II - Le gardien de mon frère.

C'est une question: suis-je le gardien de mon frère? Si vous répondez non ou si vous répondez oui, je ne suis pas certain que vous tirerez profit de sa lecture. Si vous répondez oui et non, ne lisez pas ce texte, son auteur n'est pas dans la contradiction. Si vous ne répondez ni oui ni non, possible que vous en tiriez profit, possible que non.

Cette parabole d'un assez ancien ouvrage, vous la connaissez probablement dans son résumé ou son interprétation, mais la connaissez-vous dans sa forme même et avez vous tenté d'y trouver une leçon qui ne soit pas littérale, le simple récit d'une anecdote? Si ce n'est pas le cas, je vous invite sans vous y obliger en rien à lire la parabole et à y chercher une leçon qui ne soit pas littérale.

«Adam connut Eve, sa femme; elle conçut, et enfanta Caïn et elle dit: J’ai formé un homme avec l’aide de l’Éternel. Elle enfanta encore son frère Abel. Abel fut berger, et Caïn fut laboureur. Au bout de quelque temps, Caïn fit à l’Éternel une offrande des fruits de la terre; et Abel, de son côté, en fit une des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse. L’Éternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande; mais il ne porta pas un regard favorable sur Caïn et sur son offrande. Caïn fut très irrité, et son visage fut abattu. Et l’Éternel dit à Caïn: Pourquoi es-tu irrité, et pourquoi ton visage est-il abattu? Certainement, si tu agis bien, tu relèveras ton visage, et si tu agis mal, le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi : mais toi, domine sur lui.
Cependant, Caïn adressa la parole à son frère Abel; mais, comme ils étaient dans les champs, Caïn se jeta sur son frère Abel, et le tua.
L’Éternel dit à Caïn: Où est ton frère Abel? Il répondit: Je ne sais pas; suis-je le gardien de mon frère? Et Dieu dit: Qu’as-tu fait? La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu’à moi. Maintenant, tu seras maudit de la terre qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère. Quand tu cultiveras le sol, il ne te donnera plus sa richesse. Tu seras errant et vagabond sur la terre». (Torah, livre de la genèse, 4, 1-12, dans Bible, Ancien Testament, traduction Segond 1910)

Le texte intitulé «2 - Les mensonges de la privatisation et de l'anonymat et leurs conséquences» forme une paire avec ce texte-ci. Comme pour les textes numérotés I et 1, l'un est une réflexion générale, l'autre une proposition d'action.

Plus tard je ferai peut-être une lecture de cette parabole pour en extraire une des leçons possibles en rapport avec les questions de responsabilité, de culpabilité et d'anonymat, mais avec l'instrument de ces trois termes vous avez les outils pour faire vous-même cette lecture et en tirer la leçon.

Si vous parvenez par vous-même à en tirer une leçon faisant émerger l'association de ces trois termes, vous pouvez vous dispenser de la lecture de la suite, si vous ne pouvez ou ne voulez ou ne savez le faire, trouvez une autre personne et à deux, faites en commun une lecture de cette parabole. En revanche, n'en faite pas une lecture à trois personnes, ni une lecture à plus que six et toujours en nombre paire. Encore une fois je ne vous oblige à rien, je vous le conseille, rien ne vous force à suivre ce conseil mais vous certifie qu'une lecture à plus de six et en nombre impaire avec en vue de voir en quoi cette parabole concerne la responsabilité, la culpabilité et l'anonymat, sera problématique. Je vais peut-être ci-après vous l'expliquer, tenez-en compte ou n'en tenez pas compte, ce sera de votre responsabilité, non de la mienne. Je ne suis pas votre gardien!

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.