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Paris détours -- la Butte aux Cailles

La rue Dieulafoy dans le 13ème arrondissement a aussi ses Painted Ladies. Pour apercevoir de jolies maisons d’un autre temps habillées de pastels, nul besoin d’aller à Alamo Square. Les Painted Ladies de Paris sont de sortie. Celles-ci sont plus modestes. Presque inchangées depuis 1921. Un enchantement par soleil couchant.
  1. Paris détours – la Butte aux Cailles

     

    Maisons du 13ème arrondissement si près si loin des tours

     

    La rue Dieulafoy a aussi ses Painted Ladies. Pour apercevoir de jolies maisons d’un autre temps habillées de pastels, nul besoin d’aller à Alamo Square. Les Painted Ladies de Paris sont de sortie. Celles-ci sont plus modestes. Presque inchangées depuis 1921. Un enchantement par soleil couchant.

    Le Square des Peupliers. Branchages rieurs, réverbères poesques, volets clos et un chat en son îlot champêtre qui ne daigne poser patte sur le chemin pavé. Un tronçon de rue, ou plutôt de vie? De vie de chat. Sans parenté aucune avec une vie de chien.

    Soudain une fenêtre en encorbellement surmontée d’une autre. Discrétion et fantaisie garanties jusqu’à la tombée du jour. À frise bleu faïence de chez Wedgwood, mais pas tout à fait anglaise. Un pinceau indocile a fouillé les couleurs du temps pour reproduire des enfantillages.

     

     

    Street Art – les graffitis de la rue du Moulin des Prés

     

    De la Cash Machine façon fontaine à sodas d’un motel à Las Vegas il ne reste que la carcasse bleu-papier. L’inventeur ayant oublié d’inventer la notice d’utilisation, les passants, les riverains, la pluie et le vent ont eu raison de cette fable à trois sous.

    Le papillon, la panthère et les nénuphars, lâchés dans la brique urbaine, écouteraient-ils Rêverie pour violoncelle et harpe de Debussy ? Les couleurs s’emparent des sons lorsqu’en été la ville se tait.

    À l’entrée du square, l’homme invisible n’a plus toute sa tête. D’ailleurs, pas de tête du tout. Comme Chevy Chase chez John Carpenter. Celui-ci néanmoins a arrêté de courir. Il fait corps avec le mur. Pour apostropher joueurs de pétanque, oisifs de la terre, pigeons sédentaires, usagers du puits artésien.

     

    Place Paul Verlaine ou la fausse quiétude

     

    V’là-t-il pas que Verlaine, le poète à la mine triste d’absinthe, se retrouve du côté des insurgés ! 1871, la Commune de Paris, c’est lui. C’est lui au bureau de presse à l’Hôtel de Ville. Jusqu’à la Semaine Sanglante en mai. Lui qui écrira : « Les vaincus se sont dit dans la nuit de leurs geôles :/Ils nous ont enchaînés, mais nous vivons encor. »

    De la plaque célébrant le Communard on passe au buste en pierre du sergent Bobillot. Mais qui c’est-q’-ce Jules ? Un autre batailleur. Pour la cause coloniale. Tombé à Tuyên-Quang en 1885 pendant la guerre franco-chinoise. Pour un fleuve et deux empires. Le visage fracassé et suintant, le sergent fait le guet en bon génie du quartier jouxtant le Triangle de Choisy. Ironie de l’Histoire ? Le Temps renversé ? Comprend qui veut.

    Paul Verlaine ! Jules Bobillot ! Mon cul ! dit Zazie en retournant dans le métro.

     

     

     

     

  2. Square des Peupliers. Chat dans impasse.

  3. Square des Peuplier. Réverbère.

  4. Rue du Moulin des Prés. Maison avec fenêtres en encorbellement.

  5. Butte aux Cailles. Place Paul Verlaine.

  6. Butte aux Cailles. Buste Jules Bobillot.

  7. Butte aux Cailles. Fontaine d'eau.

  8. Pot de fleurs géant et pigeon penseur.

  9. Piscine de la Butte aux Cailles. Mur latéral.

  10. Piscine de la Butte aux Cailles. Porte d'entrée.

  11. Piscine de la Butte aux Cailles. Vue sur bassin couvert.

  12. Street Art. L'homme invisible.

  13. Street Art. Le papillon, la panthère et les nénuphars.

  14. Street Art. Cash-Machine.

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