Les enjeux vitaux de l’eau

2,2 milliards de personnes qui vivent sans accès à de l'eau potable en mars 2021 ! Or la question de cet accès vital repose historiquement sur des politiques monopolistiques, de “contre hégémonie”, ou sur les anticipations pharaoniques. À plus petite échelle nous retrouvons toute cette potentialité de conflits dans les Hautes-Pyrénées où les sources abondent encore. Mais jusqu’à quand ?

2,2 milliards de personnes qui vivent sans accès à de l'eau potable, nous dit l’ONU, soit 3 personnes sur 10 qui en sont privées en mars 2021 !

Or la question de l’accès à la ressource vitale repose historiquement sur des législations monopolistiques (la colonisation britannique en Egypte en est un exemple), sur des politiques de “contre hégémonie” (l’Éthiopie appuyée par la Chine), sur les rivalités concernant l’utilisation des eaux des Grands Lacs et des nappes phréatiques canadiennes (Ogallala), sur les anticipations pharaoniques (remise en eau de la Mer Morte, détournement des aquifères imaginé par Khadafi etc.) et sa recherche fait même l’objet d’investigations incroyables sur la planète Mars !

Nous retrouvons à plus petite échelle, et avec des tensions plus larvées (quoique) toute cette potentialité de conflits en France, et spécifiquement dans les Hautes-Pyrénées où les sources abondent encore. Mais jusqu’à quand ?



SOMMAIRE

1 LA QUESTION MONDIALE DE L’EAU

   1.1 La position du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon

      1.1.1 L’ONU fait les constats suivants

      1.1.2 L’ONU a défini de nombreux objectifs

   1.2 Enjeux politiques et de suprématie : le partage de l’eau-ressource dont chacun veut la garantie

      1.2.1 La situation de l’Egypte et de ses voisins du Sud

      1.2.2 Détourner l’eau des Grands Lacs ?

   1.3 Des politiques d’intervention mégalomanes pour une garantie de ressource nationale

      1.3.1 L’avenir de la Mer Morte ?

      1.3.2 La question de l’eau en Libye

      1.3.3 La question à double entrée de l’eau sur Mars

2 LA GESTION DE L’EAU ET SES ENJEUX EN HAUTES-PYRÉNÉES

   2.1 la gestion du canal de la Neste, dont la concession se résilie en 2030, est assurée par la CACG en difficultés financières

   2.2 Le rapport de la Cour Régionale des Comptes sur la CACG

      2.2.1 L’historique des relations entre l’État et la CACG

      2.2.2 L’évolution du schéma conjoncturel

      2.2.3 Les propositions de remise à flot

   2.3 le projet expérimental de la RÉutilisation des Eaux Usées pour l'irrigation (RÉUSE) sur Aureilhan a été stoppé.

      2.3.1 La promotion de l’expérimentation

      2.3.2 Mais de quelle évaluation de risques pour la santé humaine s’agit-il ?

      2.3.3 Une prolifération mal connue d’entérobactéries productrices de BLSE

      2.3.4 Une prolifération incontrôlée de bactéries résistantes aux antibiotiques connus

3- L'ENJEU EAU ET CLIMAT : UNE PÉTITION DES ORGANISATIONS PUBLIÉE LE 22 MARS

4- IRRIGATION EN ADOUR : LES ASSOCIATIONS MENACÉES (communiqué de presse FNE 65)

5- CONCLUSION PROVISOIRE





1 LA QUESTION MONDIALE DE L’EAU

   1.1 La position du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon

« Une personne sur trois vit dans un pays connaissant un stress hydrique modéré ou grave. D’ici 2030, c’est la moitié de la population de la Terre qui pourrait souffrir de pénuries d’eau, avec une demande supérieure de 40 % à l’offre. Il est donc indispensable d’unir nos efforts pour protéger cette ressource fragile et non renouvelable, face aux changements climatiques et aux besoins de la population. »



      1.1.1 L’ONU fait les constats suivants (extraits) :

80% des eaux usées sont rejetées dans les cours d'eau sans traitement adéquat

Plus de 1,7 milliard de personnes vivent actuellement dans des bassins fluviaux où l’utilisation de l’eau est supérieure à la quantité disponible

Le monde a perdu 70% de ses zones humides au cours du siècle dernier.

L’hydroélectricité est la source d’énergie renouvelable la plus importante et la plus utilisée. Depuis 2011, elle représentait 16% de la production totale d’électricité dans le monde.

D'ici à 2040, la demande mondiale d'énergie devrait augmenter de plus de 25 % et la demande d'eau devrait augmenter de plus de 50 % 1

Environ 70% de toute l’eau prélevée dans les rivières, lacs et aquifères est utilisée pour l’irrigation



      1.1.2 L’ONU a défini de nombreux objectifs 2 (extraits) :

D’ici à 2020, protéger et restaurer les écosystèmes liés à l’eau, notamment les montagnes, les forêts, les zones humides, les rivières, les aquifères et les lacs.

D’ici à 2030, améliorer la qualité de l’eau en réduisant la pollution, en éliminant l’immersion de déchets et en réduisant au minimum les émissions de produits chimiques et de matières dangereuses, en diminuant de moitié la proportion d’eaux usées non traitées et en augmentant considérablement à l’échelle mondiale le recyclage et la réutilisation sans danger de l’eau.

D’ici à 2030, augmenter considérablement l’utilisation rationnelle des ressources en eau dans tous les secteurs et garantir la viabilité des retraits et de l’approvisionnement en eau douce afin de tenir compte de la pénurie d’eau et de réduire nettement le nombre de personnes qui souffrent du manque d’eau.

Appuyer et renforcer la participation de la population locale à l’amélioration de la gestion de l’eau et de l’assainissement.

 © Eau douce à quel prix ? | UNESCO © Eau douce à quel prix ? | UNESCO

https://mediathequedelamer.com/thematique/la-mer-a-boire/?page=2

   1.2 Enjeux politiques et de suprématie : le partage de l’eau-ressource dont chacun veut la garantie

      1.2.1 La situation de l’Égypte et de ses voisins du Sud

« L’Égypte devient indépendante en 1922 et reprend directement l’argumentaire britannique: elle dispose de droits historiques sur le fleuve, qui lui donnent une priorité totale sur son cours et interdit aux pays d’amont toute modification3

« Conçu par les Soviétiques, commencé en 1962, le barrage d’Assouan qui créa le Lac Nasser fut terminé en 1971. Le but avoué du barrage d'Assouan, en Égypte, était la promesse de nouvelles terres, la fourniture d'eau aux collectivités, une agriculture hydraulique, la protection contre les crues, la navigation fluviale, les ressources énergétiques... bref que des bonnes intentions. Son but secret était plus politique … » 4

Mais en 2013, l’Éthiopie commence la construction du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne sur le Nil bleu à Guba. Ce “plus grand barrage hydroélectrique en Afrique” suscite la colère du Soudan et de l'Égypte et les négociations destinées à trouver un consensus sur le rythme de remplissage de ce barrage sont au point mort. Une opposition de fond dans le bassin entre l'Égypte en aval qui dépend du Nil à 98% et l'Éthiopie, en amont, qui s'affirme comme une puissance émergente au niveau continental génère deux niveaux de discorde : un technique et surtout un autre géopolitique. 5

