L'écume du Tour (7). Sous le soleil exactement

On aurait dû s'en douter. Alors que le jeune Français Christophe Lemaître devenait, à la surprise générale, le premier homme blanc à courir le 100 m en moins de 10 secondes (9 sec 98), le sprinteur anglais Mark Cavendish, vexé comme un pou, emportait, vendredi 9 juillet, sa deuxième victoire d'affilée à l'issue de la 6e étape du 97e Tour de France.

On aurait dû s'en douter. Alors que le jeune Français Christophe Lemaître devenait, à la surprise générale, le premier homme blanc à courir le 100 m en moins de 10 secondes (9 sec 98), le sprinteur anglais Mark Cavendish, vexé comme un pou, emportait, vendredi 9 juillet, sa deuxième victoire d'affilée à l'issue de la 6e étape du 97e Tour de France. Avec un total de douze succès (série en cours), il en profitait également pour rejoindre Mario Cipollini, Erik Zabel et Robbie McEwen au Panthéon des Lucky Luke de la Grande boucle. Le Mannois déteste traverser le désert. Il a été servi. Question: qui c'est le plus fort? Réponse: le soleil, exactement. Entre Montargis (Loiret) et Gueugnon (quelque part), il a tapé sur les 227 km inscrits à l'ordre du jour avec l'allégresse du forgeron. Etincelles garanties. Coups de bambou aussi. Z'auriez pas vu un point d'eau?

Le détour par Saint-Honoré-les-Bains (km 172), charmante station thermale du Parc naturel régional du Morvan «recommandée pour les affections des voies respiratoires et les rhumatismes», n'aura servi à rien, la compagnie des méharistes pédalant étant lancée depuis bien trop longtemps à la poursuite de trois audacieux - Mathieu Perget, Sebastian Lang et Ruben Perez Moreno - pour prendre la pause. Et, à dix-huit bornes de la douche, le trio, devenu quintette par le renfort inattendu mais rafraichissant de Dimitri Champion et Anthony Charteau, se voyait impitoyablement englouti, vitrifié comme un fétu napolitain par une coulée de lave made in Vésuve. Nous étions alors dans les environs de Toulon-sur-Arroux (Saône-et-Loire). L'endroit idéal pour rester en rade. On fera mieux la prochaine fois.

Et pourtant, cette interminable étape semblait avoir été dessinée pour les baroudeurs, jusqu'à l'arrivée en forme de S à répétition propice à dissimuler des échappés en péril à la vue du peloton. Mais les hôtesses du Crédit Lyonnais ne semblent pas emballées à l'idée de bécoter un de ces aventuriers du bitume qui sentent si fort la sueur. Dommage. Les conditions du succès étaient réunies: chaleur, kilomètres, vent arrière, etc. Mais non. C'est qu'à Gueugnon, où on n'aime rien tant qu'ouvrir des portes, il ne fait pas bon mettre le nez à la fenêtre. Donc arrivée groupée, 53x11 pour tout le monde, zig-zag de masse, combat de poissons-pilotes, à toi, à moi, gare aux barrières, coups d'épaules, victoire du Cav' qui n'en finit plus de se rebiffer à la Une de tous les journaux francophones. Bientôt la montagne. Ca va changer.

Ce n'est pas le chouchou britannique de Mediapart, Geraint Thomas (2e du classement général à 20 sec. du maillot jaune), qui dira le contraire. Ecoutez-le: «Je suis venu avec l'objectif de faire un bon prologue et je me retrouve devant au général. Je suis ravi de cette situation. Ce serait bien si j'arrivais à lâcher Fabian Cancellara mais ce sera dur. Je vais essayer de rester dans le groupe de tête si c'est possible et pourquoi pas lui reprendre un peu de temps. Peut-être que je serai à nouveau sur le podium demain avec le maillot jaune! Ce serait cool, non?» Le problème c'est que le couple Armstrong-Contador, séparé depuis l'été 2009 suite à un atroce malentendu (en fait, ils s'aiment), a prévu de célébrer publiquement ses retrouvailles entre Jura, Alpes et Pyrénées. C'est à dire à partir du samedi 10 juillet. Pas de bol.

 

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