Une chanson-mosaïque pour 1er Mai – Making of

« On va fêter le 1er mai confinées mais ensemble » Point de départ de la mobilisation, l'organisation, la fabrication par ces femmes sur-motivées de tous bords, de quelques hommes, pour chanter, danser, crier en vidéo « On est là », texte enrichi des solidarités que découvre la période. Et vous, comment comptez-vous le fêter ? Que mille muguets fleurissent !

« On est sur un nouveau coup ! Manifester ensemble mais confinées ! C'est la symphonie de la tendresse qui nous a donné cette idée. Des musiciens copains, copines d'Auvergne et d'ailleurs, des chanteurs chanteuses d'ici et d'ailleurs, certains avec de l'expérience, d'autres pas du tout vont interpréter une chanson tous ensemble, aidés par chef de chœur. Une vidéaste fera le montage. On va fêter le 1er mai confinées mais ensemble. On est pas encore ok sur le choix de la chanson. On est en plein boulot ! Si tu connais des gens qui peuvent nous aider sur le plan technique audio, mixeur de son et vidéo dis le moi stp. Les rosies seront en costume avec leurs slogans et tous les autres comme ils voudront ! Ceux qui ne chantent pas danseront ou seront debout poing levé. ».

Ce mel tombe sur ma messagerie le 3 avril. Culotté mais faisable ? Mille questions me viennent à l'esprit. Impossible de passer à côté : je rentre dans la danse ou plutôt… la chanson. A cette place.

 De l'idée au démarrage

 La symphonie confinée « La tendresse » a donné à l'une cette idée aussitôt lancée : réaliser une vidéo de confinées. Une deuxième, qui y croit, qui le veut, « scotchée au téléphone » durant trois jours, active ses contacts et réseaux : c'est parti pour le premier mai. Compte à rebours lancé !

 Marie-Christine : « Stella a lancé l'idée sur le fil des Rosie. C'est ce fil qui a permis la création du groupe des Rosies sur Clermont. Y viennent les Rosies et aussi d'autres personnes qui cherchent des infos ponctuelles ou d'autres personnes de SUD notamment qui nous aide dans les manifs avec leur sono. Quand on a eu l'info que le 1er mai sera confiné, elle a relancé l'idée sans pouvoir s'engager dans la réalisation de ce projet car son boulot lui pompe toute son énergie. Du coup j'ai repris la balle au bond, c'est hyper-récent, vendredi dernier 3 avril, on s'est lancé à plusieurs. C'est plutôt moi qui ait fait le lien, pris les contacts, activé les réseaux.
Dès le 2 avril, on a échangé pour se donner des idées sur la chanson qu'on avait envie de chanter et ça nous a pris une énergie dingue, très pénible, d'autant que les unes et les autres, on activait nos réseaux pour trouver des musiciens, pour partager le projet très largement, à des gens divers partout en France, aux copains et copines, aux réseaux militants. Le fil « 1er mai » a été créé le 3 avril. C'est Rama qui a créé le groupe. L'idée c'était de manifester même confinées . « La tendresse » nous avait beaucoup plu, l'idée de quelque chose qui fait rejoindre les gens de partout dans une très grande diversité.
Dans ces gens qui nous rejoignent, y'a des militants, c'est vraiment dans l'idée de convergence des luttes, des syndicalistes, des gilets jaunes, des gens climat, des citoyennes, des citoyens ; je dirai qu'on est trente-sept en tout aujourd'hui 7 avril, de chanteurs, de musiciens, de techniciens, de vidéaste, ou le monteur-son qu'on a trouvé tout à l'heure...On a trouvé tous les gens dans le vivier militants puis des Rosies de Limoges, une Rosie de Provence, y'a des gens du Poitou ; Y'aura peut-être bien des gens d'ailleurs encore.
 »

