QUESTIONS DE CITOYENS SUR LA COVID 19 : Informer ou faire peur ?

Ce document référencé émane du Collectif Citoyen Covid Bigorre. Je me permets de le mettre en parallèle avec la 4° de couverture de l’ouvrage « De la démocratie en pandémie – Santé, Recherche, éducation » 1, signé par Barbara Stiegler et « né d’une longue conversation entre collègues, chercheurs, enseignants, étudiants, soignants, citoyens, proches et amis,… » et de le resituer dans l’actualité.

COVID : informer ou faire peur ?

Il importe que le gouvernement et les médias informent la population au sujet de la COVID. Mais il y a une différence entre informer les personnes et entretenir chez elles une peur disproportionnée. Un certain nombre d’éléments laissent penser que, volontairement ou non, c’est une stratégie de la peur qui est suivie par le gouvernement et les grands médias.

 

• Le nombre de « morts COVID » est maximisé.

Les statistiques les plus diffusées ne donnent pas la répartition entre les personnes mortes à cause de la COVID et celles mortes avec la COVID sans certitude quant à la cause du décès.

 

• L’information sur le nombre de « morts COVID » ne donne pas une idée juste de l’inégalité des risques au sein de la population.

Cette information insiste peu sur le fait que 65 % des “morts COVID ” avaient une cause de co-morbidité (cancer, problème cardiaque, diabète...) et que 78 % d’entre eux avaient plus de 75 ans. Ceci occulte le fait que les risques liés à la COVID sont très inégalement répartis au sein de la population.

Une information qui vise l’objectivité serait plus précise sur les bases de calcul des chiffres et leurs incertitudes. Elle choisit des chiffres évitant au public de se faire une idée fausse de la situation (ici, la croyance que le risque est élevé pour tous). Certes, en les cherchant, on peut trouver des chiffres permettant de prendre du recul mais l’information livrée au grand public ne les donne pas spontanément.

 

• Le nombre de « morts COVID » est présenté de manière à le rendre le plus impressionnant possible.

Il s’agit de biais de présentation bien connus : un chiffre important ex. 80 000 morts de la COVID en France paraît d’autant plus impressionnant qu’il n’est pas mis en perspective :

80 000 morts = 0,12 % de la population française ; pour comparaison, il meurt plus de 600.000 personnes par an en France, soit 0,9 % de cette même population.

1.900.000 morts dans le monde = 0, 02 % de la population mondiale. Les épidémies célèbres qui ont marqué les imaginations étaient beaucoup plus mortelles ; ex. grippe espagnole : 20 à 50 millions de morts dans le monde soit 1 % à 2,5 % de la population mondiale.

Une information qui vise l’objectivité ne présente pas à des “profanes” un chiffre sans mise en perspective. Faute de quoi, au mieux, ce chiffre ne leur dira rien ; au pire, par exemple parce qu’il est élevé, il suscitera des réactions émotives et des interprétations erronées.

 

Prenons-le temps de comparer ces deux modes de communication :

 

ESRI FRance Décès à l'hôpital © ESRI ESRI FRance Décès à l'hôpital © ESRI

 

Carte des % de décès ds au COVID, ramenés à la population départementale © AB Carte des % de décès ds au COVID, ramenés à la population départementale © AB

• Lorsque le nombre de morts cesse de croître, on en entend peu parler

et c’est le nombre de « cas positifs », qui est alors mis en avant, de manière discutable.

Une information qui vise l’objectivité permet au public de suivre facilement l’évolution des indicateurs utilisés tout au long de la crise.

Le nombre de cas est donné sans mention des incertitudes sur sa fiabilité. Ce nombre de cas “positifs” est assimilé à tort au nombre des personnes réellement atteintes par la maladie. Bon nombre de personnes “positives” sont dites “asymptomatiques”. Les résultats des tests PCR sont donnés sans respecter les recommandations de la Société Française de Microbiologie (en date du 25.09.20 puis du 14.01.21) ; celle-ci préconise d’accompagner le résultat d’une mention : “positif fort”, “positif ”, “positif faible” ou “négatif ”. Des critiques scientifiques ont par ailleurs été émises sur la fiabilité de ces tests mais ceci est rarement relayé dans les grands médias.

Ici également l’information visant l’objectivité fait défaut. En effet une telle information donne toujours, avec des chiffres, les incertitudes quant à leur fiabilité.

 

• La COVID a été d’autant plus inquiétante

que le gouvernement a soutenu et soutient qu’il n’existe pas de traitements, hormis le vaccin qui n’arrive qu’au bout de presque un an.

Le gouvernement a empêché les médecins de ville de traiter les patients en phase précoce, c’est-à-dire avant que les complications possibles ne surviennent. Ils les a empêchés de prescrire des médicaments connus (antiviraux, antibiotiques), s’invitant ainsi dans un rôle qui n’est pas le sien et sans jamais justifier publiquement sa position sur le plan scientifique par une étude sérieuse.

