Projet de vaccination obligatoire : Les Collectifs Citoyens pour une sortie de crise

Alors que l’Assemblée Nationale et le Sénat débattaient de la mouture du gouvernement, retour sur l'action de plusieurs Collectifs Citoyens, concertés avec des professionnels de santé en Bigorre et en Occitanie, qui tentaient de leur ouvrir les yeux et les oreilles sur les fondements scientifiques et éthiques, élargissant le débat à ce qui était occulté dans les questionnements officiels.

En Bigorre retrace ici le cheminement de l’échange avec les élu·e·s

1/ Nos lecteurs ont déjà pris connaissance du texte qui leur a été envoyé :

https://blogs.mediapart.fr/edition/en-bigorre/article/160721/les-collectifs-citoyens-et-le-projet-de-vaccination-obligatoire-pour-la-covid-19

2/ Certain·e·s député·e·s ont répondu.

3/ et nous (c'est-à-dire des collectifs citoyens, en concertation avec des professionnels de santé d'Occitanie) avons réagi par ce texte à leur réponse.

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Nous sommes des citoyens responsables, des médecins, des scientifiques.

Nous sommes pour l'immense majorité vaccinés contre la Diphtérie, le Tétanos, la Polio, et respectueux des lois.

Nous sommes de différentes tendances politiques.

Nous vous avons fait parvenir le rapport des collectifs citoyens qui vient compléter trois autres rapports sur la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement, avec nos propositions.

Nous vous avons écrit pour vous faire part de notre opposition à l'obligation vaccinale et au pass sanitaire.

Nous avons reçu des réponses inexactes ou fausses de la part de députés ou sénateurs qui ont pris position pour l'obligation vaccinale des soignants et le pass sanitaire. Voici quelques exemples.

 

 L'obligation vaccinale renouvelée ?

Députés/Sénateurs : « Concernant l’obligation vaccinale des soignants, ce n’est pas une nouveauté puisque les personnels soignants doivent déjà être vaccinés contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (vaccin à renouveler tous les 10 ans), l’hépatite B et la tuberculose ».

Concertation Citoyenne - Tout d'abord le vaccin contre la tuberculose n'est pas obligatoire. Pour le D.T.Polio, les rappels sont désormais recommandés à 25 ans, 45 ans, 65 ans, puis tous les 10 ans à partir de 65 ans.

La comparaison avec une obligation vaccinale existante n'est pas valide. Jusqu'à présent, les vaccins obligatoires concernent des vaccins qui disposent d'une véritable autorisation de mise sur le marché (AMM). Les vaccins par injections géniques contre la Covid 19 n'ont qu'une AMM conditionnelle. De plus justifier une obligation par cet argument n'a aucun sens ni médical ni scientifique.

 

Des autorisations conditionnelles de mise sur le marché pour un an, un déni grave d'information

D. S.- « Les études montrent que deux doses de vaccins Pfizer ou Moderna garantissent une protection à plus de 95% contre les formes graves de Covid (80% pour une seule dose). Il s’agit d’un niveau de protection considérable, même si le risque 0 n’existe pas. A la lumière de ces données, la balance bénéfice risque du vaccin ne fait aucun doute ».

C.Cs - Les données scientifiques ne proviennent que des laboratoires et présentent des biais concernant la réduction des risques. Il y a ainsi des astuces pour présenter, artificiellement, un médicament comme étant efficace. Quant à la balance bénéfices/risques, elle sera connue en 2022 ou 2024 selon les vaccins, raison pour laquelle ces vaccins à injections géniques possèdent une autorisation de mise sur le marché conditionnelle pour un an. Fin 2021 ou début 2022 selon les produits, cette AMM conditionnelle sera renouvelée, ou non. Nous attendons toujours les résultats intermédiaires.

 

Un changement de la définition médicale de "cas confirmé" pour la Covid 19 par Santé Publique France ! d'où découlent des flous interprétatifs sur les tests PCR et salivaires

D. S.- « Nous observons une progression de plus de 150% du nombre de contaminations par rapport à la semaine dernière ».

C.Cs - Il y a deux points à aborder : la définition d'un cas, et la quantification virale sur un test PCR.

a/ En 2012, le virus respiratoire MERS-CoV fait son apparition en Arabie Saoudite. On distingue les cas possibles et les cas confirmés. Un cas possible est un malade qui présente des symptômes d’infection respiratoire. Un cas confirmé est un cas possible avec des prélèvements indiquant la présence du coronavirus MERS-CoV. Pour la Covid 19, la signification de ce terme a changé par rapport au MERS-CoV. Santé Publique France annonce quotidiennement le nombre de « cas confirmés ». Mais un « cas confirmé » n’est plus une maladie confirmée, mais est défini sur la base d’un résultat PCR positif. Peu importe que la personne présente des symptômes ou non.

