Fignon, fin de cycle

« Un homme de classe ne s'éteint jamais. » J-P Ollivier«Les imbéciles n'ont jamais de cancer» disait, je crois, Alain Chabat. Est-ce ce qui valut à Fignon son statut d' « intellectuel du peloton » ? Il y aurait anachronisme car alors, il ne l'avait pas le cancer. Il « vivait heureux en attendant la mort », comme nous tous. Mais les «gaîtés de l'escadron métastatique » l'ont rattrapé, puis terrassé, à 50 ans tout juste.

« Un homme de classe ne s'éteint jamais. » J-P Ollivier

«Les imbéciles n'ont jamais de cancer» disait, je crois, Alain Chabat. Est-ce ce qui valut à Fignon son statut d' « intellectuel du peloton » ? Il y aurait anachronisme car alors, il ne l'avait pas le cancer. Il « vivait heureux en attendant la mort », comme nous tous. Mais les «gaîtés de l'escadron métastatique » l'ont rattrapé, puis terrassé, à 50 ans tout juste.

On l'écoutait, cet été encore, sur les routes du Tour, et on se demandait s'il n'imitait pas Desproges qui imitait son père qui avait le cancer. De la gorge. Gorge ou poumons, qu'importe. Même saleté.

Saleté de précocité : premier Tour, première victoire, en 1983. Le reste n'est qu'une lente tentative de reproduire l'éclat d'une jeunesse trop vite consommée.

Nous étions jeunes et insouciants, nous avions plus d'appétit qu'un barracuda, nous portions des maillots que nous ne savions pas encore désuets, de petites lunettes rondes et les cheveux blonds en bataille.

Nous étions jeunes et insouciants, nos idoles étaient en jaune et vantaient l'usage immodéré du Banania.

Adieu Fignon, tu es mort avec 8 secondes d'avance, cette fois.

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