L'IMPRATICABLE "PROPRIÉTÉ PRIVÉE" de Julia DECK

Un roman de cette rentrée littéraire 2019. A paraître le 5 septembre.

Dans sa pièce Der Schein trügt (L’Apparence est trompeuse), le dramaturge autrichien Thomas BERNHARD fait observer, par la voix d’un de ses personnages qu’ « Une vieille maison a ses avantages : on ne se rend plus compte qu’elle s’use ».  C’est un tout autre constat que font fatalement Eva et Charles, les protagonistes du nouveau roman de Julia DECK, Propriété privée.

 Car sait-on bien à quoi l’on s’expose, sitôt que nous vient l’envie de déménager, de changer de cadre de vie et de favoriser celui-ci pour répondre à l’impatience de devenir enfin « éco-responsable » ? Que l’on rêve à une existence plus large, plus aisée, dans une proche banlieue parisienne, par exemple, où des constructions entièrement nouvelles aguichent ceux pour qui est advenu le temps d’investir dans une vie désormais paisible et prometteuse de confort ?

LA GUERRE DES ROSSES

 C’est, résumée, la fable que Julia DECK propose avec cette « Propriété privée » dont elle a échafaudé tous les plans et, certains, très diaboliques (on le verra plus tard). Adroite à injecter quelques allusions comiques jusque dans le choix des noms pour ses personnages, elle imagine donc le couple de quadragénaires CARADEC en butte contre leurs nouveaux voisins, les LECOQ, (est-il besoin de souligner la connotation légèrement péjorative car permise par le choix de noms aux consonances animalières, si tenté que « Caradec » fasse penser par exemple au cri de la poule ?) dans un quartier résidentiel à la dernière mode. De façon à la fois irrationnelle et motivée par la découverte que les maisons adjacentes laissent finalement transparaître la vacuité d’existences respectives (au fond pas si différentes, quoique en apparence aux antipodes les unes des autres), cette « guerre des rosses » couve cependant ses rages afin de ne pas trop s’ébruiter… ce qui sera peine perdue quand le roman virera quasiment au thriller, dans le dernier quart de sa composition. Ce n’est d’ailleurs pas là le moindre mérite de l’auteur que d’oser inverser le cours habituel des fictions romanesques : crime éventuel et enquête sont presque rangés au rang d’accessoires, puisque remisés à la toute fin du livre, narguant ainsi toute tentation de suspense chez le lecteur qui avait fini par admettre que celui-ci se contenterait de ferrer une histoire cuisinée à l’eau de boudin. C’est, malheureusement, bien mal connaître l’écrivain que de la croire ainsi seulement intéressée par les ravages de l’insignifiance : elle se sert justement de cette matière apparemment peu noble pour mieux échafauder des constructions menaçant ruine… jusqu’au cataclysme.

 De Julia DECK, j’avais donné le compte rendu de son premier récit (2012) intitulé Viviane Elisabeth Fauville (voir ici ) et, si l’on retrouve bien le style en trompe-l’œil de l’auteur, avec ce 4è roman publié à nouveau aux éditions de Minuit, la critique éventuellement sociale est nettement plus revendiquée. Sans doute parce que, contrairement à ses livres précédents, Julia DECK ne s’attache plus seulement aux affres, engouements, dérives d’une seule protagoniste (même son « Triangle d’hiver », le deuxième roman, en 2014, tout en dédoublant de façon maligne la figure principale qui était la narratrice comme pour le premier, emboîtait le pas sur les traces d’une femme à la vie éparpillée entre plusieurs choix et identités) mais, cette fois, à toute une « communauté ». Laquelle,  factice, n’est fondée que sur la circonstance hasardeuse, pour ses membres, de vivre dans un même secteur, sans autre point commun que d’avoir rêvé unanimement toits végétalisés et maisons plus ou moins autonomes.

