Un jour, un livre - Légende d’un dormeur éveillé de Gaëlle Nohant

Guidée par mon goût de l'irrévérence lorsqu'elle est soucieuse de pertinence, je fais de belles rencontres humaines et artistiques. Cet été, Robert Desnos avec le roman de Gaëlle Nohant, intitulé Légende d’un dormeur éveillé. Paru en 2017, je l'ai découvert pour ma part cet été.

Le Merveilleux, la Révolte et le Blasphème

En 1928, Robert Desnos a 28 ans. Poète, Surréaliste et Résistant, il se consacre comme ses amis, à la Création, à l’Amitié, la Liberté et l’Amour. Parmi ses proches, Antonin Artaud, Jean-Louis Barrault, Alejo Carpentier, Paul Eluard, Federico Garcia Lorca, Pablo Neruda et Jacques Prévert. Le merveilleux, la révolte et le blasphème sont leurs invités permanents. Leur cible, le bourgeois, raidi de certitudes et de cupidité. Leur prédilection, ceux qui se lèvent tôt sans que le monde leur appartienne, ceux qui ne savent pas de quoi ils pourraient rêver. Leur aspiration, éveiller les consciences avec gravité dans le jeu et légèreté dans le grave.


Jusqu'en 1944, année de la disparition de Desnos, il est question du fracas du monde qui le bouscule, de son insurrection permanente, de sa façon d’enterrer joyeusement, avec ses amis, les valeurs sacrées de ses aînés. Tous partagent le goût de l’école buissonnière, ce qui les aide à résister, comme ils peuvent, aux épreuves de leur temps, avec irrévérence, pertinence, créativité et détermination.
Ce que je retiens avant tout, ce sont leurs fragments d’éternité partagés, où les talents s’épanouissent pour le plaisir de tous, sans affectation ni volonté de briller. Ils ont nourri tant d’œuvres dont certaines égrènent cet ouvrage. Parmi elles, Les Sans Cou (Desnos), L’âge d’or (Buñuel), les Enfants du paradis (Carné, Prévert, Barrault).

Ce billet puise dans l’écriture de Gaëlle Nohant, et quelle écriture inspirée ! et quels personnages inspirants !

Comment j'ai vécu cette lecture ? Des éclats de rire, des étonnements, des ravissements nécessitant relectures à haute voix pour partage, de l'intérêt toujours pour l'histoire intime et universelle lorsqu'elle est si finement contée.

Ce roman m'a tenue éveillée bien tard, tant il captive, ce qui est trop rare.

Eh-lis-ça 

 

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