Une table ronde pour discuter d’un projet d’internat psycho-neurologique contesté

Faisant suite à la pétition et aux prises de position sur les réseaux sociaux contre la construction dans le kraï de Khabarovsk d'un établissement pour femmes handicapées d'une taille disproportionnée, une table ronde consacrée à ce projet a été organisée par la chambre sociale du kraï. Elle s'est plutôt inscrite dans une logique d'acceptation du débat et de recherche du compromis.

Dans un précédent billetj’ai évoqué l’opposition que suscitait la construction d’un internat psycho-neurologique surdimensionné, dans le village de Nekrassovka, à proximité de Khabarovsk.

Ces réactions ont eu leur effet, et une table ronde sur le projet a été organisée le 16 octobre par la chambre sociale (l’équivalent en France est le comité économique, social et environnemental, CESER) du kraï de Khabarovsk. Y ont participé des membres de la chambre sociale, des parents d’enfants handicapés, des élus régionaux, le délégué aux droits de l’homme et le délégué aux droits des enfants du kraï, les services administratifs des associations défendant les droits des personnes handicapées, et les médias.

Le projet de nouvel internat, d’un cout de 1,2 milliards de roubles, prévoit la construction d’un établissement d’hébergement pour femmes handicapées mentales, comportant deux bâtiments résidentiels pouvant accueillir 200 personnes, sur un terrain de 10 000 m2

Les associations, avec le soutien des parents d’enfants handicapés présents, ont renouvelé leur hostilité à ce projet, en proposant d’y substituer des établissements de taille plus petite (50 résidents), où les personnes handicapées logeraient dans des appartements autonomes et bénéficieraient d’un accompagnement et d’actions de réadaptation.

Le vice-ministre de la protection sociale du kraï a indiqué que les autorités comptaient modifier le projet, pour y introduire partiellement cette organisation par appartement, mais ne renonçaient pas à la construction de l’établissement. Il a indiqué que 200 résidentes d’un autre internat construit il y a 66 ans, devaient être relogées aussi vite que possible, et alerté sur les risques d’incendies des baraques en bois. 

Le président de la chambre sociale a remercié les parents d’enfants handicapés mentaux qui avaient exprimé leur opinion lors de la table ronde, souligné que leur avis aurait du être prise en compte au moment de la décision de construction, et proposé la création d’un groupe de travail sur la réforme et les alternatives aux PNI, que la présidente de la commission de la protection sociale de l’assemblée régional a souhaité rejoindre immédiatement.

À suivre, donc. Retenons au moins pour le moment que, au moins sur les questions qui touchent au handicap, la Russie et l’Extrême-Orient russe peuvent voir localement :

- des citoyens s’exprimer, notamment sur les réseaux sociaux,

- des associations défendre leurs droits, ceux des personnes handicapées cette fois,

- des administrations négocier un projet, certes tardivement,

- des corps intermédiaires, en l’espèce la chambre sociale, jouer leur rôle,

- des politiques faire de la politique, c’est-à-dire rechercher le compromis.

On sent comme une odeur de démocratie. Puisse-cela se consolider et durer, à l’Est comme à l’Ouest.

Takie delaNouvelles des régions (site de chambre sociale de Fédération de Russie)

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