De l'utilité et l'usage de la police en Macronie

Sous Monarc, la police sert-elle la population ou le pouvoir ? La preuve par la fête des Lumières de Lyon. Suite : OPERATION COMANDO de TABASSAGE anti-manifestants le 10/12/19

A Lyon c'est la fête des lumières, il y a un monde fou et la manif des Gilets Jaunes a été reléguée loin du centre. Cela n'a pas évité le millier de manifestants de se faire gazer, comme d'habitude.

Ayant des difficultés pour marcher, je ne peux plus manifester, mais je tiens à défendre un nouveau mode* de "Résistance Non-Violente par la Grève des Achats" (c'est écrit sur mon Gilet Jaune). Aussi tout les samedi je vais au rendez-vous de 14h sur la Place Bellecour, mais au lieu de suivre la manif j'y reste assise sur un plot, au débouché de la rue Victor Hugo. C'est un point stratégique où des milliers de passants traversent la place, pour aller faire leur shopping rue de la République. 

Certains samedi l'ensemble du centre ville, au nord de la place, ainsi que la rue Victor Hugo, au sud, sont interdit de Gilets Jaunes, mais la place elle-même est permise. Aux dernièrs actes, certains GJ, qui s'étaient à peine éloignés de la place, rue de la Barre, ont été arrêtés pour contrôle d'identité puis ont reçus une AMENDE de 135€.

Aussi je reste uniquement assise sur la place avec mon gilet jaune, mon casque humoristique (en mousse) de "GAULOISE RÉFRACTAIRE" sur la tête et ma pancarte que j'actualise chaque samedi. Etant SEULE et ne troublant pas l'ordre public, assise sur mon plot, j'estime ne pas répondre de la loi liberticide qui sert de prétexte pour verbaliser le port du gilet jaune. " L’article 431-3 du Code pénal désigne l’attroupement comme étant «le rassemblement de personnes, sur la voie publique ou dans un lieu public, susceptible de troubler l’ordre public»"

Hier, veille du 8 décembre, je ne savais pas que la manif avait été délocalisée pour la fête des lumiéres. Mais plus que jamais mon siège habituel était important pour afficher sur ma pancarte : 

"Cadeaux de NOEL

             ou 

    Future retraite

le PLUS Important ?

         TOUS en

GRÈVE DES ACHATS

         contre les

 CASSES SOCIALES

petition-PREAVIS/Pourlavenir"

Ainsi équipée et instalée depuis un moment, je vois une patrouille de trois policiers (un avec fusil mitrailleur) s'approcher de moi. Coeur qui bat la chamade ! je ne fait rien de mal, mais EST-ON EN DÉMOCRATIE en Macronie. Est-ce répréhensible qu'une bonne femme seule (sans son porte parole à 4 pattes, porté-pale) soit assise sur un plot avec un gilet jaune ? Suis-je un danger public avec mon chapeau ironique ? Ouf ! le policier en chef me demande seulement de faire un SELFIE avec lui "pour mon usage personnel". OK, je commence à avoir l'habitude que l'on me demande des selfies, mon casque de "gauloise réfractaire" plait beaucoup.

Un moment après, deuxième épisode, une autre patrouille de trois policiers m'approche, mais autre son de cloche, "contrôle d'identité". Je demande pourquoi, je ne fais rien de mal, pas plus que le chanteur qui fait la manche, ou que les évangélistes avec leurs présentoirs, instalés à coté. "Vous êtes en infraction, le port de gilet jaune est interdit sur la place".

J'ai bien compris la leçon des GJ qui se sont fait précédemment contrôler. Sur le groupe de huit arrêtés, les trois qui ont donnés leur pièce d'identité ont reçu un PV, mais aprés un moment, ceux qui ne les ont pas donnés ont finalement eté relachés sans rien. Alors pas question de donner mes papiers (que bien sûr j'ai sur moi), je ne peux pas me payer le luxe de subventionner la police de 135€ sur mon ASS (Allocation de Solidarité Spécifique) de 500€/mois.

J'en appelle alors à témoin les passants, "je ne fais rien de mal, je suis juste assise sur un plot, pourquoi m'arrêter ? on n'est plus en démocratie ?". La plupart reste indifférents mais un homme me donne sa carte identité en me disant de la leur donner en soutien. Je refuse, je ne veux pas qu'il ait des problèmes avec la police à cause de moi, mais il reste présent pour être témoin. 

Pendant une dizaine de minute, le chef insiste et me menace d'appeler des renforts pour me faire céder. Assurement, devant des témoins, pour arrêter de force, à trois, une bonne femme aux cheveux blancs, avec une canne, il leur fallait du renfort ! Finalement, ils sont soudain partis en courrant, certainement appelé d'urgence, dans l'oreillette, sur des manifestants plus conséquants que moi.

Malgré ma peur qu'ils ne reviennent, j'ai décidé de rester à mon poste, de plus en plus visible, car maintenant allumé par des voisins péruviens, vendeurs à la sauvette de bonnets (très bonnes affaires, avec le froid, leurs bonnets à 10 ou 15€ se sont vendus comme des petits pains). J'ai quitté mon poste à 20h, pour, moi aussi, profiter de la fête des lumiéres.

Cette fête attire de plus en plus de monde, en étant passée d'un jour de fête religieuse à quatre jours de fête populaire. Malgré l'interdiction de tout véhicule dans l'ensemble du centre ville, la foule est si dense qu'elle en devient compacte aux endroits d'étranglement. Et hier la gestion des flux à été nulle, a certains endroits c'en était très dangereux. En particulier, hier, aucun dispositif de sens unique n'avait été disposé dans la rue de la Barre qui mème directement de la place Bellecour au pont du vieux Lyon, et vice versa. 

