Soutien à Jean Baubérot

Enseignant-es dans le 93 nous apportons tout notre soutien à Jean Baubérot, historien et sociologue avec qui nous avons rédigé un Petit manuel pour une laïcité apaisée et qui subit des attaques de la polémiste Caroline Fourest.

Méthodique, rigoureux, Jean Baubérot s'est, au cours de notre collaboration, ouvert à nos points de vue de professeur-es en zone d'éducation prioritaire.

De nombreux-ses polémistes s'auto-proclament spécialistes de la laïcité et contribuent par leur manque de travail et de connaissances de terrain, à entretenir une atmosphère de guerre civile dans la société. Ces polémistes dissimulent les vraies priorités de l'école, notamment dans les quartiers populaires : les conditions sociales catastrophiques dans lesquelles vivent nos élèves et leur famille, le manque de moyens, la disparition des services publics, les inégalités structurelles des moyens dévolus par l’État aux écoles en France.

Jean Baubérot a su reconnaître notre expérience de terrain. Grâce à lui, en confrontant nos connaissances et nos pratiques, nous avons pu produire un outil qui vise à prévenir les conflits que le religieux et la laïcité pourraient faire naître en classe, cadrer les débats sur ces questions en distinguant le cadre juridique de la laïcité, son histoire et les débats que cette notion peut susciter, et contribuer à ce que de faux débats sur la laïcité à l'école cessent, comme c'est le cas depuis vingt ans, de masquer les urgences qui devraient être au centre de l'attention de chacun-e.

Caroline Fourest fait partie de ces polémistes, qui, depuis 15 ans, laissent penser que les tenues que portent nos élèves sont des menaces bien plus graves que les inégalités de financement par l’État, que le non-remplacement chronique des profs, que la vétusté des locaux ou du matériel, que la diminution des moyens pour assurer des interventions de prévention du sexisme ou de l'homophobie, l'insuffisance des aides pour les élèves handicapé-es, etc.

Elle répand ses discours en enchainant erreurs, approximations et demi-vérité, insinuations et attaques personnelles. Nous apprenons à nos élèves à débattre et exprimer des conflits en respectant leurs interlocuteur-rices, en évitant la mauvaise foi et les invectives. Faut-il leur tenir un autre discours, et leur expliquer qu'en utilisant de telles méthodes, en rabaissant sans cesse le débat d'idées, ils et elles passeront à la télévision comme Caroline Fourest ?

Dans son dernier billet de blog, elle reproche à Jean Bauberot de refuser tout débat avec elle. La polémiste doit descendre de sa tour d'ivoire : personne ne lui doit rien, et personne n'a à se justifier de quoi que ce soit auprès d'elle. Débattre avec Caroline Fourest quand Caroline Fourest l'exige n'est pas un devoir républicain, et aucune personne ne devrait avoir à lui présenter un mot d'excuse.

Mais si elle ne comprend pas pourquoi tant de spécialistes rigoureux-ses refusent de débattre avec elle, qu'elle en prenne enfin conscience : dans l'état actuel de ses méthodes, on ne peut pas débattre avec Caroline Fourest, on ne peut que corriger ses erreurs, et c'est épuisant.

Nous renouvelons notre soutien à Jean Baubérot.

 

Couverture du Petit manuel pour une laïcité apaisée Couverture du Petit manuel pour une laïcité apaisée
Anaïs Flores, Paul Guillibert, Caroline Izambert, Florine Lepâtre et Jérôme Martin sont membres du Cercle des enseignant-es laïques et ont co-rédigé avec Jean Baubérot un Petit manuel pour une laïcité apaisée paru aux éditions La Découverte.

 

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