Après "la nuit sécuritaire"et "l'appel des appels", viendra le 29 janvier.

Face aux annonces et lois pilotées depuis l'Elysée concourant à mettre en place une société où tout est marchandise et où les maitres du monde ne sauraient être que les capitalistes (qui sont et entrepreneurs et financiers), les appels et pétitions se multiplient.

Face aux annonces et lois pilotées depuis l'Elysée concourant à mettre en place une société où tout est marchandise et où les maitres du monde ne sauraient être que les capitalistes (qui sont et entrepreneurs et financiers), les appels et pétitions se multiplient.

Un "appel des appels" vient proposer que ces appels convergent, que, comme l'écrit Sophie Dufau dans un article de Mediapart, convergent les "colères sociales", vers des actions. C'est une heureuse initiative, tant le rythme effréné que Sarkozy impose pour reconfigurer la société rend quelque peu vaines les ripostes sectorielles, surtout sous forme pétitionnaire. Il est indispensable de mettre en cohérence les "colères sociales", et la logique de Sarkozy et de son régime. Roland Gori, professeur de Psychopathologie est à l'initiative.

Et "l'appel des appels" est bien un projet de coordination de certaines mobilisations. Les initiateurs d'une vingtaine d'appels écrivent: "nous, professionnels du soin, du travail social, de l'éducation, de la justice, de l'information et de la culture (...)": il s'agit d'un ensemble de professionnels, souvent universitaires, qui affirment qu' "au nom d'une idéologie de l'"homme économique", le Pouvoir défait et recompose nos métiers et nos missions en exposant toujours plus les professionnels et les usagers aux lois "naturelles" du Marché". Psychanalystes et médecins sont en nombre. Bien sûr, ce texte est opportun et juste; il doit être largement signé. Mais la synthèse qui parvient à ce texte bref (à lire dans l'article de Sophie Dufau ou sur le site oedipe.org de Laurent Le Vaguerèse) a laissé en route beaucoup de la richesse agumentative d'un texte comme "la nuit sécuritaire", par exemple.

Sophie Dufau le compare à "l'appel à la désobéissance civile"de 1997 en solidarité avec les sans papiers. On pourrait le comparer aussi à la pétition de soutien à la grande grève de 1995 face aux amis de la droite et de la confédération CFDT. Mais l'époque était celle du capitalisme triomphant, où le capitalisme était vécu par presque tous comme le seul horizon imaginable. Alors que nous sommes dans une crise économique mondiale, c'est un autre monde qu'il devient possible de penser, politiquement.

"Les professionnels du soin, du travail social, de l'éducation, de la justice, de l'information et de la culture" peuvent dire les conséquences graves des actions élyséennes sur "nos métiers et nos missions". Puis s'impose logiquement la nécessité d'aller au-delà, d'un renouveau politique, un renouveau du débat politique, d'une floraison démocratique, afin que ces débats ne soient pas seulement des débats d'experts.

Les manifestations qui sont organisées par l'ensemble des syndicats pour le 29 janvier prochain sont un moment important de cette mobilisation populaire. L'appel à cette journée du 29 dit, entre autres choses, qu'il faut "conditionner l'aide publique" aux entreprises et aux banques, et "renoncer aux 30 000 suppressions de postes dans la Fonction publique". Cesser de considérer que la recherche du profit maximal et à court terme pour les actionnaires est le coeur du lien social, en quelque sorte.

Contre le formatage des esprits, la répression multiforme, le nouveau grand renfermement high tech voulus par la classe dominante, ce n'est vraiment que le début d'une longue lutte. Cet "appel des appels" l'annonce. Il n'est pas indifférent que des psychanalystes soient à l'initiative.

Pascal Boissel

 

 

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