"Berbères juifs" de Julien Cohen-Lacassagne

La tradition veut que les juifs d’Afrique du Nord, comme tous ceux de la diaspora, descendent des juifs de Judée exilés après la destruction du temple de Jérusalem en 70 ap. J.C. Le livre de Julien Cohen-Lacassagne bouleverse cette idée reçue : ce n’est pas un peuple en errance qui a traversé les mers, mais une idée, animée d’une puissante dynamique missionnaire : celle du monothéisme.

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"Berbères juifs"
de Julien Cohen-Lacassagne, l'émergence du monothéisme en Afrique du Nord

Préface de Shlomo Sand

La tradition veut que les juifs d’Afrique du Nord, comme tous ceux de la diaspora, descendent des juifs de Judée exilés après la destruction du temple de Jérusalem en 70 ap. J.C. Le livre de Julien Cohen-Lacassagne bouleverse cette idée reçue : ce n’est pas un peuple en errance qui a traversé les mers, mais une idée, animée d’une puissante dynamique missionnaire : celle du monothéisme.

C’est dans les bagages des Phéniciens que le judaïsme a gagné Carthage, avant d’être adopté par des tribus berbères et de s’étendre dans l’arrière-pays. Résistant à l’expansion chrétienne, puis à celle de l’Islam, ces Maghrébins juifs ont marqué durablement les sociétés nord-africaines et contribué à une authentique civilisation judéo-musulmane partageant une langue, une culture et un même substrat religieux. La colonisation a bouleversé cet héritage, que Cohen-Lacassagne restitue brillamment contre « la tentation d’écrire une histoire juive isolée de celle du reste du monde ».

Julien Cohen-Lacassagne est professeur d'histoire-géographie au lycée international Alexandre Dumas, à Alger. Il collabore à la revue "Orient XXI"

Sorti en juin 2020, un ouvrage passionnant qui déconstruit bien des idées reçues.

Ainsi « Historiquement les juifs ne constituent en rien un « peuple » distinct des sociétés dans lesquelles ils vivent. », une piste qui heurte de front les idéologies dominantes de l'histoire des Juifs : celle de la diaspora et celle du nationalisme, marquées jusqu'à aujourd'hui par les structures de pouvoir coloniales.

Et le débat public français autour de l’antisémitisme, de l’islamophobie et du conflit israélo-palestinien s'y éclaire d'un tout autre jour, érudit et politique.

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