Sanctuariser l'éducation prioritaire en Seine-Saint-Denis

Rédacteurs : Les équipes éducatives des collèges Paul Eluard de Montreuil et Gustave Courbet de Romainville

Nous, enseignants de zones d'éducation prioritaires de la Seine-Saint-Denis interpellons nos élus.

La ministre se félicite d'un investissement de 350 millions d'euros pour sa réforme de l'éducation prioritaire.

350 Millions ? Le poids d'un chiffre ?

Pour apprécier « l'importance » de cet effort, il convient de le mettre en perspective avec de récents arbitrages du budget de l'Etat. Que sont ces 350 millions face aux 800 millions d'euros de pénalités consentis pour la rupture de contrat avec l'entreprise privée Écomouv’ ? Que sont ces 350 millions face aux 50 milliards d'euros du pacte de responsabilité, accordés aux entreprises ?

Ces 350 millions d'euros restent donc bien un effort marginal envers l'éducation prioritaire qui, bien que rassemblant 20 % des élèves de France, ne représente que 1,98 % du budget de l'Education.

Qui plus est, dans ce budget restreint, la logique de la nouvelle carte de l'éducation prioritaire nous impose de déplacer des moyens spécifiques d'un établissement nécessiteux à un autre, censément plus nécessiteux, engageant en cela une course à la misère malsaine et délétère.

La mise en avant d'une gestion responsable, d'une gestion de bon père de famille, ne pourra cacher plus longtemps qu'il ne s'agit en fait ici, que de prendre aux pauvres pour donner aux pauvres.

 

Nous vous posons donc légitimement ces questions :

 

Que veut dire « priorité nationale pour l'éducation » dans ce quinquennat ?

Que veut dire « éducation prioritaire » dans ce quinquennat ?

Que veut dire « équité » dans la bouche de Madame la ministre, alors que la situation sinistrée du 93 est avérée depuis longtemps ?

 

Mesdames, Messieurs les élus et représentants de notre territoire, acceptez-vous cette gestion de la misère dans vos communes et circonscriptions ?

Mesdames, Messieurs les élus et représentants de notre territoire, acceptez-vous que des établissements du 93 perdent les moyens alloués à l'éducation prioritaire ?

Mesdames, Messieurs les élus et représentants de notre territoire, si les conventions de sortie d'éducation prioritaire qui nous sont proposées relèvent de l'éducation prioritaire mais sans le nom ; alors pourquoi ne pas simplement nous garder en éducation prioritaire ?

Mesdames, Messieurs les élus et représentants de notre territoire si, comme nous, vous croyez que le « 93 » mérite un investissement à la hauteur de ses difficultés, nous vous appelons à publiquement réclamer le maintien de tous les réseaux d'éducation prioritaires en Seine-Saint Denis.

 

LES EQUIPES EDUCATIVES  :

PAUL ELUARD, MONTREUIL

BARBARA, STAINS

COURBET, ROMAINVILLE

BALZAC, NEUILLY SUR MARNE

CHRISTINE DE PISAN, AULNAY SOUS BOIS

GERARD PHILIPE, AULNAY SOUS BOIS

VICTOR HUGO, AULNAY SOUS BOIS

DESCARTES, TREMBLAY EN FRANCE

ET LES PARENTS DU COLLEGE ELUARD ET DE LA FCPE ROMAINVILLE

 

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