Le réseau Sentinelles présente de façon hebdomadaire le nombre de cas de maladies contagieuses en médecine de ville. Cet outil a été adapté à la Covid 19 concernant les malades ayant une infection respiratoire aiguë avec un test PCR positif. Le nombre de patients hospitalisés est également précisé. Mais ces données fiables n'ont pas été utilisées. A la place, on annonce tous les jours dans les médias le nombre de « cas » : on confond ainsi les cas (qui ne sont donc que des tests PCR positifs) avec les malades. Pour le réseau Sentinelles, les cas d’infection respiratoire aiguë liée à la Covid 19 ont connu le dernier pic fin octobre 2020 (82 cas pour 100.000 habitants). Depuis, le nombre de cas reste très bas. À la mi juillet 2021, il est de 4 cas confirmés pour 100.000 habitants.

b/ Outre la définition d'un cas confirmé, se pose le problème des cycles d'amplification pour les PCR. En septembre 2020, la Société Française de Microbiologie, dont l’avis a été sollicité par la Direction Générale de la Santé, a recommandé de présenter les résultats en termes de positif fort, positif, positif faible, négatif. Cette quantification de la charge virale permettrait de dépister les personnes ayant une excrétion virale forte afin de casser rapidement les chaînes de contamination. Or cet avis n’a pas été pris en compte.

Pour Santé Publique France, le résultat d’un test PCR est binaire, positif ou négatif. De ce fait, on ne sait pas si un test PCR positif correspond à la présence de très nombreuses particules virales, à une faible présence de particules virales contagieuses, ou à un faux positif avec absence de particules virales contagieuses. Le même raisonnement s'applique aux tests salivaires en ciblant en priorité un cycle d'amplification inférieur à 25. Donc, en parlant de cas sur la base d'une simple PCR positive sans tenir compte de la présence ou non de symptômes, et en ne quantifiant pas la charge virale, la mesure du nombre de cas n'est pas rigoureuse.

 

Un préalable faux, une croyance assénée en boucle, la partialité des choix informationnels du gouvernement

 D. S.- Pour reprendre les termes du ministre de la santé, je ne suis pas « fan » du pass sanitaire. Personne ne souhaite être contrôlé dans son quotidien. Mais nous n’avons malheureusement pas d’alternative ».

« La vaccination est notre seule promesse de liberté, notre seul moyen de lutter contre les confinements, couvre-feu et restrictions de déplacements ».

C.Cs - Toute la politique de gestion de la crise repose sur ce préalable faux, cette croyance assénée en boucle que la vaccination est la seule porte de sortie. A force d'être répété, un mensonge devient vérité ! Il serait plus exact de dire que le gouvernement n'a pas voulu prendre en compte les nombreuses études scientifiques déjà existantes, comme par exemple celles sur l'ivermectine. Justement, une étude récente (une de plus parmi les nombreuses études publiées sur l'ivermectine) sur l'utilisation à un stade précoce de la maladie de cet ancien remède montre une réduction du nombre de personnes qui progressent vers une maladie grave ainsi que du nombre de décès. Mais le gouvernement a verrouillé la médecine de ville pour présenter les vaccins par injections géniques contre la Covid 19 comme unique recours. Pendant combien de temps encore le ministre des solidarités et de la Santé va-t-il bloquer en particulier ce traitement, et d'une manière générale toute tentative de traitement précoce des formes symptomatiques de la maladie par des molécules anciennes qui présentent très peu d'effets secondaires ?

 

La gravité des effets secondaires précoces des vaccins par injections géniques passée sous silence ou minimisée

D. S.- « Toutefois, il convient de préciser que la technologie en cause, dite ARN messager, est étudiée depuis plusieurs années et ne présente aucun danger, en elle-même, pour votre santé. La seule incertitude qui demeure concernant cette technologie concerne la durée de l’efficacité des vaccins à ARN. Le risque, qui existe, est donc fortement limité et les bénéfices peuvent être grands ». 

