Russie, covid 19 : 130 000 lits d’hôpitaux vides ?

Il s'agit des lits dédiés au traitement des patients atteint de la covid-19. 290 000 auraient été créés.

Je reprends dans ce billet une information donnée le 23 mars par la vice-première ministre russe en charge de la santé dans le gouvernement fédéral russe, Tatania Golikova : 130 000 lits d’hôpitaux armés pour prendre en charge les patients atteints de covid-19 sont actuellement vide en Russie. 190 000 avaient été créés lors de la 1ère vague, leur nombre serait monté à 290 000 lors de la seconde. 

J’ai un peu tendance à me méfier des chiffres qui sortent de nulle part, et font l’objet d’annonce, sans que l’on ne puisse suivre leur évolutions dans le temps et leur répartition territoriale. Mais plusieurs autres sources ou faits confirment cette évolution:

Dans le district fédéral de Sibérie, selon des déclarations récentes du représentant du Président de la Fédération, où environ 16 000 lits auraient été créés, 30 % ne seraient pas occupés. À Mourmansk, c’est la suppression de 700 lits spécialisés qui vient d’être annoncée. Dans l'oblast de Leningrad (distinct de la ville de Saint-Pétersbourg), le président du comité de la santé se refuse lui pour le moment à une telle diminution. Et le kraï de Stavropol a publié le graphique ci-dessous, qui montre comment les autorités de santé russe ont suivi la deuxième vague de l’épidémie. Si les chiffres sont exacts, elles ont d’ailleurs fait plus que la suivre, elles l’ont anticipé, avec des moyens significatifs : 4209 lits, ce n’est pas rien pour une région de 2,5 millions d’habitants. 

 © Vladimir Vladimirov © Vladimir Vladimirov

Tatiana Golikova a également indiqué au journaliste qui l’a interviewé sur Youtube, Anton Krassovski, qu’une partie de ces lits excédentaires sera conservée, pour conserver une capacité de traitement des maladies infectieuses, une autre supprimée.

En l’espèce — on ne parle pas d’optimisation du système de santé, ou de rationalisation hospitalière —, pour supprimer des lits, il faut en avoir créé. C’est en fait l’objet de ce billet. Je voudrais rappeler qu’au tout début de l’épidémie, la réaction des autorités de santé russe a été d’augmenter les capacités hospitalières et de spécialiser certains établissements pour prendre en charge les patients atteints de la covid-19. Et dans certains cas, avec force communication, d’en construire de nouveaux, comme cela a été le cas près de Moscou à Golokhvastovo.

L'hôpital spécialisé pour la covid 19 de Golokhvastovo © Mairie de Moscou L'hôpital spécialisé pour la covid 19 de Golokhvastovo © Mairie de Moscou

Il faudra prendre du recul, savoir comment a fonctionné cette offre de soins, de quels moyens elle a effectivement disposé, quelle a été sa qualité, comment elle a été répartie sur le territoire fédéral, quelle a été aussi la part de cette organisation et des situations dans lesquelles elle a été introduite de façon approximative dans les contaminations hospitalières. Il y a dans dans le nombre des décès, cf. ce billet, un indicateur inquiétant sur son efficacité. Mais force est de constater que le choix de créer de nouvelles capacités hospitalières n’a pas été fait dans tous les pays, et qu'il présente des avantages.

En P.S., un graphique montrant l’évolution de l’épidémie en Russie : la deuxième vague est passée, mais le nombre de nouvelles contaminations ne baisse plus depuis quelques jours, et se situe maintenant à un palier de l’ordre de 9000 par jour. 

Tass (25 mars 2021) - Interfax (23 mars 2021) - Tass (18 mars 2021) - Regnum (24 mars 2021) - Khribiny (25 mars 2021) - Pobeda (18 mars 2021)

 © Daniel Mathieu - Données et support graphique Our world in data © Daniel Mathieu - Données et support graphique Our world in data

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