Un jour, un livre - Tout cela je te le donnerai de Dolorès Redondo

Interrompu un matin dans l'écriture de son prochain roman, Manuel Ortigosa, auteur à succès, trouve deux policiers à sa porte. Cela aurait pu n'être qu'un banal et triste accident – une voiture qui, au petit jour, quitte la route de façon inexpliquée. Mais le mort, Álvaro Muñiz de Dávila, est le mari de Manuel, et le chef d'une prestigieuse dynastie patricienne de Galice.

Tout cela je te le donnerai - Dolors Redondo © Axel Mahe (c) Jonathan Steven (istockphoto) Tout cela je te le donnerai - Dolors Redondo © Axel Mahe (c) Jonathan Steven (istockphoto)

4ème de couverture: Interrompu un matin dans l'écriture de son prochain roman, Manuel Ortigosa, auteur à succès, trouve deux policiers à sa porte. Cela aurait pu n'être qu'un banal et triste accident – une voiture qui, au petit jour, quitte la route de façon inexpliquée. Mais le mort, Álvaro Muñiz de Dávila, est le mari de Manuel, et le chef d'une prestigieuse dynastie patricienne de Galice. Dans ce bout du monde – sublime peut-être, mais aussi le plus archaïque de toute l'Espagne –commence alors pour Manuel un chemin de croix, au fil duquel il découvre qu'Álvaro n'était pas celui qu'il croyait. Accompagné par un garde civil à la retraite et par un ami d'enfance du défunt, il plonge dans les arcanes d'une aristocratie où la cupidité le dispute à l'arrogance. Il lui faudra toute sa ténacité pour affronter ces fantômes de secrets impunis, pour lutter contre ses propres démons, et apprendre qu'un rire d'enfant peut mener à la vérité aussi sûrement que l'amour. (traduit de l'espagnol par Judith Vermant dans l'édition Fleuve).

Et pour donner, Dolors Redondo donne ! Elle nous donne tout son talent, dans ce récit impossible à abandonner même quand il est pourtant plus que l'heure d'aller retrouver les bras de Morphée. Un récit qui nous porte jusqu'en Galice, pays chaleureux et accueillant que l'auteur nous donne envie de découvrir. Accueillant mais, bien sûr, pas par tout le monde. L'aristocratie ne se mélange pas avec tout le monde, à chacun sa place. Ce qui n'est pas sans rappeler un certain mépris de la bourgeoisie contemporaine. Suivez mon regard.

Manuel, le personnage principal, est un écrivain reconnu et apprécié, qui nous livre, au début du roman, son petit secret. Probablement, sûrement (?), le propre secret de Dolorès Redondo ?

"L'écriture naissait de la nécessité, de l'incomplétude de l'âme, d'une faim et d'un froid intérieurs qu'elle seule est capable d'apaiser, provisoirement." (p140)

"L'écriture naissait du dénuement le plus pur, de la douleur indicible, des secrets que nous emporterons dans la tombe parce que la magie consiste à suggérer sans jamais les montrer, sans laisser la nudité de l'âme se transformer en pornographie des émotions". (p141)

 

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