Billet de blog 6 mai 2011

Le foot et les rêves d'enfants

Pour Nassurdine Haidari, adjoint aux sports et à la jeunesse du maire (PS) du premier secteur de Marseille, «l'instauration de politiques discriminatoires en France ne relève ni du droit, ni de notre culture, ni de notre conception du vivre ensemble»: il demande la démission de François Blaquart, Erick Mombaerts et Laurent Blanc.

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Pour Nassurdine Haidari, adjoint aux sports et à la jeunesse du maire (PS) du premier secteur de Marseille, «l'instauration de politiques discriminatoires en France ne relève ni du droit, ni de notre culture, ni de notre conception du vivre ensemble»: il demande la démission de François Blaquart, Erick Mombaerts et Laurent Blanc.

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A bâtons rompus, une discussion qui devait rester secrète ébranle aujourd'hui la Fédération française de football. Même s'il est supposé qu'une partie de la discussion portait sur les «binationaux», pour la plupart français «issus de l'immigration», une autre partie des propos tenus par ces responsables du football français avait bien un caractère discriminatoire voire raciste. Et le comble est que Laurent Blanc, l'un des symboles de cette France métissée, championne du monde de football en 1998, se soit livré à une rhétorique racialiste des plus primaires. Oui, c'est tout un symbole qui vient de tomber et une vision de la France qui vient de s'écorner.

A bâtons rompus, la volonté de créer au sein de ces centres de formation un système discriminatoire, silencieux, efficace et pernicieux a été clairement affichée lors de cette réunion. Les propos de François Blaquart, président de la Direction technique nationale (DTN), sont édifiants: «On peut baliser, en non-dit, sur une espèce de quota. Mais il ne faut pas que ce soit dit. Ça reste vraiment que de l'action propre. Bon voilà, on fait attention. On a les listes, à un moment donné...». En d'autres termes, il ne faudrait rien dire et exclure les joueurs susceptibles d'avoir une double nationalité, les «noirs» et les «arabes», comme si des joueurs «blancs» ne pouvaient pas avoir une double nationalité.

Personne ne sondera les reins et les cœurs de Monsieur Blaquart et d'Erick Mombaerts pour savoir s'ils sont racistes; ce que je sais, c'est qu'ils sont sortis du cadre sportif et du cadre républicain. Ce que je sais, c'est qu'ils ont exprimé la volonté de construire, sous couvert du silence, une machine discriminatoire sans précédent. Ce que je sais aussi, c'est que Lilian Thuram, Zinedine Zidane, Patrick Vieira, Marcel Desailly, Thierry Henry, Christian Karembeu auraient été probablement sacrifiés sur l'autel des quotas et n'auraient pas pu, avec leurs coéquipiers, nous offrir la Coupe du monde 98 et permettre une réelle cohésion nationale autour de cette équipe.

A bâtons rompus, la rhétorique raciste n'est pas tolérable ni acceptable, elle doit être condamnée avec la plus grande sévérité car les hautes autorités sportives de notre pays ne doivent en aucun cas être la caisse de résonnance des poisons qui essentialisent, catégorisent, enferment les hommes et les femmes dans des réflexions simplistes et nauséeuses.

Quant à Laurent Blanc, qui avait formellement démenti l'existence même de cette réunion et qui, acculé par les preuves, a été contraint d'avouer, son attitude est des plus contestables. Le mensonge n'est pas une posture défendable. En qualité de sélectionneur de l'équipe de France, il ne devait pas cautionner une quelconque entreprise discriminante. En tant que porteur de l'héritage de cette France «black blanc beur», il ne pouvait soutenir l'idée de pénaliser des gamins de 13 ans parce que: grands costauds et puissants. Ces «blacks» en centre de formation sont des ENFANTS qui rêvent de porter un jour le maillot national et vous n'avez pas le droit de les écarter.

La France est un grand pays de football dont la richesse a toujours été sa diversité et lorsque vous laissez entendre que ces joueurs seraient moins compétents, moins techniques que les autres parce que «blacks», Laurent Blanc déshonore le sport et la France. Lorsque des enfants partagent un rêve, ils ne doivent point rencontrer la froideur de ces projets. Si l'intégralité des informations révélées par Mediapart s'avérait juste, le «sélectionneur» aurait de facto perdu toute crédibilité morale pour diriger une équipe aussi prestigieuse que celle de France.

Je n'attendrai aucune enquête pour affirmer que l'instauration de politiques discriminatoires en France ne relève ni du droit, ni de notre culture, ni de notre conception du vivre ensemble.

Je vous en veux, Monsieur «Blanc»; et vos excuses n'éteindront point le mal que vous avez distillé au sein de la communauté nationale, celui de regarder un match de foot en noir et blanc où la couleur du joueur définit sa technique de jeu. Quant aux révélations liées à l'Olympique de Marseille et à la stratégie d'Henri Stambul, nous demandons à Monsieur Dassier de nous recevoir afin de faire toute la lumière sur cette triste histoire.

Je pense qu'en tenant de tels propos, Monsieur Blaquart, Erick Mombarets et Laurent Blanc ne méritent plus d'occuper leurs fonctions.

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