Lors d’un Comité stratégique sur la question de la construction du barrage éthiopien, en 2013, l’ancien président Morsi « conclut le débat très agressif, en tentant de tempérer les déclarations «mais en insistant fermement sur la position intransigeante de l’Egypte concernant ses droits sur le Nil »6



      1.2.2 Détourner l’eau des Grands Lacs ?

Exportations, détournements et dérivations de cours d'eau : les États-Unis sont complètement boulimiques en eau et sont persuadés que leur argent peut assurer leur approvisionnement, mais les choses peuvent changer, notamment en ce qui concerne les Grands Lacs... 7

Avec l'Aléna et la Zléa (accords de libre-échange), le risque, dans les prochaines décennies, de détournements des eaux [des Grands Lacs], du Québec et de Colombie-Britannique surtout, découlera notamment des piètres stratégies de gestion des ressources hydriques aux États-Unis. Le bassin des Grands Lacs fournit de l’eau à environ 33 millions de personnes, avec un rendement économique de 5,8 milliards de dollars en 2014 selon le Toronto Star.8



   1.3 Des politiques d’intervention mégalomanes pour une garantie de ressource nationale

      1.3.1 L’avenir de la Mer Morte ?

Les gouvernements d'Israël, de la Palestine et de la Jordanie se sont déjà mis d'accord pour élaborer un plan de maintien pour la mer Morte.

Le plan RDSC ("Red-Dead Sea Conveyor"), le plus abouti, proposait aux différents pays côtiers de la Mer Morte et de la Mer Rouge de créer des canaux qui relieraient ces deux régions. L'eau de la Mer Rouge serait donc transportée vers la Mer Morte, en profitant de la différence d’altitude de ces deux contrées. Bien qu’utile comme solution pour le sauvetage de la Mer Morte, un projet de cette envergure aurait un impact environnemental important, peut-être pas uniquement bénéfique. C’est pour cette raison qu’il reste en suspens en attente d’études plus poussées.9



      1.3.2 La question de l’eau en Libye

« En Libye, dont 95% du territoire est désertique, l’eau a toujours été un enjeu de vie et de mort. La découverte d’une vaste nappe souterraine sous le Sahara a conduit le colonel Kadhafi à imaginer un gigantesque projet de transfert d’eau pour alimenter les villes de la côte et une agriculture irriguée : le "Grand Fleuve Artificiel" (GFA). Un projet hyperpolitisé dont le devenir illustre à sa manière les limites de tout un modèle de développement et de conception du pouvoir. 

La Libye compte 16 barrages qui retiennent en moyenne 61 millions de m3 alors que leur capacité totale est de 385 millions de m3. La dégradation des capacités des réservoirs d’Afrique du Nord par sédimentation [et] la récession des ressources en eau irrégulières maîtrisées sont inévitables à plus ou moins long terme ».

Quelques unités de dessalement fournissent entre 20 et 30 millions de m3 d’eau annuellement, alors que la capacité installée est de 65 millions de m3. Les médiocres conditions opératoires expliquent cet écart. On notera cependant qu’en Libye, la totalité des eaux usées est utilisée par l’agriculture.

Ivan Ivekovic, de l’Université américaine du Caire, explique le déroulement des étapes de GFA : « Le projet a été conçu pour comprendre trois étapes.

• La phase 1 pompait l’eau à partir des pipelines de l’Est alimentés par les puits d’As-Sarir et de Tazerbo pour alimenter Benghazi et Syrte ;

• la phase 2 amenait l’eau du Fezzan à Tripoli et aux pipelines de l’ouest dans la Jeffara ;

• la phase 3 visait à créer un système intégré, à augmenter la capacité totale quotidienne à près de 4 millions de m3 et fournir à la ville de Tobrouk 138 000 m3/jour.

D'un coût estimé à près de 30 milliards de dollars, le réseau de près de 5 000 kilomètres de conduites du GFA, provenant de plus de 1 300 puits forés jusqu'à 500 mètres de profondeur dans le Sahara, était également destiné à augmenter la quantité de terres arables pour la production agricole. 10»

Libye - La Grande Rivière Artificielle (2000) © orwelltoday.com Libye - La Grande Rivière Artificielle (2000) © orwelltoday.com
 

https://www.orwelltoday.com/libwatermapaquifer.jpg



Kadhafi visait à assurer l’alimentation en eau potable des villes côtières à raison de cinq millions de m3 par jour [et] aussi à assurer au pays la sécurité alimentaire au moyen de l’irrigation. Il avait, en fait, en vue le modèle californien de la San Joaquim Valley. La Californie est également un désert que l’irrigation a transformé et qui produit aujourd’hui, outre le coton, une importante proportion des aliments destinés au marché américain. 

« Pour le moment, les seuls agro-marchés de la zone méditerranéenne en concurrence pour la fourniture d'agrumes et de divers autres produits de supermarché populaires en Europe sont Israël et l’Égypte. Dans 10 ou 20 ans, la Libye pourrait dépasser ces deux pays parce qu'ils ont maintenant l'eau pour verdir le désert. » 11

Au vu des événements dramatiques que vit la Libye aujourd’hui [2015], et étant donné la faiblesse voire la disparition de l’État libyen, il est évident que, dans cette région désertique qui essuie des crises et connaît de sérieux problèmes au sujet de la ressource, le vainqueur des confrontations actuelles sera celui qui mettra la main sur ce fabuleux océan d’eau fossile au sud de la Libye et qui atteint maintenant les villes méditerranéennes.» 12



      1.3.3 La question à double entrée de l’eau sur Mars

L'une des grandes quêtes de l'exploration de Mars est la recherche de gaz atmosphériques liés à l'activité biologique ou géologique, ainsi que la compréhension de l'inventaire passé et présent de l'eau sur la planète, afin de déterminer si Mars a pu être habitable dans son passé et si des réservoirs d'eau pourraient être accessibles pour une future exploration humaine.

Selon une nouvelle étude publiée dans la revue Science Advances par deux chercheurs britanniques de l’Open University, une partie de cette eau s’évapore encore, sous forme d’hydrogène s’échappant de l’atmosphère martienne. La découverte a été réalisée grâce à un petit appareil nommé NOMAD - placé à bord de la sonde ExoMars de l’Agence spatiale européenne (ESA) et du russe Roscosmos - qui mesure la lumière passant à travers l’atmosphère de la planète.

« L’instrument NOMAD 13 est en train de changer fondamentalement notre compréhension de l’évolution de l’eau sur Mars », […] comment Mars a perdu son eau au fil du temps », et donc comment son « habitabilité a changé au long de son histoire ».

https://www.leparisien.fr/sciences/de-la-vapeur-deau-decouverte-dans-latmosphere-de-mars-10-02-2021-45FBBO35LBCP7EADBF3VLSCVWQ.php

« Selon un processus très similaire à celui observé sur Terre, les sels sous forme de chlorure de sodium (NaCl) - vestiges des océans évaporés et emprisonnés dans la surface poussiéreuse de Mars - sont soulevés dans l'atmosphère par les vents. La lumière du soleil réchauffe l'atmosphère, ce qui provoque l'ascension des poussières, ainsi que de la vapeur d'eau (H2O) libérée par les calottes glaciaires. La poussière salée réagit avec l'eau atmosphérique pour libérer du chlore, qui lui-même réagit avec les molécules contenant de l'hydrogène pour créer du chlorure d'hydrogène. D'autres réactions pourraient faire redescendre à la surface les poussières riches en chlore ou en acide chlorhydrique, peut-être sous forme de perchlorates, une classe de sel composée d'oxygène et de chlore.»14



2- LA GESTION DE L’EAU ET SES ENJEUX EN HAUTES-PYRÉNÉES

Dans le cadre de la journée mondiale de l'eau du 22 mars, l’association ATTAC 65 a organisé une conférence de presse pour faire le point sur l’évolution prochaine de la gestion de l’eau vers une gouvernance régionale, un projet expérimental de réutilisation des eaux usées pour l’irrigation et l’enjeu global “Eau et Climat”.