 Stéphanie : « Je suis sur le fil de discussion des «Grandes Gagnantes » dites les « Rosies ». J'étais intéressée par leur projet de danse. Malheureusement, j'ai un travail qui fait que je suis dans l'impossibilité de participer aux gréves et donc aux manifestations en semaine. Même si je ne peux pas participer, je suis restée sur le fil de discussion. [Sur ce fil], j'ai assisté à leur idée de communiquer leur révolte via des photos d'elles avec une pancarte durant le confinement. J'ai trouvé cette idée géniale ! Je suis Gilet Jaune et j'avoue que j'aurais bien aimé que notre groupe ait cette idée !!
Ensuite, l'une d'entre elle nous a posté une vidéo de la symphonie confinée « la tendresse ». Beaucoup ont trouvé l'idée intéressante de le faire pour le 1er mai. Elles ont proposé à leur tour des idées de chansons et un nouveau fil de discussion a été créé pour regrouper les personnes intéressées par le projet. Avec le confinement, les apéros visio se multiplient. Toutes les semaines, avec Cristina, nous nous retrouvons de cette façon. Nous en avons discuté et m'a incité à rejoindre le fil qui venait d'être créé (car je n'avais pas encore lu l'info du nouveau fil). Je suis arrivée sur le fil, nous étions 5 inscrits. J'ai créé le sondage pour le choix des chansons.
 »

 Geneviève : « Vers la fin mars, nous avons réalisé  que le 1er  mai, nous serions toujours confinées, et cela nous ne pouvions l'accepter. Nous acceptions le confinement à  la demande des soignants et non pas du gouvernement, mais cela ne voulait pas dire que nous resterions bâillonnées. Il y avait déjà le moment de révolte de 20h, applaudissements, chants, les mouvements de solidarité avec la confection des masques. Il fallait qu'on fasse quelque chose pour le 1er Mai, qu'on dise que même confinées, on était toujours là et pas d'accord. Et puis quelqu'un a partagé une chorale confinée,la symphonie de la tendresse. C'était beau et fort et l'idée est partie de là, pour le 1er mai nous allions chanter,  danser, nous exprimer...
Trouver les chanteurs, les musiciens, trouver la chanson adéquate modifier les paroles tout cela par consentement, collectivement, un travail de titan... on est le 12 avril ! les paroles sont trouvées, pas totalement finalisées... Quelle belle aventure, d'autant plus que la plupart d'entre nous n'ont jamais chanté en chorale... 
»

La modalité pour s'organiser compte autant que l'organisation en vue du résultat sans nier les difficultés et d'abord l'épuisement. Démocratie participative, intelligence collective, fonctionnement horizontal du groupe sont les valeurs et l'ossature du fonctionnement précisé par Marie-Christine. C'est le bouquet des participations spontanées ou sollicitées où chacun apporte ses compétences qui, peu à peu, sur quelques jours, donne cette auto-organisation. Un framapad est lancé le 2 avril pour permettre l'expression et l'organisation.

 Marie-Christine : « Comme on est dans une organisation horizontale, avec cette volonté d'être dans ce fonctionnement, chacun à un moment donné fait un truc, prends une responsabilité et donne le coup de main à la copine qui n'arrive pas à faire... on fonctionne beaucoup comme ça et puis on y tient, pour nous c'est une valeur forte. On est vraiment attentives les unes aux autres, on se le dit souvent  : quand y'en a une qui est fatiguée, qui craque, on va pas lui dire : vas-y, va jusqu'au bout. On lui dit « repose-toi, prends soin de toi, on va prendre le relais » et ça c'est vachement important, tu vois c'est du militantisme très attentif à l'autre. C'est un peu dans tous les sens, un peu désordonné, ça devient ça depuis ce matin en gros. Le fil du 1er mai depuis ce matin c'est plus un mode de communication où on évoque un peu tout comme ça, c'est un peu brouillon mais c'est spontané... Stella a installé un framapad hier parce que moi j'en pouvais plus de faire le lien entre tout le monde et de rebondir et de faire la synthèse… Aujourd'hui on est 37 »

 Claire : « Pour jouer, moi, j'ai tout de suite appeler des copines qui sont à la fois, militantes et musiciennes, et une joueuse de vielle à roue, puisque moi, je suis plutôt musique traditionnelle en fait, et la vielle à roue ça me paraissait super de l'avoir aussi dans notre projet parce que là ça part du Centre de la France, de chez les bouseux, et on va affirmer aussi notre identité régionale. Puisque ça m'agace aussi quand certains disent que tous les mouvements sociaux partent de Paris... Voilà. Ce qui... est intéressant, c'est de voir des territoires qui sont impliqués.
J'ai appelé d'abord des copines musiciennes et là hier j'ai relayé aux gens de « Ensemble » aux camarades, y en a qui chantent... Là, j'ai envie de relayer à mes collègues profs, qui sont des élus, syndiqués ou pas syndiqués et d'ailleurs on est pas tous syndiqués qui viennent aux manifs, qui étaient aux manifs des retraites. Je vais relayer aussi, au sein de la liste des municipales sur laquelle j'étais, de gauche du PS à la France Insoumise. Voilà, j'ai envie..
Ce que je trouve chouette dans ce projet, c'est de montrer qu'on fait des actions ensemble malgré nos différences, parce qu'on est pas tous encartés au même endroit ou encartés tout court et c'est chouette de pouvoir ainsi... J'ai envie de proposer comme titre « Les déterminées ». On lâchera pas, on lâchera pas ! »

