Le lanceur d'alerte James Dunne a gagné ! Qosmos pris les mains dans le pot du DPI *

Hier 5 mars 2015, James Dunne  a gagné : Qosmos a été condamné aux Prud'hommes à  verser 65000 € à James, lui qui avait dénoncé les liens de l'entreprise avec des régimes autoritaires (Lybie, Syrie : dans chaque cas, Qosmos est impliqué différemment) et s'était retrouvé licencié pour "faute lourde".

Hier 5 mars 2015, James Dunne  a gagné : Qosmos a été condamné aux Prud'hommes à  verser 65000 € à James, lui qui avait dénoncé les liens de l'entreprise avec des régimes autoritaires (Lybie, Syrie : dans chaque cas, Qosmos est impliqué différemment) et s'était retrouvé licencié pour "faute lourde".

CAMédia se réjouit profondément pour lui car le chemin fut long et rude. Des lecteurs de Médiapart, puis CAMédia à plusieurs reprises, se sont  moblisés pour lui : sa victoire aux prud'hommes nous confirme dans le nécessaire soutien aux lanceurs d'alerte qui risquent tout - vie professionnelle brisée, vie personnelle bouleversée - au nom de l'éthique et de la conscience citoyenne.

Qosmos, dont le directeur Th. Béchetoille a perdu son sang froid jusqu'à traiter James de "fou" à "enfermer" lors d'une rencontre avec des journalistes, aura encore du fil à retordre puisque l'entreprise est sous le coup d'une information judiciaire pour "complicité d'actes de torture"...

Pour information, appréciez la vidéo d'un interview de Th. Béchetoille en 2011 qui se trouve dans cet article de Reflets.info (partenaire de Médiapart) :

http://reflets.info/qosmos-tel-est-fou-qui-croyait-prendre/

C'est ce même 5 mars que nous avons appris que Stéphanie Gibaud, harcelée et licenciée pour avoir dévoilé l'affaire d'évasion fiscale à UBS en 2008, a obtenu réparation aux Prud'Hommes, pour un montant de 30000 €.

Dans les deux cas, au delà de la perte d'un travail, de l'isolement dans lequel on est plongé, des risques personnels qui menacent, des mois de résistance qu'il faut encaisser, c'est souvent tout son avenir professionnel qui est bousculé, cassé : Transparency International France l'a plusieurs fois souligné - la France est un des pays les plus en retard sur la protection et l'aide aux lanceurs d'alerte éthique - La loi française n’offre pas de définition globale du lanceur d’alerte, mais seulement une définition partielle, limitée à la santé publique et à l’environnement (loi du 16 avril 2013 dite loi Blandin, art. 1er).

Il manque donc en France deux choses essentielles : une haute autorité, qui pourrait être saisie en toute indépendance, un peu sur le modèle britannique ou canadien, ainsi qu'une fondation caritative, pour conseiller et soutenir les lanceurs d'alerte, notamment sur le plan financier.

Le chantier est ouvert, à nous tous de faire pression pour qu'il avance !

 

                                                                                     chemin-despoir_logo.gif

 

* DPI (Deep Packet Inspection) : activité pour un équipement d'infrastructure de réseau d'analyser le contenu (au-delà de l'en-tête) d'un paquet réseau  (paquet IP le plus souvent) de façon à en tirer desstatistiques, à filtrer ceux-ci ou à détecter des intrusions, du spam ou tout autre contenu prédéfini. Le DPI peut servir notamment à la censure sur Internet, et facilement, au pistage des internautes.

 

 

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