   2.1 la gestion du canal de la Neste 15, dont la concession se résilie en 2030, est assurée par la CACG en difficultés financières

à rapprocher des deux objectifs des Nations-Unies :

« c) D’ici à 2030, augmenter considérablement l’utilisation rationnelle des ressources en eau dans tous les secteurs et garantir la viabilité des retraits et de l’approvisionnement en eau douce afin de tenir compte de la pénurie d’eau et de réduire nettement le nombre de personnes qui souffrent du manque d’eau.

d) Appuyer et renforcer la participation de la population locale à l’amélioration de la gestion de l’eau et de l’assainissement »



En mai 2019, la commune de Bagnères-de-Bigorre avait voté le principe de la construction de la nouvelle usine de production d'eau potable de Médousl’actuelle, en service depuis 1932, alimente en eau potable certes une grande partie du bassin de Bagnères mais aussi deux Syndicats Mixtes d’Adduction d’Eau Potable (SMAEP) : Tarbes-Sud et Adour-Coteaux, soit environ 30.000 habitants. — Huit mois plus tard, la Communauté d’Agglomération Tarbes-Lourdes-Pyrénées (130 000 hab. en 2018) en prenait la compétence 16.

L’idée est de donner à VEOLIA une compétence de service public qui couvrira toutes les Hautes-Pyrénées.

La CACG « conçoit, construit, et met en œuvre des projets dans le but de concourir à l’aménagement du territoire. Dans ce cadre, ses principaux clients sont les collectivités territoriales, les agriculteurs et les entreprises privées. Elle est établie en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine ». Ce qui n’apparaît pourtant pas sur le site est l’enquête du Canard Enchaîné :

En 2014, la forte contestation des opposants à la construction du barrage de Sivens – où Rémi Fraisse a été tué par la police et dont la position de la justice pose encore question attire l'attention sur la CACG. Le 5 novembre, le Canard enchaîné relève que son conseil d'administration est composé très majoritairement d'élus des conseils généraux et régionaux de Nouvelle-Aquitaine et d'Occitanie, ce qui est susceptible de constituer un conflit d'intérêt, les mêmes personnes « ayant l'idée d'un projet, en étudient la faisabilité, le votent et en possèdent la maîtrise d'ouvrage » à travers des structures différentes.

La Compagnie d’Aménagement des Coteaux de Gascogne (CACG) a fait l’objet d’un rapport de la Cour Régionale des Comptes, publié le 18 mars 2021. Société anonyme d'économie mixte, située à Tarbes (Hautes-Pyrénées), elle compte environ 200 salariés.

Périmère d'intervention de la CACG © CACG Périmère d'intervention de la CACG © CACG
 

https://www.ccomptes.fr/fr/documents/55115 page151

   2.2 Le rapport de la Cour Régionale des Comptes sur la CACG

      2.2.1 L’historique des relations entre l’État et la CACG

« Deux concessions ont été signées avec l'État, une première en 1960 portant sur la création et l'exploitation des ouvrages nécessaires à la mise en valeur d'une zone couvrant le Gers, le nord des Hautes-Pyrénées et une partie des départements limitrophes, une seconde en 1990 pour la réhabilitation du canal de la Neste. Elles ont conduit à la construction de 15 barrages, de 60 stations de pompage et de 2 200 km de réseaux.

Pour financer la réalisation de ces différents équipements, l'État a versé à la SEM des dotations compensatoires, sous forme de mises à disposition d'agents et de subventions d'équipement, La CACG a reçu, conformément au décret de concession, 250 MF (environ 38 M€) de subventions nationales d'investissement entre 1990 et 2000 pour la réhabilitation du canal de la Neste.

À l'issue de la réalisation des principaux ouvrages, l'État s'est progressivement retiré des activités de la CACG, à la fois en termes de financements et de pilotage. Il n'adresse plus de lettre de mission à la compagnie depuis 1995.

Ses dotations financières ont été très fortement réduites. Les salariés de la compagnie ne sont plus désormais des agents d'État et l'aide transitoire versée pour leur remplacement s'est éteinte en 2008.

Les subventions nationales ont baissé avec la diminution des projets sur le périmètre de concession, passant d'une moyenne de 4 M€ par an dans les années 90 à 0,8 M€ dans les années 2010. Par ailleurs, son aide à la gestion des étiages, versée via l'Agence de l'eau Adour-Garonne, devrait disparaître en 2021.

      2.2.2 L’évolution du schéma conjoncturel

Elle compte aujourd'hui 216 salariés, répartis sur sept agences, et gère 65 barrages pour le compte des départements, de syndicats mixtes, d'associations syndicales autorisées [ASA)1® et de l'institution Adour'®, La politique agricole de la région est parallèlement montée en puissance et les départements accordent des financements importants dans le domaine de l'irrigation.

Les nouvelles dispositions du code de l'environnement permettent le regroupement des EPCI au sein d'un établissement public territorial de bassin (EPTB}, et la coordination des actions sur un territoire correspondant à un grand bassin versant, tel est le rôle de l'institution Adour 17. Une augmentation de capital de la société permettrait cette mise en cohérence et renforcerait les ressources de la CACG, qui connaît une forte dégradation de sa trésorerie.

Au bilan, depuis 2014, le remboursement du capital de la dette, de l'ordre de 2 M€ par an, excède la capacité d'autofinancement de la CACG. Le délai de désendettement dépasse 18 années fin 2017 et devient non mesurable à partir de 2018, la capacité d'autofinancement étant négative.

Parallèlement, les souscriptions des irrigants diminuent, reflétant les difficultés économiques des exploitations agricoles. L'endettement de nombreuses exploitations, l'obligation de laisser certaines parcelles en jachère ou l'encouragement à la diversification des cultures participent à cette baisse des souscriptions. Les débits souscrits sur les concessions d'État par les agriculteurs ont baissé de 9 % depuis 2015 et les recettes de ventes d'eau de près de 3 %.

La situation financière dégradée de la CACG illustre le déséquilibre croissant des concessions d'État, lié à l'inadaptation actuelle des ressources de la SEM, aux contraintes environnementales et aux difficultés économiques du monde agricole. Son modèle économique doit nécessairement évoluer.

Au regard des difficultés rencontrées par la société, le conseil d'administration de la SEM a adopté en juin 2020 un plan de redressement d'une durée de trois ans, prévoyant plus particulièrement une politique de modération des investissements et d'économies sur les coûts indirects jusqu'à l'amélioration des ratios financiers.

