Russie, Europe, droits des femmes

Un autre billet sur la coopération entre le Conseil de l'Europe et la Russie pour les droits des femmes

Je poursuis cette série de billets sur le rôle — positif — joué par le conseil de l’Europe en Russie, et sur le programme de coopération qu’il a engagé avec le ministère du travail et de la protection sociale pour ia déclinaison de la stratégie fédérale russe en faveur des femmes, sur les deux thématiques de la place des femmes dans la vie publique, économique et sociale,, et des violences domestiques. 

Ce programme s’est déroulé de novembre 2018 à mai 2020. Autour des deux partenaires déjà cités, il a associé les services de la déléguée aux droits de l’homme, Tatiana Moskalkova, et l’Union européenne, qui a financé une partie des actions. Le ministère russe des affaires étrangères le couvait d’un oeil discret. Et signalons également l’implication de Tatiana Potiaïeva, déléguée aux droits de l’homme de la ville de Moscou. Il a mobilisé une cinquantaine d’experts, 19 étrangers et 28 russes. 

Parmi les rencontres auxquelles il a donné lieu, je reviens sur celle qui s’est tenue les 9 et 10 avril 2019 à Astrakhan sur les partenariats, notamment avec les associations, pour prévenir et combattre la violence à l’encontre des femmes. Parmi les participants, presque une centaine, des représentants des oblasts d'Astrakhan, d'Oulianovsk, de Saratov, de Volgograd, du kraï de Perm ainsi que de la république d’Oudmourtie, des délégués régionaux aux droits de l’homme, des associations, et les médias.

Il n’a bien sûr pas apporté d’éléments nouveaux dans les constats sur la situation russe, ni sur ce qui devrait être engagé pour lutter contre les violences domestiques en Russie, et la nécessité de donner suite au projet de loi relatif à la prévention, dont l’examen a été différé par la Douma, a été rappelée. 

L’essentiel est plutôt dans la forme. Voir s’exprimer dans la même rencontre le vice-ministre fédéral du travail et de la protection sociale, Alekseï Vovtchenko, la députée Oksana Pouchkina, connue pour le courage et la vigueur des ses prises de position en faveur des droits des femmes, et les représentants du Conseil de l’Europe (Petr Sich) et de l’Union européenne (Aleshka Simkić) a du être un bol d’air pour ceux qui, dans les régions russes, essaient de lutter contre les violences, et cherche dans l’ouverture sur l’extérieur des points d’appui. Il me semble essentiel que le bureau des programmes du Conseil de l’Europe en Russie ait su provoquer cela, il a donné ainsi de la légitimité à ceux qui veulent agir. 

Un regret, cependant, l’absence d’associations françaises parmi les experts étrangers, c’est dommage, mais elles ont su être présentes auprès des associations russes à d’autres moments, j’en parlerai dans un autre billet. 

Un autre exemple de ce travail d’agit-prop, l’appel fait aux médias et aux créateurs russes pour qu’ils abordent les questions d’égalité entre les hommes et les femmes. Parmi les articles et les vidéos ainsi mise en exergue, celle, sur la violence domestique que j’insère à la fin de ce billet. Elle s’y prête bien, elle est courte, et il n’y a que peu à sous-titrer. Regardez-là. 

Par ces exemples, par celui du rapport que j’ai cité dans ce billet, ou encore avec celui de l’accueil qui a été fait à une délégation russe à Stockholm pour une présentation de l’expérience et de l’organisation suédoise dans la lutte contre les violences conjugales, je voudrais simplement monter que c’est cette voie qui est la bonne : échanger, simplement, concrètement sur les problèmes de société auxquels chaque pays est confronté, et sur ce qui y est fait pour les combattre. Une bonne façon de construire l’amitié entre les peuples. 

La femme dans le monde contemporain © Tatiana Nikoliouk ( “Journalist”) - Sous-titres Daniel Mathieu

Bureau des programmes du CdE à Moscou (9-10 avril 2019) - Journalist (27 avril 2020) - Bureau des programmes du CdE à Moscou (29 avril 2020)

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