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Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. Etienne de la Boétie

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Billet de blog 13 mars 2015

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Questions à et réponses d’Edwy Plenel du 12 03 2015

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Questions à et réponses d’Edwy Plenel du 12 03 2015 sur son billet : « Médiapart a 7 ans : voici nos comptes ».

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http://blogs.mediapart.fr/blog/edwy-plenel/120315/mediapart-7-ans-voici-nos-comptes

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Pour pouvoir mieux comprendre les réponses d'Edwy aux questions que nous sommes nombreux à nous poser depuis quelques jours,  je les avais regroupées, avec les commentaires auxquels il répondait, dans l'ordre chronologique, dans un fichier pour m’en faciliter la lecture et la compréhension. Je les mets à disposition de tous.  


09:19 | PAR PHALEG345

Ce succès est encore fragile


cela fait des années que l'on entend ce "refrain". Il fallait d'abord 30000, puis 50000, puis 80000, puis 100000 lecteurs, tout irait bien.

Peut-on conserver la quantité et la qualité?

Rien n'est moins sûr, quand on voit les partis-pris de MM. Perraud et Arfi relayés par M. Bonnet.

Des résultats à presque 20%, bien des media vous l'envieraient et même des sociétés capitalistes pures et dures. Surtout ne faites pas rentrer des fonds de pension avec vous!

Vous auriez pu payer une amende de 3750 euros (maximum) plutôt que de dénoncer un lanceur d'alerte en mettant à la disposition de la justice son adresse IP.

Citer Camus après Perraud, pourquoi pas?

Il eut pu s'en inspirer dans son  parti pris ayant fait grimpé au rideau tous les furieux du cru.

Nous attendons toujours les réponses de la direction sur le manque d'éthique et de déontologie des ces 2 journalistes.

des conseils de lecture dans le club:

Du parti-pris peut-être, mais d'un niveau supérieur à celui des 2 journalistes qui ont mis Médiapart en émoi.

http://blogs.mediapart.fr/blog/cecile-canut/100315/la-sont-les-intellectuels

http://blogs.mediapart.fr/blog/horus/110315/ameliorons-collectivement-mediapart

http://blogs.mediapart.fr/blog/pascal-maillard/100315/mediapart-se-porte-bien-ses-lecteurs-resistent-au-mepris

, 09:39 | PAR EDWY PLENEL

@ Phaleg345 et chers toutes et tous,

Ce billet annuel ayant pour unique fonction de rendre publics nos résultats, c’est très volontairement que je n’y ai pas abordé les débats récents qui ont opposé une partie de nos lecteurs à notre rédaction, à propos du parti pris de Fabrice Arfi et Antoine Perraud sur une prise de position de Jean-Luc Mélenchon (lire ici) mais aussi, plus généralement, de notre travail d’information sur la crise ukrainienne (lire là).

Comme l’a expliqué (lire ici) le directeur éditorial et cofondateur de Mediapart, François Bonnet, mais aussi plusieurs abonnés dans leurs propres billets, en contre ou en pour, ces échanges, aussi vifs et polémiques soient-ils, font partie de la vie normale de Mediapart. Nous n’avons jamais le dernier mot puisque nos lecteurs peuvent discuter, prolonger, critiquer, voire condamner, les articles de notre rédaction. C’est le propre d’une presse numérique vraiment participative, et le ressort de sa vitalité face à la presse traditionnelle qui, y compris dans ses déclinaisons sur Internet, n’autorise pas ce libre débat parmi son lectorat et entre les lecteurs et la rédaction, dont je rappelle qu’à Mediapart, il se fait sans aucune modération a priori.

Cette spécificité de Mediapart, gage d’une confiance et d’un respect mutuels, étant rappelée, reste les deux aspects de ce récent débat. D’une part, la question du style, certains lecteurs n’ayant pas goûté la forme polémique de l’interpellation lancée par Antoine et Fabrice. C’est évidemment leur droit, mais c’est aussi le mien de rappeler que Mediapart défend la diversité d’écriture de ses journalistes, le refus du formatage uniforme et l’absence de ligne univoque imposée à sa rédaction. En tant que directeur de la publication, je suis d’abord garant de cette double liberté : celle des journalistes d’écrire ce qu’ils pensent, avec leur propre personnalité, sensibilité et conviction, et celle des lecteurs de les critiquer en fonction de leurs engagements.

Reste l’autre dimension, que ce débat sur le ton et la forme de l’article contesté par certains de nos abonnés ne saurait éclipser. C’est celle de notre appréciation informative, en aucun cas partisane, encore moins polémique, de la situation en Russie et de la crise en Ukraine. De ce point de vue, et comme à son habitude face aux divers désordres du monde qui nous alarment ou nous accablent, Mediapart s’efforce de donner à voir et à comprendre la complexité du réel.

Nous pensons à la fois la réalité autoritaire et identitaire d’un pouvoir poutinien, idéologiquement plus proche aujourd’hui de l’extrême droite française – qu’il finance – que du Front de gauche, et l’aveuglement des dirigeants européens et, plus largement, occidentaux qui laissent un monde d’injustice et d’inégalité courir à la guerre de tous contre tous, au lieu de s’attaquer aux causes économiques, sociales, écologiques, etc., de ses désordres. Nous tenons les deux bouts : un regard lucide sur la dérive du pouvoir russe, une critique également lucide des va-t-en guerre de l’Otan.