Dominique : « ...Elle m'a sollicité par téléphone pour rejoindre le groupe et j'ai trouvé beaucoup de sympathie à l' initiative. Je me sentais un petit peu, orphelin de ce 1er mai dont on peut déjà deviner qu'il pourrait y avoir une intention de confiscation. Voilà, c'est une belle réponse que celle qui est en train de se construire... qui moi, me déroute un petit peu parce que je suis un vieux de la vieille et pas très agile sur les outils numériques. Il faut bien avouer que c'est un excellent moyen pour faire ensemble

Cristina : «… Je fais le lien avec les différentes personnes du groupe et j'essaie de prendre soin des autres en les rassurant du mieux que je peux. C'est l'importance du collectif car si on n'y arrive pas, il y a les autres, on partage. Je pense que c'est important ce qu'on fait. On sent que les gens ont envie de participer et chacun met en avant ses compétences. Il y a beaucoup de bienveillance même lors des malentendus et d'autant plus avec l'intervention de plusieurs personnes, ça passe mieux !"

 Les motivations pour participer à cette création

Sur un fond de colère parfois exprimée, un engagement confirmé, une lutte syndicale et politique à poursuivre, un pied-de-nez au confinement qui paralyserait, l'après-confinement qui sera toujours combat à mener.

 Stéphanie : « J'aime comme beaucoup chanter sous ma douche mais pas plus. Je n'ai pas réfléchi sur le coup si je serais ridicule ou non, si ce ne serait pas trop dur d'accepter mon image, etc... J'ai tout de suite vu l’intérêt de pouvoir trouver d'autres solutions de communication pour dénoncer ce système politique malgré le confinement. Il me semble essentiel de faire entendre notre voix et de continuer la lutte d'autant plus en ce moment. Alors que beaucoup se soucient du risque de contagion, je pense au jour d'après : la crise économique et sociale qui arrive et que nous, petits contribuables, allons devoir trimer et se soumettre, comme d'habitude, pour pouvoir permettre à la Grande Finance de s'en remettre et surtout de permettre à ses financiers, ses actionnaires, ses politiques de pouvoir continuer leur train de vie! »

 Cristina : "Le confinement nous a empêché toute forme d'expression et donc j'avais envie de faire quelque chose. J’étais déjà liée au groupe des « Grandes Gagnantes » qui a fait partir l'idée. C'est pour se rendre visible tout en étant caché. Je cherche à chanter même si ce n'est pas mon truc mais de montrer mon gilet jaune et mes idées car ce sont des idées que je porte. »

 Geneviève : « Une année de Gilets Jaunes, de nouvelles solidarités, de nouvelles rencontres... Rien ne serait plus jamais comme avant.Ces luttes avaient bousculé nos certitudes nos syndicats, même nos associations.Attac avait pris fait et cause dès le début avec l'esprit du mouvement des gilets jaunes, mais parmi ses membres, il y avait de la résistance. De samedi en samedi, fin 2018 et tout 2019, de nouvelles solidarités se sont créées aussi quand les mouvements sociaux ont redémarré le 5 décembre, tout le monde était sur le pont. Très vite, on sentait qu'on avait besoin d'une autre dynamique, on ne voulait pas se contenter de quelques slogans, on est content et après on rentre chez soi... Ce sentiment était-il plus fort chez les femmes ? Je ne sais pas mais quand Attac et les Effrontées ont proposé en janvier ces chorégraphies, on a sauté sur l'occasion, militantes d'Attac, militantes climat, ANV-COP21 et Alternatiba. Très vite des syndicalistes, des gilets jaunes, des citoyens et citoyennes qui ne se reconnaissaient pas dans un parti ou un syndicat mais dans une mouvance bien de gauche, des militantes féministes. Au fil des manifs, le groupe des « Rosies » a grossi, grossi, informel et solidaire.
Ce fût l'aventure des « Grandes Gagnantes 63 » qui débutait : des moments intenses et forts. Aussi, quand la chape de plomb nous est tombée dessus - je veux parler du confinement, - ce fut très difficile. N
ous avons vite rebondi déjà, avec ces photos de nous avec ces pancartes brandies par chacune de nous en tenue de Rosie, avec chacune un message différent.»