C.Cs -  On connaît les effets secondaires précoces des vaccins par injections géniques (on peut consulter le site de l'ANSM, le site de l'Agence européenne du médicament et la base de données de l'OMS. Lorsqu’il y a un effet indésirable précoce après cette injection génique, dans 28 % des cas, ces effets indésirables sont graves, pouvant aller jusqu’au décès. Il faut consulter ces bases de données pour constater la très impressionnante liste des effets secondaires des vaccins par injections géniques, d'où l'embolie du système de pharmacovigilance. Il est difficile de trouver un autre médicament qui provoque autant d'effets secondaires graves. Quant aux risques à moyen et long terme, on ne les connaît absolument pas. Les vaccins par injections géniques sont des remèdes insuffisamment éprouvés. Le code de déontologie médicale invite à la plus grande prudence concernant la prescription d'un tel remède. Les médecins devraient donc informer sur le caractère conditionnel de l’AMM, les possibles effets indésirables précoces et le fait que les effets à moyen et long terme ne sont pas connus.

Les thérapies géniques sont effectivement étudiées, le plus souvent pour soigner des maladies rares et dues à des anomalies génétiques. Tandis qu’elles génèrent de très grands espoirs, les thérapies géniques sont également associées à des nouveaux risques très importants, notamment des risques d’infection virale si un vecteur viral se réactive, et des risques de cancer. Croire en leur fiabilité et en leur innocuité relève plus de la foi que du raisonnement rationnel et de la preuve scientifique. En 2003 lors d'un essai de thérapie génique dans le cas de bébé bulle, il y eut deux décès par leucémie déclenchés par la thérapie génique.

 

Prudence et respect des lois existantes perçues comme un scepticisme vaccinal…

D. S.- « Le scepticisme vaccinal ne saurait être une option. Le scepticisme vaccinal est un chemin d’enfermement pas un choix de liberté ».

C.Cs - Il ne s'agit pas de scepticisme mais de prudence et de respect des lois mises en place pendant des décennies pour assurer la sécurité aux citoyens français, lois élaborées à partir des connaissances scientifiques, lois mises à mal par une gestion ubuesque de la maladie Covid.

La gestion par la peur n'est pas la solution pas plus que la carotte et le bâton : les Français ne sont pas des ânes. Quand on est en guerre, on utilise toutes les armes :

  • la prévention avec une large campagne de prévention des formes graves par la Vitamine D,

  • une véritable stratégie tester, tracer, isoler optimisée grâce à la quantification de la charge virale

  • le traitement précoce des formes symptomatiques

  • la vaccination avec différents types de vaccin dont des vaccins classiques à virus tués

C'est notre expérience de terrain, notre réseau de chercheurs, biologistes, médecins de terrain, citoyens très informés, qui nous permet d'être si affirmatifs. Comment expliquer le scepticisme du gouvernement sur les trois premières armes au point de les ignorer, pour se concentrer sur une seule. Les trois premières sont potentiellement immédiatement disponibles et peu chères. La recommandation de l'Académie de médecine sur la Vitamine D date de mai 2020 et celle de la Société Française de Microbiologie de septembre 2020.... Quant au traitement précoce des formes symptomatiques de la maladie, des prescriptions en recommandation temporaire d'utilisation permettent d'avoir un bon suivi.

La vaccination est une arme qui ne peut être utilisée que plusieurs mois après le début d'une pandémie. Que de mois perdus ! Qui plus est, concernant les vaccins par injection géniques, on est loin de savoir s'il sont efficaces notamment sur les décès chez les personnes à risque, ni s’ils sont sûrs, ou s'ils peuvent provoquer l'apparition de nouveaux variants.

 

Pour conclure :

C.Cs - Vous comprendrez que nous ayons perdu toute confiance dans le gouvernement et sa façon de gérer la crise sanitaire. Nous ne pouvons plus nous satisfaire, en retour à nos demandes, d'une simple affirmation péremptoire : « ça ne marche pas ». Les Français ne veulent plus d'élus soumis à de fausses assertions et à une discipline de groupe basée sur des considérations purement politiques. En tant qu'élus, vous avez comme mission d'écouter tous les points de vue, en particulier celui des médecins libéraux ayant une bonne expérience de la prise en charge des malades, et celui des patients experts. L'expertise sanitaire doit être libre de tout conflit d'intérêt.

Nous espérons que ces informations permettront d'améliorer vos connaissances, et vous inciteront à pousser le gouvernement à mettre enfin en place les mesures qui vont réellement protéger la population.

Nous avons besoin d'indicateurs fiables (les données du réseau Sentinelles), d'analyses fiables (une quantification de la charge virale), de traiter une maladie par la médecine et non par des outils politiques tels un pass sanitaire ou des mesures coercitives, et de renforcer l'hôpital au lieu de le démanteler comme on le fait depuis des années.

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NB: Les titres rouges ont été ajoutés par En Bigorre.

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