Que le lecteur/la lectrice se rassurent : nulle part, en l’enclos de cette « Propriété privée » ne figurent les détails documentaires éventuellement fastidieux quant à ces nouvelles modes d’habitat urbain. Mais l’on constate vite que l’écrivain en est sérieusement instruite et elle s’en débrouille plutôt bien puisque, par exemple, elle attribue à plusieurs personnages de son roman un travail dans ce domaine et des réflexions qui les conduisent à deviser sur l’histoire des cohabitations.

Julia DECK continue à écrire autrement (selon la ligne éditoriale plébiscitée par les éditions de Minuit aujourd’hui) que la plupart de ses coreligionnaires qui se piquent d’écrire en favorisant leur penchant pour l’auto fiction. Et ce récit, comme les précédents, se vautre avec délices dans les labyrinthes de la Fiction, en jouant avec ses chemins et impasses, en les tordant, en les empilant à grands renforts cependant de péripéties minimalistes : rebondissements, descriptions hâtives mais éloquentes de scènes de vie imaginaires, profils de personnages trop vrais pour être identifiables… DECK pourrait peut-être aussi s’improviser conceptrice de jeux de rôles : c’est là où elle excelle particulièrement. Mais, rusée, elle en grossit suffisamment les traits pour qu’on ne les prenne pour dess-e-ins comptants…

 L’auteur étant une femme fort cultivée, on se surprend également à songer qu’elle a peut-être tenté de proposer, à sa façon, une variation du célèbre roman de Georges PEREC, Les Choses. C’est en tout cas ce lointain cousinage que notre lecture personnelle lui a prêté, pendant quelques pages et ce, pour différentes raisons. Quitte à mesurer l’espace-temps qui l’oblige à se différencier de son lointain quoique prestigieux aîné en littérature. Comme chez l’instructeur de La Vie mode d’emploi, le couple principal, les CARADEC, exerce des professions en apparence enviables mais, tandis que PEREC témoignait de son goût pour la précision quasi anthropologique sur  la façon de meubler et décorer l’appartement de Jérôme et Sylvie, Julia DECK, elle, préfère mettre en avant l’obsession de ses nouveaux propriétaires à privilégier les apparences extérieures : plants de soucis exposés et savamment entretenus, terrasses bétonnées pour exhiber ses aises : dans les années 2010, contrairement aux années 60 du XXè siècle, l’essentiel n’est pas tant de jouir pour soi-même d’un confort douillet que de la satisfaction à constater l’émerveillement, chez autrui d’une exposition, de biens suffisamment probants témoignant d’une réelle prédisposition pour l’esthétisme et l’épicurisme surtout de… façade.

 Comme chez PEREC, êtres et choses se valent. Prêts à n’importe quel troc, les personnages s’étourdissent dans ces jeux de dépersonnalisation, ce qui nous vaut quelques lignes parfois humoristiques :« Le colin décongelait placidement dans mon sac à provisions. Moi j’avais froid.  (…) « Patrick se déplaçait vers un fauteuil, où il s’est enfoncé comme une plante dans son pot. » (…) « Les Lecoq avaient décidément du génie. Sans cesse ils inventaient des idées pour nous doubler. Et puis c’était bien eux de remplacer un animal par un autre, comme si les bêtes étaient aussi interchangeables qu’une chaise ou un pneu. »