Certains de nos lecteurs ont évidemment le droit de ne pas épouser cette vision résolument non-binaire du réel, et de défendre le choix qu’ils font d’un camp contre un autre quand, pour notre part, nous n’en épousons aucun, mettant en évidence les risques, failles, contradictions, voire impostures, des uns et des autres. Nul besoin de nous prêter des intentions machiavéliques : nous n’avons pas d’autre ligne que ce choix radicalement démocratique d’une information libre, indépendante des puissances d’argent et des pouvoirs partisans, soumise à la libre appréciation de celles et ceux qui nous font assez confiance pour prendre la peine de nous lire, et qu’évidemment, nous respectons, dans la diversité, inévitablement de plus en plus grande, de leurs opinions.

 09:41 | PAR DANIVANCE

Les comptes d'Edwy me paraissent bien meilleurs que les contes de Perraud.

12/03/2015, 09:47 | PAR EDWY PLENEL EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE DANIVANCE LE 12/03/2015 À 09:41

@Danivance, pour ma part, j'apprécie le talent, y compris de polémiste, d'Antoine Perraud dont la plume a des audaces que je suis bien en peine d'avoir. Un journal, et surtout le nôtre, est fait de cette diversité. Certains écrivent vif, court, drôle et mordant, d'autres – c'est mon cas – font long, pédagogique, sérieux, au risque peut-être de la lourdeur ;-). Je le redis : cette diversité est notre richesse, fort loin de ces uniformités qui font "l'esprit de gramophone" que dénonçait George Orwell, ces pensées automatiques ou ces automatismes de pensée, ces pensées de système et ces systèmes de pensée qui s'efforcent de tout faire rentrer dans un même moule ou dans un seul cadre.

 10:49 | PAR DANIVANCE EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE EDWY PLENEL LE 12/03/2015 À 09:47

@Edwy Plenel

"@Danivance, pour ma part, j'apprécie le talent, y compris de polémiste, d'Antoine Perraud dont la plume a des audaces que je suis bien en peine d'avoir. Un journal, et surtout le nôtre, est fait de cette diversité. Certains écrivent vif, court, drôle et mordant, d'autres – c'est mon cas – font long, pédagogique, sérieux, au risque peut-être de la lourdeur ;-). Je le redis : cette diversité est notre richesse, fort loin de ces uniformités qui font "l'esprit de gramophone" que dénonçait George Orwell, ces pensées automatiques ou ces automatismes de pensée, ces pensées de système et ces systèmes de pensée qui s'efforcent de tout faire rentrer dans un même moule ou dans un seul cadre."

Merci pour votre réponse si sage et néanmoins légère. :-)

Certes la vivacité, la drôlesse et le mordant sont des qualités qui peuvent être très bénéfiques au journaliste, mais suffisent-elles ? Respecter la vérité, s'interdire la calomnie, ne sont ils pas dans les devoirs du journaliste, même de parti pris ?

15:55 | PAR EDWY PLENEL EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE NOËL MONIER LE 12/03/2015 À 14:21

@MD29 et @Noël Monier, puisque vous n'y répondez pas, j'en déduis que vous n'avez peut-être pas vu, et donc pas lu, mon long commentaire plus bas, de 9 h 39, soit quelques heures avant le vôtre, où je prends le temps de répondre sans sectarisme ni virulence aux lecteurs de bonne volonté et de bonne foi qui m'interrogent sur ce sujet. 

15:57 | PAR EDWY PLENEL EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE CHRISTIAN GARONLE 12/03/2015 À 14:33

@Christian Garon, puisque vous n'y répondez pas, j'en déduis que vous n'avez peut-être pas vu, et donc pas lu, mon long commentaire plus bas sur ce fil, de 9 h 39, soit quelques heures avant le vôtre, où je prends le temps de répondre sans sectarisme ni virulence aux lecteurs de bonne volonté et de bonne foi qui m'interrogent sur ce sujet (sans nous/me caricaturer ;-). 

15:58 | PAR EDWY PLENEL EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE EVEMARIE LE 12/03/2015 À 15:01

@Evemarie, puisque vous n'y répondez pas, j'en déduis que vous n'avez peut-être pas vu, et donc pas lu, mon long commentaire plus bas, de 9 h 39, soit quelques heures avant le vôtre, où je prends le temps de répondre sans sectarisme ni virulence aux lecteurs de bonne volonté et de bonne foi qui m'interrogent sur ce sujet. 

16:01 | PAR EDWY PLENEL EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE SOPHIE DULEX LE 12/03/2015 À 12:03

@Sophie Dulex, puisque vous ne l'évoquez pas, j'en déduis que vous n'avez peut-être pas vu, et donc pas lu, mon long commentaire plus bas, de 9 h 39, soit un peu plus d'une heure avant le vôtre, où je prends le temps de répondre sans sectarisme ni virulence aux lecteurs de bonne volonté et de bonne foi qui m'interrogent sur ce sujet. 

 12:12 | PAR PHARAONNE EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE PATRIG K LE 12/03/2015 À 10:45

J'ai suivi quai tous les commentaires depuis d'article d'Arfi-Perraud...

Récurrence ... si facile de traiter ceux qui s'indignent du procédé de déformation ou tronquage de propos d'idolâtres - de mélanchonistes primaires et bornés... voire fanatiques !

Je n'approuve pas toujours les positions de JLM, mais j'apprécie une grande partie de son programme (pas tout). Mais depuis 4 ans, dans la presse dite de gauche, je n'ai cessé de dénoncer le Mélenchon-bashing quasi institutionnel... alors que le débat devrait se porter sur le combat d'idées de la dite gauche contre la droite et son extrême...

Ni pro-poutine, ni pro-usa... Je soutiens en général ceux qui ne veulent pas se couler dans le moule... Je crois, moi qu'il y a des alternatives à la mondialisation...

