"Te prometo anarquía", portrait d'une jeunesse mexicaine

Incarnés à l'écran par Diego Calva Hernández et Eduardo Eliseo Martinez, Miguel et Johnny, la vingtaine, passent leurs journées à parcourir en skate-board les rues de Mexico. Les deux amants financent leur style de vie à tendance punk en dealant leur sang et celui de leurs amis au marché noir des urgences.

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A travers de longs travellings des skateurs arpentant la ville de Mexico, Julio Hernández Cordón ouvre un parallèle entre les rues de Mexico et le trafic du sang dont il est ici question. Les personnages semblent rouler dans les artères de la ville comme le sang qui coule dans leurs veines. Dans le chaos citadin ambiant, ils se fraient un chemin sur les routes de ce trafic souterrain en pleine expansion. Comme en skate-board, le fil des évènements les amènera à prendre de plus en plus de risques pour faire « le coup du siècle », quitte à y impliquer leurs camarades et les entraîner avec eux dans leur chute.

Julio Hernández Cordón dresse le portrait d'une jeunesse mexicaine cherchant ses repères dans une ville et un contexte social qui ne peut que difficilement leur offrir le moyen d'une projection construite vers l'avenir. Miguel vient d'une famille plus aisée que Johnny, enfant des quartiers populaires. Il semble avoir hérité des outils suffisant pour s'en sortir. Pourtant, c'est lui qui mène la danse du trafic au noir du sang de ses amis. Scrutant au plus près la relation amoureuse et les corps des deux protagonistes dans cet univers social disloqué, le réalisateur offre un regard sur la complexité des différences d'origines sociales au sein de ce couple hors normes.

Après plusieurs films dont la musique était absente, Julio Hernández Cordón nous livre avec Te prometo anarquíun long-métrage rythmé de notes punk-rock très actuelles, qui viennent magnifiquement éclairer l'univers qui y est représenté.

Adeline Bourdillat

Pour en savoir plus : Lire Entrevista con Julio Hernández Cordón, par Cédric Lépine

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