LE GOÛT FAUSSAIRE DE POSSÉDER, L’IMPOSSIBILITÉ DU PARTAGE

 Cette obsession pour le « qu’en dira-t-on » , pour le « vis à vis », le regard  extérieur taraude les uns comme les autres. Derrière leurs masques de convenance ripolinée pour tromper le voisinage, ils cachent bien souvent des mœurs inattendues mais qui font à peine trembler parages et paysages, tant l’énergie de la discrétion, de la mise sous cloche de leurs fantasmes ou ambitions sont retorses. Mari en proie à des crises de neurasthénie aigue au point d’être traité médicalement, homme marié partageant avec un voisin des ambivalences et pratiques sexuelles que rien dans leurs habitudes ne pouvait laisser soupçonner, femme et mère populaire du quartier suspectée d’avoir commis un meurtre… les pions avancent avec une crânerie boiteuse en ce quadrilatère-échiquier où tous les coups sont permis, à condition qu’ils le soient de manière feutrée. Même si c’est un gros chat roux qui active des pulsions de meurtre, l’auteur du crime finalement réussi demeurera pour tous inconnu. Si j’ai évoqué rapidement PEREC en début de cet article, la tonalité générale (mais non le style) du roman de DECK fraternise également avec certaines fables noires de l’américaine Patricia HIGHSMITH (Ce mal étrange, Eaux profondes), pour une désespérante autopsie de l’esprit quand celui-ci s’obnubile en ses ténèbres si peu altruistes.

 C’est qu’à force de se montrer si soucieux d’écologie pour l’environnement, ces fantoches en oublient les notions élémentaires d’écologie pour leurs rapports à autrui, leurs fréquentations. Alors que l’investissement dans une maison moderne garantissait le prix à gagner pour profiter des gains d’une totale liberté, celui-ci s’avère bien vite frauduleux. Car la promiscuité haïe finit par être encore plus encombrante que celle connue dans les habitats conventionnels. C’est surtout qu’à force de ne pas se posséder eux-mêmes, ces modernes-là se trompent d’instincts de propriété. Et qu’à force d’être interchangeables, ils finiraient presque par se confondre. Le désagrément majeur causé par des travaux d’envergure sera la première étape d’un lent ternissement des ambitions dans le dédale pavillonnaire qui vire au chantier permanent. Et l’accession à la propriété tournera bien vite, pour certains, à l’exclusion, si ce n’est à l’expulsion. Car l’ « autre » est, surtout, un être qui vous encombre de ses bruits (DECK ne rate jamais une occasion de souligner cette évidence trop souvent perdue de vue par nos croyances en des changements radicaux auxquels on prête des vertus trompeusement révolutionnaires) :

 « Les journées commençaient à raccourcir. Vers vingt heures, je levais le store pour regarder le soleil sombrer sous la haie. Puis j’entendais la voiture d’Arnaud se frayer un chemin le long de la barrière de chantier. Il laissait tourner le moteur afin que sa présence ne demeure ignorée de personne, éternuait à grand bruit, claquait derrière lui les portières et les portes. Il avait besoin d’occuper un maximum d’espace sonore, d’exister fortement dans toutes les dimensions de la vie.

Par les fenêtres ouvertes, on entendait soudain des raclements d’ustensiles, un grand chambardement, des jappements aigus. Toupie passait désormais ses journées au sous-sol. On ne le laissait sortir que le soir. »

Ainsi croise-t-on avec ses voisins, le partage impossible de sons de téléviseurs affligeants, renvoyant la fausseté de joies de vivre que ce média est seul à trop bien dispenser.

Mais l’ « autre » devient surtout une proie à abattre même en pur fantasme, dès lors qu’il devient un double de vous-même (problématique que Julia DECK avait déjà insinuée dans ses deux premiers romans) qu’il vous renvoie le reflet pas très glorieux d’une condition banale, malgré vos efforts à user de tous les signes de distinction. Vous pouvez tenter tous les voisinages possibles, toutes les infidélités possibles, expérimenter toutes les innovations que les publicitaires et autres marchands de biens vous feront accroire : malgré de nouveaux murs, malgré de nouvelles peaux à furieusement coller contre la vôtre un soir d’égarement, les chances pour que vous évoluiez afin de satisfaire votre appétit goulu de différence seront infimes, voire grotesques.