Pour en revenir à la querelle "éthique" et "déontologique", je n'admets pas les attaques ad hominem... et les "réponses méprisantes" de Mr Perraud à ceux qui ont "l'outrecuidance" de mettre en cause son éthique et sa déontologie journalistique (lui a sa carte de presse, je pense !) ! E. Plénel rappelle tant et plus que son journal n'appartient qu'à ses lecteurs, qu'il sollicite leurs avis et opinions... si c'est pour mépriser ne serait-ce que l'un d'entre eux.. ça pêche quelque part !

Ceci est mon parti pris....

16:04 | PAR EDWY PLENEL EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE PHARAONNE LE 12/03/2015 À 12:12

@Pharaonne, puisque vous ne l'évoquez pas, j'en déduis que vous n'avez peut-être pas vu, et donc pas lu, mon long commentaire plus bas, de 9 h 39, soit un peu moins d'une heure avant le vôtre, où je prends le temps de répondre sans sectarisme ni virulence aux lecteurs de bonne volonté et de bonne foi qui m'interrogent sur ce sujet. 

15:43 | PAR JOËLMARTIN EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE EUGÉNIO POPULIN LE 12/03/2015 À 12:45

Entièrement d'accord avec Eugénio Populin.

Anti-Mélenchon car je considère ce politicien fluctuant comme un tribun stérile, je suis d'autant plus à l'aise pour réprouver l'article d'Arfi-Perraud et sa défense plus que maladroite par Bonnet car c'est pour moi l'exemple du journalisme le plus détestable.

Plus de 2000 commentaires en ont explicité les raisons, je ne reviens pas dessus.

Où est passé le Mediapart des premières années ?

 16:13 | PAR EDWY PLENEL EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE JOËLMARTIN LE 12/03/2015 À 15:43

@JoëlMartin, Mediapart est toujours le même, c'est-à-dire celui que vous critiquiez déjà dès "ses premières années", ce qui est tout à fait votre droit. Comme c'est votre droit de le faire en vantant les mérites d'un de ses excellents confrères et concurrents, auquel vous collaborez, "Le Canard Enchaîné", lequel ne permet pas, comme c'est le cas ici, à ses lecteurs de le critiquer en temps réel puisqu'il n'est pas sur Internet, ni même en temps différé puisqu'il ne publie guère que des droits de réponse de ceux qu'il met en cause.

13:02 | PAR CROSSING_NEWS EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE JEAN AI MARRE LE 12/03/2015 À 11:35

Merci M PLENEL pour ces réponses à nos interrogations, attendons 2017...!
Pour "l'affaire MELENCHON" laissons AUSSI celui-ci donner sa réponse à partir de son blog et que je me permets de recopier ci-dessous :

« Je vous dois un mot à propos de « Médiapart ». En effet, j’ai beaucoup été interrogé parce ce que je n’ai jamais répondu à sa violente attaque à propos de l’assassinat de Boris Nemtsov. Comme au bon vieux temps des guerres de vieux trotskistes, « Médiapart » a ressorti la méthode du marabout de ficelle de cheval de bois etc. qui m’a cantonné au rôle de soutien à Poutine. On aurait pu, par le même chemin, faire de moi l’ennemi des lapins des neiges. Je tâche de garder de l’humour. Mais je reconnais que cet article m’a meurtri. Je n’aurais pas cru « Médiapart » capable de cela. J’ai donc été pris par surprise et c’est douloureux. Cependant, je n’ai pas l’intention de polémiquer.

Je me contente de dire combien je ne crois pas mériter qu’on m’impute une « vision fanatique, des œillères dogmatiques, des réflexes pavloviens » alors que je m’efforce d’argumenter et de documenter mon point de vue. Et je ne crois pas mériter d’être mis au ban de l’humanité parce que, selon les auteurs, ces caractéristiques «  privent Mélenchon de toute morale, éthique et politique ». Je n’écrirai pas un mot pour m’en défendre tant je suis consterné. Le titre déjà à lui seul est si offensant ! Il m’accuse de jouer à « saute-cadavre ». L’auteur peut-il ignorer que les cadavres sont souvent ceux de mes amis depuis le début de mon engagement politique ? Je n’en ferai pas la liste, même pour les plus récents. Je n’ai jamais passé aucun cadavre « à pertes et profits » comme je le lis dans la réplique qu’a faite François Bonnet à ses lecteurs indignés. Pas davantage pour ceux que j’ai pleurés que pour ceux de mes adversaires idéologiques. »...

12/03/2015, 13:03 | PAR CROSSING_NEWS EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE CROSSING_NEWS LE 12/03/2015 À 13:02

