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Billet de blog 6 déc. 2022

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LCI essentialise les russes dans l'indifférence générale.

Auto-proclamée chaine de la guerre en continu, LCI essentialise les russes depuis 9 mois. Des menteurs, des brutes, des voleurs, des violeurs, des génocidaires, tout y passe. Dans l'indifférence générale.

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Pour faire de l'audience, et rien d'autre, les chaines infos se sont reparties les rôles en segmentant le marché de l'intox : Cnews s'occupera de l'ennemi intérieur désigné (l'islam), LCI de l'ennemi extérieur (la Russie) et BFM qui ne souhaitait pas mettre tous ses oeufs dans le panier fera un peu des deux.

Pour couvrir cette guerre, LCI a mis les moyens. Certes, d'enquêtes fouillées sur le terrain il ne sera pas question. Trop cher. A la place la méthode habituelle, bien plus économe : des "experts" de la guerre (qui ont remplacé au pied levé les médecins du covid) commentent, extrapolent et élucubrent du matin au soir. Avec à chaque fois, dans un souci d'authenticité, la petite étudiante ukrainienne de service.

Mention spéciale pour Didier François, le reporter de guerre dont les analyses sur le fond ne sont pas dignes du café du commerce. Mais la forme est encore pire : "les ukrainiens ont tapé les russes dans la région de Kherson". Visiblement il confond la guerre avec un match de football et je ne serais pas surpris de le voir débarquer prochainement sur le plateau avec sa bière et ses cacahuètes. 

Exemple croustillant d'élucubration : Après la chute d'un missile en territoire polonais le 15 novembre dernier, la Russie déclinait toute responsabilité. Deux thèses s'affrontent alors pendant des heures sur le plateau de LCI. Soit la Russie a bombardé la Pologne par erreur (les russes sont des menteurs maladroits), soit ce bombardement est intentionnel et il s'agit d'une provocation insensée (les russes sont des menteurs fous). Le lendemain on apprendra qu'il s'agissait d'un missile ukrainien. Cette possibilité n'avait étrangement pas été envisagée par nos "experts".

Autre exemple : pour nos "experts", une image de soldats ukrainiens embourbés révèle un courage et une volonté extraordinaires, qualités qui seront à  coup sûr les pierres angulaires d'une victoire inéluctable de l'armée ukrainienne dans ce conflit. La même image, s'il s'agit de soldats russes, témoigne selon eux d'un délabrement de l'armée, annonciateur d'une débâcle et d'un reversement imminent de Poutine.

Pas bien grave. On s'est habitué aux deux poids deux mesures.

Mais un nouveau procédé, odieux lui, s'est généralisé. S'appuyant sur un fait (avéré ou pas peu importe), par exemple des russes qui auraient dévalisé un supermarché ukrainien, le journaleux vedette (Eric Brunet ou Darius Rochebin) ne manquera pas de le rapprocher d'un autre fait historique. Dans notre exemple l'analogie avec une rapine russe remontant aux calendes grecques s'impose. Et la sentence tombe : "finalement le vol, chez les russes, c'est une constante historique".

Même procédé pour le mensonge, la brutalité, la torture, le viol, etc... Selon nos "experts" toutes les tares de l'humanité sont des constantes historiques russes.

La faute à leurs gènes sans doute?

Abject. Et cela n'offusque personne...

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