 « Tout l’hiver, nous avons regardé des films, de vieilles choses en noir et blanc vues autrefois dans des petites salles du Quartier latin, alors qu’elles étaient déjà vieilles. Le soleil se couchait derrière l’écran. Soudain la baie vitrée prenait feu, saturée de rayons rouges. Le spectacle méritait bien quelques désagréments.

Nous avions appris, par exemple, que notre système de chauffage cent pour cent énergie renouvelable ne fonctionnerait, en définitive, jamais. Le bureau d’études s’était trompé dans les calculs. Le volume d’eaux usées récupérable sur la parcelle ne suffisait pas à alimenter la chaudière. Bref, dès les premiers beaux jours, on forerait le bitume pour nous amener le gaz. »

Derrière les plus jolies résidences, il y a souvent une décharge à ciel ouvert qui menace, des relents de putréfaction mordants : « J’ai laissé mon regard errer vers la fenêtre. Les trouées des canalisations béaient à ciel ouvert. Sous la chaleur, la boue craquelait en plaques assoiffées, pourtant le gazon demeurait irréductiblement vert. Il m’a semblé qu’on pourrait toujours en rester là, à mi-chemin de la résolution, sans que la balance penche jamais d’un côté ni de l’autre. Cécile a paru lire dans mes pensées.

– Ça n’avancera jamais, a-t-elle soupiré en reposant sa tasse sur le comptoir. Je me demande si nous n’avons pas fait une mauvaise affaire.

Je l’ai regardée de biais, incrédule. Tous nos voisins étaient toujours contents. Ils avaient gagné en superficie, en verdure, se congratulaient perpétuellement d’avoir eu du flair en élisant notre écoquartier. J’ai fini mon café tiède, lapé le fond de sucre. Cécile m’a raccompagnée à sa porte. Les bords asséchés de la fosse commençaient à s’effriter. Les détritus apportés par le vent s’amoncelaient sur la tuyauterie – mégots, canettes, emballages de cartes téléphoniques prépayées. J’ai marché vers notre maison et, du seuil, je me suis retournée pour lui adresser un signe d’au revoir. Ils allaient encore dire que c’était moi, mais ça sentait un peu bizarre. »

 L’AUTRE PARI DE PASCAL

 Car l’homme contemporain aura beau jeu de toujours prétendre vouloir améliorer son sort, il y en aura toujours un, en face, à côté de lui, derrière lui qui essaiera d’occuper son terrain, par instinct grégaire, bestial. Si la notion de « propriété privée » qui, dans sa définition même « correspond au droit d'user, de jouir et de disposer d’une chose de manière propre, exclusive et absolue sous les restrictions établies par la loi. Il s'agit de la propriété qui appartient en propre à un individu, ou à plusieurs personnes privées, ou encore, depuis le xxe siècle, à une entreprise ou une autre personne morale " apparaît surtout dans la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, certains en datent la conception depuis le… néolithique !

Or, de propriété privée, comiquement, il ne peut être vraiment question, ici, à moins de renoncer justement à toute intimité réellement probante. Sans cesse, les caprices de barbecues, de fêtes apéritives, de vide-greniers ou les travaux de terrassement de l’un ou de l’autre viendront contrarier vos projets de repos.

 Et l’auteur d’avoir la sagesse de savoir que cela ne date pas d’aujourd’hui. Dans un passage où la narratrice principale est préoccupée par son activité d’architecte, elle se souvient que :