« Je suis absolument opposé aux stratégies de luttes armées, assassinat ciblé ou non. Je l’ai toujours été. Tout le monde à Médiapart ne peut en dire autant. Ni au « Monde », soit dit par parenthèse, quand bien même ce journal mène de nouveau la traque contre Cesare Batisti tout en amnistiant son « journaliste » Paolo Paranagua de ses activités passées dans l’hyper violent groupe trotskiste armé « Fraction Roja » en Argentine. Dans la presse aussi, au-delà de cinquante ans, le monde est (très) petit. Je n’ai rien à voir avec « le socialisme autoritaire des années 70 » qui m’est imputé. A l’époque, je faisais signer des pétitions pour le droit à l’exil en Israël du russe Nathan Chtcharansky, ce qui prouve que mon opposition aux méthodes du gouvernement de cette époque ne se limitait pas à mes seuls amis politiques ! Je militais au nom du socialisme pour les opposants polonais de Solidarnosc ! Si j’avais su ! J’étais trotskiste. De 1972 à 1975 comme Edwy Plenel et Laurent Mauduit, deux figures centrales de « Médiapart ». Le trotskisme doit-il être balayé d’un revers de main en variante du « socialisme autoritaire » ? Selon moi, notre histoire concrète dans les années 70 comme le bilan des militants ne le méritent pas. Quoiqu’il en soit, j’en fus radié, à juste titre, dès 1975. Et en 1976 j’étais déjà membre du PS. Faut-il faire la liste de ceux qui attendirent dix ou vingt ans de plus pour en faire autant ? Je l’ai quitté en 2008 en disant haut et fort pourquoi. J’ai renoncé à mon mandat de sénateur du PS en allant au-devant du seul juge que je reconnaisse : le suffrage universel. Et les citoyens m’ont élu en donnant pour la première fois un siège à notre nouvelle famille politique dans cette région avec cinq fois plus de voix qu’il en faut pour élire un député national. Dois-je encore, pour satisfaire le tribunal de Médiapart, souscrire vingt ans plus tard à la contrition sur les années Mitterrand à laquelle je suis invité une fois de plus en fin de l’article de François Bonnet ? Pourquoi dire que je me refuse à l’« examen critique » de cette période quand je l’ai fait non seulement au plan théorique dans plusieurs livres et en conférences, mais aussi, et ce n’est pas rien, au plan pratique dans la création du Front de Gauche, la rédaction de son programme et surtout dans la rédaction des thèses sur l’éco socialisme ? »

12/03/2015, 13:04 | PAR CROSSING_NEWS EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE CROSSING_NEWS LE 12/03/2015 À 13:03

« Je n’ai jamais soutenu le parti de monsieur Poutine, ni sa personne. Non parce qu’il serait autiste ou qu’il battrait sa femme comme l’a répété en boucle la propagande médiatique la semaine dernière pour enfoncer le clou de sa diabolisation et faire désirer la guerre pour en finir avec ce fou. Non pour ceci ou pour cela. Mais parce que je suis éco socialiste et pas lui, parce que je suis de gauche et pas lui, parce que je suis républicain au sens que les « Lumières victorieuses de 1789 » ont donné à ce mot et pas lui. Je récuse le raisonnement selon lequel on n’a le droit de parler du sujet qu’à la condition d’avoir d’abord stigmatisé monsieur Poutine. Car cette stigmatisation c’est déjà la logique de guerre. C’est le même raisonnement qui m’a conduit dans le passé à refuser la demande que me faisait Edwy Plenel de participer à son combat contre Cuba. Je lui ai dit que pour moi, la priorité était la lutte contre l’embargo que les USA imposent à ce petit pays courageux. S’associer aux campagnes contre le régime c’était déjà commencer à légitimer l’embargo. Cela fait-il de moi un membre du parti communiste cubain ? Non. En général, mon registre n’est pas celui du commentaire. C’est celui de l’action. Mon but n’est pas de tenir la balance égale entre Ukrainiens et Russes mais de contribuer à empêcher la guerre par le seul moyen dont je dispose : le discours et l’écrit de conviction et l’argumentation. « Médiapart » éteint ce droit quand il transforme mon point de vue en un procès sur ma personne.

Pour autant je crois utile de rappeler comment, quand j’ai été sollicité, j’ai agis en défense des libertés en Russie. Puis je signaler dans ce registre ma tribune signée en 2013 avec Noël Mamère pour défendre les militants de Greenpeace emprisonnés en Russie ? Et mon blog sur le sujet  ? Peut-on étudier la liste des signataires de l’époque pour vérifier si mes contempteurs d’aujourd’hui dans l’arène politique étaient assez ardents à l’époque au point de signer une simple pétition ? Je le répète : mon propos n’est pas Poutine ou pas Poutine. Je milite contre la guerre avec la Russie ! »...

12/03/2015, 13:05 | PAR CROSSING_NEWS EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE CROSSING_NEWS LE 12/03/2015 À 13:04

J’en reste là. Je laisse tout le reste. Je n’en finirai pas. Car comment répondre à des phrases si riche en insinuations et affirmations partisanes telle que celle-ci : « nous n’avons cessé d’interpeller Mélenchon sur ses pratiques politiques, son vocabulaire de « rupture », ses offensives régulières contre les journalistes. » Lire ça dans Médiapart ! Je n’ai plus le goût de ces polémiques aigres, de ces procès étalés au fil de la plume en milliers de signes qui sont autant de flèches empoisonnées dont le poison court ensuite des décennies sous la peau et ressurgissent sous la plume, des lustres après qu’elles aient été lancées. Vieux pablistes et vieux lambertistes me comprennent ! Je me contente de situer notre divergence. Pour « Médiapart », la Russie de Poutine est « l’agresseur » dans le contexte de la guerre en préparation à partir de l’Ukraine. Ce n’est pas du tout mon point de vue. Pour moi, Poutine n’a aucun intérêt à une telle guerre. Et nous non plus. Mon analyse géopolitique n’est pas faite de « réflexes pavloviens » mais d’arguments et de faits détaillés dans mes livres « Qu’ils s’en aillent tous » (surtout dans l’édition de poche) et dans le livre « L’Ère du peuple ». Dans ce dernier, j’explique pourquoi l’Empire nord-américain est contraint à une fuite en avant guerrière en raison de la menace qui pèse sur le dollar comme monnaie mondiale à l’heure où le bloc de BRICS prend la relève du leadership productif mondial. Je voudrai souligner que pour moi, des opérations de déstabilisation de l’Amérique latine en ce moment au conflit sur la frontière russe, il y a un lien géopolitique profond. C’est une thèse. Elle mérite des contre-arguments plutôt que des injures. 

