, chez les Insoumis, qu'est partie cette gauche pragmatique, réaliste et désintéressée. Désintéressée, dans le sens "je ne fais pas de la politique pour mon enrichissement personnel ou celui des amis qui m'ont aidé à être élu, mais pour améliorer le bien commun, l'État de droit et la bonne santé de notre planète".

 

Bon désolé c'était censé être court...
Mais il fallait que je dise tout ça.

« Le jour c'était hier »

 

Mais à présent on est prêt à accueillir le jour nouveau qui se lève.
On est grands et responsables.
On est prêt à dépasser nos idées reçues construites sur je ne sais quoi (sans doute la presse, sans doute la peur du changement, sans doute la comparaison facile avec des mouvements qui ont fait leur temps, alors qu'on sait bien que la peine de mort a été abolie et que de l'eau, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts).
On est prêt à arrêter tout ça pour partir dans des discussions sereines qui dépassent ces discussions de cours de récréation.

 

La situation est trop préoccupante.

 

On a autre chose à faire que s'envoyer à la gueule des caricatures des uns et des autres.
Sortons des guignols de l'info.
Regardons chaque homme et femme politique avec le respect qu'il mérite, ne serait-ce que pour l'énergie et le temps qu'ils consacrent chacun à la bonne santé politique de notre société et que nous serions chacun bien incapable de donner...

 

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