 « Jusqu’aux années 1960, la place des Fêtes, Paris 19e, accueillait une vaste pelouse, un kiosque à musique et les structures fixes d’un marché couvert. Puis on s’avisa que bien de la surface était ainsi gâchée en verdure, en espace public, en pure perte. Des promoteurs s’offrirent à densifier le bâti pour maximiser le rendement du foncier. Il suffisait de raser quelques dizaines d’immeubles en parfait état, de les remplacer par des tours, et de substituer à la pelouse une dalle de béton abritant trois niveaux de parkings. Aucun responsable politique ne s’opposa à ce projet. Si bien qu’après une étude sommaire conduite par l’urbaniste Marc Leboucher – dont le nom apparaîtrait bientôt programmatique –, on lança les expropriations, le remembrement des parcelles, avant d’appeler les démolisseurs et d’édifier sur les décombres de grands ensembles unanimement qualifiés de hideux. » (…) « À la Belle Époque, les forains exhibaient des fauves sur la place, et les riverains se plaignaient des rugissements que poussaient, la nuit, les bêtes en cage. Un siècle plus tard, c’étaient de tout autres fauves qui sévissaient sur la zone, gîtant toujours dans des cages, mais cette fois d’escalier. Ils s’y adonnaient à divers trafics, au vif mécontentement de l’humble population qui vivait là parce qu’elle n’avait pas les moyens de partir. Dans les années 2000, l’installation d’un commissariat de police permit d’éloigner les nuisibles, et le secteur se pacifia. Restaient les puddings de béton, fantasmes futuristes passés de mode avant même d’être achevés, et qui ne suscitaient plus chez le spectateur qu’un mélange de pitié, de terreur et de rire. »

 Enfin, lorsque le mari de la narratrice est soupçonné par la police d’avoir tué la trop populaire voisine Annabelle Lecoq, Julia DECK ne manque pas d’ironiser sur les conseils soi disant avisés même des penseurs classiques :

 « La police avait voulu savoir où tu te trouvais entre le moment où Annabelle Lecoq avait disparu et le soir où tu avais assisté à la réunion d’urgence chez les Taupin. Ce n’était pas compliqué, tu étais dans notre chambre. Mais cette réponse ne les avait pas satisfaits. Ils réclamaient des preuves et je les avais regardés comme des enfants stupides : comment prouvait-on qu’un homme était seul dans sa chambre ? Ils auraient plutôt dû s’émerveiller que quelqu’un fût capable de cet exploit – n’avaient-ils pas lu Blaise Pascal ?

Je n’aurais pas dû dire ça. »

Si le pari de PASCAL avait vocation à fixer les règles morales de la preuve de l’existence de Dieu, il semble avoir surtout réfléchi aux mœurs communes des Hommes.

 Et vous vous méfierez certainement, à l’avenir, une fois que vous aurez refermé « Propriété privée » de tout ce qui s’apparentera aux promesses de soi disant nouvelles sociabilités, de nouvelles leçons d’un trop fameux « vivre ensemble ». Lesquelles, on le sait, en effet depuis PASCAL, ne servent à rien puisque, dans la droite lignée de sa maxime connue (« Tout le malheur des hommes est de ne pas savoir demeurer en repos dans une chambre ») il écrivit :

« Dire à un homme qu’il soit en repos, c’est lui dire qu’il vive heureux. C’est lui conseiller d’avoir une condition toute heureuse et laquelle puisse considérer à loisir, sans y trouver sujet d’affliction.

Aussi les hommes qui sentent naturellement leur condition n’évitent rien tant que le repos, il n’y a rien qu’ils ne fassent pour chercher le trouble.

Ainsi on s'y prend mal pour les blâmer ; leur faute n’est pas en ce qu’ils cherchent le tumulte. S’ils ne le cherchaient que comme un divertissement, mais le mal est qu’ils le recherchent comme si la possession des choses qu’ils recherchent les devait rendre véritablement heureux, et c’est en quoi on a raison d’accuser leur recherche de vanité de sorte qu’en tout cela et ceux qui blâment et ceux qui sont blâmés n’entendent la véritable nature de l’homme. »

 Georges PEREC reçut, en 1965, le Prix Renaudot pour son roman Les Choses. C’est bien le moins qu’on puisse souhaiter, à son tour, à Julia DECK, pour cette fantaisie romanesque vivement troussée et surtout bien moins frivole qu’elle ne semble.

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 Julia DECK, Propriété privée, © Paris, Editions de Minuit, 2019.

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