      2.2.3 Les propositions de remise à flot

La CACG gère 500 millions de mètres cubes d'eau, dont 40 % sont valorisés en moyenne. Ainsi, 60 % des volumes d'eau gérés, destinés à soutenir le milieu en maintenant les étiages fixés par les arrêtés préfectoraux, ne sont pas facturables.

Alors que les charges d'exploitation de la société augmentent, notamment celles d'électricité et de maintenance, cet usage « environnemental » n'a pas de contrepartie en recettes : La société doit, dans ces conditions, concilier le désengagement financier de l'État entraînant une rentabilité décroissante des concessions, et le renforcement des besoins environnementaux comme la réalisation d'aménagements pour prévenir les inondations et les sécheresses.



Les régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, à la demande de l'État, se concertent pour convenir des conditions permettant le transfert des concessions.

L'accord des deux régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine reste conditionné, notamment, à la mise en place d'un plan de redressement de la société, à la refonte de la tarification, à la révision des règlements d'eau pour limiter les contentieux, à la fusion des deux contrats de concession, et à l'élargissement du périmètre global pour inclure l'ensemble des ouvrages.

Les deux régions ont voté, à l'été 2020, des avances en compte courant d'associés pour 4 M€, soit 2,7 M€ pour l'Occitanie et 1,3 M€ pour la Nouvelle-Aquitaine. […] Dès à présent, elles sont une réponse ponctuelle aux besoins de trésorerie de la société.[…] Ce transfert leur permettrait surtout de piloter la gestion de l'eau assurée par la société, et d'en maîtriser les enjeux agricoles, environnementaux et urbains. La SEM serait véritablement positionnée comme l'outil de déploiement des politiques régionales de l'eau.» 18

   2.3 le projet expérimental de la RÉutilisation des Eaux Usées pour l'irrigation (RÉUSE) sur Aureilhan a été stoppé.

à mettre en parallèle de l’objectif des Nations-Unies :

« b) D’ici à 2030, améliorer la qualité de l’eau en réduisant la pollution, en éliminant l’immersion de déchets et en réduisant au minimum les émissions de produits chimiques et de matières dangereuses, en diminuant de moitié la proportion d’eaux usées non traitées et en augmentant considérablement à l’échelle mondiale le recyclage et la réutilisation sans danger de l’eau »

« Dans les Hautes-Pyrénées, un système de RÉutilisation des Eaux Usées (RÉUSE) a été essayé : lancé en janvier 2019, « Smart Ferti Réuse est un projet d’expérimentation qui vise à tester les conditions d’utilisation d’eaux usées traitées pour l’irrigation19 » Au départ, le projet était porté par VEOLIA, la DDT, l’ANSES, et ATTAC fait partie du Comité de Suivi » expliquent Sylvie Ferrer et Michel Sanciot, qui y apportent leur expertise et leur analyse en tant que “lanceurs d’alerte”.

Actuellement, le travail est stoppé du fait des mesures sanitaires prises pour lutter contre le COVID. Un redémarrage est attendu.

La filtration des Eaux Usées est assurée par la station ; elle serait complétée par un filtre physique (pour arrêter un maximum de particules en-dessous du micromètre (μm, millionième de mètre) mais avec le COVID, chacun sait qu’il n’y a aucune garantie d’un point de vue sanitaire ; Bernard Valéro, géologue de formation, a étudié le phénomène de l’irrigation par aspersion : on crée des micro-bulles dans l’air qui peuvent se charger en divers virus et bactéries qui ensuite peuvent du fait de la condensation se retrouver dans les sols.

ATTAC est ainsi favorable à l’expérimentation mais opposée à l’aspersion : le principe du goutte à goutte apporte au pied de la plante 100 % de l’eau disponible. Cela est bien plus efficace et économe en ressource par rapport au principe plus général de la pulvérisation, lequel dans un climat ensoleillé en évapore une partie importante.

      2.3.1 La promotion de l’expérimentation

SMART FERTI RÉUSE (Fonds Unique Interministériel 24e appel à projets)

La demande croissante en eau à des fins urbaines et agricoles impose la mise en place d'une gestion optimisée de cette ressource.

Le projet a pour objectif principal de développer un service complet et différenciant afin d'accompagner à la fois les collectivités et le monde agricole dans cette gestion agroécologique.

L'eau usée sortant des stations d'épuration sera ainsi traitée avant d'être réutilisée en irrigation.

Avec l'aide de modèles et de capteurs la quantité d'eau et de fertilisants, par un pilotage numérique permettra d'obtenir un meilleur rendement. 20

___________________________________________________________________________________________________________

LE PROJET PORTÉ PAR SEDE RASSEMBLE UN CONSORTIUM CONSTITUÉ PAR VERI, POLYMEM, BIO-UV, ECOFILAE, CACG, VEOLIA-

EAU, INRA, IRSTEA, 2 AGRICULTEURS, FNSEA, CHAMBRE D'AGRICULTURE ET LE SYNDICAT D'ASSAINISSEMENT ADOUR-ALARIS.

BUDGET TOTAL : 5 M€ . PROJET CO-LABELLISÉ AVEC LE PÔLE AQUA-VALLEY (LEADER)

___________________________________________________________________________________________________________

Sur le site des industriels 21, on peut lire les objectifs affichés, et les financements importants déclarés lacunairement :

« Le projet “Smart Ferti Réuse”, porté par les pôles Aqua-Valley et Agri Sud-Ouest Innovation, et ayant pour objectif principal de concevoir un service complet et innovant pour accompagner les acteurs du monde agricole et les collectivités locales dans la gestion des eaux résiduaires traitées et des fertilisants : La fertirrigation.

Cette nouvelle approche permettrait d'une part de lutter contre le stress hydrique en profitant de la ressource quasi-inépuisable que représente l'eau usée traitée, et d'autre part de permettre aux agriculteurs d'augmenter leur profit.

Ce projet porté par SEDE Environnement (filiale de Veolia), associe des laboratoires de recherche, des partenaires industriels et des acteurs agricoles. La durée du projet est de 3 ans (2018, 2019 et 2020 [et encore 2021, cité sur la vidéo 22] en vue de suivre 3 [ou 4 ?] saisons complètes d'irrigation de cultures de maïs, avec un budget de 4,832 M€ (Fonds Unique Interministériel (FUI), complété par un apport des Collectivités territoriales [quels montants?], notamment les régions PACA et Occitanie).»



Des statistiques biaisées sont même présentées sur la vidéo de promotion, prétextant la confiance massive de la population française en la sécurité sanitaire de la réutilisation des eaux usées pour une utilisation domestique 23, pour consommer des légumes arrosés avec cette ressource 24, voire même boire cette eau 25, sans que la vidéo ne mentionne que l’institut de sondages écrit clairement, avec illustration à l’appui (pour 2018 26 puis 2019 27) :

« Plus d’un consommateur sur deux ne sait pas comment s’effectue la dépollution des eaux usées»

« Que deviennent les eaux usées ? » :

52 % ne savent toujours pas comment cela se passe et pensent que les eaux usées sont directement utilisées pour produire de l’eau potable comme s’il n’y avait qu’une seule usine de traitement. Cette incompréhension peut influencer leur perception de la qualité de l’eau.

Seuls 40 % savent que les eaux usées «sont nettoyées avant d’être rejetées dans la nature».

