La bibliothèque des cœurs cabossés de Katarina Bivald

Tout commence par un échange de lettres entre deux femmes que tout oppose : Sara Lindqvist, jeune Suédoise de vingt-huit ans, petit rat de bibliothèque mal dans sa peau, et Amy Harris, vieille dame cultivée de Broken Wheel, dans l'Iowa. Lorsque Sara perd son travail de libraire, son amie l'invite à venir en vacances chez elle. À son arrivée, une malheureuse surprise l'attend : Amy est décédée.

Première de couverture - Katarina Bivald - La bibliothèque des coeurs cabossés © Constance Clavel Première de couverture - Katarina Bivald - La bibliothèque des coeurs cabossés © Constance Clavel

"Les lecteurs de Broken Wheel recommandent" est la traduction littérale du titre original suédois Läsarna I Broken Wheel Rekommenderar.

Mais... c'est un mensonge ! Broken Wheel dans l'Iowa n'existe pas. Dommage. Qui n'aimerait pas suivre les pas de Sara et aller à la rencontre de ses habitants attachants, avec leurs forces et leurs faiblesses, comme tout le monde bien sur, mais au si grand cœur ? Un vrai village de presque-Bisounours.

Vous l'aurez compris, La Bibliothèque des Cœurs cabossés a tout du livre qui donne la pêche, qui (re)donne le sourire aux lèvres, à chaque fin de chapitre ou presque. Un feel good book qui ne devrait pas rougir de toute comparaison avec d'autres titres du même genre, comme par exemple le célèbre Journal de Bridget Jones.

La jeune suédoise n'a certes rien de la pétulante Bridget, interprétée au cinéma par la talentueuse Renée Zellweger (au passage, jetez un œil, ou même deux, à la série What If pour apprécier l'actrice dans un rôle à contre-emploi), mais Sara sait parfaitement tirer son épingle du jeu. Ou plutôt des livres, car tout est prétexte à en parler. Du name dropping régulier donc, de quoi compléter votre liste de lecture ou se rappeler de bons moments passés à dévorer d'autres ouvrages.

On reproche parfois aux romans feel good une certaine naïveté, un certain côté fleur bleue. Peut-être. Après avoir lu le paragraphe ci-dessous de la page 158, ne pensez-vous pas que ce serait un peu réducteur ?

"C'est drôle comme aujourd'hui on parle de terrorisme, comme si seuls des musulmans et des Arabes menaçaient notre société. Je crains que mon idée du terrorisme ne remonte à bien avant le 11 septembre. C'est la peur, l'arbitraire, la violence qui frappe sans distinction, y compris ceux qui ne voulaient pas s'impliquer ou n'avaient aucune intention de lutter contre la ségrégation. Pour moi, le mot terrorisme évoque toujours des hommes blancs issus de classes supérieures rassemblés autour du corps carbonisés d'un homme noir lynché, visiblement satisfaits de leur œuvre."

 

 

 

 

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