Pour Jack Ralite

Hommage à cet homme de grande humanité et de profonde culture. Il avait ainsi fait naître un espoir immense pour celles et ceux qui luttaient pour un psychiatrie hors les murs et pour le dépassement des lieux d'enfermement psychiatrique.

J'ai été très attristé de la nouvelle de la mort de Jack Ralite.

Pour l'avoir connu de près du fait de mon engagement en psychiatrie, je tiens à apporter mon témoignage en forme d'hommage à cet homme dont j'ai admiré l'humanité et la profonde culture.

Je rappellerai juste son remarquable discours en tant que ministre de la santé en octobre 1981 à la préfecture de Rouen, sur la psychiatrie : pour un désenclavement de la psychiatrie, le désaliénisme cher à Lucien Bonnafé et à Tony Lainé, une hospitalité pour la folie et les connexions avec la culture. 

Il avait ainsi fait naître un espoir immense pour celles et ceux qui luttaient pour un psychiatrie hors les murs et pour le dépassement des lieux d'enfermement psychiatrique.

Il avait initié un rapport qu'il avait confié au Dr Demay pour une voie nouvelle en psychiatrie. Ce rapport dit "Rapport Demay" malgré un immense travail d'élaboration démocratique n'a pas pu être mis en oeuvre, du fait des résistances de l'institution psychiatrique et d'une politique qui a négligé cette question essentielle de l'accueil et de l'hospitalité pour les malades mentaux.

Il s'est engagé de façon résolue lors de la création en décembre 2008 du Collectif des 39 et a participé physiquement par sa présence et son verbe à plusieurs de nos meetings et manifestations publiques, articulant sans cesse la folie et la culture.

Cette voix va cruellement nous manquer.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.