Une faible proportion, 8 %, imagine que les eaux usées sont «rejetées telles quelles dans la nature »

Sur le site d’Aqua-Valley, le lecteur trouve quelques précisions plus anxiogènes :

« Dans le cadre de la procédure France Expérimentation, le projet SmartFerReuse vise notamment à développer et mettre en œuvre à une échelle industrielle, un outil de pilotage d’irrigation des parcelles agricoles. Les filières développées, gérées par cette solution de pilotage intelligente de la fertilisation, permettront de complémenter l’eau d’irrigation en nutriments, en fonction de la composition des apports provenant des effluents traités et des besoins de la culture. Cette solution de pilotage sera contrôlée par un système automatisé basé sur des outils d’aide à la décision et des capteurs innovants connectés, pilotés par des algorithmes calibrés.

Enfin, le projet SmartFerReuse permettra de construire des modèles intégrés d’évaluation des risques sur la santé humaine (QMRA), économique (ACB), environnemental (ACV) et organisationnel en REUT qui seront comparés aux filières conventionnelles. » 28



      2.3.2 Mais de quelle évaluation de risques pour la santé humaine s’agit-il ?

L’AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments) publiait en novembre 2008 une étude de 71 pages intitulée Réutilisation des eaux usées traitées pour l’arrosage ou l’irrigation. 29

« Il apparaît à la lecture du tableau V, que pour le cuivre, le plomb, le zinc et les nonylphénols, les flux induits par les eaux usées traitées sont plus faibles que ceux induits par les boues. Ils sont cependant dans des ordres de grandeur comparables pour le chrome, le nickel, le Di (2-éthylhexyl)phtalate (DEHP), les antibiotiques. »

« « Adoptée il y a trente ans, la Directive européenne 86/278 sur les boues d'épuration ne correspond plus aux besoins et attentes actuels, comme une réglementation appropriée des polluants présents dans les boues - contaminants émergents comme les produits pharmaceutiques et les microplastiques », pointe la Commission européenne » 30

Dans sa réponse au sénateur Jean-Louis Masson, publiée dans le JO Sénat du 26/03/2015 31, le Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie se réfère encore pourtant à l'arrêté ministériel du 8 janvier 1998, à propos de l'épandage sur des terres agricoles de boues de station de traitement des eaux usées.

L’annexe I de ce document 32 précise les Seuils des métaux (éléments-traces) et hydrocarbures acceptés ! — mutagènes, cancérigènes, toxiques aquatiques ou altérant de façon irréversible la fertilité — (composés-traces organiques). Mais aucune spécification sur d’autres produits, chimiques ou biologiques, ni leurs interactions n’y est spécifié ni ne l’a été depuis 23 ans !



      2.3.3 Une prolifération mal connue d’entérobactéries productrices de BLSE

Pourtant, en avril 2015, Didier Hocquet et Xavier Bertrand (CHRU de Besançon) préconisent ceci 33 :

Alors que la prévalence des entérobactéries productrices de Béta-Lactamase à Spectre Etendu (BLSE) (EBLSE), notamment des Escherichia Coli (EcBLSE), ne cesse d’augmenter, leur épidémiologie globale demeure mal connue. […] Toutes les études ont retrouvé de grandes quantités d’E. Coli producteur de BLSE (EcBLSE) dans les effluents communautaires et hospitaliers reflétant la densité de portage dans la population. […] Une STEP traitant les eaux usées d’une agglomération de 200000 habitants rejette entre 1010 et 1012 EcBLSE chaque jour dans les cours d’eau. De plus, les boues activées, utilisées comme fertilisant agricole, contiennent également des quantités significatives d’EcBLSE (105 à 106 UFC/g). […] À l’image des souches isolées chez l’homme, la diversité clonale des EcBLSE des eaux usées est importante.

Conclusion :

Si le rôle des eaux usées dans la chaîne de transmission des EcBLSE reste à clarifier, les données de la littérature suffisent à attribuer aux rejets environnementaux un rôle dans l’épidémiologie globale des EBLSE. Ces bactéries devraient être considérées comme des polluants environnementaux. »



      2.3.4 Une prolifération incontrôlée de bactéries résistantes aux antibiotiques connus

Or, « La résistance des bactéries aux antibiotiques constitue un problème majeur de santé publique. L’épidémiologie des entérobactéries est en train de changer rapidement avec la dissémination mondiale d’un mécanisme de résistance de type Béta-Lactamase à Spectre Etendu (BLSE), responsable d’une résistance à presque toutes les pénicillines et céphalosporines.

L’acquisition de la résistance se fait par transmission plasmidique à partir de bactéries de l’environnement non pathogènes pour l’homme mais naturellement porteuses de ce mécanisme de résistance, les Kluyvera, et par transmission entre entérobactéries. 34 »

Le Centre Européen pour la prévention et le contrôle des maladies publie cette carte, retrouvée sur le site précédent :


K. pneumoniae résistants aux C3G © Kit BLSE K. pneumoniae résistants aux C3G © Kit BLSE

http://kit-blse.com/wp-content/uploads/2019/03/K-pneumo-C3G-R1.jpg

NB : C3G : céphalosporines de troisième génération 35

Semblant ignorer les dangers ci-dessus (pourtant confirmés par l’ANSES, s’agissant de la résistance des volailles aux C3G 36), le sommaire de cette étude publiée le 15 août 2019 37 s’appuie encore sur un « niveau acceptable établi dans certaines normes internationales (OMS) et nationales.» :

« L'évaluation quantitative du risque microbien (QMRA) représente le lien entre le niveau d'agents pathogènes dans les déchets non traités et la détermination du traitement nécessaire pour réduire le risque et assurer des niveaux acceptables de sécurité en matière de santé publique à partir d'utilisations finales particulières.

[…] Le niveau de risque acceptable doit être établi et se trouve dans certaines directives internationales (OMS) et nationales. »

Comme si, alors que la planète entière est confrontée à une pandémie virale, il était encore imaginable que l’on prenne un nouveau risque majeur, fondé uniquement sur le profit de quelques-uns!

Il n’y a pas de « risque acceptable » mais tout simplement des voies industrielles à proscrire, fondées sur les arguments scientifiques cités plus haut.

Fig.S1. The relationship among virus concentration distribution, tolerable virus concentration in reclaimed wastewater and tolerable annual disease burden. © Global water pathogen project Part one. The health hazards of excreta :  	Theory and control a QMRA framework for sanitation treatment decisions | Dai Fig.S1. The relationship among virus concentration distribution, tolerable virus concentration in reclaimed wastewater and tolerable annual disease burden. © Global water pathogen project Part one. The health hazards of excreta : Theory and control a QMRA framework for sanitation treatment decisions | Dai


Publiée le 21 octobre 2020, cette étude de chercheurs américains est troublée par un fait nouveau :

« L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé d'utiliser la planification de la sécurité sanitaire (SSP), un système de réutilisation sûre des excréments, des eaux usées et des eaux grises 38 39, dans lequel l'approche HACCP (analyse des risques – “dangers”, “effets proportionnels” selon la traduction - et maîtrise des points critiques) est utilisée pour gérer les risques pour la santé liés à l'exposition à des eaux usées non traitées ou insuffisamment traitées. […] La fluctuation de la qualité des eaux usées affecte le VLR dans un processus de désinfection 40,41,42 parce que les contaminants dans les eaux usées consomment des désinfectants. »

20070601 Réutilisation des eaux usées de collectivités en irrigation agricoles, arrosage de golfs ou espaces  publics, sites français -  J Duchemin © ANSES 20070601 Réutilisation des eaux usées de collectivités en irrigation agricoles, arrosage de golfs ou espaces publics, sites français - J Duchemin © ANSES

https://www.anses.fr/fr/system/files/EAUX-Ra-EauxUsees.pdf



3- l'enjeu Eau et climat : une pétition de la Société Civile publiée le 22 mars “L’eau pour la Vie, pas pour le profit43

WATER FOR LIFE, NOT FOR PROFIT !