« Je réitère mon alerte ! La préparation matérielle et psychologique de la guerre contre la Russie est évidente. Il s’agit pour moi du projet d’une partie des décideurs aux USA, dans le cadre d’une géopolitique dont j’ai mille fois fait la description. Elle pourrait même résulter d’enchaînements incontrôlés tant le nombre et la position de personnages incontrôlables sont grands dans cette région. La guerre avec la Russie serait un désastre sans rapport avec le chaos déjà semé en Irak, en Afghanistan, en Somalie, par les nord-Américains. La Russie est une grande puissance militaire et pas un pays sans défense. L’affronter serait une catastrophe pour la civilisation humaine toute entière. De plus, pour les Européens et surtout pour nous Français, la Russie est un partenaire. Et les BRICS sont le véritable point d’appui face à l’ordre du monde actuel. Tout cela et ma thèse sur une nouvelle alliance militaire altermondialiste sont présentés dans les deux livres que je viens de citer. J’admets bien évidemment qu’on ne me suive pas dans mes raisonnements, mais je note qu’ils sont nombreux ceux qui les font comme moi dans le monde des analystes les plus divers politiquement. »...

12/03/2015, 13:07 | PAR CROSSING_NEWS EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE CROSSING_NEWS LE 12/03/2015 À 13:05

« D'ailleurs, le 10 mars, « Médiapart » lui-même publiait une interview d’Andreï Gratchev, ancien porte-parole de Gorbatchev. Dans cet entretien, l’homme déclare que « Nemtsov ne présentait aucun danger réel pour le pouvoir ». Il précise qu’« on peut difficilement imaginer que Poutine avait intérêt à un tel événement ». Et que « Finalement, pour lui, c’est assez humiliant qu’un crime politique se déroule juste derrière les murs du Kremlin ». Quelle différence avec ce que j’ai dit ? Sur l’Ukraine, même chose ! Gratchev déclare : « [Ce que veut Poutine c’est que soit] garanti le fait que l’Ukraine ne rejoindra pas le camp occidental. Que le pays ne deviendra pas membre de l’Union européenne et plus particulièrement n’adhérera pas à l’OTAN ». Il va jusqu’à parler de « la logique extrémiste du pouvoir à Kiev dont l’intérêt est d’appliquer la politique du pire ». Même point de vue ! Concernant la politique européenne enfin, Gratchev déclare que : « Bruxelles a fait preuve d’une grande maladresse, de dilettantisme et d’absence de professionnalisme. Sa première attitude a été d’écarter la Russie de la gestion du dossier ukrainien ». Alors, quand ce sont d’autres que moi qui tiennent ces propos, ça passe ? Mais quand c’est moi c’est « une vision fanatique, des œillères dogmatiques, des réflexes pavloviens » ? 

Ai-je mérité que dans ce que je croyais être notre famille culturelle commune, je sois traité de cette façon ? Avec les outils grossiers qui m’assimilaient hier à Saddam ou même à Kadhafi ? Pourquoi François Bonnet, qui ne sort pas de l’œuf, estime-t-il utile de dire que j’ai approuvé l’intervention en Libye ? Ce n’est pas vrai ! J’ai approuvé par un vote au Parlement européen la création d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus des villes que Kadhafi menaçait de « noyer dans le sang » selon ses propres termes. François Bonnet me le reproche ? Je n’aurai pas du ? C’est ce que disent des amis dans l’extrême gauche. Je répète donc ce que je leur ai expliqué depuis lors. J’ai voté comme le conseil de sécurité unanime pour cette zone d’exclusion. C’est-à-dire inclus la Chine et la Russie. Après ce vote, sans mandat de l’ONU, l’OTAN est passé à l’attaque. J’ai immédiatement condamné. Tous les textes sur le sujet sont encore disponibles : les communiqués du parti de gauche, et ma propre prose sur mon blog. Cet exemple de mensonges montre ce que devient l’assaut de « Médiapart » contre moi. Une banale opération de dénigrement mêlant des arguments avec des inventions polémiques gratuites. Je le déplore profondément. Y répondre me ramènerait à des compilations dont je n’ai ni le goût ni le temps.»...

12/03/2015, 13:08 | PAR CROSSING_NEWS EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE CROSSING_NEWS LE 12/03/2015 À 13:07

Je conclus avec un appel. Quoi que vous pensiez de moi à « Médiapart », de « mes pratiques politiques » et ainsi de suite, quelle que soit votre détestation de Poutine, ne faites pas l’erreur d’amnistier des personnages aussi inacceptable que l’antisémite Alexeï Navalny ! Je rappelle des faits auxquels « Médiapart » ne peut être insensible. Ce n'est pas seulement « dans sa jeunesse » que Navalny a été xénophobe et antisémite comme l’affirme François Bonnet. Ses dernières déclarations antisémites datent de 2013. C'est le Forum de Coordination de la Lutte contre l'antisémitisme qui les a dénoncées. Et les actions xénophobes pour lesquelles il est connu en Russie sont celles du mouvement des « marches russes » auquel il a participé ostensiblement de 2011 à 2013, en appelant à « nettoyer la Russie » et en justifiant les violences contre les immigrés responsables à ses yeux de « criminalité ethnique ».