 ClaireM : « Je fais partie des Rosies depuis janvier 2020... Le mouvement des Rosies était dynamique et très riche avant l'arrivée du virus. Il a fallu ensuite se contenter des messages sur [ le fil ] et autres vidéos confinées. L'action me manque. De plus, les annonces du gouvernement sur la flexibilité "temporaire" (mais sans date de fin !) des emplois, l'hypocrisie à propos des soignants qui deviennent des héros (mais qui ont été ignorés pendant des mois de manifestations), les méthodes d'enseignement soit-disant modernes et pratiques (tout sur écran), toutes ces choses font peur, peur que le gouvernement en profite pendant que nous sommes confinées et bâillonnées. Voilà pourquoi je souhaite participer à l'action du 1er mai, lancée par des Rosies du groupe. Par la chanson toujours, sans chorégraphie cette fois, mais pour qu'on n'oublie pas. »

 Dominique : « J'étais enseignant et militant syndical FSU. Désormais retraité mais toujours un petit peu sur la brèche au sens le plus physique du terme puisque à Niort c'est place de la Brèche, son nom, qui accueille toutes les manifestations depuis de très nombreuses années. Moi, je ne suis pas «musicos», je ne suis pas technicien non plus, je veux bien modestement... chanter, apporter une voix d'homme parce qu'il semblerait que le groupe soit piloté par des femmes… au point qu'il y a une recherche de voix masculine pour équilibrer. Donc c'est avec plaisir que je me joins au groupe.
Le sens de mon investissement ? L'idée que ce n'est pas le moment de laisser piétiner les droits des travailleurs et les droits en général alors que ce que l'on voit prend une mauvaise tournure. Oui le moment est important, grave, et il faut par exemple que l'industrie produise plus de masques. C'est bien l'incurie de nos gouvernants qui fait qu'on a pas de stock mais de là à dire qu'il faut faire 50h et plus, il y a peut-être des limites.
Dans un domaine que je connais bien qui est celui de l'enseignement et de l'Education Nationale, le mois mars/avril, c'est le mois de la carte scolaire, le moment où on décide des ouvertures et des fermetures de postes. Et bien, en ce moment, en catimini, les recteurs et les inspecteurs d'académie sont en train de faire la carte scolaire alors que les nouvelles municipalités [ne sont] pas en place, alors que les enseignants triment à travers leur manière d'enseigner qui est difficile avec la distance, en télétravail avec leurs élèves ; et bien, ça n'empêche pas l'administration d'avancer sur cette carte ce qui est tout à fait scandaleux, il faut qu'on soit vigilants, très présents et le 1er mai sera une bonne occasion de s'exprimer. La chanson pour manifester le 1er mai ? Nous serons confinés mais nous ne voulons pas que le 1er mai soit confisqué.
»