¡ EL AGUA, FUENTA DE VIDA Y NO DE LUCRO !

ÁGUA PARA A VIDA, NÃO PARA O LUCRO !

Ce 22 mars, les Nations unies célèbrent la Journée Mondiale de l’Eau autour du thème officiel « la valeur de l’eau ». Ce choix de thème doit nous alerter : de l’idée de valeur à celle de prix, il n’y a qu’un pas ! Or donner une valeur financière à la nature est un phénomène grandissant qui vient d‘atteindre son paroxysme avec l’entrée en bourse de l’élément le plus essentiel pour l’humanité et la vie : l’eau.

L’entrée de l’eau en bourse : un crime contre le vivant !

Le 7 décembre 2020, la plus grande société mondiale d'échange de produits dérivés financiers, CME Group, a lancé le premier marché à terme de l'eau. Les investisseurs et spéculateurs peuvent désormais parier sur l’évolution du cours de l’eau en Californie.

En théorie, les contrats à terme doivent permettre de lutter contre la volatilité des prix et offrir une sécurité pour les agriculteurs. La réalité, elle, a largement montré le contraire.

Les impacts des « marchés de l’eau » déjà mis en place dans plusieurs pays sont catastrophiques.

Au Chili, des rivières sont mises aux enchères et acquises par des milliardaires qui utilisent les eaux pour irriguer massivement les productions intensives d’avocats ou alimenter les mines tandis que des millions de personnes tentent de survivre à cet accaparement de l’eau qui entraine des sécheresses majeures.

En Australie, le marché de l’eau, censé soutenir l’économie tout en empêchant le gaspillage de l’eau, a finalement incité les investisseurs et les industriels de l’agriculture à la spéculation, en fonction des prévisions de pénurie et du prix futur de l’eau, au détriment de l’accès à l’eau des paysans.

Pollution, surexploitation, marchandisation, accaparements, perturbation des cycles… Autant de pressions que subissent déjà les écosystèmes aquatiques du fait de nos modèles de développement. Dans ce contexte de crise de l’eau généralisée, l'eau de qualité est de plus en plus rare et convoitée : elle devient un placement financier idéal pour les investisseurs puisque chaque personne en a besoin pour vivre, et qu’aucun substitut ne peut la remplacer.

Des milliards de personnes ne jouissent toujours pas de leur droit humain à l’eau et des millions de petits paysans éprouvent déjà de grandes difficultés pour accéder à l’eau. La financiarisation de l’eau ouvre la porte à des spéculations massives et à des prix de l’eau élevés favorisant les acteurs économiques les plus puissants.

C’est le risque de voir se multiplier des monocultures ou des zones sacrifiées par des crimes environnementaux causés par l’agrobusiness et l’extractivisme, dont les intérêts économiques et financiers sont bien plus attractifs pour les spéculateurs. Dans ce lucratif marché, les besoins humains et les besoins des écosystèmes ne sont pas prioritaires.

Parce que l'eau est la source de la vie, elle ne peut être considérée comme une marchandise ni comme un placement financier ou un objet de spéculation. Les menaces que font peser la pandémie et la crise climatique au niveau mondial doivent nous en faire prendre conscience de manière urgente. Laisser les lois du marché décider de la répartition et de la gestion de l’eau est inacceptable au regard des droits humains et irresponsable face à la situation écologique et sanitaire mondiale.

Protégeons l’eau, notre bien commun

Alors que l’ONU a reconnu le droit humain à l’eau il y a plus de dix ans, un sursaut est nécessaire. Pour que le droit à l’eau devienne une réalité pour tout le monde, nous devons rejeter cette vision purement économique et utilitariste de l’eau.

Dans de nombreux territoires, des politiques de l’eau alternatives s’expérimentent avec, au cœur, le respect des écosystèmes dont nous dépendons. A travers le monde, des personnes s’organisent pour faire reconnaître leur droit à l’eau et exigent leur pleine participation aux politiques des bassins versants. De nombreux collectifs dénoncent la mainmise des intérêts privés sur l’eau et résistent face à des projets mettant en péril l’eau de leur milieu de vie. D’autres font pression pour que des droits soient reconnus à des rivières, des glaciers ou des lacs. Cette responsabilité collective des communautés humaines vis-à-vis de l’eau en tant que bien commun du vivant n’est pas une option.

C’est pourquoi, en cette Journée Mondiale de l’Eau, associations et collectifs de tous les pays, dans toute notre diversité, nous nous unissons pour rappeler que l’eau est un droit humain et un bien commun. Nous continuerons de le dire, dans toutes les langues s’il le faut :

« l’eau c’est la vie ! »

Nous réaffirmons qu’un droit humain n’est pas conditionné à la capacité de payer.

Nous réaffirmons qu’un bien commun ne doit pas être géré et contrôlé par les lois des marchés financiers.

Nous en appelons à la prise de responsabilité des pouvoirs publics pour qu’ils s’opposent à la financiarisation de la vie et qu’ils prennent toutes les mesures nécessaires pour rendre illégale la cotation de l’eau en bourse.

Nous appelons également chaque personne à revendiquer son droit à l’eau, à refuser l’emprise des acteurs financiers sur cet élément vital, à se réapproprier ce bien commun du vivant, et à contribuer à sa protection pour les générations présentes et futures.

Ayons l’audace de repenser notre rapport à l’eau

car il en va de l’habitabilité de la Terre !

4- Irrigation en Adour : les associations menacées

Scénarios d'écrêtement sur le Système Neste élargi p.72/87 © CACG Scénarios d'écrêtement sur le Système Neste élargi p.72/87 © CACG

 

Évaluation des besoins en eau par niveaux d'objectifs © CACG Évaluation des besoins en eau par niveaux d'objectifs © CACG


IRRIGATION EN ADOUR : LES ASSOCIATIONS MENACÉES Le tribunal administratif de PAU a annulé le 3 février 2021 une Autorisation unique pluriannuelle (AUP) de prélèvement des eaux du bassin de l’Adour à des fins agricoles (délivrée en 2017 pour 5 ans) .

Certains agriculteurs apparemment au-dessus des lois s’en prennent aux associations porteuses de ce recours (SEPANSO 40 – FNE 65 – FNE Midi-Pyrénées – AMIS DE LA TERRE 32)

A Tarbes, faute de locaux à souiller, les agriculteurs manifestent devant la boîte aux lettres de l’association FNE 65 hébergée à la BIOCOOP Grand Pic, laissant de leur passage un enrouleur de plusieurs tonnes juste devant la porte du magasin qui n'y est pour rien. Geste paradoxal et ridicule quand on sait l’attention particulière qu’accorde cette enseigne aux producteurs locaux. 

