Dans les lacets de la Grande Boucle (4). Les champions se ramassent à la pelle

Alors que le peuple pop rendait un dernier hommage à son idole, Michaël Jackson, mardi 7 juillet, à Los Angeles (Etats-Unis), Cadel Evans - et quelques autres favoris avec lui - enterrait ses illusions de prétendant au maillot jaune

Alors que le peuple pop rendait un dernier hommage à son idole, Michaël Jackson, mardi 7 juillet, à Los Angeles (Etats-Unis), Cadel Evans - et quelques autres favoris avec lui - enterrait ses illusions de prétendant au maillot jaune du 96e Tour de France quelque part entre Montpellier (Hérault) et Montpellier (Hérault) où se jouait la 4e étape.

C’est que les 39 km de ce contre-la-montre par équipes, taillé sur mesure pour Rémi Julienne et ses cascadeurs mais pas pour des coureurs cyclistes professionnels, se sont révélés homicides. Dérapages, sorties de routes, dégustations de bordures de trottoir, traversées des champs façon cyclo-cross, tout-droits, gadins et gamelles. On a compté une vingtaine de chutes. A Vincennes (Paris XIIe), où les amateurs de l’Est parisien tournent à toute allure dans le bois, on appelle ça le Grand prix Gauffrette. Autant dire que les préposés au parcours avaient préparé un méchant coup fourré (à la vanille).

 

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Le Cadel, qui s’est pourtant adonné au VTT dans son jeune temps, a roulé mains sur les freins une fois constaté que, devant lui (et derrière aussi, d’ailleurs), ça tombait comme à Gravelines. Pour aller vite, y’a mieux. Le voilà désormais à 2 min 59 sec du supersonique helvète Fabian Cancellara, qui a sauvé sa jolie tunique couleur citron des griffes de Lance Armstrong et de l’appétit de la troupe robotisée des Astana pour quelques centièmes de secondes glanés lors de la 1ère étape à Monaco. Vu que la manière de courir du prudent Australien s’apparente d’avantage à la filature style inspecteur Clouzot qu’à l’abordage façon Francis Drake, son retour dans la partie la plus people du classement général va demander un tout petit peu de temps. Pas certain qu’on le regrette. N’est pas beau sur un vélo. N’a pas l’air sympa. Et puis, ça fera des vacances à Johan Van Summeren, son infatigable gregario.

 

A ce moment du récit, il convient de rendre hommage aux gars de chez Garmin. Rassurez-vous, il ne s’agit pas de les féliciter pour le dessin de leur maillot, ni de s’apitoyer comme la plupart des commentateurs, qui ont salué la performance des coéquipiers de Christian Vande Velde (2es de l’étape) très rapidement réduits à cinq dans cet exercice où le collectif prime. Les pôvres... Non, ce serait plutôt pour louer leur sens tactique. Devant la multitude de virages vicieux et de dévers pervers, ils se sont volontairement débarassés des moins habiles d’entre eux pour confier la conduite des opérations à un quintet niveau Patrouille de France. A l’arrivée, pas de chute, pas de stress, pas de rancœur, une course fluide et une équipe préservée pour les raids à venir et les coups de main au leader. Zéro faux pli. On aura noté, au passage, que la firme Garmin est LE spécialiste mondial du GPS. Des fois, ça aide.

 

En revanche, le couple Armstrong-Contador, lui, est en train de perdre le nord. La faute au succès? Selon l’horoscope et les historiens du cyclisme, la prochaine traversée des Pyrénées promet un crépage de chignons en règle. Sujet de l’engueulade: "T’aurais pas vu mon costume jaune?" Extraits en avant-première:

-Lance: "Ce maillot jaune est à moi!"

-Alberto: "Non, à moi!"

-Lance: "Non! A moi!"

-Alberto: "Rends moi ça!"

-Lance: "Non!"

-Alberto: "Impérialiste!"

-Lance: "Tueur de taureaux!"

Etc.

La suite à l’écran.

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