 

↪︎ Cette politique a évidemment contribué à augmenter le nombre de morts et l’engorgement des hôpitaux mais elle a aussi conforté l’image d’une maladie inquiétante parce qu’on ne saurait pas la traiter.

La confiance se nourrit d’une information la plus objective possible, respectant la capacité des citoyens à exercer leur jugement.

La peur, au contraire, bloque les fonctions de réflexion, nous rend vulnérables aux injonctions et réduit considérablement notre faculté d’esprit critique ou de résistance. C’est pourquoi la peur d’un danger, réel ou imaginaire, chez une population, rend celle-ci docile aux desiderata de celui qui apparaît comme le grand protecteur. Ainsi se construisent les dictatures.

 

↪︎ Un danger, tel celui de la COVID, peut donc en cacher un autre, au moins aussi digne de vigilance...

Les sources des informations présentées ci-dessus se trouvent dans une version en ligne plus détaillée de ce document.

 

POINT ACTU

Nous avons noté un film belge récemment disponible sur Internet.

Son titre : “Ceci n’est pas un complot”. Il revient de manière concordante sur les thèmes traités dans cet article, en s’intéressant au cas de la Belgique mais aussi d’autres pays. Il fait ainsi comprendre que ce que nous constatons en France se reproduit dans plusieurs pays occidentaux.

Nous avons mis en place un site https://questionscovid.fr/ où nous consignons et complétons ces petites gazettes avec divers articles pour approfondir nos questionnements. Des questions du type “qu'est-ce qu'un cas confirmé ?”, des informations sourcées sur les vaccins et d'autres articles pour s’y retrouver un peu mieux.

 

• Qui sommes-nous ?

Ce document est publié par le Collectif Citoyen Covid Bigorre. Il rassemble des citoyens qui se posent des questions sur la façon dont la crise sanitaire est gérée. Il est indépendant de tout parti politique, mouvement religieux ou intérêt commercial.

 

COVID 19 : Informer ou faire peur ?

Plus d’informations sur notre site : https://questionscovid.fr

Nous contacter : contact@questionscovid.fr

 

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La déclaration d’Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU

Ce document signé par La Concertation Citoyenne, et son site en perspective, viennent corroborer la déclaration d’Antonio Guterres, secrétaire général de L’ONU :

« Antonio Guterres, cité par Gabas 1 citant lui-même La libre Belgique 2 :

« Brandissant la pandémie comme prétexte, les autorités de certains pays ont pris des mesures de sécurité sévères et des mesures d’urgence pour réprimer les voix dissonantes, abolir les libertés les plus fondamentales, faire taire les médias indépendants et entraver le travail des organisations non gouvernementales. »

« Des défenseurs des droits humains, des journalistes, des avocats, des militants et même des professionnels de la santé ont fait l’objet d’arrestations, de poursuites et de mesures d’intimidation et de surveillance pour avoir critiqué les mesures – ou le manque de mesures – prises pour faire face à la pandémie. »

 

ainsi que, le 3 février 2021

cet accablant constat publié par l’hebdomadaire britannique de référence mondiale  :

The Economist rétrograde la France de « démocratie à part entière » à « démocratie défaillante »

« « La pandémie a mis en lumière la nature de la gouvernance dans les démocraties du XXIe siècle et, en particulier, la relation entre les gouvernements et le peuple, révélant des déficits démocratiques qui existent depuis longtemps. » [déclare] Joan Hoey, responsable de l’étude.

La France est loin d’être le seul pays à avoir régressé l’an passé. […] Cependant, malgré le contexte, 38 pays ont obtenu une note meilleure que l’an passé et 23 restent dans la catégorie démocratie à part entière ([ mais plus la France se classant 24ème avec une note de 7,99 loin derrière la Norvège, en tête, [qui obtient] 9,81).

En cause : les mesures prises dans le cadre de la pandémie de Covid-19, notamment les « restrictions de la liberté de déplacement », « plusieurs confinements et des couvre-feux nationaux », précise le rapport.

Une étude intéressante qui nous invite à prendre du recul sur la santé de notre démocratie et qui, plus encore, nous appelle à la vigilance.  3»



Vigilance que les parlementaires auront puissamment négligée, d’ici le mois de juin, où à peine 40 d’entre eux se décideraient à s’opposer – enfin – à l’inscription de l’urgence sanitaire, une potentielle seconde fois 4, dans la Constitution :

 

« Ennemis imaginaires

Or, troisième invalidation de la doxa, une fois imposé un confinement strict et prolongé rendu inévitable par manque d’anticipation, la santé est une deuxième fois sacrifiée avec la privation des liens sociaux qui sont la source de l’équilibre psychologique des êtres humains et forment le cœur de leur humanité. Drôle de dictature sanitaire que celle où la santé fait figure de variable d’ajustement.

Cette inversion des priorités entre le sanitaire et l’économique se voit à l’œil nu dans la logique du couvre-feu, qui empêche la vie sociale tout en permettant l’activité commerciale, comme dans la fermeture des lieux de culture, essentiels pour la socialisation, et qui n’exposent ni le nez ni la bouche, mais les yeux et les oreilles.