 Claire : « Je me suis sentie dans le confinement, impuissante, ça fait quatre ans maintenant que je milite très activement… surtout dans la politique. J'étais même candidate pour les municipales et là c'est une forme,c'est une possibilité pour militer, et c'est vrai qu'on se sent impuissant avec les pétitions,... donc c'est une façon de militer et de faire un truc sympa, et ça va l'être avec les Rosies. La répétition des Rosies, moi elle m'a fait beaucoup de bien aussi, de sortir du quotidien, de faire un truc un peu rigolo, créatif, ça fait du bien.
Je pense que politiquement, le message est beau. En plus, sur la réforme des retraites où les femmes vont le plus perdre et aussi là sur le confinement, dans la situation... Moi je le vois, et pourtant j'ai un compagnon qui est super, la charge que c'est d'être avec ses jeunes enfants toute la journée c'est lourd, c'est vraiment lourd,..mais c'est chouette aussi, c'est la vie, mais c'est vrai qu'il y a beaucoup de famille où ça doit être dur, dur, parce que tu as envie de les passer par la fenêtre des fois les gamins !… Cette situation on nous l'impose ; et pour moi, c'est nous priver de vivre. C'est quand même une grande partie de notre vie qui est amputée....
Le confinement, c'est une conséquence d'une série de manquements et puis de choix. Il n'y a pas que de l'incompétence, il y a de vrais choix idéologiques et politiques... la casse des services publics et compagnie qui ont été faits... Le fait qu'on n'ait pas de masques, c'est parce que le gouvernement pas su anticiper la crise et n'a pas su gérer... Je suis militante politique, je relève quand même que Jean-Luc Mélenchon, il y a deux ans, l'avait expliqué… ce type de virus ça fait 15 ans qu'ils travaillent dessus, ça fait 15 ans qu'il savent que c'est ce genre de truc là qui déclenche les pandémies, le H1N1 et compagnie c'est la même famille de virus, sauf qu'ils ont sabré la recherche, c'est ce qu'il expliquait, et qui a fini de me mettre en colère... Il faut qu'on ait des chercheurs qui cherchent... sauf que c'est pas les choix qui ont été faits de puis 15 ans.

 L'organisation pour fabriquer la chanson mosaïque

Il a fallu choisir la chanson : rodage pénible mais passé ; organiser des groupes avec leurs référent.e.s spécialisé.e.s techniques : chant (Agnès), montage-son (Quentin), montage-vidéo (Elodie), Instrumental et Diffusion/communication tout récent (Lucille).

 Le choix difficile de la chanson

 Marie-Christine : « Le choix de la chanson avec plusieurs propositions et finalement hier, on a fait des sondages et ce qui est ressorti c'était la chanson « on est là » revue par la Compagnie « Jolie Môme ». On s'est dit qu'on allait rajouter des couplets pour honorer le 1er mai et la mémoire des luttes ouvrières. On a fait un vote sur des propositions de chansons et comme ça trainait, traînait - trois jours qu'on était dessus - « Les Grandes Gagnantes » ont tranché en fonction du sondage qui était majoritairement favorable à « On est là » et en fonction de la faisabilité de la chanson. C'était les deux critères. On a voulu mettre un arrêt définitif en disant : maintenant on bosse… tout le monde était bien soulagé. »

 Claire : « ...[ De la clarinette ] j'en joue pas beaucoup depuis que j'ai les enfants... un petit défi justement, parce que là, j'étais pour cette chanson là... j'ai pas mal poussé pour qu'elle soit choisie, parce qu'elle est très simple au niveau de la mélodie et justement les musiciens « du dimanche », on peut assez vite attraper la mélodie et essayer de se faire un peu plaisir. Alors que la mélodie de Moustaki [sans la nommer] c'est pas la même il y a plein de dièse c'est beaucoup plus difficile... Il y a eu un petit sondage des titres qui ont été proposés dont l'Internationale, le chiffon rouge de [Michel Fugain]*.. »

 L'organisation

Le Framapad est toiletté et réarrangé en fonction des échanges par Stéphanie. Chaque jour, Geneviève fait une synthèse de ces nouvelles infos et le publie sur le fil de discussion. Il débute par les onze couplets dont plus de la moitié écrits par la contribution de tou.te.s depuis ce choix. Décapant et convergent ! Au fil des jours, ce framapad devient le plan de plus en plus précis de fabrication de la vidéo. Classé par rubrique (chant, instrumental, vidéo, son, diffusion-communication) il précise, donne conseils et suggestions : filmer le mieux possible, effectuer une prise de son satisfaisante, le timing et l'envoi etc.

 Le chant - Agnès : «... cheffe de chœur d"une chorale militante et festive, les gaperons-rouges, j'aide les personnes à interpréter cette chanson et je participe aussi au groupe-musicien, pour savoir comment on interprète (style, hauteur de note, vitesse, changements de ton, etc...)... Je suis beaucoup sur mon ordinateur pour la doume [monnaie locale], dont je suis co-trésorière, je travaille aussi avec mes choristes (en individuel sur leurs difficultés dans certaines chansons) ». Très occupée Agnès et encore on dit pas tout ! En cheffe de choeur, elle prodigue bien des conseils et suggestions aux chanteurs pour se mettre en voix, chanter en rythme...