Contrairement aux propos tenus dans la presse, les associations environnementales ne s'acharnent pas sur les agriculteurs. Elles œuvrent dans un esprit d'intérêt général, du respect des usages de l'eau, de sa qualité et, dans la perspective d'un développement durable, elles font en sorte que la loi sur l’eau soit a minima respectée. Les associations de protection de la nature et de l’environnement n’édictent ni lois, ni règlements.

Pourquoi le tribunal administratif a annulé cette autorisation unique pluriannuelle ?

Cette autorisation permettait de prélever plus de 280 millions mètres cubes par été (étiage) et 65 millions en hiver (hors étiage). Durant l’instruction de la demande présentée par le syndicat des irrigants de ce bassin, IRRIGADOUR, tous les organismes consultés ont relevé que le déficit quantitatif actuel important de ce bassin, serait maintenu voire aggravé par cette demande. En effet, il est totalement acquis pour l’ensemble des parties prenantes que le bassin Adour amont se caractérise par :

  • la méconnaissance récurrente des débits d’objectifs d’étiages (DOE) (débit de référence permettant l’atteinte du bon état des eaux, au-dessus duquel est satisfait l’ensemble des usages en moyenne 8 années sur 10) ;
  • le mauvais état quantitatif de 5 nappes souterraines ;
  • le mauvais état écologique de 141 rivières sur les 222 concernées…

Les dernières données disponibles et correspondant au plan de gestion des étiages Adour amont (suivi de l’étiage 2016 – Évaluation interannuelle 2003-2016) viennent confirmer cette situation plus que dégradée :

Après avoir déposé un recours gracieux rejeté par l’État, FNE Midi-Pyrénées, FNE 65, les Amis de la Terre 32 et la SEPANSO 40 ont été contraintes de saisir le tribunal administratif de PAU.

Celui-ci a décidé d’annuler cette autorisation en retenant deux arguments :

  • d’une part, la violation du schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) et notamment ses objectifs de non détérioration et d’atteinte du bon état des eaux ;
  • et d’autre part, la méconnaissance du principe de gestion équilibrée de la ressource en eau compte tenu de l’aggravation du déficit provoqué par cette autorisation

Malgré une illégalité manifeste et connue de longue date par l’État et le syndicat des irrigants, la justice a fait preuve de clémence en laissant le temps à ces derniers de régulariser la situation sans compromettre la viabilité économique du secteur. Elle leur accorde une saison supplémentaire en spécifiant « qu’il y a lieu de plafonner les prélèvements jusqu’au 31 mai 2022 à la hauteur de la moyenne des prélèvements opérés lors des dix campagnes antérieures... », soit près de 190 millions de mètres cubes pour la saison estivale (étiage).

S’en prendre aux associations, c’est se tromper de cible

L’impunité historique avec laquelle une partie de la profession agricole se livre régulièrement à des dégradations et diffamations, voire des menaces (ce qui fut le cas pour le président de la SEPANSO 40 la semaine dernière pour ce même dossier), les conduit à privilégier ces comportements comme seul mode d’expression. Nous le regrettons et nous leur disons qu’ils se trompent de cible. La PAC (politique agricole commune), des endettements élevés, la concurrence déloyale de certaines importations, des rétributions insuffisantes de la grande distribution, la course à l’agrandissement incessant, viennent aujourd’hui se confronter aux modes de consommation qui évoluent, aux demandes sociétales en lien avec les problèmes de la rareté croissante de l’eau et du réchauffement climatique. Le raccourci de l’écolo-bashing est bien aisé mais sans pertinence. La situation économique difficile des agriculteurs est structurelle et multifactorielle. Nous déplorons que les plans de relance et l'accompagnement de l’État n’aident ni à la prise de conscience, ni à des changements profonds. Cette insuffisance ne doit pas être un prétexte à tout accepter sans condition, au contraire même. Depuis plus de 10 ans les instances de surveillance et de gestion des eaux du bassin Adour Garonne alertent, ainsi que nos associations,sur les risques d'un toujours plus d'irrigation et de ses conséquences.

Cécile Argentin, présidente de la FNE 65

5- CONCLUSION PROVISOIRE

Comme nous l’avons vu, que ce soit au niveau des États, des organismes, des individus isolés, la prise de conscience de la nature d’un bien commun – l’eau, l’air, etc. - est toujours en contradiction avec des intérêts particuliers. Or, les changements climatiques et les fragilités de notre système économique sont reliées, non seulement à nos modes de vie, à nos technologies engagées, mais surtout à notre conception de la place de l’humain, collectivement, et de celle que nous élaborons de la nature.

La pensée de l’appropriation continue, insatiable et hyper-libérale n’est plus viable. Il ne suffira pas de le prouver, de le répéter, mais de modifier puissamment notre pensée, et nos actes, faute de poursuivre jusqu’à l’extinction de notre propre espèce les conséquences dramatiques de nos postures colonisatrices du vivant.

À toutes les échelles de décision, la pensée est parasitée par le pouvoir et la méconnaissance/le refus égoïste des valeurs universelles que nous connaissons cependant.

Et faute d’identifier durablement les enjeux communs et les responsabilités à définir pour l’intérêt de toutes et tous, de chaque culture et milieu, nous risquons bien de vivre une prochaine phase de conflits mondiaux en rapport avec ces ressources vitales.

Le XXIe siècle sera la résultante de ce positionnement de chacune et chacun.

NOTES

1https://www.un.org/fr/observances/water-day

2https://www.undp.org/content/undp/fr/home/sustainable-development-goals/goal-6-clean-water-and-sanitation.html#targets

3http://doc.sciencespo-lyon.fr/Ressources/Documents/Etudiants/Memoires/Cyberdocs/MFE2017/gogalla_n/Gogalla_n.pdf p. 49/165

4https://www.futura-sciences.com/planete/dossiers/developpement-durable-geopolitique-guerre-eau-622/page/4/

5https://www.franceculture.fr/geopolitique/barrage-ethiopien-sur-le-nil-la-discorde-entre-le-soudan-legypte-et-lethiopie-perdure

6https://youtu.be/vdRHh1Jr-dk?t=378 Note de traduction : « Nous avons beaucoup de respect pour les Soudanais dans le nord et dans le Sud, et nous respectons leur décisions, et c’est la même chose pour les Ethiopiens. Nous n’avons pas l’intention de déclencher une agression contre quiconque, ni d’affronter quiconque. Mais nous prenons des mesures sérieuses pour protéger chaque goutte d’eau, [je dis] bien chaque goutte d’eau.» ibid p.41

7https://www.futura-sciences.com/planete/dossiers/developpement-durable-geopolitique-guerre-eau-622/page/6/

8« La ville de Waukesha – une communauté d’environ 70 000 habitants, espère devenir la première communauté à se voir accorder une exception pour le détournement des eaux. La ville affirme qu’alors qu’elle est située à l’extérieur des limites du bassin des Grands Lacs, elle appartient à un comté qui y est rattaché, et devrait donc avoir accès au lac – a demandé la permission de puiser l’eau du lac Michigan. Son aquifère s’assèche progressivement pour laisser place à du radium hautement contaminé, un cancérigène reconnu. […] Les résidents des communautés des Grands Lacs au Canada et aux États-Unis ont exprimé des inquiétudes en ce qui a trait à la proposition. Certains affirment qu’une approbation pourrait créer un dangereux précédent. » https://www.meteomedia.com/nouvelles/articles/les-etats-unis-pourraient-detourner-de-leau-des-grands-lacs/65852/

9 Hani A. Q. (2008). "Environmental impacts of the mega desalination project : Red-Dead Sea conveyor". Desalination. 220 : 16-23. in https://fr.wikipedia.org/wiki/Ass%C3%A8chement_des_grands_lacs_et_mers_au_XXe_si%C3%A8cle#cite_note-8

10https://www.theguardian.com/environment/2011/may/27/libya-water-hidden-weapon

11ibid.

