Un jour, un livre – Mémoires intimes de Georges Simenon

Le 4 septembre 1989, Georges Simenon disparaissait, laissant derrière lui une œuvre immense, dont les enquêtes du commissaire Maigret, et un monument plus personnel : « Mémoires intimes », que les Presses de la Cité rééditent pour la 1ere fois, à l’occasion du 30ème anniversaire de sa mort.

2019 est l'année hommage des 30 ans de la disparition de Georges Simenon, avec des rééditions majeures, notamment aux Presses de la Cité et Omnibus © Collection John Simenon (reproduction interdite sans l'autorisation de l'éditeur Les Presses de la Cité) 2019 est l'année hommage des 30 ans de la disparition de Georges Simenon, avec des rééditions majeures, notamment aux Presses de la Cité et Omnibus © Collection John Simenon (reproduction interdite sans l'autorisation de l'éditeur Les Presses de la Cité)

Le saviez-vous ? 2019 est l’année Georges Simenon (1903-1989). Car il y a 30 ans, presque jour pour jour (le 4 septembre 1989), le monde entier apprenait la mort de l’immense écrivain belge, né le 13 février 1903 à Liège, et décédé à Lausanne en Suisse. Une œuvre gigantesque lui servira de curriculum vitae talentueux et prolifique : près de 200 romans et plus de 150 nouvelles sous son vrai nom, sans compter les articles de presse, et sous une trentaine de pseudonymes, vous pouvez rajouter plus de 175 livres et évidemment les enquêtes du commissaire Maigret en prime. Le commissaire Maigret fête ses 90 ans, et comme il y a 30 ans, son « père » disparaissait, des rééditions majeures marquent ce double anniversaire (*).

Comme les « Mémoires intimes » de Simenon, réédités pour la 1ere fois par Les Presses de la Cité, et qui, comme sa biographie « Pedigree » (Presses de la Cité), sont des écrits historiques de la vie et du parcours de Georges Simenon, aux accents parfois psychanalytiques, baignant ici et là dans une atmosphère nostalgique, mais absolument nécessaires pour mieux comprendre autant le parcours de l’écrivain, que sa manière d’être, d’écrire, de vivre, tout simplement, l’écriture en point de mire… Truffés d’anecdotes et de souvenirs qu’il revisite, de moments intimes qu’il distille, Simenon a fait de « Mémoires intimes » et « Pedigree » son chant du cygne, doublé d’une sorte de confession qui passe en revue autant les bons moments que les mauvais, et y ressasse ses joies, ses peines, ses regrets, sa vie et celle de sa famille, toujours liés à son parcours de romancier exceptionnel. Si « Pedigree » fut écrit pour son fils Marc (1939-1999), et débuté en 1940 à Fontenay-le-Comte (Vendée), où une erreur de diagnostic lui fera croire un temps qu’il lui restait peu à vivre, récit autobiographique qui fut remanié et élargi en 1961 ; les « Mémoires intimes » de Simenon sont une confession à sa fille Marie-Jo, écrite en 1980, et après la mort de sa fille en 1978, à l’âge de 25 ans : « La journée la plus dramatique de ma vie » précise-t-il dans l’une de ses « Dictées », autre regard dans son miroir personnel qui fournira 21 volumes des « Dictées » de Georges Simenon.

« Mémoires intimes, suivi du livre de Marie-Jo » est le point d’orgue de Simenon par Simenon, presque un dictionnaire de clés pour mieux comprendre l’homme et son œuvre, un prolongement personnel pour dire ce qu’il a sur le cœur, à ses lecteurs, mais surtout comme un père parle à ses enfants le jour où il en ressent le besoin comme jamais… Lire les Mémoires de Simenon, c’est aussi entrer dans son œuvre par une porte dérobée, avant ou après la lecture de ses livres...

(*) Pour en savoir plus

... « Mémoires » de Simenon et Maigret réédités

À l’occasion du 30ème anniversaire de la mort de Georges Simenon, Les Presse de la Cité viennent donc de rééditer pour la 1ere fois depuis sa disparition : « Mémoires intimes, suivis du livre de Marie-Jo », un monument de 1.155 pages de souvenirs et d’anecdotes, et les écrits de sa fille morte tragiquement à l’âge de 25 ans à la suite des mémoires de « Dad », comme elle appelait son père. Dominique Fernandez, de l’Académie française, assure la préface de cette réédition anniversaire. On peut évidemment lire aussi sa première biographie « Pedigree », récit autobiographique publié pour la première fois le 15 octobre 1948 aux Presses de la Cité. « Mémoires intimes » et « Pedigree » sont de véritables carnets de route de la vie de l’écrivain, qui s’y révèle aussi parfois sous un autre jour. Cette maison d’édition vient d’éditer, également, « Simenon, le bonheur à La Rochelle », de Michel Carly, ville maritime et portuaire coup de cœur de Simenon, à l'atmosphère particulière… La Rochelle et ses environs, où il fera même deux longs séjours en famille (Marsilly et Nieul-sur-Mer) reste un endroit de prédilection pour le père de Maigret entre 1927 et 1940. Simenon n’avait-il pas un anneau que pour lui, sur la façade du café de la Paix de la Rochelle, au cadre Belle Époque, pour attacher son cheval et sa carriole ?

Les Éditions Omnibus font également paraître une nouvelle édition du « Tout Maigret » en 10 volumes, couvertures de Loustal, préfaces inédites. Maigret, c’est 75 romans et 28 nouvelles publiés entre 1931 et 1972, reprises au cinéma et à la télévision, mais dont l’acteur Jean Richard est le seul au monde à avoir interprété pour la télé, de 1967 à 1990, toutes les enquêtes (88 nouvelles). Annick Tanguy, son épouse, sera même « Mme Maigret » à partir de 1977. Tous les épisodes seront tournés en extérieurs. On trouve la Collection complète des Maigret joués par Jean Richard en DVD (LMLR/INA).

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