Pour retourner au métro, j'y ai été prise dans le courrant, IMPOSSIBLE d'en sortir, tout le monde compressée les uns contre les autres, si quelqu'un était tombé (notamment a cause du petit murret du milieu de la chaussée, il n'aurait pas pu se relever et aurait été pietiné, écrassé. Aprés 20 minutes de quasi sur place compressé, j'ai enfin réussi à émerger sur la place Bellecour. Et là, qu'est ce que je vois à pas 10 mètres de la cohue, une patrouille ne faisant absolument rien pour empêcher ce danger public. Voulant éviter que ce bouchon ne ce transforme en drame, je vais poliment leur demander d'organiser des sens de circulation pour éviter un accident, un des policiers me répond sèchement "ON EST PAS LÀ POUR ÇA".

Ah bon ! la police n'est pas là pour éviter des accidents, pour éviter des drames. Ah oui ! la police est là pour mettre des PV aux vieilles Gilets Jaunes solitaires, la police est là pour GAZER les dangereux (autant que des terroristes) Gilets Jaunes qui contestent les casses sociales du pouvoir en place. La police EX-NATIONALE est là comme chienne de garde du MONARC soit-disant républicain. 

Je ne peux m'empêcher de penser qu'un attentat, hier, dans la foule bloquée dans cette rue, aurrait pu faire autant de morts qu'au Bataclan. Et là, il n'y aurait même pas eu besoin de kalashnikovs ou de bombes, un simple pétard, aurait pu créer la panique, qui aurait fait s'écrasser des dizaines de personnes. Je ne peux m'empêcher de penser, aux soldats de Vigie Pirate qui ne sont pas intervenus pour sauver les victimes du Bataclan PARCE QU'ILS N'EN AVAIT PAS REÇU L'ORDRE. Je ne peux m'empêcher de me demander ce qu'il y a dans la tête de certains policiers pour suivre des ordres dangereux pour les citoyens qu'ils sont sensés protéger !

Telle est l'utilité et l'usage de la police en Macronie !

*Mode d'emploi de la GRÈVE DE LA CONSOMMATION :

 pétition-préavis de grève de laconsommation

Lire mon billet

10/12/2019 Suite :

De l'usage de la police par Macron pour des OPERATIONS COMANDOS anti-manifestants.

Aujourd'hui, deuxième jour de manif anti casse des retraites, j'ai encore constaté l'usage de la police par Monarc.

J'étais tout à l'avant de la manif lyonnaise (sans mon porte parole à 4 pattes). C'est très étrange, tout le long du parcours, presque toutes les vitres de la pub des abris bus étaient DÉJÀ BRISÉES AVANT QUE LA MANIF ne passe. Qui ? quand ? les avaient mises en miettes.

Arrivée à l'angle de Saxe-Gambéta une colonne de flic s'est glissé derrière la tête de manif, composé principalement de jeunes, dont certains avec des foulards sur le nez, mais que je n'ai vu faire aucun dégat. La tête de manif coupée du reste, les flics se sont mis à la gazer (et peut être tirer des LBD car un manifestant aurait été blessé à la tête). En panique, tous les jeunes se sont mis à fuir vers l'avant. Comme je ne peut pas courrir, je me suis rabattue sur le trottoir et abritée dans un renfoncement à l'entrée d'un magazin. La vendeuse est sortie pour fermer son rideau, à ce moment un jeune, avec un cache-nez s'est aussi réfugié avec nous. Des flics le suivaient-ils ou l'ont-ils vu en passant devant ce réduit ? Ils se sont jeté, à trois sur lui, l'ont précipité au sol à mes pieds, à coups de matraque dans les tibias et se sont mis à le tabasser. Ils lui ont arraché ses lunettes, matraqué la tête, les genoux, les tibias.

Visiblement la technique de ce tabassage est bien rodée, très élaborée et habituelle, dans une sorte de ballet très synchronisé. Ce matraquage n'a durré que quelques secondes, avant que les flics ne repartent aussi vite qu'ils étaient arrivés. Le jeune est resté à terre, mais nous a rassuré, il était encore vivant. Des amis à lui sont venus à son secours. A quelques mètres une jeune fille a aussi été précipitée contre un grand portail en bois et est restée assommée, par les mêmes ?

Tout c'est passé si vite, que je n'ai même pas eu le temps de regarder si c'etait des policiers, des gendarmes ou la BAC. Le fait que nous soyons témoins, moi et la vendeuse ne les a absolument pas arrêtés de tapper. Et moi je n'en menais pas large, parce qu'avec mon équippement de "gauloise réfractaire" j'ai eu peur d'être la suivante. Mais leur tactique est apparement de frappé très vite et de ce retirer aussi vite, dans une véritable OPÉRATION COMANDO.

Je ne sais pas si ce jeune avait fait quelque chose avant et si ce tabassage était en représsaille ou si il a été pris au hasard. Mais même s'il avait fait quelque chose, la loi éxige qu'il soit arrêté, non pas tabassé. Vu les circonstances, les policiers pouvaient parfaitement arrêter ce jeune pour qu'il soit jugé sur ce qu'il avait éventuellement fait. 

Ce tabassage en règle est absolument ILLEGAL, mais la façon dont il a été éffectué, prouve que ses exécutants sont sûrs de leur impunité. Il y a donc de fortes chances que ces FLICS OBÉISSENT À DES ORDRES DE LEUR HIÉRARCHIE.

La MACRONIE EST UNE DICTATURE, avec ses escadrons (pas encore de la mort, mais ça pourrait venir) de tabassage d'intimidation, j'en ai eu la preuve ce midi.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.