12https://www.partagedeseaux.info/Les-printemps-arabes-et-l-eau-la-Libye

13https://www.aeronomie.be/fr/rapport-annuel/linstrument-nomad-exomars-trace-gas-orbiter-commence-sa-phase-scientifique-en-avril (2018)

14Institut royal d'Aéronomie Spatiale de Belgique https://www.bira-iasb.be/index.php/fr/nouvelles/2021/exomars-detecte-nouveau-gaz-retrace-perte-deau-mars

15https://fr.wikipedia.org/wiki/Canal_de_la_Neste

16https://www.agglo-tlp.fr/eau-assainissement

17https://blogs.mediapart.fr/edition/en-bigorre/article/251120/l-institution-adour-mene-un-travail-democratique-diagnostic-et-propositions

18Rapport public annuel 2021 — Tome II — Cour des comptes - www.ccomptes.fr - @Courdescomptes

19https://www.lasemainedespyrenees.fr/2019/07/15/aureilhan-utilisation-des-eaux-usees-de-la-station-depuration-pour-lagriculture-une-reunion-dinformation-le-18-juillet/

20https://www.mon-viti.com/filinfo/viticulture/deux-nouveaux-projets-finances-pour-le-pole-agri-sud-ouest-innovation

Le Président d’Agri Sud-Ouest Innovation se félicite : « Ces deux projets - Smart Ferti Réuse et R2T2 - portent à 62 le nombre de projets FUI financés grâce à notre label, ce qui nous positionne parmi les pôles français les plus actifs »

21https://www.smartfertireuse.fr/

22https://youtu.be/hKWYinMT1UA?t=109 « débuté en 2017 et pour une durée de quatre ans »

23https://youtu.be/hKWYinMT1UA?t=31

24https://youtu.be/hKWYinMT1UA?t=42

25https://youtu.be/hKWYinMT1UA?t=49

26https://www.cieau.com/wp-content/uploads/2019/01/Barometre-National-2018.pdf page 29/44

27https://www.cieau.com/wp-content/uploads/2020/01/Barometre-National-2019.pdf page 26/44

28http://www.pole-eau.com/Communication/Actualites/Projets-labellises/Les-resultats-du-24eme-appel-a-projets-du-FUI-Regions-SmartFertiReuse-labellise-par-le-pole-a-ete-retenu

29https://www.anses.fr/fr/system/files/EAUX-Ra-EauxUsees.pdf p. 27/71

30https://www.actu-environnement.com/ae/news/gestion-boues-epuration-commission-europeenne-consultation-epandage-evaluation-directive-36569.php4 25/11/2020

31https://www.senat.fr/questions/base/2014/qSEQ140611965.html

32https://aida.ineris.fr/consultation_document/5659

33https://www.researchgate.net/publication/276074701_Eaux_usees_et_Escherichia_coli_producteur_de_b-lactamases_a_spectre_etendu

34http://kit-blse.com/epidemiologie-nice/ publication commerciale éditée en 2015 mais qui spécifie : « Nous avons conçu et validé ensemble un outil d’aide à la prise en charge des patients colonisés ou infectés, le Kit BLSE, et défini un circuit d’alerte. En 2012, la plupart des partenaires de ce réseau sont prêts à mettre en place en pratique cet outil. Une évaluation de son intérêt à été réalisée en ville et au CHU (cf travaux du RéSO). La diffusion de cet outil en Italie est l’objectif du projet Alcotra Calires, projet européen transfrontalier que nous avons débuté fin 2013. »

35Les indications sont :

La plupart des cocci Gram+: Staphylococcus spp. et Streprococcus spp.

Gram-: Proteus mirabilis, E. coli, Klebsiella pneumoniae, H. influenza, Neissera spp. , S. pneumoniae

Capables de pénétrer la barrière hémato-encéphalique (spécialement la ceftriaxone et la céfotaxime)

Méningite bactérienne, Gonorrhée (ceftriaxone), Maladie de Lyme (ceftriaxone), Pseudomonas aeruginosa (ceftazidime)

https://wikimedi.ca/wiki/Céphalosporines_de_troisième_génération

3629 mai 2018 https://hal-anses.archives-ouvertes.fr/anses-01802680/document

37Global water pathogen project Part one. The health hazards of excreta :

Theory and control a QMRA framework for sanitation treatment decisions | Daisuke Sano Tohoku University Sendai, Japan, Charles Haas Drexel University Philadelphia, United States, Joan RoseMichigan State UniversityEast Lansing, United States https://www.researchgate.net/publication/337690970_A_QMRA_Framework_for_Sanitation_Treatment_Decisions/link/5de5befc92851c83645cf4b6/download page 3/19

38WHO, Guidelines for the use of wastewater, excreta and greywater in agriculture and aquaculture, World Health Organization, Geneva, 3rd edn, 2006

39WHO, Sanitation safety planning: Manual for safe use and disposal of wastewater, greywater and excreta, World Health Organization, Geneva, 2015

40N. Dunkin, S. C. Weng, C. G. Coulter, J. G. Jacangelo and K. J. Schwab, Impacts of virus processing on human norovirus GI and GII persistence during disinfection of municipal secondary wastewater effluent, Water Res., 2018, 134, 1–12

Kellogg J. Schwab is Abel Wolman Professorship in Water and Public Health Professor |

Departmental Affiliations : Environmental Health and Engineering (Primary) |

Center & Institute Affiliations : Bill and Melinda Gates Institute for Population and Reproductive Health

https://www.jhsph.edu/faculty/directory/profile/813/kellogg-j-schwab

41D. Li, A. Z. Gu, S. Zeng, W. Yang, M. He et H. Shi, Évaluation de l'infectivité, de la persistance des gènes et de l'antigénicité des rotavirus par désinfection au chlore libre, J. Environ. Sci., 2011, 23 (10), 1691–1698

42N. Dunkin, S. Weng, J. K. Schwab, J. McQuarrie, K. Bell et J. G. Jacangelo, Inactivation comparative du norovirus murin * et du bactériophage MS2 par l'acide peracétique et la monochloramine dans les effluents d'eaux usées municipales secondaires, Environ. Sci. Technol., 2017, 51, 2972-2981

* Le norovirus murin (MNV) est une espèce de norovirus affectant les souris. Il a été identifié pour la première fois en 2003. Le MNV est couramment utilisé dans la recherche pour modéliser le norovirus humain car ce dernier est difficile à cultiver en laboratoire. Des cultures cellulaires standardisées sont utilisées dans la propagation du MNV et le virus infecte naturellement les souris, ce qui permet des études sur des systèmes animaux. https://en.wikipedia.org/wiki/Murine_norovirus

43https://framaforms.org/declaration-de-la-societe-civile-leau-pour-la-vie-pas-pour-le-profit-22-mars-2021-1614613975

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.