« Autre fait qui devrait intéresser Médiapart. Le parti néo-nazi Svoboda n'a certes plus de ministre au gouvernement à Kiev depuis 2014 comme il en avait avant. Ce n'est pas pour autant que ce gouvernement, son administration et ses forces de sécurité ne sont pas remplies de nazis. La plupart ont même été intégrés dans les partis non nazis et dans les unités combattantes sous uniforme ukrainien. Doit-on s'en réjouir ? A l'image du fondateur de Svoboda, l'authentique dirigeant néo-nazi Andriy Paoubyi, qui est désormais membre du parti du premier ministre Iatsenouk ! Cette composante nazie du pouvoir actuel à Kiev n'est pas cachée. Elle est même assumée. Comme le montrent les commémorations successives décidées par la Rada et son président en mémoire de tortionnaires nazis de la seconde guerre mondiale. Et comme en atteste l'interview télévisée qu'a donnée l'ambassadeur d'Ukraine en Allemagne. Ce diplomate représentant du gouvernement de Kiev affirme que les groupes combattants néo-nazis « sont coordonnés et contrôlés par Kiev » et « qu'ils font partie intégrante de nos forces de défense ». Je vous en adjure : ne vous aveuglez pas sur le rôle des nazis en Ukraine et dans cette zone ! »

12/03/2015, 13:09 | PAR CROSSING_NEWS EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE CROSSING_NEWS LE 12/03/2015 À 13:08

« Après quoi, ceci ayant été dit, je souscris aux dernières lignes de François Bonnet : « Informer, et d'autant plus dans une époque comme la nôtre, inédite et incertaine, ce ne peut être se satisfaire d'automatismes de pensée ou de réflexes idéologiques. C'est au contraire affronter le réel dans sa complexité, sans impasse ni aveuglement ». Je suis sûr qu’il aura à cœur de se les appliquer autant que moi-même je m’y efforce. Admettons que la même imperfection nous guette. Je me permets de demander si l’on peut se dispenser de nier mon identité éthique et morale, et de nier mon histoire de militant. Ce serait mieux. Sinon, tant pis ! Il me faudra juste renforcer mes blindages. De toute façon, le mal est fait. Les propos de Médiapart nourriront d’autres caricatures qui se réclameront de l’autorité de Médiapart. Exactement comme il aura suffi que Michel Onfray cite Ahmadinejad dans la liste des gens qu’il me reproche de soutenir pour qu’aussitôt je sois interpellé comme dans un refrain sur le sujet. Naturellement, je n’ai jamais soutenu si peu que ce soit le régime théocratique de l’Iran. Celui-ci au contraire s’est plaint de moi du temps où j’étais sénateur socialiste et déjà opposé à la mollahcratie. Ici mon cas est grave : je ne soutenais déjà pas l’ayatollah Khomeiny quand il était à Nauphle-le-Château. Tout le monde ne peut pas en dire autant dans l’extrême-gauche ou la gauche de l’époque. Accusez ! Accusez ! Il en restera toujours quelque chose. Le mal est fait ! Les pleutres se sentiront obligés de marquer leurs distances avec moi pour des raisons inventées par d’autres qui auront ainsi bien mérité de la cohorte de mes diabolisateurs. Et ainsi de suite. Mais ce qui s’est montré à cette occasion est vu et retenu. « Médiapart » n’est pas ce que je croyais. Mais, de mes illusions je ne m’en prends qu’à moi. »

15:19 | PAR CROSSING_NEWS EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE PATRIG K LE 12/03/2015 À 14:21

droit de réponse dans le même lit c'est ça la démocratie !

16:46 | PAR EDWY PLENEL EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE CROSSING_NEWS LE 12/03/2015 À 15:19

@Crossing_News, vous faites très bien de reprendre ici le dernier blog de Jean-Luc Mélenchon, ainsi chacun pourra se faire juge. Pour ma part, j'en retiens l'énième illustration de la difficulté pour ce dernier d'accepter une presse différente (qui ne pense pas forcément comme lui) et dissidente (dont les informations le contredisent dans ses croyances). C'est une vieille histoire entre nous où nos jeunesses trotskystes n'ont aucune place, sauf à raisonner comme Jean-Christophe Cambadélis qui a répondu sur le même registre, celui de vieilles querelles rancies, aux informations de Laurent Mauduit qui le dérangeaient, l'été dernier, à propos de ses diplômes.

C'est plutôt un désaccord sur la question démocratique, c'est-à-dire le rôle d'un journalisme ou d'une presse réellement indépendant dont l'écosystème peut l'amener à découvrir des informations qui n'auraient jamais vu le jour si ce journalisme et cette presse ne suivaient qu'un agenda idéologique et partisan. Comme le rappelait Friedrich Nietzsche, le pire ennemi de la vérité (factuelle), ce n'est pas le mensonge, mais les convictions. Ces opinions qui vous empêchent de voir la réalité qui les bouscule ou les contredits.

Ma première rencontre avec Jean-Luc Mélenchon portait déjà sur cette question quand, jeune dirigeant socialiste, il a demandé à me rencontrer pour me reprocher mes révélations sous l'interminable présidence de François Mitterrand, révélations dont personne ne conteste aujourd'hui la vérité factuelle, qu'il s'agisse de mensonges d'Etat ou d'affaires financières. Comme il les jugeait néfastes politiquement pour son parti d'alors, le PS, il en contestait la légitimité et la nécessité. C'est cet épisode que j'ai tenu à lui rappeler lors de notre échange à la soirée que nous lui avons consacré durant la campagne présidentielle de 2012, épisode qui, comme aujourd'hui, pose cette question centrale de l'acceptation de vérités (en l'espèce, nos informations sur le régime poutinien et sur la crise ukrainienne) qui contredisent des fidélités ou des préjugés partisans.

