Une mère sur une grue !

À Reims, une mère aura passé 18 heures sur une grue pour exiger la scolarisation de son fils. Cet événement révèle le scandale incessant qui dure depuis des années sur les carences gouvernementales successives, la comm' plutôt que l'engagement d'une politique sérieuse d'accueil et des soins pour ces enfants et de soutien efficace pour les familles.

Le Huffington post a révélé cet événement. « À Reims, une mère aura passé 18 heures sur une grue pour la scolarisation de son fils. Cette femme réclamait de meilleurs soins et un accueil de qualité pour son fils à l'école ».

https://www.huffingtonpost.fr/entry/autisme-reims-mere-grue-scolarisation-fils_fr_5f5f410ac5b6b4850802fe96?ncid=other_facebook_eucluwzme5k&utm_campaign=share_facebook&fbclid=IwAR2nMJVunA_AYsTOW-NxkzmDtCGCZUfidttLvtwInuPR_M7_tAhsFhnhZa4

Cet événement m’a particulièrement touché et m'a poussé à réagir, en m’engageant à révéler une situation personnelle.
Insupportable situation pour les parents d’enfants en difficultés psychiques ou autres, autismes, difficultés psychiques et motrices, handicaps physiques et psychiques complexes. Le scandale énorme des A.V.S. -auxiliaire à la vie scolaire- continue, peu ou très mal formés, en situation précaire, changeant d’enfants en accompagnement c’est à dire sans tenir compte de l’importance essentielle de la continuité du lien relationnel, continuité de la formation et de soutien d’analyse de ces personnels confrontés seuls à des situations difficiles parfois éprouvantes, inévitablement engageant de l’affectif et totalement laissés à avancer au jugé, au bricolage solitaire. Auxiliaire de vie scolaire, c’est un métier, en devenir, pas un job de remplacement pour étudiant ou chômeur en difficulté d’emploi ! ils ont la responsabilité d’un enfant confronté aux autres enfants et aux difficultés d’apprentissage.
Ma fille et mon gendre se sont battus, démenés, pendant des années pour cela. Démarches administratives incessantes, remboursements des frais des soins et de suivis dans des délais scandaleux, au « prix » de multiples démarches, épuisantes, qui rendent les choses insupportables, provoquent énervements, colères, révoltes, moments d'abattement de découragement quand ce n'est pas de déprime. 
Avec inéluctablement des retentissements à l’intérieur de la famille, pour la fratrie, qui atteignent, inquiètent, soucient aussi les grands parents que nous sommes, impuissants parfois à pouvoir aider, intervenir face à cette bureaucratie aberrante et parfois déshumanisante. Mais aussi effets sur les proches de la famille, les jeunes cousins, le reste de la famille, etc. Seule notre attention, notre présence, notre soutien à leurs côtés peut, quelque peu, leur apporter du réconfort, même si parfois ils ne veulent nous solliciter que modérément pour ne pas trop nous soucier.

Depuis des années que ça dure, ces mensonges, ces bricolages, cette navigation à courte vue, en lieu et place d'une authentique politique des Secrétariats aux handicapés qui se sont succédés, plus prompts à faire de la communication politique, à satisfaire quelques associations aux appuis politiques, et relationnels bien solides, plus ou moins rigides voire sectaires, plus enclines à faire plutôt la guerre aux professionnels médicaux, psychiatres, psychologues, psychothérapeutes, éducateurs, infirmiers spécialisés, à des soins psychiques et des rééducations diversifiés, et vouloir imposer leurs méthodes strictement rééducatives, pseudo-scientifiques et « efficaces » (sic) sans se soucier de l’importance de l’essentiel du psychisme, du lien relationnel, de l’inconscient de ces enfants, ni des impasses de ces méthodes mirobolantes mais souvent … lucratives.

Ces secrétaires d’État plus prompts à suivre aveuglément ces quelques associations, soumis à la puissance de ces lobbys, se sont engagés depuis des années à vouloir bannir les soins psychiques, comme s’il y avait une science d’État, une seule méthode de soins et d’accompagnement,  améliorant au compte-goutte les droits des enfants des parents, des AVS et des soignants, méprisants dans les faits les difficultés administratives, financières, de formation et de moyens humains pour les soins et les accompagnements du quotidien. 

Et last but not least ces gouvernants se sont employés - tout gouvernements confondus depuis une décennie - dans une destruction programmée de la pédopsychiatrie, des approches diversifiées de très nombreuses institutions du médico-social. Ils laissent imposer  par exemple comme l’ARS d’Aquitaine une seule modalité de prise en charge, induisant au passage la transformation autoritaire de l’activité des CMPP ( Centre médico psycho pédagogique) ! Ainsi s’organise le « tri » des enfants à soigner, en voulant  imposer les prises en charge d’une seule catégorie d’enfants, « les autistes », marché porteur électoralement ? car le plus bruyant, promouvant des centres de « référence » à l'activité particulièrement stérile : en effet ces centres sont orientés uniquement sur le « sacro-saint» diagnostic devenu l’alpha et l’oméga de ce qu’ils appellent soin dans leur novlangue. Ils délaissent totalement la question de la continuité des soins et des rééducations, ou la délèguent, si ce n’est l’ordonnent vers des orientations qui ne peuvent être assurées du fait de la pénurie et la désorganisation des institutions. 

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