12 juin 1973 : LIP, bon anniversaire à l’autogestion

Il y a 40 ans démarrait la lutte des LIP ; la quatrième rencontre avec Médiapart, organisée par CAMédia les 6 et 7 juillet, remettra  à l’ordre du jour l’invention démocratique des luttes autogestionnaires.

Il y a 40 ans démarrait la lutte des LIP ; la quatrième rencontre avec Médiapart, organisée par CAMédia les 6 et 7 juillet, remettra  à l’ordre du jour l’invention démocratique des luttes autogestionnaires.

Les ouvriers et ouvrières de l’horlogerie de Besançon entre 1973 et 1974, inventent une lutte qui est un événement autant syndical que politique. Menacés de licenciement, ils décident pour défendre leur travail, pour ne pas se laisser déposséder de ce qu’ils ont créé, de prendre directement en main le contrôle des cadences, puis de séquestrer les administrateurs de l’entreprise dans le but de leur soutirer l’information cachée au sujet des suppressions d’emploi à venir. Après l’intervention de la police et la libération des otages, les ouvriers prennent le contrôle de l’usine, décident de continuer à fabriquer des montres et de les vendre. Ils entendent ainsi défendre collectivement leur outil de travail menacé de fermeture.

« C’est possible, on produit, on vend, on se paie. » s’avère être une formule criante de vérité et d’efficacité.

Au-delà de l’événement qui surgit en juin 2013, c’est son long processus de maturation collective et méthodique, culturelle en quelque sorte, qui marque dans l’irruption de cette lutte. Le conflit est le produit patient d’une pratique syndicale particulière, d’une culture soucieuse de faire participer l’ensemble du personnel, culture issue à la fois du christianisme social (à travers l’ACO, la CFTC devenue CFDT), du socialisme démocratique et, plus récemment, du souffle de Mai 68.

Le 6 juillet 2013 à Montluel (près de Lyon), nous organisons la rencontre entre Charles Piaget, ancien leader syndical chez LIP, et deux délégués de la lutte actuelle chez Fralib (Thé Eléphant), à Gémenos : là aussi, une longue vie syndicale a permis une mobilisation tenace contre le projet de la multinationale Unilever de licencier en masse les ouvriers de Gémenos. Leur combat concerne la reprise de leur entreprise sous forme de coopérative ; il sera passionnant de constater comment, là aussi, toute une culture de la lutte donne, redonne - fierté, ténacité, intelligence collective, créativité industrielle - à des ouvriers  qu’on veut déposséder de leur outil.

Nous projetterons aussi le film de Ch. Rouaud - Lip, l’imagination au pouvoir – en leur présence et celle de Claude Neuschwander qui reprit LIP en 1974, avec réembauche de 850 ouvriers - expérience « assassinée ».  

     

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Rejoignez-nous à Montluel !

http://blogs.mediapart.fr/edition/camedia/article/030513/quatrieme-rencontre-avec-mediapart-les-6-et-7-juillet-2013-les-luttes-se-rencontrent-montlue

http://blogs.mediapart.fr/edition/camedia/article/020613/rencontre-mediapart-montluel-67juillet-bulletin-de-reservation

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