La négligence suivie de la brutalité. C’est le sens littéral du régime de « l’état d’urgence sanitaire », qui permet au gouvernement de prendre des décisions autoritaires précipitées faute d’avoir su anticiper 5, comme le fait remarquablement bien la Nouvelle-Zélande, dont la première ministre ne cesse de rappeler que la meilleure politique économique est une bonne politique sanitaire. »

 

INTERDIT ! PLUS POUR LONGTEMPS !!! © AB INTERDIT ! PLUS POUR LONGTEMPS !!! © AB
 

« De la démocratie “en Pandémie” – Santé, Recherche, éducation »

Je me permets de mettre en parallèle ce document référencé édité par le Collectif Citoyen Covid Bigorre avec la 4° de couverture de l’ouvrage « De la démocratie en pandémie – Santé, Recherche, éducation » 6, signé par Barbara Stiegler et « né d’une longue conversation entre collègues, chercheurs, enseignants, étudiants, soignants, citoyens, proches et amis, participants du Master “Soin, Éthique et Santé” ainsi qu’à ceux du séminaire “Démocratie, Science et Éducation”, fruit collectif de tous ceux qui ont participé à sa conception sa rédaction et sa relecture … » :

 

« La conviction qui nous anime en prenant aujourd’hui la parole, c’est que plutôt que de se taire par peur d’ajouter des polémiques à la confusion, le devoir des milieux universitaires et académiques est de rendre à nouveau possible la discussion scientifique et de la publier dans l’espace public, seule voie pour retisser un lien de confiance entre le savoir et les citoyens, lui-même indispensable à la survie de nos démocraties. La stratégie de l’omerta n’est pas la bonne.

Notre conviction est au contraire que le sort de la démocratie dépendra très largement des forces de résistance du monde savant et de sa capacité à se faire entendre dans les débats politiques cruciaux qui vont devoir se mener, dans les mois et les années qui viennent, autour de la santé et de l’avenir du vivant. »

 

Cet ouvrage collectif est pétri d’analyses historiques des stratégies politiques et gouvernementales, managériales et néolibérales qui se rejoignent en un ensemble cohérent, d’arbitraire strict, où tout comportement est dicté à la population, parallèlement à des incitations douces ou fortes visant à culpabiliser l’individu isolé et à lui faire intégrer l’auto-censure.

Le “nudging”, rend compte de ce nouveau « continent mental – “vivre en Pandémie” – aux contours flous et évolutifs, avec sa langue, ses normes et son imaginaire, que les dirigeants chinois ont été les premiers à explorer… et qui risque de durer des années et pourquoi pas des siècles et des siècles. 7 »

Ce “tract” débouche sur une proposition de résistances, d’oppositions et de mise en œuvre d’une contestation forte et coordonnée. De quoi redonner de l’espoir à nombre de générations dépitées et dont le moral est lessivé par les douches continuelles de ce pouvoir autocratique.

 

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Notes

1https://blogs.mediapart.fr/gabas/blog/230221/onu-covid-et-libertes-fondamentales

2https://www.lalibre.be/international/amerique/la-pandemie-est-un-pretexte-utilise-par-certains-etats-pour-reprimer-et-abolir-les-libertes-deplore-l-onu-6033a828d8ad5809d095efa3

3https://positivr.fr/the-economist-retrograde-la-france-de-democratie-a-part-entiere-a-democratie-defaillante/

Pour en savoir plus, lire le rapport de The Economist.

4« Comme en écho à cet état d’urgence et plutôt que de recourir à la Constitution, l’exécutif a opté pour l’adoption d’une loi d’urgence sanitaire (adoptée le 23 mars 2020), qui vise à donner un fondement légal aux mesures restrictives de liberté prises par le Premier ministre et le ministre de la Santé pour lutter contre cette épidémie, mais aussi celles qui pourraient survenir à l’avenir. » https://juriswin.com/2020/04/23/constitution-et-crise-sanitaire-quels-outils-pour-reagir-face-a-la-crise-du-covid-19/

mais n’oublions pas l’inconstitutionnalité de cette loi organique dénoncée par les constitutionnalistes Paul Alliès et Paul Cassia.

5« Ces décisions du conseil de défense – où se décide la gestion de crise, est prisé par Emmanuel Macron et décrié par l’opposition – sont-elles fondées sur une raison supérieure sanitaire ? Il y a tout lieu d’en douter :

Quatre mois d’inaction pendant lesquels le virus s’est répandu aux quatre coins du pays, largement ouvert aux flux touristiques, suivi d’un mois de confinement avec un indice de sévérité de 80 % des restrictions économiques et sociales de l’université d’Oxford.

L’attentisme économique a primé et différé les décisions de confinement, conduisant à les rendre drastiques. » https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/01/29/il-en-va-de-la-dictature-sanitaire-comme-de-la-dictature-verte-ce-sont-des-fictions-toxiques_6068068_3232.html

6Collection Tracts Gallimard n° 23 janvier 2021 G05375 ISBN 978-2-07-294222-B, 3,90€

7ibid. pages 8 et 9

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