Vie et mort de l'inca Atahuallpa, de Gilbert Vaudey

Le 16 novembre 1532, au coeur des Andes, l'Inca Atahuallpa, entouré de milliers de soldats, se porte à la rencontre de la petite troupe espagnole aventurée jusqu'à lui. Trois heures plus tard, son armée dispersée dans la nuit, il n'est plus qu'un prisonnier, souverain dépossédé d'un empire effondré au premier contact avec ses conquérants.

couverture - vie et mort de l'inca atahuallpa © Felipe guaman Poma de Ayala couverture - vie et mort de l'inca atahuallpa © Felipe guaman Poma de Ayala

Quel·le lecteur·trice ne s'est-il·elle pas un jour retrouvé·e dans une librairie à flâner parmi les rayons, les tables de nouveautés, à chercher l'inspiration, une perle rare ? Tel était bien mon cas, il y a quelques mois quand j'ai fait l'acquisition de ce livre de Gilbert Vaudey. La couverture ne paye pourtant pas de mine et n'incite pas vraiment à s'arrêter dessus. Le titre, lui par contre, interpelle un peu plus. Atahuallpa... Inca... ne sentez vous pas mon brin de nostalgie pour mon enfance, bercée par la série des Mystérieuses Cités d'Or !? Mais si, rappelez-vous ! Esteban, Tao, Zia embarqué.es dans de folles aventures... temples du soleil et grand condor... Tout cela ne pouvait que m'inciter à regarder ce livre de plus près.

"Le 16 novembre 1532, au coeur des Andes, l'Inca Atahuallpa, entouré de milliers de soldats, se porte à la rencontre de la petite troupe espagnole aventurée jusqu'à lui. Trois heures plus tard, son armée dispersée dans la nuit, il n'est plus qu'un prisonnier, souverain dépossédé d'un empire effondré au premier contact avec ses conquérants." Ainsi commence le résumé de l'histoire en quatrième de couverture.

Mais Gilbert Vaudey ne nous livre pas du tout une histoire romancée de la vie du souverain Inca ! A ma grande déconvenue, il faut le reconnaître ! J'aurai peut-être dû lire plus attentivement la totalité du résumé sur la quatrième de couverture et/ou poser plus de questions à ma libraire ! Comptez sur moi pour en prendre note la prochaine fois.

Le récit a toutefois le mérite de mettre en lumière le peu de connaissance que nous avons sur cette civilisation disparue, sans compter la fiabilité plus qu'incertaine des sources disponibles sur cette partie de l'histoire. Comme le disait dans les années quarante un journaliste collaborationniste et antisémite, "l'histoire est écrite par les vainqueurs"1. Les Incas n'avaient pas d'écriture au sens strict du terme pour laisser une trace à travers les âges de leur version des faits. Nul·le ne peut donc se targuer de "connaître jamais bien les Incas", comme le conclut Gilbert Vaudey à la fin de son premier chapitre. Mais il est encore possible de poser un regard, un clin d’œil, sur cette civilisation, source de bien des fantasmes et de mythes, et de laisser son imagination faire le reste. La passion de Gilbert Vaudey pour cette civilisation est palpable du début à la fin et il pourrait bien vous la transmettre ou, à défaut, vous aider à terminer ce récit documentaire.

1. https://www.lepoint.fr/philosophie/robert-brasillach-l-histoire-est-ecrite-par-les-vainqueurs-14-11-2017-2172363_3963.php

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