En visionnant la vidéo ci-dessous de cet échange, il n'est pas inutile de se rappeler que s'il y eut un sens historique à l'aventure intellectuelle autant que politique de ce que l'on nomme improprement le trotskysme et qui se définissait plutôt comme "opposition de gauche au stalinisme", c'est l'absence de compromis sur la vérité, y compris celle qui nous dérange dans nos certitudes ou nos engagements. Tout en se réclamant du communisme, ce courant, hélas fort minoritaire, refusait de fermer les yeux sur les crimes commis au nom de ce même communisme. Tout comme il refusait de taire son opposition radicale au totalitarisme stalinien sous prétexte que la lutte contre le fascisme devait interdire toute réflexion critique. 

Tel est, pour moi, le désaccord démocratique qu'illustre la posture de Jean-Luc Mélenchon et dont la vidéo que voici donne les clés, remontant en vérité à ce que paye aujourd'hui la gauche, dans toutes ses composantes : sa conversion, sous François Mitterrand au présidentialisme, à son verticalisme autoritaire, à son pouvoir personnel et, par conséquent, à cette pathologie politique césariste et bonapartiste qui ne cesse de ramener le "nous" collectif au "je" du président potentiel et, en attendant, du chef, du leader, etc. Tel est le passé proche que j'ai rappelé, ce soir de 2012, à Jean-Luc Mélenchon, en exerçant notre nécessaire devoir d'inventaire :

http://www.dailymotion.com/video/xpndld_mediapart-2012-melenchon-plenel-le-face-a-face_news#from=embediframe

13:35 | PAR JEAN DUCHENE

Rappelons les faits, car Plenel dans son plaidoyer a tendance à les faire passer à la trappe. Arfi, Perraud et Bonnet se seraient contenté de dire "Mélenchon exagère, il n'est pas assez critique, il ménage trop Poutine",  le propos aurait été parfaitement entendu. Mais ce n'est pas ce qu'ils disent. Ils disent: en se démarquant du dirigeant "démocrate" assassiné JLM soutient Poutine. Ce qui est faux et diffamatoire. Une simple vérification des écrits de JLM suffit à le démontrer. C'est ce qu'ont rappelé de très nombreux adhérents de MDP. C'est un fait incontestable que nulle rhétorique de Bonnet ou de Plenel ne saurait annuler. Pour des raisons idéologiques, Arfi et Perraud ont sciemment détourné, manipulé les propos de JLM. Ce n'est pas le droit d'Arfi et de Perraud de donner leur avis qui est contesté ici sur ce site, c'est la calomnie et le mensonge qui sont dénoncés (vous vous rappelez des procès de Moscou et des termes d'hitléro trotskystes assénés aux opposants de Staline ?).  Plenel n'a pas répondu sur le fond. D'une manière générale, les protestations d'intention sur l'indépendance, la liberté des journalistes de MDP   ne dit rien sur leur positionnement idéologique qui existe bel et bien et qui leur fait analyser la politique nationale et internationale au travers de ces lunettes idéologiques. Ce positionnement, pour le résumer,  est "démocrate" ce qui pour moi, marxiste convaincu, veut dire impérialiste, ou pour le moins "démocratie bourgeois". Les journalistes de MDP analysent l'actualité en fonction de ce seul critère. C'est ce seul critère qui leur feront toujours choisir le camp atlantiste. Je ne crois pas à la liberté d'informer dans le ciel pur et éthéré des idées. Je ne crois pas que dans une société divisée en classes, dans la guerre sociale féroce actuelle, il existe un endroit libéré de ces sordides contraintes qui permettent aux journalistes de bonne volonté d'assurer une information de qualité sans être l'objet des enjeux de la guerre actuelle. Je ne crois pas à la presse libre et non partisane. Le passé trotskyste de Plenel (autant que celui de Mélenchon d'ailleurs) doit lui permettre de comprendre de quoi je parle. Avec son ton et son propos alarmistes sur la guerre qui menace JLM est plus proche de l'urgence du moment et des responsabilités qui incombent aux hommes politiques que vous avec votre petite musique à la flute  démocratique qui accompagne la musique militaire. A la fin, je vous certifie qu'on ne distingue plus le son de la flute.

Je m'empresse de préciser que je ne suis pas mélenchoniste, je suis communiste révolutionnaire, un vrai trotskyste en somme.

12/03/2015, 13:56 | PAR SETH EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE JEAN DUCHENE LE 12/03/2015 À 13:35

Ce positionnement, pour le résumer,  est "démocrate" ce qui pour moi, marxiste convaincu, veut dire impérialiste, ou pour le moins "démocratie bourgeois"

Bien résumé.

Excellent !

17:18 | PAR EDWY PLENEL EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE SETH LE 12/03/2015 À 13:56

@Jean Duchene et @Steph, le "marxiste convaincu" que vous affirmez être me semble n'en avoir retenu qu'une vulgate fort éloignée de la pensée, en effet radicalement démocratique, de Karl Marx. Pour mémoire, ce texte publié le 4 juillet 1973 dans Le Monde (version intégrale ici) à l'initiative des grands Laurent Schwartz, Pierre Vidal-Naquet, Jean-Pierre Vernant et bien d'autres, pour remettre la tête de la révolte sur les épaules de l'émancipation face aux divers courants gauchistes sectaires, voire potentiellement totalitaires, qui faisaient aussi peu de cas que vous de la "démocratie".