 L'instrumental : Claire est l'interface entre les musiciens pour organiser la partie instrumentale. Discrets ils sont, pour ménager l'effet et assurer la note. Nous n'en pouvons rien dire ni rien entendu. Les instruments utilisés ne sont pas encore tous déterminés. Pourraient s'y trouver : piano, accordéon diatonique, batterie, xylophone, oud, flûte de Pan, vielle à roue, flûte, trombone, guitare. Faites vos jeux ! Pas tous à l'arrivée !

Montage vidéo - Elodie : branchée par Marie pour le montage vidéo, elle est une habituée des montages vidéos militants : vidéo du village 2019 des Alternatives d’Alternatiba, vidéos du Black Friday du 29-11-19 et la communication externe de différents projets associatifs et militants. Avec ses études à Vétagrosup Lempdes, elle enchaîne les projets : groupe de réappropriation citoyenne de la problématique de la gestion de l’eau en Auvergne, clips vidéo pour un groupe de Jazz manouche Auvergnat, en équipe sur le développement durable du Parc Naturel Régional de l’Aubrac... Pour le moment, elle a fabriqué un tuto bienvenu qui précise comment (se) filmer en chantant. On ne va pas tout vous révéler ici et maintenant, non pour maintenir le suspense mais pour vous surprendre légèrement le 1er mai, si blasé.e vous ne l'êtes point.

Montage-son – Quentin : « Une amie… du mouvement climat m'a contacté en me demandant si je connaissais quelqu'un qui pourrait s'occuper du mixage son du projet. je lui ai dit que je pouvais personnellement m'en occuper et c'est comme ça que je suis entré dans le projet. Je suis enseignant-chercheur à l'UCA. Actuellement confiné chez moi, je fais l'intégralité de mes cours à distance maintenant. Je continue également à avancer sur mes projets de recherche. Sinon, j'essaie de rester occupé entre musique, yoga et lectures. Pour l'instant, [mon rôle pour le son] s'est résumé à échanger avec les musiciens sur la base instrumentale du morceau et à donner des recommandations techniques aux différent.e.s participant.e.s, notamment celles et ceux qui ne connaissent pas grand chose à la prise son, de façon à ce que le résultat final soit aussi propre que possible. »

Diffusion-communication - Lucille : La communication se prépare, presse et réseaux sociaux

La fabrication artisanale et professionnelle de la vidéo : chanson mosaïque**

La vingtaine de chanteuses et les quelques chanteurs sont à pied d'oeuvre. Ils ont reçu ou vont recevoir une bande-son sur laquelle ils vont chanter, une seule oreillette branchée diffusant la musique, pour se filmer ou être filmé.e. La vidéo ne comportera que l'image et seulement la voix, pas la musique. Nous sommes dans la phase pratique où les poumons se gonflent et la voix va se faire, souffle compris : retour des enregistrements vidéo, au plus tard le 20 avril. Bien sûr toutes les indications sont fournies pour faire le mieux possible, y compris un essai à envoyer pour mieux faire. Tous les visuels, tenues, pancartes, intérieur ou extérieur sont possibles. Plusieurs voix avec compagnes/compagnons/enfants également. « Osez l'originalité des postures, des mouvements ».

Que ferons les monteurs son et vidéo d'ici là ? Repérer les séquences utilisables et monter, donner un rythme, préparer les effets spéciaux que vous découvrirez avec bonheur (sauf les blasés) lors de notre prochain rendez-vous scriptural et vidéo à l'aube du 1er mai.

Pour moi, il n'y a qu'un mot : sublîme ! écoutez-les ...

Et de l'ancienne Belle Province : un hymne d'espoir de G.V et de l'O.M.

Et de "Voix si voix là"

------------

Tous les prénoms sont exacts sauf le pseudo Stella.

Ces témoignages sont le résultat d'entretiens téléphoniques (3) et de textes reçus entre le 7 et le 15 avril (7). Que toutes en soient remerciées, qu'il le soit aussi.

* Le Chiffon rouge est une chanson revendicative écrite en 1977 par Maurice Vidalin, mise en musique et chantée par Michel Fugain ... Elle est créée le 18 juin 1977 au Havre, commandée par la mairie communiste dans le cadre du festival « Juin de la rue » (Wikipédia).

** Expression de Claire qui sonne juste et poétique.

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.