Université Populaire des Futurs Africains

« Université Populaire des Futurs Africains » Episode 1/4 - Le temps des récits du futur Hors-série Afrotopiques en 4 épisodes, avec Nadia Yala Kisukidi, Felwine Sarr, Oulimata Gueye et Alioune Sall.

Episode 1/4 - Le temps des récits du futur

« Université Populaire des Futurs Africains », un hors-série polyphonique du podcast Afrotopiques.

Ecrit et réalisé par Marie-Yemta Moussanang,

Réalisé et présenté dans le cadre de l'exposition UFA, au Lieu Unique à Nantes, sous le commissariat de Oulimata Gueye.

Episode 1/4 - Le temps des récits du futur © Marie-Yemta Moussanang

A quand remonte la production de discours sur le futur de l’Afrique ? D’où viennent ces récits et que disent-ils ? A quels enjeux ont-ils répondu hier, et à quels enjeux répondent-ils aujourd’hui ?

Un cheminement dans l’histoire des idées, la philosophie, l’art et les nouvelles technologies, abordées dans une perspective critique et informée par des intervenants passionnants.
Nadia Yala Kisukidi, professeure de philosophie à l’Université de Paris 8, rappelle toute la colonialité du contexte historique et scientifique en réponse auquel se sont déployées les formes modernes du discours du continent africain, au sujet de son propre futur.

Felwine Sarr, écrivain, économiste, musicien et professeur à l’université de Duke aux USA, apporte son regard critique et sensible, et fait remarquer que les récits et les discours ont été formulés et diffusés dans des lieux différents de ceux dans lesquels la théorie est traditionnellement fabriquée. Ces récits des aspirations des peuples sont à rechercher dans les espaces de production culturelle populaire, comme la musique. Par ailleurs, il relève le fait qu’avec l’effondrement du mythe du progrès, ce sont toutes les sociétés qui se retrouvent face à la nécessité de trouver de nouveaux imaginaires, de fabriquer de nouveaux récits civilisationnels.

Alioune Sall, militant révolutionnaire du Sénégal des années 1960 et prospectiviste, raconte comment les choses se sont passées au moment des Indépendances africaines. Il revient sur le discours dominant, le mythe de la modernité et du progrès sous la forme indiscutable du concept de « développement », et sa mise en oeuvre par l’élite dirigeante. Il rappelle également le contexte politique, idéologique, énergétique et économique des années d’après-guerre. A cette époque, le modèle productiviste qu’il soit capitaliste ou socialiste, n’était pas remis en question comme c’est le cas aujourd’hui.

Enfin, Oulimata Gueye apporte un regard contemporain sur la manière dont les entreprises capitalistes du secteur des nouvelles technologies réactivent un discours et un rapport extractiviste au continent africain, désormais appréhendé comme « la dernière frontière du capitalisme », le dernier marché à conquérir, et toujours le grand réservoir de matières premières indispensables aux sociétés du Nord.


Bonne écoute !


Musique : extrait du titre LAMP, de Guiss Guiss Bou Bess, album Set Sela (2019). Auteur : Mara Seck, compositeur Stéphane Costantini.
Design Graphique : Clara Brandt
Mixage : Victor Donati

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