Sauver la presse comme sauver la sidérurgie ?

A entendre et à lire les débats, peu nombreux, autour des Etats Généraux de la presse, on pourrait penser qu’il s’agit de sauver économiquement un secteur comme un autre.

A entendre et à lire les débats, peu nombreux, autour des Etats Généraux de la presse, on pourrait penser qu’il s’agit de sauver économiquement un secteur comme un autre.

On y parle de moyens de financements, de la sauvegarde des emplois, des conditions de travail des « ouvriers de la presse » (terme utilisé depuis déjà de nombreuses années aux Etats Unis : « The Press Workers ») et beaucoup de lecteurs compatissants.

Il n’est bien entendu pas question de minorer l’importance de ces questions vitales et fondamentales pour son fonctionnement. Mais il conviendrait de ne pas en rester là.

On ne pourrait se contenter, par exemple d’organiser, un retour à l’emploi des journalistes par une formation et une reconversion vers d’autres métiers comme on le met en place pour les secteurs industriels en perdition.

Pour l’instant le grand absent des débats est : la presse est-elle un produit ou un secteur d’activité comme un autre ? Non Il conviendrait de rappeler haut et fort que le quatrième pouvoir que représente la presse est un des fondamentaux des pays qui se disent et se veulent démocratiques.

Quand bien même les conditions économiques de son existence, les conditions de travail des journalistes, pigistes etc… seraient améliorées et même réglées, il resterait un point essentiel : l’indépendance des rédactions.

La liberté de l’information ne peut se réduire à un combat corporatif, la liberté du citoyen doit être partie prenante de ce combat.

La liberté de l’information ne doit pas être soumise au pouvoir politique ou économique (qu'il s'agissent de sociétés dont les commandes dépendent de l'Etat mais pas seulement. LVHM dont l'activité ne dépend pas des commandes de l'Etat s'intéresse à la presse. Pourquoi ?).

La liberté de l’information ne doit pas être découpée en rondelles mais considérée dans sa globalité : presse écrite, TV, radio, Web ….

La fonction du métier de journaliste n’est pas identique à celle des autres métiers.

Bannissons le terme de Press Workers pour revenir aux vraies valeurs du métier.

Les citoyens doivent se battre aux côtés des journalistes et ne pas se contenter de regarder passer les trains. C’est tout simplement leur liberté qui est en jeu. Les moyens de s’informer ne doivent pas être réservés à une petite élite qui connaît le cheminement difficile pour y arriver.

Les citoyens ont leur mot à dire et auraient dû être consultés lors de ces Etats Généraux.

Les journalistes ne faisant pas partie des équipe dirigeantes aussi.

 

Seule une mobilisation de l'ensemble du pays pourrait peser. Peut-on trouver le moyen d'y arriver ?

On peut toujours rêver !!!

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