La chute du mur de Berlin à la mairie de la Major début 2020

La mairie du 2e secteur de Marseille a donné son accord de principe à une conférence suivie d'un débat public, pour début 2020. Un appel à témoins* est lancé afin que les personnes qui ont assisté à la chute du mur de Berlin, à l'instant ou dans les jours qui ont suivi, viennent nous faire partager l'effervescence et l'émotion de cet instant unique. Et historique.

Conférence annulée en raison de la pandémie du coronavirus covid-19.
Une conférence est envisagée pour la rentrée d'automne -  "La réunification de l'Allemagne : une histoire européenne" (mise à jour du 2 mai 2020).

Segment du mur de Berlin sur la Potsdamer Platz à Berlin, en Allemagne. © Photographe: Michele Tantussi - Source: EC - Service audiovisuel - Union européenne, 2019. Segment du mur de Berlin sur la Potsdamer Platz à Berlin, en Allemagne. © Photographe: Michele Tantussi - Source: EC - Service audiovisuel - Union européenne, 2019.

La chute du mur n'a pas seulement précipité l'écroulement du bloc de l'Est. L'événement a impulsé l'élargissement à l'Est... Et relancé le projet européen avec une ampleur inédite. C'est un événement considérable dont la portée politique et économique, trente ans plus tard, échappe encore aux Français.
Beaucoup considèrent que la réunification allemande va de soi et la tiennent pour acquise. Sans se douter un instant des problèmes économiques et financiers colossaux qu'elle soulève. Sans même voir que la réussite de cette réunification, ardemment voulue par les Allemands, de l'Est comme de l'Ouest, dépend autant de l'Allemagne que de l'Union européenne ...
Il convient aussi de rendre hommage à l'action de Mikhaïl Gorbatchev, un grand Russe, pour le moins. L''homme providentiel de la "Maison commune européenne" l'a rendu possible sans effusion de sang.
La chute du mur de Berlin n'a pas seulement ouvert la voie à la réunification allemande. Elle a précipité la fin des démocraties populaires, mis fin à la division de l'Europe entre deux blocs antagonistes (une conséquence des accords de Yalta) et permis à l'Union européenne de s'agrandir, ses nouveaux partenaires européens étant séduits par la perpective d'une réunification pacifique du Vieux-Continent.

Désintégration d'un empire et querelles nationalistes : massacres et folie génocidaire

Fin 89 et début des années 90, le ciment du totalitarisme n'en finit pas de se désagréger, entraînant la désintégration de l'URSS.
Le continent européen est confronté d'un seul coup aux mêmes problèmes qui ont mené à deux conflagrations mondiales dans la première partie du 20e siècle. Et pour les mêmes causes : la désintégration d'un empire et des querelles nationalistes, conduisant aux massacres, à la folie génocidaire.
La Tchécoslovaquie, née en 1918 de la fin de la Grande Guerre et de la défaite des empires centraux, était devenue suite aux accords de Yalta une république socialiste aux ordres du Kremlin.
L'État tchécoslovaque débute à la fin des années 80 sa mue démocratique sous la présidence de Gorbatchev, pacifiquement et en douceur.
Dans les années 90, après la révolution de velours, l'ancienne république socialiste connaît un "divorce de velours". Il va en résulter deux États indépendants, membres depuis 2004 de l'Union européenne : la Tchéquie, sous la forme de la République tchèque, et la Slovaquie, sous la forme de la République slovaque.
Au début des années 90, la Yougoslavie, qui n'était pas sous l'obédience de Moscou, a connu les plus atroces massacres. Sous les coups de boutoir des nationalistes de tous crins, et de toutes communautés, sa fédération a  éclaté en 7 pays. Depuis, deux ont réussi à rejoindre l'UE : la Slovénie et la Croatie. Les autres s'y préparent encore... Le statut du Kosovo demeure incertain, faute d'une reconnaissance internationale.

Comme une bombe à retardement vengeresse
Signé il y a a cent ans, le traité de Trianon est resté dans la gorge des Hongrois. Il suscite un fort ressentiment et ralentit l'intégration européenne

Tous les problèmes inter-ethniques, qui sont autant de barils d'explosifs accumulés aux cours des siècles précédents, n'ont pas disparu au 20e siècle. Des traités de paix conclus entre les puissances nationalistes, il y a un siècle, en ont fait surgir d'autres. Ils sont toujours d'actualité ! L'humeur entre Européens est loin d'être toujours gracieuse.
Faisant suite au traité de Versailles, de sinistre mémoire pour beaucoup d'Européens, le Traité de Trianon de 1920 a refusé aux Magyars le "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes". Pas moins de 3,3 millions de Hongrois (soit plus de 30 % d'entre eux) sont alors passés sous domination étrangère. Le traumatisme qui en a résulté, explique aujourd'hui le nationalisme intransigeant de Victor Orban. Le Premier ministre hongrois prépare la commémoration du traité de Trianon. Elle sera, promet-il, "grandiose et tragique", pour son centième anniversaire en 2020.

La Russie ne veut pas que "d'anciennes républiques soviétiques" adhèrent à l'Otan après leur adhésion à l'UE

Sur le continent continent européen, le pouvoir a changé de main dans plus d'un État... D'anciens pays de l'Est ont rejoint l'UE et d'autres déclarent vouloir en devenir membres. On s'interroge sur leur motivation : volonté sincère de rejoindre la grande famille européenne, de partager ses valeurs, de participer à son destin... ou désir de se protéger du grand voisin russe en s'abritant sous le parapluie de l'Otan...? Un "superbonus, pas simplement pour les "anciens pays de l'Est" ! Il suffit aux Américains de patienter. Les "cailles" leur tombent toutes rôties dans le bec après leur adhésion à l'UE !
L'Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont adhéré à l'UE en 2003. Leur indépendance avait été reconnue sous la présidence de Gorbatchev, le 4 septembre 1991... trois mois avant la disparition de l'Union soviétique.
En 2004, l'adhésion à l'Otan de ces anciennes "républiques baltes soviétiques", en fait des États qui avaient perdu leur indépendance (1) suite au pacte conclu entre Hitler et Staline, a déclenché la colère du président Poutine qui venait d'être réélu à la tête de la Fédération de Russie. Compliquant de fait les adhésions ultérieures de ces "anciennes républiques socialistes" à l'UE.
Depuis cinq ans, l'Ukraine est le théâtre d'importantes manifestations pro-européennes et le fossé entre la Russie et les Occidentaux ne cesse de s'accroître. Pas moins de 13 000 morts dans des affrontements avec des séparatistes pro-russes. En 2014, la Crimée, péninsule retournée dans le giron de l'Ukraine en 1954, a de nouveau été annexée par la Russie.
Les Russes font toujours peur à leurs voisins et les Américains en profitent pour avancer leurs "pions"... Tout n'est pas réglé. Sous la cendre de deux guerres mondiales, la braise est toujours ardente. L'accouchement de l'Europe se fait dans la douleur.
Plus prosaïquement, la chute du Mur de Berlin sous l'ère gorbatchévienne a donné le top départ historique de la réorganisation du continent. Une "perestroïka" toujours en cours...

(1) Ces États baltes avaient retrouvé leur liberté après la Première Guerre mondiale.

* Contacter le Comité Européen Marseille (http://www.comiteeuropeen.eu) : cemeurope@gmail.com

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