J'en reproduis ici l'essentiel du propos qui me semble toujours d'actualité :

« Aucun pays, aucun régime, aucun groupe social n'est porteur de la vérité et de la justice absolue, et sans doute aucun ne le sera jamais. La terrifiante expérience du stalinisme, la transformation d'intellectuels révolutionnaires en apologistes du crime et du mensonge, montrent jusqu'où peuvent conduire les identifications utopiques et l'attrait du pouvoir, ces tentations caractéristiques de l'intellectuel contemporain. Au gré des mass media, de l'orientation des appareils idéologiques, de leurs propres passions, les intellectuels d'Occident, ou du moins ceux qui s'expriment, ont pris position pour ou contre le droit à l'autodétermination du peuple biafrais, du peuple bengali, du peuple palestinien, du peuple israélien, cependant que la révolte de Ceylan, condamnée à l'unanimité des États, restait ignorée des intellectuels ou de la grande majorité d'entre eux. Nous pensons que les intellectuels ont mieux à faire qu'à être les fournisseurs bénévoles ou appointés des instances politiques ou bureaucratiques en quête d'idéologie. Nous croyons donc devoir rappeler ci-dessous quelques propositions qui sont pour nous des évidences morales et politiques fondamentales.

« I. - Il n'y a pas de problème de la fin et des moyens. Les moyens font partie intégrante de la fin. Il en résulte que tout moyen qui ne s'orienterait pas en fonction de la fin recherchée doit être récusé au nom de la morale politique la plus élémentaire. Si nous voulons changer le monde, c'est aussi, et peut-être d'abord, par souci de moralité. Il n'est pas de stratégie rationnelle, voire scientifique, qui ne doive être soumise à la morale adoptée Si nous condamnons certains procédés politiques, ce n'est pas seulement, ou pas toujours, parce qu'ils sont inefficaces (ils peuvent être efficaces à court terme), mais parce qu'ils sont immoraux et dégradants, et qu'ils compromettent la société de l'avenir.

« Il n'y a pas de " bonne " torture, il n'y a pas de " bonne " police politique, il n'y a pas de " bonne " dictature. Il n'y a pas de " bons " camps de concentration, ni de " génocide légitime ". Il y a des combats nécessaires, mais pas de " bonne " armée, il y a des États moins mauvais que d'autres, mais pas de " bon " État. Les exactions diverses, passages à tabac, matraquages, chantages, enlèvements d'otages, sans être comparables aux tortures, ne sont pas " bons " ou " mauvais " selon la cause qu'ils servent. Ils sont tous mauvais, quel que soit le jugement que l'on porte sur les responsabilités premières ou les finalités ultimes.

« II. - Il n'existe pas d'Apocalypse révolutionnaire. La croyance en une telle Apocalypse est une perversion. Parvenue au pouvoir, une révolution victorieuse hérite des conflits de la société ancienne et en crée de nouveaux. Aussi, la construction d'une société socialiste, libre et égalitaire, ne doit pas être repoussée au lendemain de la crise révolutionnaire, qu'elle soit locale ou mondiale, mais entreprise avant la crise et poursuivie pendant celle-ci. Dès aujourd'hui, dans la vie quotidienne, dans les organisations, les révolutionnaires doivent travailler à établir entre les hommes et les groupes sociaux des rapports plus justes. Le mythe du " grand soir " est d'autant plus redoutable que la société née d'une révolution est conflictuelle, comme toutes les sociétés historiques, et que la tentation y est grande de faire endosser à de " comploteurs ", des " saboteurs ", etc., la responsabilité de ce qui va mal. Tout groupe politique qui croit détenir la clé d'une transformation immédiate et automatique de la société est candidat à l'exercice de la dictature concentrationnaire et tortionnaire.

(A suivre…)

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NOUVEAU 12/03/2015, 17:19 | PAR EDWY PLENEL EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE EDWY PLENEL LE 12/03/2015 À 17:18

(…Suite)

« III. - Il n'y a pas de libertés " formelles " qu'on puisse supprimer, fût-ce " provisoirement ", ou au nom des libertés " réelles " ou " futures ", sans d'immenses dangers. Certes, l'histoire de l'humanité ne se confond pas avec celle des libertés. Elle peut se poursuivre sans les libertés : de fait, elle s'est déroulée sans elles sur des espaces et des temps immenses. Mais que les libertés conquises et les droits acquis soient une part de l'héritage établi par la transformation féodale, puis capitaliste, dans un secteur de l'Occident, et qu'elles puissent, demain comme aujourd'hui, servir d'alibi aux classes dirigeantes, ne doit pas nous conduire à les mépriser. Il faut au contraire les étendre jusqu'à ce qu'ils ne soient plus le privilège de quelques-uns.

« IV. - La violence fait partie de notre monde et nous n'avons pas l'illusion qu'elle puisse rapidement disparaître. Mais constater son rôle dans l'histoire - violence des oppresseurs entraînant celle des opprimés, lesquels peuvent à leur tour, et trop aisément, devenir des oppresseurs - n'autorise pas à en faire l'apologie ni à la justifier en tout cas. Les armes de la critique, quand on peut s'en servir, sont supérieures à la critique des armes.

« V. - Quelle que soit la partie du monde où il se trouve, le camp où il est engagé, dire la vérité - dire, à tout le moins ce qu'il croit humblement être la vérité, - est la tâche première de l'intellectuel. Il doit faire cela sans orgueil messianique, indépendamment de tous les pouvoirs et, au besoin, contre eux, quel que soit le nom qu'ils se donnent - indépendamment des modes, des conformismes, des démagogies. Il n'y a pas de moment où l'intellectuel soit justifié de passer de la critique à l'apologétique. Il n'y a pas de César individuel ou collectif qui mérite l'adhésion de tous. L'idéal d'une société juste n'est pas celui d'une société sans conflit - il n'y a pas de fin de l'histoire - mais d'une société où ceux qui contestent peuvent, à leur tour, quand ils viennent au pouvoir, être contestés ; d'une société où la critique soit libre et souveraine, et l'apologétique inutile. »

Faut-il préciser que les signataires de ce texte collectif ont tous consacré leur vie à l'émancipation des opprimés et des exploités ?


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