Un jour, un livre - Discours de la servitude volontaire d'Etienne de La Boétie

Étienne de la Boétie s'étonne. Mais comment l'Homme, peut-il accepter de rester en servitude ? Et vous, êtes vous étonnés ? Mais, déjà, vous sentez vous libres, vraiment libres ?

Discours de la servitude volontaire © Folio Plus Philosophoe Discours de la servitude volontaire © Folio Plus Philosophoe

Dans ce court discours (une cinquantaine de pages), Étienne de la Boétie s'étonne. Mais comment l'Homme, peut-il accepter de rester en servitude ?

En préambule, l'auteur démontre que "la liberté est naturelle, puisqu'on ne peut tenir personne en servitude sans lui faire de tort". Pourtant, nous sommes beaucoup (tous ?) en servitude, sachant que "il y a trois sortes de tyrans. Les uns ont le royaume par élection du peuple, les autres par la force des armes, les autres par succession de leur lignage.". Des trois, lequel serait le plus terrible selon vous ? Peut-être pas celui qu'on croit ! Car "Celui à qui le peuple a donné l’État [..], dès lors qu'il se voit élevé au-dessus des autres, flatté par je ne sais quoi, qu'on appelle la grandeur, il délibère de ne pas en bouger". Étienne de la Boétie écrit son discours au XVIème siècle, mais son idée ne se perd pas, et on retrouve au XVIIIème  la même idée dans Chaînes de l'esclavage de Jean-Paul Marat (publié en 1774). Dans ce livre, la "thèse principale était que le pouvoir émane du peuple souverain, mais que ceux qui en ont la charge ne cessent de vouloir l'en déposséder".

Reste encore à comprendre pourquoi l'homme, une fois mis en servitude, d'une manière ou d'une autre, le reste et ne cherche pas à retrouver sa liberté ! Faiblesse ? Lâcheté ? Pas seulement, ce serait bien trop simple. D'ailleurs, nous sentons nous libres ? Vraiment libres ? Ou peut-être avons nous perdu la mémoire, la mémoire de ce qu'est réellement la liberté... Ne sous-estimez pas l'importance de votre éducation ou ce qui porte de près ou de loin à la dévotion. Sans compter nos faiblesses naturelles ! Rappelez vous l'expression latine "Panem et circenses" (du pain et des jeux), utilisée dans la Rome antique dans le but de flatter le peuple afin de s'attirer la bienveillance de l'opinion populaire.

Mais il reste une dernière raison. Sûrement la plus sournoise et la plus importante, évoquée par l'auteur à la fin de son discours. Je ne peux que vous engager à le lire pour mieux comprendre notre société, car encore aujourd'hui, les mêmes causes provoquent les mêmes conséquences.

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